La vertu psychologique d’être complotiste

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La vertu psychologique d’être complotiste

Commentateur ardemment dissident dans nombre de domaines où le Système étend son action, et notamment ardent adversaire de la thèse officielle de l’attaque 9/11 (un de ses livres, de 2007, le montre rien qu’à son titre : Truth Jihad: My Epic Struggle Against the 9/11 Big Lie), le Dr. Kevin Barrett a débusqué un intéressant article de la revue Frontiers of Psychology. Il s’agit du compte-rendu d’une enquête sur l’équilibre psychologique des “complotistes 9/11” (partisan de la thèse selon laquelle il y a eu complot dans l’attaque 9/11) ; le sujet n’est pas politique, il ne cherche pas à déterminer certes si la version officielle est fausse, et si telle ou telle thèse complotiste est fondée ; il examine la démarche psychologique : est-ce un signe d’équilibre ou de déséquilibre psychologique et mental de mettre en cause la version officielle, et de proposer plutôt une version dissidente, qui sera nécessairement complotiste ?

(Dans cette exposition des thèmes de l’enquête, il faut bien voir que le sujet principal est bien la démarche de la mise en cause de la version officielle. Le fait de chercher et de promouvoir une version alternative, nécessairement complotiste, est et doit être la conséquence de la mise en cause de la version officielle, qui est le fait fondamental. C’est dans tous les cas notre avis, et notre position en général étant de dire : “Il y a une seule certitude dans l’affaire 9/11, c’est que la thèse officielle est fausse”.)

L’article de Barrett est publié sur le site PressTV.ir, le 18 mai 2014... «The article's title “Thirty shades of truth: conspiracy theories as stories of individuation, not of pathological delusion” summarizes its key finding: People who doubt the mainstream media's version of 9/11 are not deluded. Quite the opposite: They are notable for “individuation,” a term coined by Carl Jung which he defined as: “The better and more complete fulfillment of the collective qualities of the human being.” Are 9/11 truthers and other independent-minded skeptics really better and more fulfilled human beings? That is the exact opposite of what mainstream propaganda has been telling us. [...]

»So the good news is that the explosion of “conspiracy theories” in the wake of 9/11 is not a symptom of collective insanity or mass delusion. On the contrary, it is a sign that people are growing psychologically healthier. And if the study's sample is any indication, more and more people are becoming psychologically healthy. Psychologist Marius H. Raab and his four co-authors discovered that 29 of the 30 participants in their “constructing 9/11 narratives” experiment refused to swallow the official version of 9/11; only one participant fully endorsed the official story (and that person admitted to having no interest whatsoever in 9/11). Perhaps the public is becoming saner, better-adjusted, and better-informed than even the most wild-eyed conspiracy optimist would have believed...»

Les causes prises en compte par les enquêteurs pour tenter d’expliquer la démarche ne portent bien entendu pas sur l’aspect circonstanciel, c’est-à-dire ce qui, dans l’esprit des comploteurs, rend la version officielle (dite OCT, ou Official Conspiracy Theory) inacceptable. C’est le fait de la démarche de la mise en cause elle-même qui est jugé psychologiquement sain.

«Some scholars, echoing the CIA's ad hominem campaign against “conspiracy theorists,” have posited that those who believe in Alternative Conspiracy Theories should score low on the scale of self-efficacy – a psychological measurement of a person's sense of healthy confidence in their own abilities. But it turns out that this is not the case. Professor Raab and the four co-authors were surprised by this finding: “In accordance with the premise that supporters of conspiracy theories share some kind of cognitive or emotional disposition, we expected people with a low level of self-efficacy to be more susceptible for any kind of conspiracy theory than people who reported a high level of self-efficacy....(but)...The relation between self-efficacy and belief in conspiracy theories turned out to be non-significant...The data did not justify—or even suggest—the assumption that self-efficacy is related to endorsement in common conspiracy theories. [...]

»The article “New studies: ‘Conspiracy theorists’ sane; government dupes crazy, hostile” also reported on scholarship challenging mainstream assumptions that “conspiracy theories” are a bad thing and “conspiracy theorists” are defective. As we learn more about such events as 9/11 and the competing stories they generate, it becomes increasingly clear that the so-called “conspiracy theorists” are not just right about the facts; they are also psychologically better-adjusted than the dwindling legion of brainwashed dupes and shills who oppose them.»

Pour prolonger la présentation de cette intéressante expérience et tenter d’en extraire les conséquences qui nous semblent importantes, on voudra bien prêter attention à deux faits fondamentaux. L’un est dans la démarche même de l’enquête et a déjà été mentionné ; le second est un constat évident, que nous rappelons nous-mêmes.

• L’enquête porte bien sur le fait de la démarche même, la tendance individuelle de la mise en cause, c’est-à-dire, pour notre compte, le soupçon global à l’encontre de la communication officielle. D’une certaine façon, que l’enquête porte sur 9/11 et les “thèses complotistes” à son égard n’a qu’une importance secondaire et, en tout état de cause, ne dit rien de la vérité de 9/11, selon telle version ou telle autre.

• On doit reconnaître comme un fait qui nous semble évident que les “thèses complotistes”, selon l’expression née au début des années 1960 à l’occasion de l’assassinat de Kennedy, ont connu une prolifération et un développement fulgurants à partir de l’attaque 9/11. Elles ne se sont pas cantonnées à cette attaque, comme on le voit d’une façon également évidente. Elles sont devenues une véritable façon d’être de la psychologie dans l’accueil fait à la communication officielle, dans un nombre impressionnant de cas, de scandales, d’opérations politiques ou autres (militaires, terroristes, etc.), de situations de crise, etc. Les expressions “false flag”, “deception”, et bien sûr “conspiration theory”, sont d’un emploi courant et intense aujourd’hui, jusqu’à constituer une partie spécifique très importante du système de la communication, et très souvent un aspect essentiel. Par la confusion créée, cette situation a d’ailleurs ses effets négatifs, même pour les dissidents antiSystème, pour la recherche de la vérité d’une situation.

Ce cadre de réflexion est très important à respecter pour sortir l’essentiel du cas exposé ici. La résolution de l’affaire de l’attaque du 11 septembre 2001 est d’une importance secondaire, par rapport à ce que l’enquête nous suggère du point de vue de la psychologie de ceux qui refusent la version officielle et (éventuellement) cherchent une version alternative, et au-delà, du point de vue de l’évolution des perceptions et des esprits par rapport à la communication officielle. Il s’agit d’un véritable bouleversement de l’attitude du public vis-à-vis des autorités du Système et de la perception de ce même public de la communication pratiquée par ces autorités. Il s’agit d’une sorte de “vérification expérimentale” du phénomène hypothétique que nous affirmons régulièrement, qui est l’inversion complète du sentiment public, et notamment dans le système de la communication, vis-à-vis des interventions officielles. Récemment encore, le 30 décembre 2013, nous développions cette idée, symbolisée par le jugement de “présomption de culpabilité” (de mensonge) concernant tous les axes de communication des autorités-Système...

«...Il s’agit bien entendu de l’inversion de la fameuse expression décrivant le fondement du Droit pour ce qui est du citoyen face à la justice, qui est la “présomption d’innocence”.

»Il est absolument nécessaire, aujourd’hui, de déployer la perception exactement contraire lorsqu’il s’agit d’une déclaration officielle ou tenant lieu d’officielle, venant directement ou indirectement des directions politiques et assimilées, dans des pays totalement sous l’empire du Système (ceux du bloc BAO, principalement). Nous ne disons pas que le mensonge est absolument systématique, nous disons que, pour notre compte et pour notre travail, c’est à ces autorités et à leurs représentants de laisser échapper à leur insu des éléments qui constitueraient la preuve que ce qu’ils déclarent n’est pas mensonger, et à nous-mêmes de nous y reconnaître en fonction de cette approche ; s'il n'y a pas cette vérification, alors le jugement qu'on doit en faire est celui de la culpabilité du mensonge.»

L’apport des plus intéressants que nous donne l’expérience citée par Barrett, c’est bien entendu que cette attitude est décrite comme “psychologiquement saine”, et, par conséquence contradictoire, le comportement-Système est, lui, décrit implicitement comme une pathologie produisant un discours mensonger sous divers aspects structurés, du virtualisme à la narrative. Cette pathologie peut donc parfaitement rencontrer cette définition que nous donnions dans un autre texte (le 17 mai 2014), alors sous forme hypothétique, mais désormais sous forme presque “expérimentale” confirmée, comme sous le sceau indiscutable d’une démarche scientifique, et encore d’une science renvoyant à la modernité, – ou, dit autrement, la description des symptômes de la pathologie qu’est devenue la communication officielle ... Il est évident que, devant une telle description de l’activité de communication du Système, il est non seulement logique mais en vérité absolument nécessaire, de tenir cette activité comme absolument mensongère (à moins que la démonstration contraire en soit faite), et cela par réflexe vital, qui est celui d’échapper à la contagion d’une pathologie aussi complètement dévastatrice.

«Notre observation générale est donc que le pouvoir en place, qui détient aujourd’hui une puissance considérable, souffre par contre d’un déficit grandissant jusqu’à devenir colossal, du savoir (information, communications) de la vérité de la situation, ce qui constitue une faiblesse objective extrêmement grave. Nous n’avons pas affaire à des gens qui mentent consciemment et volontairement, qui organisent fondamentalement des manipulations (même s’ils y cèdent occasionnellement, lorsque le processus est engagé), mais qui dépendent d’une organisation du processus d’acquisition de leur savoir d’une façon telle que la conception générale soit rencontrée, et que la vérité de la situation soit ignorée, sinon contredite d’une façon de plus en plus grotesque. La situation ukrainienne est un exemple sans précédent à cet égard, par la formidable importance de l’absence de savoir de la vérité de la situation dans le chef du bloc BAO.»


Mis en ligne le 21 mai 2014 à 11H40

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