Le fantôme de Al Yamamah réapparaît au mauvais moment

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Tous ces gens, surtout les Saoudiens, n’aiment rien tant que la discrétion. C’est pour cette raison que l’“erreur” du DT&I concernant le marché Al Yamamah est affreusement malencontreuse. En plus, elle tombe à un très mauvais moment, alors que Britanniques et Saoudiens négocient la vente d’Eurofighter Typhoon à l’Arabie Saoudite, et alors que l’un des protagonistes ayant profité des largesses de Al Yamamah (Prince Sultan) est toujours actif et l’interlocuteur des Britanniques dans les négociations Typhoon. Ce sont les Britanniques qui sont exclusivement en charge de cette négociation, alors que le Typhoon est “européen” (Allemagne-Espagne-Italie-UK) — simplement parce que les Saoudiens, les Britanniques connaissent — comme on le comprend avec Al Yamamah.

Tout cela se fait en silence et avec discrétion... Si l’on suit la logique offerte par les défenseurs des pratiques britanniques dans Al Yamamah, il est évident que des dispositions semblables sont prises pour la vente des Typhoon. Mais tout cela doit se faire en silence et avec discrétion… On en déduit que l’erreur, l’incroyable erreur du DT&I tombe on ne peut plus mal.

Les Saoudiens ne vont pas apprécier et les termes de la désolation qui marquent le communiqué du MoD nous en disent beaucoup sur l’appréhension britannique à cet égard («We regret the fact that this material has been made public. We attach great importance to the confidentiality of the government to government Al Yamamah agreement with Saudi Arabia, and in order to protect that confidentiality we are not commenting on these papers.»)

Le MoD regrette la publicité faite au document parce que la “politesse” britannique à cet égard est d’assurer une confidentialité totale à des documents impliquant des membres de gouvernements étrangers. On ne discute pas ici de la morale de l’histoire, ni des commissions, ni des prix bidouillés ; on parle de choses sérieuses. Comme le journaliste protège ses sources, le haut fonctionnaire doit protéger ceux qu’il corrompt s’il veut renouveler l’opération. L’erreur du DT&I n’était pas prévue dans le scénario et elle met directement en cause la fiabilité et le sérieux des Britanniques dans ce genre de marché — fiabilité et sérieux, portant sur la capacité de corrompre avec discrétion et efficacité, qui ont fait beaucoup, vraiment beaucoup pour les gros marchés à l’exportation de l’armement britannique.


Mis en ligne le 28 octobre 2006 à 05H35