Le DBB et sa mission, à l'ombre de 9/10

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Le Defense Business Board est cet organisme, mis en place par Rumsfeld pour l’aider dans sa mission (échec complet de Rumsfeld) de “transformer” le Pentagone, qui a transmis au secrétaire à la défense Gates, le 23 octobre, un rapport extrêmement alarmiste sur l’état du Pentagone. Nous en faisions état le 25 octobre, en observant que c’était la première fois qu’une allusion directe était faite à la possibilité que le Pentagone lui-même soit structurellement menacé.

Sur cet arrière-plan, il est intéressant d’aller sur le site du DBB, site officiel, présenté d’une façon austère. Il faut alors cliquer sur l’extension Mission pour apprendre ceci:

«Secretary of Defense Donald Rumsfeld established the Defense Business Board in 2001 as a complement to broader efforts at transformation in the Department of Defense. The Board consists of approximately twenty private sector executives who have amassed a vast range of experiences in business management. The Board shall provide the Secretary of Defense, through the Deputy Secretary of Defense, independent advice and recommendations on effective strategies for the implementation of best business practices of interest to the Department of Defense. The ultimate objective of this advice is to enhance the efficiency and effectiveness of organizational support to the nation's warfighters.

»Click here to view the complete text of Secretary Rumsfeld's September 2001 speech on transformation.»

Le “Click here” donne accès au texte du discours de Rumsfeld du 10 septembre 2001, texte que nous avions largement commenté comme un des discours les plus impressionnants et les plus courageux qu’il nous ait été donné de lire sur le danger que la bureaucratie fait courir à la stabilité des USA. Ces paroles sont encore plus impressionnantes, voire énigmatiques, lorsqu’on songe qu’elles sont dites la veille du jour où l’attaque 9/11 va faire naître l’Ennemi suprême des USA, non la bureaucratie comme le constatait Rumsfeld mais le terrorisme. (La bureaucratie existe toujours, en pire; quant au terrorisme...)

«The topic today is an adversary that poses a threat, a serious threat, to the security of the United States of America. This adversary is one of the world's last bastions of central planning. It governs by dictating five-year plans. From a single capital, it attempts to impose its demands across time zones, continents, oceans and beyond. With brutal consistency, it stifles free thought and crushes new ideas. It disrupts the defense of the United States and places the lives of men and women in uniform at risk.

»Perhaps this adversary sounds like the former Soviet Union, but that enemy is gone: our foes are more subtle and implacable today. You may think I'm describing one of the last decrepit dictators of the world. But their day, too, is almost past, and they cannot match the strength and size of this adversary.

»The adversary's closer to home. It's the Pentagon bureaucracy. Not the people, but the processes. Not the civilians, but the systems. Not the men and women in uniform, but the uniformity of thought and action that we too often impose on them.

»In this building, despite this era of scarce resources taxed by mounting threats, money disappears into duplicative duties and bloated bureaucracy—not because of greed, but gridlock. Innovation is stifled—not by ill intent but by institutional inertia.»

Le discours du 9/10 est le seul lien que le DBB donne à ceux qui consultent l’énoncé de sa mission. La brièveté du propos et la solitude de cette référence d’une importance considérable montrent la préoccupation centrale du DBB, la réalité d’une mission qui consiste à tenter effectivement d’empêcher un collapsus du Pentagone. L’avertissement dans le rapport du 23 octobre est d’autant plus à prendre en considération. Il n’est pas fait à la légère et il est fait en connaissance de cause.

Le rapport du DBB conduit Defense News, qui en a révélé les passages essentiels, à conclure dans son éditorial du 3 novembre 2008, qui en est un commentaire:

«The next defense secretary must make acquisition reform a top priority. If he doesn’t, the Pentagon will find itself unable to afford the new weapons it will need to modernize its aging forces.»

Parallèlement, c’est-à-dire dans le même numéro de Defense News (article accessible sur le site du CDI le 4 novembre), le réformiste Winslow Wheeler, du Center for Defense Information, observe que la crise du Pentagone est jusqu’ici complètement ignorée des nouveaux responsables. Il s'agit pourtant, laisse-t-il entendre, de la plus grave de toutes les crises pour les USA… (Par son caractère structurel et conjoncturel, par sa position à la jonction des crises internes et externes de l'américanisme, ce jugement nous semble absolument fondé.)

«With the profound problems the new U.S. president will face next year in the economy, health care, energy, Social Security, gridlock in Washington, and the wars in Iraq and Afghanistan, some might be tempted to take solace that our defenses, while costly, are sound.

»Sorry, Mr. President elect-to be; that’s not the case. You have a real mess on your hands in the Pentagon. You have addressed the other crises in your election campaign, but you have completely ignored the meltdown in the Pentagon.

»What is lacking is a president, or a candidate for that office, with the strength of character to acknowledge the depth of our problems, to embrace principles such as those stated here, and to withstand the typhoon of acrimony that will ensue from those who seek to keep us fat and fading»

Il faut noter effectivement que Wheeler emploie à plusieurs reprise, notamment dans son titre («The Other Meltdown»), le mot “meltdown” qui fut employé pour désigner la crise financière du 15 septembre… Le “coming crash du Pentagone, – certes, un thème pas très sexy pour un discours d’investiture à la présidence.


Mis en ligne le 6 novembre 2008 à 14H27