Leur(s) vaccin(s) m’agace(nt)

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Leur(s) vaccin(s) m’agace(nt)

17 novembre 2020 – Franchement dit, je n’ai aucune connaissance de rien pour ce qui concerne les vaccins ; tiens, je n’ai même pas de parti-pris, même si je reconnais qu’en ce moment il est en train de m’en naître un (de parti-pris) tant toutes ces choses et ces bruits représentant semble-t-il les médecins de Molière passés au moule de de la modernité et ainsi encore plus affreusement méprisables, devenus après avoir été l’objet de la dérision publique une sorte d’infection pour mon humeur, mon esprit et mon jugement, – je dis ton nom, ‘médecine de la modernité’ ! Tant la position de la “médecine de la modernité” suit comme une lente et lourde caravane bardée de privilèges et de décorations la voie du tapinage au profit du Système représenté en Grand-Souteneur (Big-Mac est bien entendu également accepté, comme substitut de Big Pharma)...

Qu’importe, je garde mon calme et arrête là cet emportement ; plus maître de moi et presque comme apaisé, j’y reviens et je le répète : le vaccin, je n’y connais rien.

... Mais bon il me faut dire, là, sur le tas et sans en rien entendre, que j’ai vraiment et aussitôt une réaction de recul, de suspicion, presque de principe, de nature, comme une réaction primale, une sorte de nausée du jugement, une stature involontaire de déni méprisant et de scepticisme grinçant ! Car voici que le vaccin, – non, les vaccins, dont on vous annonçait qu’il faudrait tant de longues années pour seulement y songer en respectant toutes les saintes-règles sanitaires, – tiens, voici que les vaccins avancent vers vous et vont vous tomber dessus en une sorte de carpet-bombing de la sûreté sanitaire, ou d’une caricature bieen-portante d’une Stasi-sanitaire disons, – et vaccins qui s’empilent jusqu’à nous écraser, nous couper la respiration façon-Covid, vous voyez ? Nous sauver en nous coupant le souffle jusqu’à plus-soif, sans que vous puissiez le retenir, comprenez-vous ?

Alors, ils commencèrent à défiler, les vaccins, comme des mannequins de mode, des Miss Univers en herbe, des objets sympas et sexys, car dès que l’un se signalait tous les autres montaient à l’assaut, car c’est cela la liberté du commerce, le droit à la vertueuse concurrence ; ça a commencé à 70-75% d’efficacité, ça a grimpé, hier c’était à 94,2% (pourquoi pas 94,2237859% ?), demain quoi, à 100,0074% ? Et après : 123% ? Et après ? Avec effet rétroactif ?

(Pour le dernier point d’interrogation [?], je veux dire quelque chose dans le genre : tout corps d’un trépassé-Covid, si conservé en bon état, si vacciné en milieu hospitalier et sanitized, sera livré au vaccin et se  retrouvera absolument immunisé contre Covid19 jusqu’à se réveiller, – Woke Again ! – en pleine forme, et pourra même aller voter juste un peu tardivement mais sans fraude apparente dans le Wisconsin, – pour Joe, cela va de soi.)

Aujourd’hui, je choisis mon sujet sans aucune connaissance du sujet, uniquement sur le mode polémique swinguant entre absurde et nihilisme qui sont leurs deux partenaires préférés, à leur façon, du type-‘ici on ricane gratis’ comme diraient les Pieds-Nickelés en train de se bidonner, comme nous parlerions du “déchaînement du Persiflage”.

(Voir la place que le persiflage tient dans le “déchaînement de la Matière” : mais ce déchaînement accompli, et Matière regnante sous la forme du Système, c’est à mon tour de retourner son procédé contre lui, le Système, d’où ma tendance à persifler à propos de toutes leurs initiatives, – avilissements, corruption, retapes, tapins et dépravations à ciel ouvert.)

Vous comprenez bien que je ne suis pas en train de vous parler du “vaccin” stricto sensu, de plaider en la faveur de l’un ou en la défaveur de l’autre, ni même à m’expliquer de façon incompréhensible à propos du principe du vaccin, parce qu’on ne se prononce pas, ni ne parle ni n’écrit d’ailleurs, à propos de ce qu’on ne connaît pas. Je parlerais plutôt de mon humeur, assez vagabonde, buissonnière en un sens, et finalement assez peu bienveillante devant toutes ces caravanes qui empruntent pesamment les sentiers battus et archi-battus, en annonçant chaque jour pour le jour d’après, le Miracle qui rattrapera la gaffe du jour d’avant. Tout cela n’est possible que grâce à la gloire du Citoyen-Modus/Modernus, à l’art de la scène de l’Homme-Spectaculus, à tous ces mercenaires de la Grandeur-Citoyenne où notre civilisation nous convient à nous ébrouer : découvrir la pandémie du siècle, mobiliser la civilisation contre l’Ennemi décisif qu’est le virus, trouver aussi vite l’arme absolue qu’est le vaccin contre le virus, la séquence est parfaite quoiqu’un peu vite torchée.

Que n’avons-nous omis d’annoncer, prévu après coup, expliqué sans y rien comprendre depuis le mois de février, autour du Diable-Covid19 aux yeux bridés ! Il ne manquait plus, après cette cascade de gesticulations dérivant chaque fois vers son contraire pour finalement s’évanouir en fumée, qu’à mettre en scène l’entrée sur scène du deus ex-machina qui redressera tous les torts et nous permettra, en janvier prochain à Davos, d’assister à l’exposition d’un magnifique Reset de cette civilisation si joyeuse et si bienfaisante. Ne sont-ils donc jamais fatigués de leurs interminable narrative, grosses comme des maisons, gonflées comme des simulacres, réduites à rien en un jour par un coup d’épingle ou une de leurs maladresses, avec leurs successions sans fin de catastrophes et de têtes à queue, – avec, aujourd’hui, l’annonce d’un, de cent, de mille vaccins s’il le faut ! « Que cent fleurs s'épanouissent, que cent écoles rivalisent ! », disait-on au temps de Mao ; que ne dirait-on au temps de Pfizer, de Sanofi, de Glaxo, de Bayer, – “Que cent Covid s’épanouissent, que cent vaccins rivalisent !”

C’est tout de même une bien étrange chose, ce défilé ce certitudes du jour démentant celles d’hier et bien moins que demain, et pourtant toujours cette poursuite de la certitude, de l’empoignade finale emportée haut la main et nous disant : “Je vous l’avais bien dit”, après n’avoir dit rien qui vaille. Le vaccin désormais, – non, les vaccins !

Pardonnez-moi, mais leurs annonces triomphantes, les commandes par millions, par milliards, les labos si discrètement satisfaits de Big Pharma, pardonnez -moi mais là c’est vraiment une grosse fatigue. Peut-être ai-je tort de douter, je ne l’exclue absolument pas, oh certes non, et même au contraire ! Mais non, voilà c’est un coup de grosse fatigue ; ils m’accablent tant sous le poids de leurs paroles sucrées sur nos vertus communes qui rendent inutiles les frontières des autres et les jugements de soi ; de leurs aimables censures, cette Anastasie aux ciseaux bienveillants qui vous permet de dire absolument tout ce que vous voulez de ce qui se trouve dans le moule finement ajusté au minimum viral du Système, avec passeport-Google et Motdepasse-Facebook.

Grosse fatigue, mais je les plains tout de même et pour clore ce non-débat du jour.

Car enfin, que feront-ils ces malheureux si l’un de leurs 10 392 vaccins marche vraiment ? Liquideront-ils leur Covid-sans-fin, ôteront-ils leurs masques de nos faces blêmes à force d’avoir été privées de lumière et d’air libre ? Libéreront-ils la planète de leurs entreprises conspirationnistes si longuement élaborés avec l’aide des chauve-souris de Wuhan ? Ce serait fâcheux pour leurs plans grandioses : qu’ils y songent à deux fois, et qu’ils tentent de distinguer les choses au-delà du bout de leur nez trop longtemps confiné... D’autre part, hein, il faut bien que vivent Big Pharma et toutes les grandes œuvres de nos temps si puissamment satisfaits d’eux-mêmes. Si Partis valait bien une messe, le Système vaut bien dix mille vaccins, – et pour le reste, après nous le re(dé)-confinement...

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