Les Tchèques et Israël: au nom de l’UE?

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Une bataille interne est en cours au niveau européen à propos des intentions et de l’activité de la présidence tchèque de l’Union Européenne vis-à-vis d’Israël. Dès avant le début de cette présidence, le 1er janvier 2009, la Tchéquie avait prévu comme l’un des principaux axes de son mandat une amélioration des relations de l’UE avec Israël. Cette perspective avait été notablement réduite par la crise de Gaza. D'autre part, l’attention maximale de la présidence était sollicitée par les suites de la crise financière et par la préparation du G20 du 2 avril, ce qui achevait de réduire toute tentative des Tchèques vers Israël.

Depuis, c’est-à-dire durant les dernières semaines, surtout depuis le G20, il est apparu que les Tchèques s’activaient effectivement à lancer plusieurs initiatives, directement auprès des Israéliens (qui cherchent eux-mêmes un rapprochement avec l’UE qui les servirait diplomatiquement). Il n'y a pas de consultation excessive des Tchèques avec les autres pays de l’UE, c'est le moins qu'on puisse dire, jusqu'à un sérieux malaise de ce côté. La question est d’autant plus sensible qu’il existe désormais une position générale officielle de l’UE, décidée à un Conseil de l’UE après la crise de Gaza, qui gèle pour l’instant cette orientation, effectivement à cause de cette crise de Gaza et de l’action israélienne. Un facteur supplémentaire est constitué par l’évolution pour le moins incertaine des relations entre les USA et Israël depuis l’arrivée de l’administration Obama.

Cet activisme des Tchèques, en contradiction avec les décisions de l’UE, a conduit certains Etats-membres à intervenir auprès de la Commission européenne, selon l’idée que cette institution est “gardienne des traités”, pour qu’elle rappelle aux Tchèques leurs devoirs et leurs contraintes à cet égard. Cette affaire est en plein développement. Des rencontres ont eu lieu entre les Tchèques et la Commission (notamment Barroso), avec des interventions très fermes de la Commission pour rappeler à la Tchéquie que le respect des traités implique notamment le respect des décisions du Conseil de l’UE.

Parmi les raisons qu’on pourrait avancer pour expliquer cette ligne politique dans les conditions où elle est suivie, il y a l’hypothèse que le gouvernement tchèque, par ailleurs dans un état avancé de décrépitude, a conscience d’avoir fait une présidence “sous influence” des grands pays de l’UE (autant durant la crise de Gaza que dans la crise financière) et qu’il voudrait faire avancer une initiative qui lui soit propre pour renforcer sa fortune politique. Ce que cette hypothèse a de convainquant est bien entendu qu’elle se réfère à une conception politicienne et de vulgaire basse-cour de la politique européenne, ce qui correspond assez bien aux conditions présentes.


Mis en ligne le 29 avril 2009 à 11H05