L’alerte ukrainienne et l’ami-Joe

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L’alerte ukrainienne et l’ami-Joe

• Articles du 5 avril 2021. • Tension très forte entre l’Ukraine de Zelenski et la Russie, la plus forte depuis le “coup de Kiev” exécuté par les USA en février 2014 et ce qui a immédiatement suivi. • Cette fois, l’OTAN est en première ligne, Zelenski réclamant à corps et à cri l’entrée de l’Ukraine dans l’organisation. • En attendant, on (OTAN-Ukraine) va faire exercice commun, en Ukraine, pas très loin de la Russie. • Tout cela doit rappeler au président Biden plein de souvenirs, lui qui a tant d’amis à Kiev. • Contributions : dedefensa.org et WSWS.org.

 

On doit se rappeler combien, en 2014, l’Ukraine tint le centre de l’actualité, avec des perspectives qui n’écartaient certainement pas la possibilité d’un conflit nucléaire au plus haut niveau (stratégique entre les USA et la Russie). On doit se rappeler combien les événements de février 2014 à Kiev furent un coup d’État des USA soutenus par l’UE ; à cet égard, les révélations de George Friedman, alors directeur de la société Stratfor, ne laissent absolument aucun doute : « Sans aucun doute, ce fut le “coup” [organisé par les USA] le moins dissimulé dans l’histoire. » (« Indeed, it was the most overt coup in history. »)

... Puis, ce qui avait démarré comme une tragédie menaçant en ampleur tout ce qui avait précédé en ce XXIe siècle pourtant bien fourni dans cette sorte d’inventaire, tourna peu à peu à la tragédie-bouffe tant l’Ukraine (essentiellement celle qui a été libérée par “l’Empire du Bien”) s’imposa comme un océan de corruption entourant un Himalaya de putréfaction marquant les personnes, les biens, les actes et les déclarations des personnels de toutes sortes, – politique, affaires, communication, – constituant l’élite et la direction de force et d’influence de cette chose. Mais voici, brusquement ou à pas comptés cela dépend, que l’Ukraine s’impose à nouveau dans le registre du tragique, toujours avec ce zeste de bouffe désormais indélébile, mais néanmoins dans un registre où il semble y avoir un certain sérieux.

Clara Weiss, de WSWS.org, résume pour nous, ce 3 avril 2021 :
 

« La semaine dernière, les combats entre l’armée ukrainienne et les séparatistes soutenus par la Russie dans la région du Donbass se sont considérablement intensifiés. Alors que les médias occidentaux dénoncent une prétendue “agression russe”, les affrontements militaires se sont en fait déroulés sur fond d’une série de provocations majeures de la part du gouvernement ukrainien, qui compte bien recevoir le soutien de l’OTAN dans une guerre potentielle avec la Russie.
» Le niveau de tension entre la Russie et l’Ukraine n’a jamais été aussi élevé depuis qu’un coup d’État soutenu par les États-Unis et l’Allemagne, mené par des forces d’extrême droite, a renversé le gouvernement Ianoukovitch en février 2014. Ce coup d’État, qui s'inscrit dans une stratégie de plusieurs décennies de l’impérialisme visant à encercler la Russie, a déclenché l’annexion de la Crimée par le Kremlin et une guerre civile dans l’est du pays, qui a coûté la vie à plus de 13 500 personnes. »
 

Du même texte, on ajoutera les détails d’une situation sociale et sanitaire catastrophique, y compris en fonction de la pandémie-Covid détaillant une situation d’une extraordinaire stupidité et d’une cruauté nihiliste sans pareille : les pays du bloc-BAO, qui livrent autant d’armes que possible au régime, refusent de livrer des vaccins ; et le président, ex-comique-troupier  de la TV ukrainienne Zelenski, acheté en solde par les USA quelques mois après son élection, refuse évidemment d’acheter des vaccins Spoutnik-V que les Russes sont prêts à leur vendre...
 

« En Ukraine, la crise sociale et politique est particulièrement aiguë. Plus d'un an après le début de la pandémie, le coronavirus déchire la population appauvrie, complètement déséquilibrée. Le 1er avril, 421 personnes sont mortes et les nouvelles infections quotidiennes ont atteint le deuxième chiffre le plus élevé de la pandémie. Plus de 33 200 personnes sont officiellement mortes du virus, mais le nombre réel est probablement beaucoup plus élevé. Les hôpitaux étant débordés et certaines personnes prenant des médicaments destinés aux animaux, un conseiller du ministère ukrainien de la santé a recommandé aux personnes ayant contracté le COVID-19 de se préparer à “mourir chez elles”.
» Les mêmes puissances impérialistes qui ont injecté des milliards de dollars dans l'extrême droite et l’armée ukrainiennes pour préparer la guerre contre la Russie ont refusé de fournir une aide significative pour la distribution du vaccin COVID-19. Le gouvernement Zelensky a rejeté le vaccin russe Sputnik V, arguant que l'accepter signifierait un “terrible revers géopolitique”. En conséquence, seules 220 000 personnes sur une population de 44 millions d'habitants ont reçu la première injection d’un vaccin et seules deux personnes étaient entièrement vaccinées au 30 mars. Des millions de travailleurs migrants ont perdu leur emploi, tandis que beaucoup d’autres ont été licenciés ou ont subi des pertes de revenus importantes. Dans la zone de guerre de l'Ukraine orientale, des millions de personnes n'ont pas accès à l'eau potable, certains villages n’ayant même pas accès à l'eau du tout, selon l'UNICEF. »
 

Ci-dessous, un autre texte de WSWS.org, plus récent (de ce jour) nous donne des nouvelles plus fraîches concernant cette tension, ainsi que l’arrière-plan des mois qui ont précédé, des quelques années depuis le “coup de Kiev”, voire quelques mots de la période depuis la chute de l’URSS.

(Revenu de sa crise d’allergie exématique, antitrumpiste-“antifasciste” [!] qui l’a profondément troublé à notre estime, le site trotskiste est revenu à sa bonne vieille hargne anti-[parti]-démocrate et a retrouvé sa place dans le référencier de ce que nous jugeons être des sources d’appréciation et d’analyse de bonne qualité, alors servie par une bonne documentation des événements courants. Il suffit alorts d’écarter le “minimum syndical” des habituelles expressions et lieux communs trotskistes...)

Il est intéressant, pour apprécier les caractères de cette crise, ou de la phase de cette événement crisique ukrainien extrêmement durable, de signaler d’ores et déjà, extrait du texte ci-dessous, les appréciations données par nos autorités et voies de commination (presseSystème et le reste).
 

« La presse bourgeoise occidentale a accordé peu d’attention au danger croissant de guerre en Ukraine orientale. Dans les quelques reportages parus, la Russie est universellement accusée d’“agression”, ce qui est l’exact contraire de la réalité.
» Dans le même temps, la crise est de plus en plus décrite comme un “test” pour l’administration Biden, qui a signalé depuis son inauguration qu’elle poursuivrait une politique extrêmement agressive contre la Chine et la Russie. S’adressant à ‘Foreign Policy’, Jim Townsend, ancien secrétaire adjoint américain pour l’Europe et l'OTAN, a minimisé l’escalade des tensions en parlant d’un simple jeu de pression entre Poutine et Biden.
» [Les Russes] sondent, ils essaient de voir ce que [les États-Unis] vont faire, ce que l’OTAN ferait, ce que les Ukrainiens feraient. S'agit-il d'une administration nerveuse, ou d’une administration qui va agir avec détermination ? Ils font toutes ces choses pour évaluer où en est la nouvelle administration.”
» Anne Applebaum, une spécialiste des médias de droite, mariée à un ancien ministre des Affaires étrangères polonais, a décrit la situation en Ukraine, ainsi qu’une éventuelle “invasion chinoise de Taïwan”, comme l'une des “deux crises auxquelles l’administration Biden doit être préparée”. »
 

L’analyse US officieuse-officielle qui est donnée de la politique ukrainienne US, hors du blabla bienpensant et PC, renvoie aux postures soi-disant “réalistes” couvrant en l’exaltant du génie stratégique la politique d’agression hégémonique des USA, bien entendu sans le filtre de la vérité-de-situation catastrophique que décrit Scott Ritter puisqu’il n’est nullement question de tenir compte du moindre soupçon d’abaissement, sinon d’effondrement de la puissance US. Un rapport de la RAND Corporation de 2019 recommande d’“épuiser” les forces militaires russes et chinoises en forçant ces deux puissances à s’impliquer dans les deux crises qui les sollicitent, l’Ukraine pour la Russie et Taiwan pour la Chine.

D’une crépusculaire et extraordinaire bêtise selon l’habituel simulacre royalement rémunéré des montages pseudo-stratégiques des experts du domaine (qui a visité les locaux de la RAND comprend ce dont l’on parle), le document RAND affirme que « l’armée ukrainienne saigne déjà la Russie [par les pertes qu’elle lui inflige] dans la région du Donbass (et vice versa). Fournir davantage d'équipements et de conseils militaires américains pourrait conduire la Russie à accroître son implication directe dans le conflit et le prix qu’elle en paie. » Sans mentionner une seconde qu’on devrait tout de même vérifier que les Russes sont réellement engagés en Ukraine orientale, – un des ‘canards’ favoris de nos canards-Système plongés dans le simulacre qu’on connaît, – la RAND avertit d’une façon appuyée qu’une telle stratégie « pourrait avoir un coût important pour les États-Unis eux-mêmes et était extrêmement risquée ».

... Pourtant, ajoute le commentaire hors-RAND, « c’est précisément cette stratégie que les États-Unis ont poursuivie » [et continuent à poursuivre ?]. Mais ne peut-on ajouter à la fois une notation personnelle et une observation chronologique car, quoique WSWS.org ait pensé et continue à penser de Trump, on doit reconnaître que le jeu de la provoc’ ukrainienne sponsorée-Pentagone/CIA face à la Russie n’a pas été très actif durant le mandat de Trump, et qu’il renaît justement avec l’arrivée de Biden.

Alors, nous viennent d’autres remarques, concernant notamment deux faits :
• que Biden a été assez long à dire (le 2 avril) son soutien complet à Zelenski ; et
• que Biden avait, jusqu’à ces derniers jours (reste à voir comment la situation va/a évolué), invité Poutine et omis d’inviter Zelenski à sa prochaine conférence mondiale sur le climat.

Ce qui est alors remarquable, c’est de voir que la crise ukrainienne est effectivement entrée en état de veilleuse avec le départ de l’administration Obama-Biden, et de savoir que l’un des points essentiels de la structure de corruption de la famille Biden est l’Ukraine dont on a eu de nombreux aperçus, notamment grâce au fiston Hunter Biden. (Au reste, la “relation privilégiée” de Biden de l’Ukraine remonte loin, jusqu’à ses débuts de vice-président, avant les clowns post-Maidan, dès 2009.) La confidence que Zelenski a faite au réseau de télévision HBO il y a quelques semaines peut s’entendre de deux façons : « Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il dirait au président américain nouvellement élu, Joe Biden, s’il avait l’occasion de lui parler, Zelenski a rapidement répondu : “J’ai une question très simple : Monsieur le Président, pourquoi ne faisons-nous toujours pas partie de l’OTAN ?”. »

Effectivement, si l’on peut entendre cette question comme une action de communication normale du programme Ukraine-USA (l’Ukraine sollicitant l’entrée dans l’OTAN, avec le soutien des “faucons” de Washington), on peut aussi l’entendre indirectement comme le rappel d’une promesse que Biden aurait faite à Zelenski. Il y a eu beaucoup d’occasions d’arrangement Biden-Zelenski ces dernières années, et également lors de la campagne électorale et contre Trump, puisque la première procédure de destitution de Trump (et le premier échec de cette procédure) a été lancée à propos d’une conversation qu’il a eu lui-même avec Zelenski, et en marge de cette affaire les grossières implications de corruption des Biden en Ukraine ont été largement évoqués. Les deux interprétations peuvent d’ailleurs aisément et aimablement cohabiter.

C’est une occurrence sympathique : les deux possibilités de crises-“tests” que Biden peut avoir à affronter, selon Anne Applebaum et toute la meute des “experts” et des neocon, ont à voir avec deux situations où la famille Biden a eu beaucoup à voir (et à faire) du point de vue de son “art de la corruption” : avec l’Ukraine, et avec la Chine à propos d’une éventuelle crise de Taïwan.

Bref, on est entre potes...

Sans trop interférer sur ces relations évidemment amicales, on peut donc lire le texte que WSWS.org consacre ce 5 avril à la situation ukrainienne. (Le titre original est : « Ukraine announces joint military exercises with NATO amid rising tensions with Russia »)

dedefensa.org

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Exercice conjoint Ukraine-OTAN, en Ukraine

Le Commandement Opérationnel Est des forces armées ukrainiennes (AFU) a annoncé samedi, de manière provocante, qu'il organiserait des exercices militaires conjoints, connus sous le nom d’“exercice Cosaque Mace”, avec les forces de l'OTAN dans le courant de l'année. Cette déclaration intervient alors que la violence continue de s'intensifier entre les forces ukrainiennes et les séparatistes soutenus par la Russie dans la région orientale du Donbass.

Alors que les exercices conjoints Ukraine-OTAN sont souvent annoncés en précisant qu'il s’agit d’opérations purement “défensives”, la déclaration de l'AFU diffère en ce qu’elle indique clairement qu'elle simulera une attaque offensive non seulement contre le Donbass contrôlé par les séparatistes, mais aussi contre les forces russes.

« En particulier, des actions défensives seront élaborées, suivies d’une offensive afin de restaurer la frontière et l'intégrité territoriale d’un État qui a fait l’objet d'une agression par l'un des pays voisins hostiles » indique la déclaration, faisant clairement référence à la Russie.

La déclaration de samedi a été suivie dimanche par la publication par l'état-major général des forces armées ukrainiennes d'une vidéo provocatrice sur sa page Facebook, célébrant le 72e anniversaire de l'OTAN, accompagnée du hashtag #WeAreNATO.

Depuis plus de six ans, l'Ukraine est en proie à une guerre civile dans l'est du pays entre les forces gouvernementales et les séparatistes. Cette guerre a fait environ 14 000 morts, 1,4 million de personnes déplacées et 3,5 millions de personnes nécessitant une aide humanitaire. Pendant la majeure partie de ces six années, les combats sont restés à un niveau relativement bas, avec des tirs d'artillerie et des échanges de coups de feu persistants, tout en évitant une guerre totale. Les récentes déclarations et actions du gouvernement ukrainien montrent qu’il se prépare désormais à un tel scénario et qu’il attend le soutien de l'OTAN.

L’OTAN a été fondée en tant qu’alliance militaire en 1949 par les États-Unis et onze autres pays européens pour mener une guerre contre les forces de l’URSS, numériquement supérieures. Malgré la dissolution de l'Union soviétique en 1991, l’alliance a continué d'exister en tant qu’instrument de l’impérialisme occidental visant à contrer la Russie désormais capitaliste.

Alors que la bureaucratie stalinienne se préparait à dissoudre l'Union soviétique et à restaurer pleinement le capitalisme, en travaillant main dans la main avec l’impérialisme américain, le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev a reçu l'assurance que l’OTAN n’étendrait pas ses frontières dans un monde post-soviétique. Or, c’est précisément ce qu'elle a fait, en ajoutant la Pologne, la Hongrie et la République tchèque à peine huit ans plus tard, en 1999. L'OTAN a continué à s'étendre vers l'est et a récemment ajouté le Monténégro et la Macédoine du Nord, qui faisaient tous deux partie de la Yougoslavie.

Avant le coup d’État de 2014, soutenu par les États-Unis, qui a installé le gouvernement de droite antirusse de Petro Porochenko, l'Ukraine avait conservé un statut de non-aligné par rapport à l'OTAN. En 2014, elle s’est engagée dans la voie de l’intégration à l'OTAN. En février 2019, le gouvernement ukrainien a adopté un amendement constitutionnel affirmant sa volonté de rejoindre à la fois l'OTAN et l'UE et, en juin de cette année, il est devenu membre du programme Enhanced Opportunities Partnership de l'OTAN.

Alors que l'actuel président ukrainien Zelenski était auparavant ambigu sur sa position à l'égard de l'OTAN pendant sa campagne électorale en 2019, – proclamant son soutien à l'adhésion à l'UE tout en disant peu de choses sur l’alliance militaire occidentale, – il supplie désormais régulièrement son pays d’être pleinement inclus dans l’OTAN. En 2020, l’Ukraine a obtenu un statut renforcé auprès de l’OTAN, lui accordant « l’accès à des programmes et exercices d'interopérabilité, et un plus grand partage d'informations ».

S'adressant à HBO plus tôt cette année, lorsqu’on lui a demandé ce qu'il dirait au président américain nouvellement élu, Joe Biden, s'il avait l’occasion de lui parler, Zelenski a rapidement répondu : “J'ai une question très simple : Monsieur le Président, pourquoi ne faisons-nous toujours pas partie de l'OTAN ?”.

Dimanche, Zelenski a également félicité l'OTAN pour son anniversaire en tweetant « Félicitations aux partenaires de l'OTAN pour l'anniversaire du Traité de l'Atlantique Nord ! Nous sommes impatients d'étendre notre coopération pratique pour renforcer la sécurité euro-atlantique. Nous comptons sur le soutien des Alliés pour accorder le MAP à l’Ukraine. L’armée ukrainienne est forte et poursuit les réformes nécessaires ».

Tout au long de l'année 2021, un cessez-le-feu négocié entre la Russie, l'Ukraine et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) s'est effondré avec une augmentation des attaques et des meurtres des deux côtés.

Dans le même temps, l’administration Zelenski a progressivement renforcé l'hystérie antirusse en sanctionnant les dirigeants de l'opposition pro-russe [notamment le chef de l’opposition, le milliardaire pro-russe Viktor Medvedchouk], en fermant les médias pro-russes et en adoptant une loi linguistique controversée visant à limiter l'usage de la langue russe dans le pays. Plus récemment, le gouvernement ukrainien a annoncé une stratégie visant à une mobilisation totale du pays pour la guerre et la reprise de la Crimée.

Pour sa part, le gouvernement capitaliste oligarchique de Moscou, issu de la destruction stalinienne de l'URSS, a continuellement cherché à conclure un accord avec l'impérialisme occidental. La semaine dernière, Poutine s’est entretenu avec les chefs d'État français et allemand, ostensiblement sans la participation de Kiev ou de Washington DC.

Toutefois, n’ayant pas obtenu un accord avec les membres de l’OTAN que sont la France et l'Allemagne, le gouvernement Poutine a maintenant recours à la guerre des nerfs et se prépare à une guerre potentielle. Ce week-end, des vidéos ont montré des chars se rapprochant de la frontière entre le pays et l'Ukraine, augmentant ainsi le risque d’un déclenchement accidentel des hostilités entre les forces ukrainiennes de l'autre côté de la frontière.

Berlin et Paris ont publié une déclaration commune samedi soir : « Nous suivons de près la situation et en particulier les mouvements de troupes russes, et nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue et à œuvrer à la désescalade immédiate des tensions. » Samedi également, Boris Ruge, vice-président de la Conférence de Munich sur la sécurité, a déclaré de manière menaçante qu’« il y aura un prix à payer » en cas d’escalade de la Russie, faisant allusion aux « conséquences » pour le gazoduc Nord Stream 2, qui doit acheminer le gaz de la Russie vers l'Allemagne.

Les États-Unis, quant à eux, ont continué à soutenir leur protégé militaire à Kiev, le ministre américain de la défense, Lloyd Austin, ayant rassuré son homologue ukrainien, le ministre de la défense Andrii Taran, en lui disant que Washington n’abandonnerait pas l'Ukraine en cas de guerre, lors d’un appel téléphonique tenu le 1er avril à l'initiative de la partie américaine. Lors d’un entretien virtuel le 2 avril, Joe Biden a promis à Zelensky un « soutien indéfectible » contre la Russie.

La presse bourgeoise occidentale a accordé peu d'attention au danger croissant de guerre en Ukraine orientale. Dans les quelques reportages qui ont vu le jour, la Russie est universellement accusée d’“agression”, ce qui est l’exact contraire de la réalité.

Dans le même temps, la crise est de plus en plus décrite comme un “test” pour l'administration Biden, qui a signalé depuis son inauguration qu'elle poursuivrait une politique extrêmement agressive contre la Chine et la Russie. S’adressant à ‘Foreign Policy’, Jim Townsend, ancien secrétaire adjoint américain pour l'Europe et l'OTAN, a minimisé l’escalade des tensions en parlant d’un simple jeu de pression entre Poutine et Biden.

« [Les Russes] sondent, ils essaient de voir ce que [les États-Unis] vont faire, ce que l’OTAN ferait, ce que les Ukrainiens feraient. S'agit-il d'une administration nerveuse, ou d’une administration qui va agir avec détermination ? Ils font toutes ces choses pour évaluer où en est la nouvelle administration. »

Anne Applebaum, une spécialiste des médias de droite, mariée à un ancien ministre des Affaires étrangères polonais, a décrit la situation en Ukraine, ainsi qu’une éventuelle « invasion chinoise de Taïwan », comme l'une des « deux crises auxquelles l’administration Biden doit être préparée ».

Jason Melanovski, WSWS.org

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