Le Perceval de l’Élysée

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Le Perceval de l’Élysée

2 juin 2024 (15H30) – Lisons ce qu’une plume italienne nous dit du président français. Elle s’en moque en quelques lignes et une multitude de faits évidents, – une sorte de synthèse assez facile à faire des infamies européennes mais qui doit être répétée de temps en temps pour nous rappeler précisément à qui nous avons affaire. Dans la constellation des dirigeants européens, Macron brille d’un éclat particulier, quelque part à équidistance de Jupiter, de Napoléon et de Louis XIV, c’est-à-dire le parfait Européen.

Ce qui a arrêté l’auteur Ala de Granha, c’est la phrase de Macron, confiée à ‘The Economist’(ou le ‘Financial Times’, c’est blanc bonnet et bonnet blanc) selon laquelle c’est la survie même de l’Europe qui est en danger... Comme on vous le rapporte et comme il nous l’a dit :

« Et puis il y a Macron. Il a soudain compris que la survie de l'Europe était en danger “parce que nous n'avons jamais eu autant d'ennemis”. »

“Autant d’ennemis” ? Est-ce bien vrai ? Et surtout, comment cela est-il possible puisque l’Europe est un projet de paix fait pour satisfaire les droits de la personne (femme-homme, dans l’ordre), les libertés du genre, les beautés de l’expansion, la pureté incroyable de l’air pollué et des eaux de la Seine-Olympique, et tant d’autres belles choses... Ah, puis aussi, la liberté souveraine de l’Ukraine du Commandatore Zelenski tenant fermement le Graal fort-saint, et puis encore l’amitié partagée si équitablement avec le généreux vieux sage Joe Biden... Comment, avec cette brochette sans fin avoir “autant d’ennemis” ? Par quel complot incroyable les forces du Camp du Mal sont-elles parvenues à cette infamie ? “Complotisme”, bien entendu suffit le vocable maudit.

D’où la réaction normale et héroïque de Perceval, la guerrier de la ‘Guerre des Etoiles’ de prendre armure et estoc et de s’aller en guerre au son des cornemuses bruxelloises. La plume en question, dont vous lisez plus loin la production, se moque de tout cela, insensible aux vieilles vertus héroïques des temps immémoriaux. Cela lui sera rappelé lors du Jugement Dernier, devant le tribunal de Manhattan où l’on a l’inculpation très-facile.

Aussi incroyable que cela  puisse nous paraître, il est assez possible que l’on reste sans voix, – c’est souvent mon cas, – devant Macron, accablé par le poids des dossiers que l’on me communique sur ses victoires sans nombre remportées sur les champs minés de la communication. Il est vrai que je n’aime pas jouer au procureur, et pas davantage au juge, que je me contente d’actionner la benne à ordures. Pourtant Macron, ce n’est ni d’un procureur ni d’un juge dont il a besoin, mais avec lui, rien à faire, la benne à ordure ne fonctionne pas, elle boude ostensiblement. “Y a qu’à tirer la chasse ?!” me glisse à l’oreille un sale galopin mal élevé, que je balaie d’une injonction scandalisée... Non, vraiment, je suis désarmé.

C’’est pourquoi j’ai sauté sur ce texte de cet Ala de Granha, dont la plume a bien compris que ce Français de caoutchouc douteux est un véritable Européen à la sauce postmoderne et qu’ainsi on peut le charger de toutes les vertus de cette grande aventure qu’est la construction européenne. Du coup, – et assez lâchement dois-je dire, – il m’a semblé pouvoir éviter de me faire autant de “tant d’ennemis” si je confiais à une plume amie, transalpine pour le cas, le soin de découper l’animal en rondelles.

Histoire de nous rafraîchir la mémoire, et pouvoir clamer à nouveau en connaissance de perfidie et d’infamie hypocrites, – “Ah, qu’il est bon d’être aussi humanitairement civilisé !”.

(Le texte, lui, est donc de Ala de Granha, sur ‘electromagazine.it’ et ‘euro-synergie.hautefort.com’.)

PHG – Semper Phi

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Les découvertes de Macron

Il y a ceux qui découvrent l'eau chaude, il y a ceux ceux qui ré-inventent la roue. Et puis il y a Macron. Il a soudain compris que la survie de l'Europe était en danger « parce que nous n'avons jamais eu autant d'ennemis ». Bien sûr, on peut aussi rire devant un tel génie. Ou bien on peut se moquer de nos cousins transalpins qui l'ont choisi comme président de la France, insultant leur propre intelligence avant d'insulter la mémoire de De Gaulle. Mais l'illumination à laquelle Macron est parvenu n'a pas encore touché Crosetto, Tajani, Scholz. Tandis que Meloni attend la permission de Biden pour s'éclairer elle-même.

Mieux vaut donc ne pas se déchaîner contre le président français.

Mais si quelqu'un a découvert l'eau chaude, il semble qu'aucun politicien européen n'ait encore compris comment la réchauffer ; et, métaphoriquement, les raisons pour lesquelles le monde entier en a assez de cette Europe au service des oligarques et des intérêts américains. Macron et les autres ne comprennent pas pourquoi les Africains ne veulent plus des troupes des puissances coloniales du passé. Ils ne comprennent pas que les Africains ne veulent pas que l'Europe continue à piller les ressources du sol et du sous-sol du continent noir.

Macron et les autres ne comprennent pas pourquoi l'Iran n'est pas enthousiaste face aux sanctions répétées décidées par les Etats-Unis et appliquées par les Européens contre Téhéran. Pourquoi Pékin est agacé par les sanctions et les supermédicaments. Pourquoi l'Inde, elle aussi, n'a pas apprécié les menaces de Washington de déclencher les sanctions omniprésentes parce que La Nouvelle Delhi veut moderniser un port iranien qui renforcera les échanges entre les deux pays et ceux d'Asie centrale et même la Russie.

La Russie, justement. Qui n'a pas apprécié les mensonges de l'OTAN sur la promesse non tenue du non-élargissement de l'alliance autour de la Russie ? Ni les exclusions d'événements sportifs alors qu'Israël peut y participer malgré le génocide à Gaza ?

La situation n'est pas meilleure avec l'Amérique latine, qui doit faire face à de nouvelles sanctions et au rejet par Macron lui-même d'un accord commercial avec le Mercosur. Et puis les Houthis soumis aux bombardements occidentaux; les Irakiens massacrés grâce à l'ignoble mensonge des armes chimiques inexistantes; les Libyens poussés dans une interminable guerre civile; les Serbes assassinés par les bombes des libérateurs occidentaux puis par les munitions à l'uranium appauvri qui ont aussi tué des soldats italiens; les Syriens tués par les révoltes colorées payées et organisées par les sains exportateurs de la démocratie.

Oui, Macron, pourquoi tout le monde nous déteste-t-il ?

Ala de Granha