L'efficace & mexicain “désordre légal” de AMLO

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L'efficace & mexicain “désordre légal” de AMLO

Le président mexicain sortant Vicente Fox devait présenter hier son discours sur l’Etat de la nation, normalement le dernier du genre avant sa succession. Mais succession par qui ? L’état de “désordre légal” où s’enfonce le Mexique après l’élection contestée du 2 juillet a été marqué par l’impossibilité pour Fox de parler. Au Congrès mexicain, où le discours a normalement lieu, une intervention de parlementaires de l’opposition sur l’estrade où devait parler le président a empêché la cérémonie.

Selon Fortwayne.com et AP, aujourd’hui :

« Vicente Fox was forced to forego the last state-of-the-nation address of his presidency Friday after leftist lawmakers stormed the stage of Congress to protest disputed July 2 elections.

» It was the first time in modern Mexican history a president hasn't given the annual address to Congress. Instead, Fox handed in a written copy of his report, and his office said he would address the nation in a televised speech later Friday.

» A text of the speech Fox had planned to deliver to Congress called on Mexico to mend deep divisions that he said threatened the country's newfound democracy. “Whoever attacks our laws and institutions also attacks our history and Mexico,” he said, a thinly veiled reference to leftist presidential candidate Andres Manuel Lopez Obrador [AMLO].

» The opposition lawmakers took over the stage in Congress, waving Mexican flags and holding placards calling Fox a traitor to democracy. They ignored demands that they return to their seats, shouting ‘Vote by Vote’ — a rallying cry for Lopez Obrador's bid for a full recount in the election. They raised up leather-bound copies of the Mexican Constitution and flashed the victory sign. Fox left without entering the congressional chamber and the session was adjourned. »

L’événement est une marque importante de cet étrange “désordre légal” qui est en train d’envahir la vie publique mexicaine avec le blocage qui suit l’élection du 2 juillet. Le Congrès était protégé par 6.000 policiers face à des manifestants pro-Lopez Obrador, le candidat de gauche qui conteste les résultats de l’élection. Il n’y a pas eu de violence mais l’intervention des députés de l’opposition a fait de la journée un succès pour Lopez Obrador.

Le désordre est en train de s’installer au Mexique, avec jusqu’ici un minimum de violence, ce qui est caractéristique de l’ambiguïté de la situation. C’est une application de la tactique de Lopez Obrador qui, plutôt que contester les structures officielles en place qui favorisent le candidat conservateur Calderon, cherche à installer des contre-structures opérant une sorte de ‘légalisation’ de sa propre situation. La journée d’hier marque la gravité et le sérieux de la situation générale et fait penser qu’il sera extrêmement difficile d’en terminer par la seule validation du résultat officiel de Calderon. Elle mesure aussi des événements, très typiques des situations posmodernistes. Les conditions générales, avec la globalisation, la corruption et l’affaiblissement de la classe politique, font que la légalité devient quelque chose de très incertain, de très mouvant, de très insaisissable. On paraphrase la formule : ce n’est plus “le pouvoir est à prendre” mais “la légalité est à prendre”.

 

Mis en ligne le 2 septembre 2006 à 09H26

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