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• Un texte inhabituel de Kevin Barrett propose une “parodie caricaturale” de ‘Bibi’ Netanyahou transformé en bouc-émissaire pour expier les fautes du sionisme. • Image du divorce entre antisionisme et antisémitisme.
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Ce texte constitue bien entendu, sinon bien inattendue, une parodie caricaturale d’une situation évidemment simulacre d’Israël face à la colère qui s’accumule contre lui avec son idéologie sioniste et les ravages terroristes et génocidaires qui sont commis. L’hostilité de Kevin Barrett pour Israël est un fait bien établi, mais elle devient aujourd’hui bien difficile d’être dénoncée et condamnée comme antisémitisme comme ce fut souvent le cas. (Le chaos français nous montre fort bien l’extrême difficultés de faire prendre aujourd’hui l’antisionisme comme de l’antisémitisme.) Barrett prend d’ailleurs bien garde d’utiliser systémiquement, comme sujet ou comme qualificatif, tous les dérivés grammaticaux en même temps que le terme-souche de “sionisme” pour caractériser son travail ; tant il est si difficile aujourd’hui de présenter le sionisme comme autre chose qu’une idéologie qui est loin, très loin, de rallier tous les juifs.
« Son cri [de Trump] lancé à Netanyahu, “tout le monde déteste Israël”, a eu un effet retentissant... [...]
« Bien que la majorité du monde, menée par les pays du Sud, ait toujours détesté Israël, la mainmise sioniste sur les médias occidentaux a longtemps conditionné l'opinion publique occidentale à tolérer les exterminations et les crimes de guerre sans fin. Ce n'était donc pas tout le monde, mais la majeure partie de la planète, qui détestait Israël… jusqu'à présent. Alors que Trump hurlait sa vérité à Netanyahou, la haine envers ce “pays du viol de chiens” est actuellement quasi universelle. »
Le texte de Barrett décrit donc le simulacre parodique d’une improbable et actuelle direction sioniste réalisant avec horreur les effets du comportement d’Israël sur sa position d’influence dans le monde, et décidant de se tourner vers l’antique pratique (aussi bien juive que d’autres entités comme l’analyse René Girard) de choisir un bouc-émissaire et de le sacrifier pour le rachat des fautes commises par tous. Bien entendu, ‘Bibi’ Netanyahou est choisi et Barrett de nous décrire le processus de vieille tradition selon l’enseignement de la religion juive. Et alors ?
« Mais le monde serait-il pleinement convaincu que toutes les atrocités commises par Israël sont imputables à un seul homme, Benjamin Netanyahu, et que maintenant qu'il a été précipité du haut de la falaise la plus proche, tout va rentrer dans l'ordre, les sionistes génocidaires reprenant leur rôle de gentils et leurs victimes palestiniennes celui de terroristes ?
» Bonne chance avec ça, Bennett. Le monde a vu le génocide, il ne peut plus l'oublier, et tôt ou tard, il viendra vous précipiter, vous et tout le projet sioniste, du haut de cette même falaise. »
Quoi qu’il en soit, y compris du procédé littéraire choisi d’une parodie caricaturale, il reste que le texte de Barrett représente symboliquement ce qui semble bien être une rupture fatale dans la perception générale. Il s’agit de l’évolution devenue brutale d’une séparation de la “question juive” (selon le titre de l’essai de Sartre) de ce qui pourrait être nommée aujourd’hui la “question sioniste”. La course effrénée des sionistes, si visibles dans la France exposant toute sa stupidité et sa soumission, nous paraît perdue d’avant dans l’utilisation comme bouclier d’une équivalence entre antisionisme et antisémitisme. Sans doute un des signes de cette évolution se trouve-t-il dans l’augmentation exponentielle de l’antisionisme chez les juifs eux-mêmes, notamment de la diaspora.
Il s’agit alors d’un événement considérable qui renvoie à un texte de Diana Johnstone, sous la forme d’une lettre ouverte à Noam Chomsky, publiée sur ce site le 18 juin 2010.
« L’article ci-dessous a été définie par elle-même : “Une lettre qui s’est prolongée en article”. Le texte original, en anglais, a été mis en ligne sur le site CounterPunch, à la date du 14 juin 2010, sous le titre de «Why the French Hate Chomsky». Madame Diana Johnstone nous en donne ici la version française. »
Dans sa lettre à Chomsky, alors en visite en France, Johnstone expose le processus d’instrumentalisation politique que devint, dans ce pays, la lutte contre l’antisémitisme à partir de la “loi Gayssot” votée en juillet 1990 (Chomsky avait pris position en s’opposant fermement à cette loi). Elle introduisit le terme de ‘Shoah’ comme représentation sacrée d’une nouvelle religion d’État, — et d’un État laïque qui plus est.. Bien entendu, les sionistes utilisèrent aussitôt cet événement mystico-politique pour faire de la condamnation de l’antisémitisme un bouclier imparable pour l’antisionisme :
« D’abord, la Loi Gayssot a contribué à la sacralisation de la Shoah, qui est traitée de moins en moins comme un évènement historique et de plus en plus comme un dogme sacré. Dans un Etat laïc, où la religion est exclue de l’école de la République, seule la Shoah exige l’adhésion mentale et émotionnelle réservée traditionnellement à la religion. Sa place dans les programmes scolaires empiète de plus en plus sur l’enseignement de l’histoire profane.
» Jadis, les crimes nazis étaient enseignés comme des crimes contre l’humanité en général, mais au fur et à mesure que l’identification des victimes s'est focalisée sur les juifs, l’effet implicite en a été de diviser les enfants entre les descendants des victimes, les juifs, et tous les autres, dont l’innocence est moins évidente. On assiste ainsi à un curieux renversement de la stigmatisation médiévale des juifs en tant que “peuple déicide”. Aujourd’hui, les non-juifs sont dans la position désagréable d’être descendants des “tueurs de juifs”, ou du moins de ceux qui n’ont pas sauvé les enfants juifs déportés à Auschwitz. »
C’était en 2010 et nous étions loin du processus actuels grâce aux protection acquise par les sionistes dans le domaine de la communication. Mais les événements depuis le 7 octobre 2023, la politique ouvertement génocidaire suivie par l’Israël des sionistes extrémistes, a brutalement bouleversé cette situation. Elle a mis les sionistes dans une position défensive dans le domaine de la “guerre de l’information” qui gère les influences. Aujourd’hui, les sionistes extrémistes, emmené par Netanyahou, dirigent Israël dans une politique forcenée mais ils séparent ce pays de la position générale des juifs. Le contexte rappelé ici rend compte de la formidable importance d l’enjeu en-cours, résumé par l’apostrophe de Trump : « Tout le monde vous déteste maintenant ! Tout le monde déteste Israël ! »
Le texte de Barrett, complété par une note sur la notion de “bouc-émissaire” selon René Girard, a été écrit le 10 juin 2026 et publié le 12 juin 2026, sur ‘UNZ.com’, avec cette présentation :
«Le fait de précipiter Bibi du haut d'une falaise pourrait-il expier les péchés du sionisme ?»
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Bien que Trump profère des mensonges plus gros et plus extravagants que n'importe quel autre président de l'histoire, il lui arrive aussi de lâcher une vérité qui fait mouche. Son cri lancé à Netanyahu, « tout le monde déteste Israël », a eu un effet retentissant.
Quand Trump a crié « Tout le monde vous déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça », il faisait immédiatement référence à l'ordre de Netanyahou de bombarder Beyrouth. Mais pour Trump, cela impliquait bien plus. Bien que la majorité du monde, menée par les pays du Sud, ait toujours détesté Israël, la mainmise sioniste sur les médias occidentaux a longtemps conditionné l'opinion publique occidentale à tolérer les exterminations et les crimes de guerre sans fin. Ce n'était donc pas tout le monde, mais la majeure partie de la planète, qui détestait Israël… jusqu'à présent. Alors que Trump hurlait sa vérité à Netanyahou, la haine envers ce “pays du viol de chiens” est actuellement quasi universelle.
Par le passé, lorsque l'entité sioniste commettait des actes impopulaires, elle encaissait les critiques et passait à autre chose, aidée par les milliardaires juifs qui ont racheté la plupart des médias et intimidé les autres. Mais aujourd'hui, sur les réseaux sociaux, chaque personne de moins de 65 ans s'informe par elle-même. Les vidéos iraniennes de LEGO, les extraits d'atrocités sionistes, les images de Gaza prises par drone et les absurdités auto-dérisoires, comme celles de soldats de Tsahal se vantant d'avoir abattu des enfants et de porter les sous-vêtements des femmes qu'ils ont tuées, éclipsent largement les inepties sionistes.
De toute évidence, les sionistes aimeraient trouver un moyen d'encaisser le revers médiatique et de passer à autre chose… ou plus précisément, de revenir au monde d'avant octobre 2023, où Israël n'avait pas encore totalement anéanti sa propre légitimité. Mais faire marche arrière avec cette incitation au génocide ne sera pas chose aisée. Que Larry Ellison, propriétaire de Paramount-CNN, HBO-Warner Bros, MTV/-Nickleodeon, rachète TikTok et y impose des algorithmes pro-génocide, puis rachète CBS et promeuve Bari Weiss bien au-delà de ses compétences, ne suffira pas. De même, tenter de faire passer en force une loi au Congrès qui ferait de l'ensemble de l'appareil militaro-renseignement américain une filiale à 100 % israélienne ne résoudra pas le problème. Enfin, opposer Thomas Massie et Al Green aux primaires, tout en omettant de le faire à Graham Platner, Daniel Biss, Kat Abughazaleh et Analilia Mejia, ne sera pas une solution acceptable.
Les sionistes, aux abois, vont devoir exploiter l'un des penchants les plus profonds et les plus vils de l'humanité : la recherche de boucs émissaires . Et je ne parle pas seulement de désigner les musulmans comme boucs émissaires, comme ils l'ont fait lors des attentats du 11 septembre 2001, dont ils ont accusé ben Laden . La recherche de boucs émissaires parmi les musulmans est inhérente au sionisme : Hollywood est une immense usine à propagande anti-musulmane et anti-arabe depuis au moins les années1970, et les attentats sous faux drapeau, imputés à leurs ennemis arabo-musulmans, se multiplient depuis l'attentat de l'hôtel King David et l'affaire Lavon. Ni les films de propagande ni les attentats sous faux drapeau ne sont près de s'arrêter.
Ce qui est nouveau, cette fois-ci, c'est qu'ils pourraient bien faire d'un des leurs un bouc émissaire : à savoir, le tristement célèbre criminel de guerre polonais Binyamin Mileikowsky, qui opère sous le nom d'emprunt de Netanyahu . Bibi, vendeur de meubles né, a été, comme Bari Weiss, promu bien au-delà de ses compétences. Mais le charmeur Bibi s'est révélé si doué pour vendre des meubles génocidaires qu'il a entraîné sa colonie de colons suprémacistes dans une série d'excès qui ont culminé avec le génocide de Gaza, l'escalade des pogroms en Cisjordanie et, aujourd'hui, la guerre perdue d'avance contre l'Iran et ses alliés libanais, yéménites et irakiens, marquée par de graves répercussions.
Rien de tout cela n'est entièrement de la faute de Netanyahou. C'est toute sa société, peuplée de violeurs et d'assassins d'enfants malades et dépravés, qui en est responsable. Le sionisme, idéologie intrinsèquement suprémaciste et génocidaire, est le problème.
Mais les sionistes ne l'admettront évidemment pas. Ils ont besoin de brouiller les pistes, de désinformer, de convaincre le monde de blâmer quelqu'un ou quelque chose d'autre qu'eux-mêmes, leur culture suprémaciste et leur idéologie génocidaire.
Trump, qui a été aux ordres de criminels sionistes juifs et leur a servi de porte-parole durant toute sa vie adulte , ne s'en prendrait pas ainsi à Netanyahu sans l'aval préalable de ses maîtres sionistes. En réprimandant publiquement Netanyahu, Trump n'a peut-être pas simplement lancé un avertissement. Il pourrait en réalité indiquer que Netanyahu va être sacrifié, jeté du haut d'une falaise… bref, désigné comme bouc émissaire .
Le bouc émissaire rituel est une pratique typiquement juive. Le terme « bouc émissaire » (עֲזָאזֵל ou Azazel ) provient de l'ancien rituel hébraïque de Yom Kippour (Jour du Grand Pardon). Chaque année, lors de cette fête majeure – le jour le plus sacré du calendrier juif – les Juifs transfèrent rituellement les péchés, la culpabilité et les impuretés collectives de leur communauté sur un bouc, qu'ils expulsent ou sacrifient ensuite pour obtenir une purification symbolique. Dans la tradition juive du Second Temple, le bouc émissaire était conduit au bord d'une falaise abrupte près de Jérusalem et précipité dans le vide.
Aujourd'hui, les Juifs génocidaires d'Israël sont si incroyablement pécheurs – si caricaturalement maléfiques – qu'aucun bouc ne saurait porter tous leurs péchés du haut de la falaise. Mais cela ne signifie pas qu'ils n'essaieront pas. Et le bouc émissaire sur lequel ils pourraient tenter de faire peser tous ces péchés n'est autre que Netanyahu.
Mais de quelle falaise devraient-ils le jeter ? J’ai demandé à Gemini : « Peux-tu me suggérer une haute falaise aux alentours de Jérusalem qui conviendrait pour le rituel du bouc émissaire aujourd’hui ? » Gemini s’est enthousiasmé :
Le principal lieu historique et géographique qui conviendrait aujourd'hui à ce rituel est Jabel Muntar (également connu sous le nom de Mont Azazel ou Jabal al-Mintar ), situé dans le désert de Judée.
Selon des siècles de tradition juive, des textes historiques et le consensus archéologique moderne, ce sommet précis est la montagne exacte où se déroulait l'ancien rituel du bouc émissaire.
Situation : Situé dans les badlands de Cisjordanie/désert de Judée, à environ 19 km à l’est de la vieille ville de Jérusalem , directement entre Jérusalem et la mer Morte.
Le terrain : Il s’agit du plus haut sommet de cette région du nord du désert de Judée. La face orientale de la montagne présente les escarpements calcaires abrupts, déchiquetés et accidentés requis par le rituel pour garantir la mort de l’animal lors de la chute.
Alignement historique : La distance correspond aux descriptions anciennes de la Mishna ( Yoma 6:4 ), qui indique que le bouc émissaire a été conduit du Temple à travers 10 haltes désignées dans le désert sur une distance d'environ 12 miles avant d'atteindre le bord de la falaise.
Si les Sages de Sion choisissent Netanyahu pour expier tous les péchés d'Israël le 21 septembre prochain, voici comment ils procéderont.
Tout d'abord, le Grand Prêtre (Naftali Bennett ?) procédera au Transfert des Péchés en posant les deux mains sur la tête de Netanyahou et en confessant à haute voix toutes les iniquités et transgressions des Israélites. (Une confession complète de chaque viol, assassinat, opération sous faux drapeau, infanticide, mensonge éhonté, etc. prendrait des siècles, voire des millénaires ; Bennett devra donc se contenter d'un résumé concis et largement expurgé.) Par cette méthode, Bennett transférera symboliquement la culpabilité du peuple juif/israélien sur Bibi « le Bouc » Netanyahou.
Vient ensuite l'exil : le bouc Bibi, conduit par un rabbin, ira dans le désert, emportant ainsi les impuretés de la communauté loin de la colonie génocidaire. Après une longue et pénible traversée, le bouc Bibi atteindra la falaise de Jebel Muntar et sera précipité dans le vide pour bannir définitivement les péchés anciens. Purifiés des fautes de l'année précédente, les Israélites seront revigorés et divinement autorisés à en commettre de nouveaux.
Israël en général, et Bennett en particulier, pourraient tirer un profit considérable de la désignation de Netanyahou comme bouc émissaire. Pensez d'abord à l'audience ! Le monde entier serait rivé à son écran pour suivre en direct l'ascension de Netanyahou au sommet du Jebel Muntar et sa chute de la falaise.
Mais le monde serait-il pleinement convaincu que toutes les atrocités commises par Israël sont imputables à un seul homme, Benjamin Netanyahu, et que maintenant qu'il a été précipité du haut de la falaise la plus proche, tout va rentrer dans l'ordre, les sionistes génocidaires reprenant leur rôle de gentils et leurs victimes palestiniennes celui de terroristes ?
Bonne chance avec ça, Bennett. Le monde a vu le génocide, il ne peut plus l'oublier, et tôt ou tard, il viendra vous précipiter, vous et tout le projet sioniste, du haut de cette même falaise.
Note : René Girard a soutenu que le recours au bouc émissaire est inscrit dans la nature humaine. Il considérait les sacrifices d’animaux comme des substituts aux sacrifices humains, lesquels, selon lui, ont toujours constitué le mécanisme central d’établissement et de maintien de la solidarité sociale. Dans l’interprétation chrétienne de Girard, le bouc émissaire est toujours innocent : nous sommes tous pécheurs, aussi, même si le criminel que nous lynchons est un monstre dépravé, un pédophile violeur de chiens, nous ne sommes pas nous-mêmes sans péché, et nous ne devrions donc pas lui jeter la première pierre.
Girard, comme la plupart des autres non-Juifs de l'après-guerre, a adhéré à l'idée suprémaciste juive selon laquelle les Juifs sont des victimes primordiales, des innocents sans tache persécutés sans cesse et gratuitement par les antisémites. Comme le dit Randy Fine, les Juifs ont été chassés de tous les endroits où ils ont vécu « et ce n'est jamais de notre faute ». Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et de la sacralisation du récit de l'Holocauste, le mythe sacré du Juif comme victime éternelle a permis le génocide juif en Palestine et la domination juive sur les non-Juifs dans la finance, les médias et la politique occidentaux.
Bien que je trouve beaucoup d'éléments utiles chez Girard, il me semble nécessaire de faire preuve de discernement et de distinguer la persécution irrationnelle de boucs émissaires innocents, utilisée comme mécanisme de contrôle social et que Girard a brillamment décrite et analysée, du châtiment des méchants, qui est une chose bien différente. Lorsque Dieu et les hommes s'uniront pour châtier à nouveau les Juifs pour leur comportement collectif, il ne s'agira pas exactement d'une persécution des innocents au sens de Girard.
K.B.