Le Great-Reset du COVID, selon Trotski

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Le Great-Reset du COVID, selon Trotski

• Quel chambardement à l’ère des effondrements et du triomphe du ‘camp du Bien’. • Paysage du monde des simulacres et des complots à l’heure de la Chine-Covid. • Texte de Lily Zhao de ‘WSWS.org’.

L’effondrement de la Russie étant chose faite, celui de l’Iran étant programmé pour “les Fêtes” (Noël-Jour de l’An), intéressons-nous à celui de la Chine. La Chine de Xi et sa politique anti-covidienne s’effondrent donc bien qu’ils bénéficient de deux soutiens de choix :

• Celui, enthousiaste et sans restriction de Klaus Schwab, l’homme de la ‘Davos Crowd’ et du ‘Great ReSet’, qui s’extasie devant le “modèle chinois”. Sous le titre très-covidien de « Le masque tombe », le site ‘ZeroHedge.com’ reprend, le 26 novembre, un texte de ‘The American Thinker’ du 25 novembre, qui lui-même reprend un texte de  Fox.News du 23 novembre rapportant une interview effectivement enthousiaste de l’homme de Davos, du ‘Great ReSet’ et du masque-covidien, – tandis que Tucker Carlson éructe, le 28 novembre, contre l’action du gouvernement chinois... En attendant, écoutons Klaus S. :

« Le fondateur et président du Forum économique mondial, Klaus Schwab, a récemment accordé une interview à un média d'État chinois et proclamé que la Chine était un “modèle” pour les autres nations.

» Schwab, 84 ans, a fait ces commentaires lors d'une interview avec Tian Wei de CGTN en marge du sommet des chefs d'entreprise de l'APEC qui s'est tenu la semaine dernière à Bangkok, en Thaïlande.

» Schwab a déclaré qu'il respectait les réalisations “formidables” de la Chine en matière de modernisation de son économie au cours des 40 dernières années.

» “Je pense que c'est un modèle pour de nombreux pays”, a déclaré M. Schwab, avant de nuancer qu'il pense que chaque pays devrait prendre ses propres décisions quant au système qu'il souhaite adapter. “Je pense que nous devons être très prudents lorsque nous imposons des systèmes. Mais le modèle chinois est certainement un modèle très attrayant pour un certain nombre de pays”, a déclaré Schwab. »

• Pour souffler un peu et montrer notre goût de l’objectivité qui ne serait rien d’autre que sa méfiance de l’absence de désordre (Danton : « Du désordre, encore du désordre, toujours du désordre »), voici maintenant une analyse complète de la situation chinoise sous la plume de Lily Zhao. Madame Zhao écrit pour ‘WSWS.org’, donc elle est trotskiste pur-jus (IVème Internationale), et elle est par conséquent contre tout dans nos temps-devenus-fous, – sauf, comme l’avait prévu “Le Vieux” (Léon lui-même), contre une défense intransigeante de la politique de défense contre le Covid-19. Par conséquent, en ronchonnant un peu tout de même à propos de certains aspects de la direction chinoise, elle est extrêmement indulgente, sinon enthousiaste, pour le “modèle chinois” de lutte contre le Covid et n’est pas loin d’estimer que cette politique, et la direction chinoise par conséquent, sont victimes d’un complot international. Tout ce chambard qui soulève le monde du ‘Camp du Bien’ redistribué selon de nouvelles consignes, une nouvelles répartition des 78 cartes des jeux du tarot et d’étranges proximités, est finalement résumé par un incident malheureux exploité par le complot international déjà signalé, – et tout cela dans le titre d’ores et déjà :

« Chine: L’incendie d’une tour à logements exploité pour exiger la fin des restrictions COVID »

Oui, au fait, comment suivre le fil rouge ? Le complot du ‘Great ReSet’ au nom duquel le ‘Camp du Bien’ défend l’Ukraine et condamne absolument la Russie, effondrée mais néanmoins amie de la Chine, se retrouve luttant pied à pied contre un autre complot du même ‘Camp du Bien’ attaquant la Chine portée aux nues par l’homme du ‘Great ReSet’ vantant le “modèle chinois”. De quel ‘fil rouge’ parlons-nous ? De celui de la IVème Internationale trotskiste ? Tant de questions et si peu de réponses. ‘Que faire ?’, disait Lénine.

Dans ces circonstances, ‘dedefensa.org’ va prendre quelques heures de repos en espérant un ‘Great ReSet’ pour ses donations mensuelles, et en répétant naïvement ou ironiquement la trouvaille de Danton-le-corrompu (redite : « Du désordre, encore du désordre, toujours du désordre »). Il est en effet assez rare de rencontrer une situation où s’entrechoquent dans toutes les directions les simulacres, les radicalismes, les bienpensances, les vraies-fausses ‘FakeNews’, les délires de communication, les incertaines certitudes et les terribles exclamations du rire de ce « Dieu [qui] se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ».

Nous ne savons plus où aller, nous tournons en rond, nous complotons dans tous les sens et dénonçons la plupart des horreurs du monde qui alimentent toutes les causes du monde que nous défendons et dénonçons à la fois. Nous sommes comme Talleyrand montant, déguisé en évêque défroqué, les marches de l’estrade d’où il va célébrer devant la Grande Foule Révolutionnaire l’Être Suprême, pour la Grande Fête de la Fédération de 1790, et passant devant La Fayette, et lui chuchotant : « Ne me faites pas rire ».

Mais plus sérieusement, et toujours selon Talleyrand (cette fois, durant l’hiver de 1813), et aussi pour affronter cette épreuve suprême de la métahistoire qui achève un cycle dans le désordre de sa malédiction finale où toutes les malédictions se mélangent, ce conseil qui prévaut dans la façon que nous affectionnons pour présenter l’immense désordre du monde secoué par le Sablier Divin :

« Il faut tâcher de ne pas s’aigrir trop afin d’être prêt pour les temps qui se préparent et qui ne s’annoncent pas pour être faciles. »

Maintenant, redevenons militants... Voici le texte de Lily Zhao, avec un titre légèrement remanié par rapport à l’original déjà vu, sur le site ‘WSWS.orgdu 29 novembre (version en anglais du 28 novembre) :

dde.org

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De l’incendie d’une tour à l’incendie-COVID

Jeudi 24 novembre, un incendie dans un immeuble d’habitation à Urumqi, la capitale de la province du Xinjiang dans le nord-ouest de la Chine, a fait 10 morts et 9 blessés. Les médias occidentaux profitent de cette tragédie, causée en grande partie par de graves risques d’incendie dans les infrastructures du quartier, pour exiger une nouvelle levée des mesures Zéro-COVID en Chine.

L’incendie a commencé à partir d’une multiprise dans la chambre d’un appartement au 15e étage d’un immeuble de 21 étages dans un complexe résidentiel nommé Jixiangyuan. La literie et les meubles de la chambre ont été consumés par le feu qui s’est propagé jusqu’au 17e étage, tandis que la fumée s’est propagée jusqu’au 21e étage.

La caserne de pompiers d’Urumqi a été informée de l’incident à 19h49 et les pompiers sont arrivés à la scène en cinq minutes. Selon la conférence de presse tenue par la municipalité de la ville, l’incendie a finalement été maîtrisé à 22h20, soit deux heures et demie plus tard. Dix personnes, dont un enfant de trois ans, ont péri des suites de l’inhalation de fumée tandis que neuf autres ont été hospitalisées.

Des questions ont immédiatement été soulevées sur le délai de près de trois heures entre l’arrivée du camion de pompiers et le moment où le feu a été maîtrisé. Comment est-ce arrivé et dans quelle mesure cela a-t-il contribué aux décès?

Des séquences vidéo prises par des résidents d’immeubles voisins ont montré que le camion de pompiers s’était garé à l’entrée du complexe résidentiel. Les pompiers tentaient d’arroser le bâtiment à distance mais l’eau ne semblait pas en mesure d’atteindre les flammes.

La même conférence de presse a expliqué que l’allée menant à l’enceinte était très étroite. Avec plusieurs voitures garées sur le trottoir, il était difficile pour les gros véhicules comme un camion de pompiers de passer. Il y avait aussi des bornes en métal sur le chemin qui ont mis du temps à être enlevées. Une vidéo a montré du personnel en combinaison blanche de protection contre des matières dangereuses essayant de casser les bornes près de l’entrée du complexe.

Sur les réseaux sociaux chinois, diverses rumeurs ont été diffusées par des personnes hostiles à la politique Zéro-COVID du gouvernement. La rumeur la plus répandue sur les réseaux sociaux est que des mesures de quarantaine et de confinement partiel ont empêché les habitants de s’échapper du lieu de l’incendie. Il a été affirmé que la porte du bâtiment avait été verrouillée par des responsables de la santé à des fins de quarantaine et que les pompiers avaient perdu trop de temps à retirer les clôtures fixées à la porte pour sceller l’immeuble.

Ces rumeurs peuvent être démenties par des séquences vidéo et des témoignages de voisins. Les bornes étaient là depuis des années et visaient à limiter l’accès des véhicules, et non des piétons. Les récits d’au moins trois témoins qui vivaient dans un immeuble voisin, dont un bénévole aidant au sauvetage des résidents, ont tous vérifié que leur complexe résidentiel n’était pas soumis à un confinement strict et que les gens pouvaient descendre. En fait, des résidents se sont échappés du bâtiment par l’entrée après le début de l’incendie.

Cette catastrophe est clairement liée au mépris de la sécurité incendie qui prévaut, non seulement à Urumqi mais dans de nombreuses zones résidentielles à travers la Chine. Rejeter la responsabilité des décès sur les restrictions COVID ne rend pas justice aux victimes, mais laisse plutôt en liberté ceux qui sont vraiment responsables.

Les médias américains et internationaux ont cherché à exploiter l’incident tragique pour poursuivre leur campagne visant à lever la politique chinoise ZéroCOVID en rejetant le blâme sur les restrictions COVID. Le New York Times, par exemple, dans son article «Manifestation à Xinjiang contre le confinement après dix morts dans un incendie», a régurgité sans critique les affirmations des commentateurs chinois des médias sociaux suggérant que le confinement avait ralenti les efforts des pompiers pour éteindre l’incendie.

«Les descriptions des résidents éventuellement enfermés dans leurs maisons ou leurs complexes correspondent à un schéma plus large de la façon dont ces confinements ont été appliqués dans de nombreuses régions du pays. Les barricades de fortune et les portes verrouillées sont devenues un élément clé des efforts visant à empêcher les personnes qui auraient pu être exposées au virus de quitter leurs maisons et leurs immeubles», a déclaré le New York Times sans la moindre preuve.

Le New York Times a également utilisé la tragédie pour renforcer les dénonciations américaines de la Chine au sujet du mensonge selon lequel elle commet un génocide contre les Ouïghours musulmans de Xinjiang. L’article citait Tahir Imin, un exilé ouïghour et fondateur de Uyghur Times, déclarant que «[Le gouvernement chinois a] montré qu’il ne se souciait pas de la vie du peuple ouïghour».

Le NYT a tenté de présenter le déclenchement de petits affrontements et manifestations depuis l’incendie comme l’expression d’un sentiment de masse contre la politique Zéro-COVID.

En fait, des vidéos ont montré que la manifestation de jeudi soir n’impliquait qu’une vingtaine de personnes et que leur demande de «fin des confinements» n’est pas partagée par l’ensemble de la population. Les manifestants sont en grande partie issus d’une partie relativement restreinte de la classe moyenne et de la classe moyenne supérieure qui considère la politique Zéro-COVID comme un inconvénient pour leur vie et une «violation» de leur «liberté personnelle».

Il est compréhensible qu’il y ait de plus en plus de plaintes contre les restrictions COVID après qu’Urumqi a été mis en confinement partiel depuis août. Il est encore largement admis que les mesures de santé publique, malgré les inconvénients et parfois les difficultés, sont mises en œuvre pour protéger la vie de centaines de millions de personnes.

Cependant, la base nationaliste de la politique Zéro-COVID du gouvernement signifie que la pandémie ne prendra jamais vraiment fin tant que le virus pourra se propager librement dans le reste du monde. Sans l’élimination internationale du virus, le résultat conduit à des confinements et tests de masse sans fin.

Le régime de Pékin subit une immense pression, tant au niveau national qu’international, pour abandonner les restrictions COVID et rouvrir complètement son marché. Les récentes «vingt mesures» qui ont assoupli de nombreuses mesures clés de santé publique témoignent de l’adaptation de Pékin à cette pression. Dans le cadre de ce renoncement à l’élimination et sous la pression des critiques concernant l’incendie, la municipalité de la ville d’Urumqi a emboîté le pas en annonçant samedi que le virus a été «socialement éliminé» et que les restrictions seront progressivement levées dans la ville.

Lily Zhao