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• A propos de cette mesure stupide et inique de l’expulsion de France de la journaliste russe Xenia Fedorova, Andrew Korybko fait un texte où il condamne avec une violence inhabituelle chez lui le comportement de la France. • Il y a beaucoup de choses à dire là-dessus, et notamment qu’en cette circonstance Korybko n’a pas tort. • Mais c’est plutôt l’occasion, pour notre compte, de mesurer la fureur méprisante où l’on tient aujourd’hui la France, — “telle qu’elle est devenue”.
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2 août 2026 (18H00) – Dans cette étrange époque où la possible-Vérité n’apparaît qu’après plusieurs lavages insistants, certains “produits” (mot un peu familier qu’on nous pardonnera, nous qui respectons tant la personne humaine) doivent être connus et utilisés selon un sens qui nous est ainsi familier. C’est le cas du commentateur russe Andrew Korybko, fort bien informé et expert dans l’analyse, que nous avons bien assez cité pour connaître sa tendance générale à la modération qui confine parfois à une tiédeur que certains peuvent juger suspecte. Disons que “certains” ont souvent un peu tort mais pas toujours, bien sûr qu’ils vont un peu fort, et passons au sujet de cette démarche.
Le texte qu’il nous donne ici concerne la décision française d’expulser la journaliste russe
« ...Xenia Fedorova, ancienne directrice de RT France, qui vit dans le pays depuis près de dix ans et partage régulièrement des points de vue pro-russes sur les plateformes médiatiques françaises. »
Nous ne parlerons pas du fond de l’affaire tant sa substance glauque et visqueuse reflète parfaitement l’“esprit” (?) de cette mesure. Elle fera ce qu’il faut pour encore plus cochonner l’acte d’un gouvernement qui ne cesse de stupéfier ceux qui observent la direction d’un pays qui compta parmi ses “traîtres” les plus fameux le Prince de Bénévent, mieux connu sous le nom de Talleyrand.
Ce sur quoi nous voulons attirer l’attention, ce sont la vigueur furieuse et la brutalité du commentaire de Korybko, cet homme d’habitude si modéré. Quelques exemples...
« Certes, tout pays est libre d'expulser qui il veut et pour n'importe quel motif, mais l'image de la France est désastreuse dans ce cas, car le pays se présente comme un bastion des valeurs occidentales. »
« Les médias français qui donnent la parole à Fedorova [ne sont ni] pro-russes, isolationnistes ou traîtres... [...] Simplement ils estiment manifestement que la politique actuelle ne sert pas les intérêts nationaux français. Attirer l'attention sur les inconvénients de cette politique, c'est précisément ce que fait Fedorova. »
« En définitive, l’expulsion de Fedorova par la France discrédite davantage le gouvernement Macron et les valeurs occidentales qu’il prône. [...] L’exemple que les autorités veulent faire d’elle [Fedorova] signifie que les critiques de leur politique relative au conflit ukrainien sont de facto criminalisées, ce qui est une évolution terrifiante. »
On voit ainsi confirmée cette violence pour défendre Fedorova, d’ailleurs fort justement on s’en doute, — cette violence qui est une démarche si inhabituelle chez Korybko. On comparera cette démarche avec son exact contraire, lorsque, par exemple, il plaide pour une attitude mesurée de la Russie vis-à-vis de l’“ensorceleuse” Laura Loomer, soutien de ‘Bibi’ Netanyahou et de sa politique de “remise en ordre” à Gaza ; il en rajoute une couche le 1er août, au nom de la défense des intérêts de la Russie en arguant que l’attitude des médias russes a fait passer Loomer du camp anti-ukrainien au camp pro-ukrainien.
Note de PhGBis : « Entendu PhG marmonner, sarcastiquement plutôt que sardoniquement : “Il nous est permis de penser que, vus le profil et les pratiques de la personne, ce changement de camp doit également, et sans doute beaucoup plus, au rapprochement décisif de Netanyahou et de Zelenski, comme vu lors de l’enterrement de ‘Lady G’”. »
Bien qu’il y ait, dans notre propos et en arrière-plan, un désaccord critique avec les deux comportements de Korybko, l’essentiel est pour nous que Korybko ne prend aucun gant de quelque matière que ce soit avec la France telle qu’elle est devenue, au contraire de l’Amérique en lambeaux de Trump. Elle, “la France telle qu’elle est devenue”, le mérite bien. En d’autres temps, on lui passait beaucoup, notamment en Russie, parce que c’était la France ; ce temps-là est fini et on ne passe rien, et à bon escient, à “la France telle qu’elle est devenue”. Aux responsables, qui sont aussi des coupables, de faire leurs comptes pour mesurer ce que la France est devenue entre leurs mains bien ripolinées à la lessive macronisée du petit employé de l’UE-Bruxelles.
Alors, comment finir cette méchante diatribe ? Par une pirouette pré-électorale qui est aussi une suggestion : il devrait être enjoint aux candidats à la présidence et au président sortant de lire deux livres d’auteurs anglais sur le Français cité plus haut, — ‘Talleyrand, un seul maître : la France’ (de Duff Cooper, 1932, édité en français en 1997 et en 2002) ; ‘Talleyrand, le maître de Napoléon’ (de David Lawday, 2008 et 2015). L’intérêt des historiens anglais pour Talleyrand est prodigieux et admiratif pour cet homme si souvent considéré par le parti “napoléoniste” (plutôt que bonapartiste) comme un corrompu et un traître en France. Corrompu, Talleyrand l’était jusqu’à la moëlle, mais jamais la substance de cette moëlle (l’intérêt de son pays) ne fut corrompue ; traître, Talleyrand le fut sous tous les régimes qui selon lui le méritaient, mais jamais à son pays.
C’est-à-dire qu’alors, la France telle qu’elle était encore quoique pas loin de son terme (la Révolution et le reste), méritait de telles vertus paradoxales. La leçon de Korybko est bien que ces temps ne sont plus et que les candidats et le président sortant liront plutôt leurs discours à la gloire de la démocratie qui interdit la corruption et la traîtrise que du Talleyrand admiré par les Britanniques. Nous misons cela à du mille contre un.
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Les critiques de la politique française concernant le conflit ukrainien sont de facto criminalisées.
La France a ordonné l'expulsion de Xenia Fedorova, ancienne directrice de RT France, qui vit dans le pays depuis près de dix ans et partage régulièrement des points de vue pro-russes sur les plateformes médiatiques françaises. Le motif invoqué est que ses opinions relèvent de la désinformation et visent à déstabiliser la société. Certes, tout pays est libre d'expulser qui il veut et pour n'importe quel motif, mais l'image de la France est désastreuse dans ce cas, car le pays se présente comme un bastion des valeurs occidentales.
Parmi ces valeurs figure la liberté d'exprimer des opinions politiques dissidentes dans certaines limites raisonnables, limites que Mme Fedorova n'a jamais franchies puisqu'elle n'a jamais appelé à la violence et n'a aucun lien avec un quelconque service de renseignement étranger, notamment russe. « Semer le doute sur la légitimité du soutien apporté à l'Ukraine », l'une des accusations portées contre elle, selon les révélations de Mme Fedorova, revient à criminaliser les critiques de la politique française concernant la guerre par procuration menée par l'OTAN et la Russie en Ukraine.
La France joue aujourd'hui un rôle disproportionné dans le conflit ukrainien. De l'extension de son parapluie nucléaire vers l'est jusqu'à la Pologne, conformément à sa nouvelle politique de « dissuasion avancée », à la fourniture à l'Ukraine de renseignements ciblés sur les infrastructures russes situées profondément à l'intérieur de ses frontières universellement reconnues, et même à la planification d'un déploiement de troupes en Ukraine après un cessez-le-feu, la France a tout fait pour devenir le membre le plus influent de l'UE contre la Russie. Ceci risque d'entraîner un affrontement conventionnel avec la Russie, susceptible de dégénérer en Troisième Guerre mondiale.
Les médias français qui donnent la parole à Fedorova souhaitent informer les citoyens de ces enjeux afin de susciter un débat national sur la politique française face à la guerre par procuration menée par l'OTAN et la Russie en Ukraine. Cela ne signifie pas qu'ils sont pro-russes, isolationnistes ou traîtres, comme certains de leurs détracteurs pourraient les accuser, mais simplement qu'ils estiment manifestement que la politique actuelle ne sert pas les intérêts nationaux français. Attirer l'attention sur les inconvénients de cette politique, c'est précisément ce que fait Fedorova.
De même, et précisément pour cette raison, l'expulsion envisagée par la France est un acte purement politique. Bien qu'elle puisse théoriquement continuer à bénéficier d'une tribune à distance grâce aux médias qui la soutiennent, son expulsion du pays vise à les dissuader, puisqu'elle est désormais persona non grata. De même, les Français qui partagent ses critiques de la politique de leur pays face au conflit ukrainien pourraient s'autocensurer pour la même raison, étouffant ainsi davantage l'expression d'opinions dissidentes.
L'élection présidentielle du printemps prochain ajoute une dimension politique supplémentaire à cette décision. Il est presque certain que les autorités craignent que ses prises de position critiques n'influencent l'électorat et l'empêchent de soutenir le candidat désigné par Macron pour lui succéder. Si ce dernier ne remporte pas l'élection par tous les moyens, en raison d'un vote de protestation jugé « trop important pour être truqué », la politique française vis-à-vis de la guerre par procuration menée par l'OTAN et la Russie en Ukraine pourrait être radicalement modifiée, contrariant ainsi les plans du pouvoir en place.
En définitive, l’expulsion de Fedorova par la France discrédite davantage le gouvernement Macron et les valeurs occidentales qu’il prône. Il reste cependant difficile de prédire si elle incitera suffisamment de Français à s’opposer à lui pour constituer une « majorité silencieuse » capable de porter l’opposition au pouvoir au printemps prochain. Quoi qu’il en soit, l’exemple que les autorités veulent faire d’elle signifie que les critiques de leur politique relative au conflit ukrainien sont de facto criminalisées, ce qui est une évolution terrifiante.