Le sommet des Engadines

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Le sommet des Engadines

Le début sera simple : je n’ai rien à dire puisque tout est dit depuis si, si longtemps. Je parle de la horde de zombies dont la colonne vertébrale a la consistance d’un éclair au chocolat (citation Theodore Roosevelt). Je parle de ces “hommes du vide” qui nous servent de jeux de Lego après que nous ayons terminé nos devoirs de classe. Et puisqu’“homme du vide” il y a, le voilà, substitué à ‘l’homme de l aube... Frederic Nietzsche’, cette chanson de Dick Annegarn, en pastiché léger.

« Sa mére, sa femme, sa sœur, trois Trump
trois mélagomadames
Des amis à mort, des amours à vie, des psychodrames
Il ne voulait pas en avoir l'air
Mais il avait l'air d'avoir pas mal souffert
Des amis à mort, des amours à vie, l'homme du vide

C'est une longue histoire que cette histoire-là
Celle de l'homme du vide
Il est venu me voir, il est venu s'asseoir, l'homme du vide
Dans l'avenue, à l'orée du bois
Dans les hautes collines de la Turquia
Éternel parcours, éternel retour, l'homme du vide

Quand je l'ai vu, j'étais étonné
Tant qu'il était nu et fatigué
Vide, foutu, morfondu, comme une vieille violoncelle

Il boitait

Il boitait

Tellement qu'il était fatigué

Tellement qu'il était fatigué

De marcher

Il sanglotait en avançant, l'homme du vide
Mais il avançait, le front en avant, l'homme du vide
Dans l'avenue, à l'orée du bois

Dans les hautes collines de Türkiye
Il est venu, une dernière fois, l'homme du vide »

Qui n’a reconnu dans ces personnage trop vide pour être désespérés, le rassemblement du troupeau européen au sommet de l’Engadine de l’OTAN. Avec la matrone marmonnant, marmottant et mâchouillant en écoutant les 13 signes indubitables du pervers-narcissique, parfois faisant un signe de la main avec le pouce levé, ou bien le viril index, pour signaler un point intéressant, aussitôt signalé ç son tour par Mark Rutte-Vide, langue déjà bien pendue pour s’attaquer à la botte gauche.

Tout de même, certains ont tenté d’appréhender ave sérieux ce tremblement de vide que fut le sommet des Engadines. Ainsi des deux filles (canadiennes) de ‘Break Through News’, interrogeant Peter Mirren, secrétaire général du Parti des Travailleurs de Belgique, auteur des ‘Derniers jours de la vieille norme et la Mutinerie

« ‘Break Through News’ : « Peter, pour commencer, je voulais avoir votre avis. Quel a été le principal enseignement de ce sommet d'Ankara, en présence des chefs d'État de l'OTAN ? »

» Peter Merren : « Oui, j'observe plusieurs choses. Tout d'abord, il s'agit d'une flagornerie rituelle envers le dirigeant. C'est devenu un rituel. Vous savez, il y a un an, lors du sommet de l'OTAN, on a assisté à ce moment où Marutcha a fait preuve d'une grande influence. Et maintenant, l'atmosphère au sein de l'Union européenne était tendue, car on craignait Trump. Il devait rester dans sa bulle. Il fallait le satisfaire. Il fallait lui faire croire que l'Europe était prête à dépenser beaucoup d'argent. Il y a donc une sorte de rituel pour flatter le dirigeant, et les Européens ont même érigé Marutcha en roi de la flatterie. C'est leur principale mission, et plus ils flattent ; les dirigeants européens, plus ils révèlent leur propre impuissance. »

Sérieux mais presque un peu trop. Alors, pour bien nous entendre, je cite mon duo favori, les C&M, dans leur intervention préliminaire, où vous aurez la surprise de voir Christoforou ouvrir et mener le bal.

Christoforou : « Très bien, Alexander, parlons du sommet de l'OTAN qui vient de se terminer à Anchorage, en Turquie. Que pensez-vous de ce cirque qu'a été ce sommet ? Je l'ai trouvé complètement ridicule. Il y a eu beaucoup de grands discours, beaucoup de grandes déclarations, non seulement concernant le projet ukrainien, mais aussi la Turquie, les F-35, les retraits de sanctions et l'Ukraine elle-même. On a même parlé de l'obtention d'une licence Patriot pour l'Ukraine. Trump lui-même s'en est moqué. C'était flagrant : on le lui avait soufflé. Il a déclaré que tout cela n'avait aucun sens. Un journaliste lui a demandé s'il avait le moindre respect pour lui-même, car Trump parlait du Groenland et s'en prenait à l'Espagne, et Trump n'a même pas su répondre. Bref, c'était un véritable cirque. Qu'en pensez-vous ? »

Mercouris : « Je suis tout à fait d'accord. Savez--vous que vous avez deviné mes propres mots avant même que je les prononce ? C'était un sommet qui, en réalité, ne nécessite aucune analyse. Il faudrait le talent d'un humoriste pour le décrire. Vous avez un don pour la comédie, ce qui n'est pas mon cas. Vous décrivez bien mieux que moi ce qui s'est passé. C'était une véritable descente aux enfers, une plongée dans l'absurde. »

C’est assez triste finalement de devoir se moquer, — impossible de faire autrement, — des tristes esprits vides lancés dans des aventures grotesques organisées par la sorcière aux cheveux jaunes, résonnant partout de tristes et vides discours. Je le dis et le redis : si ces aberrants à la triste et vide figure avaient choisi les Engadines (je mle permets un pluriel, licence de poète) au lieu de l’oppressante Turquie, les choses eussent été différentes.

Certes, les esprits vides seraient restés vides mais les poumons se serraient emplis d’un air d’une rareté sublime. Ils auraient fait trois, quatre promenades dans les forêt bordant le lac de l’Engadine, jetant à ;l’eau tout discoureur tendant à démarrer sur vous savez quoi et auraient terminé par un pow-wow du type-barbecue, le soir, sous la garde bienveillante de l’immense pierre de Nietzsche. Là, il auraient festoyé et, peut-être, comme Nietzsche, été frappés par la loi sublime de l’éternel retour. Ainsi auraient-ils signé un communiqué annonçant l’éternel retour de l’OTAN.

Voilà qui est dit... Rien n’est dit, tout est dit.