La réponse de l’Histoire au système: la chute des “marchés” et l'ombre de GDII

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Tout cela apparaîtrait comme réglé par une mécanique fort bien huilée, effrayante et terrible. Le fait est que le “keynésianisme inaugural”, même cela, ne marche plus. Le jour où Obama était inauguré, avec un formidable battage de tous les réseaux de communication du système, avec des commentateurs patentés par camions, répétant tous le même catéchisme trempé au miel de nos valeurs postmodernes, commentaires extraordinairement inconsistants et surréalistes pour les circonstances réelles, – le “marché”, le sacro-saint “marché” enregistrait une chute qu’en d’autres temps on aurait presque qualifiée d’“effondrement”. C’est une étrange et effrayante occurrence contradictoire de nos espérances générales, comme une réponse terrible de l’Histoire au système, chacun employant des “armes” de circonstance; il est vrai que les nouvelles sont mauvaises, vraiment très mauvaises. Statistique de record pour statistique de record, le site WSWS.org nous informe ce 21 janvier que le 20 janvier 2009 fut “the worst ever inauguration day sell-off”. Ce fut pourtant le jour où le monde, uni dans une même ferveur médiatique, pensa saluer la renaissance de l’Amérique, c'est-à-dire, soyons bref, notre sauvegarde et point final.

«Even as Barack Obama was sworn in as the 44th US president, Wall Street markets fell sharply in response to further indications of the accelerating crisis of American and world capitalism. The stock market decline, triggered by reports of massive losses suffered by US and European banks, was the worst ever inauguration day sell-off.

»The Dow Jones Industrial Average closed 4 percent lower, losing 332 points and falling below the 8,000 mark to 7,949. Also sharply down were the Standard & Poor's 500 Index (-5.3 percent) and the Nasdaq Composite Index (-5.8 percent). The Dow and S&P are now at two-month lows, largely erasing the rebound that followed the November presidential election, which saw the markets anticipate an Obama administration stimulus package. “Optimism that government spending would revive the economy [has] evaporated,” Bloomberg News reported.»

Cette nouvelle vague de reculs, contractions et catastrophes bancaires conduit à penser que les plans de sauvetage de l’automne 2008, qui portent sur des sommes d’ores et déjà astronomiques, ne marchent pas. Le “gourou” Roubini nous annonce donc que la crise du système bancaire est désormais, comme on ne cesse plus de répéter aujourd’hui, “systémique”…

«Underlying the latest plunge of US and European banking stocks is the growing awareness that none of the multibillion-dollar bailout packages has resolved the underlying crisis of the financial sector that was first triggered by the collapse of the American subprime mortgage market. New York University Professor Nouriel Roubini yesterday estimated that US financial losses may total $3.6 trillion. “If that is true, it means the US banking system is effectively insolvent because it starts with capital of $1.4 trillion,” he said. “This is a systemic banking crisis.”

»The financial meltdown has in turn triggered an increasingly sharp decline in global economic activity.

Suit une litanie d’annonces de licenciements, de prévisions catastrophiques, tant du point de vue des sociétés que du point de vue des nations, avec l’Europe particulièrement exposée. Aussi retrouve-t-on des pratiques qui nous rapprochent de l’ombre immense et terrible de “GD”, comme disent les chroniqueurs US (Great Depression): «In addition to mounting layoffs, increasing numbers of workers are being forced to accept significant wage cuts. An article in the Wall Street Journal last Saturday noted: “In addition to layoffs, companies are increasingly trimming wages, a tactic economic historians said hasn't been wielded broadly since the Great Depression... The last time the US had widespread wage cuts was during the great Depression, when benefits were a smaller slice of overall compensation.”»

La chose, effectivement, gagne de plus en plus les esprits, et, bientôt, les écrits. Nous ne sommes plus très loin de la pente de la Grande Dépression, de l’irrésistible tourbillon dans le trou noir. Paul Krugman l’avait noté il y a deux semaines, dans une chronique que nous regrettions de n’avoir pas mentionnée, nous introduisant même à l’acronyme “GDII” («So this is our moment of truth. Will we in fact do what’s necessary to prevent Great Depression II?»).

Krugman écrivait donc, le 5 janvier 2009, dans le New York Times:

«“If we don’t act swiftly and boldly,” declared President-elect Barack Obama in his latest weekly address, “we could see a much deeper economic downturn that could lead to double-digit unemployment.” If you ask me, he was understating the case.

»The fact is that recent economic numbers have been terrifying, not just in the United States but around the world. Manufacturing, in particular, is plunging everywhere. Banks aren’t lending; businesses and consumers aren’t spending. Let’s not mince words: This looks an awful lot like the beginning of a second Great Depression.»


Mis en ligne le 21 janvier 2009 à 15H22

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