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• Avec son compère Christoforou, Alexander Mercouris nous livres rapidement une thèse gliale sur la situation européenne. • Pour lui, l’Ukraine n’est qu’une étape d’un conflit beaucoup plus long, opposant Russie et Occident-compulsif. • L’Ukraine est sans doute perdue pour l’Ouest, mais ce n’est qu’une resucée de la fameuse formule “On a perdu une bataille, on n’a pas perdu la guerre” • USA, CIA & Cie veulent renouveler le schéma de l’effondrement de l’URSS rel qu’ils perçoivent comme un simulacre complètement faussaire. • Nous nommons cela la Longue Guerre, soi-disant pour des années, peut-être des décennies. • A moins qu’elle ne soit courte, courte, très courte ! • Par exemple, mais exemple évident et pressant, si l’Amérique s’effondre d’elle-même...
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La formule est fameusement célèbre et célébrée : « La France a perdu une bataille ! Mais la France n'a pas perdu la guerre ! ». L’IA nous l’assure : cette phrase ne figurait pas dans l’Appel du 18 juin 1940...
« Contrairement à une croyance très répandue, cette de formule ne figure pas dans le texte de l'Appel du 18 juin 1940 diffusé à la radio de la BBC. Elle apparaît dans une affiche de proclamation placardée sur les murs de Londres par la France libre, vraisemblablement au début du mois d'août 1940 (ou fin juillet). »
Eh bien, puisque nous sommes incontestablement dans les temps de l’inversion et de la subversion, il suffit d’inverser le sens de la formule par rapport aux opinions en présence à cette époque et celles de notre temps, et de la subvertir en remplaçant le sujet. L’Appel du 18 juin qui était une vérité-de-situation avec objectivement sa vertu héroïque devient un simulacre où la vertu devient un maléfice sataniste, — donc une inversion ; la France, elle, devient l’Occident-collectif (Occident-compulsif pour nous) — donc, une subversion. Cela donne simplement :
« L’Occident-compulsif a perdu une bataille ! Mais l’Occident-compulsif n’a pas perdu la guerre ! »
C’est là la thèse centrale du tandem C&M, essentiellement Mercouris dans ce cas, qui termine ainsi une longue analyse du 3 octobre 2026 de la catastrophique situation de l’Ukraine jusqu’à Kiev assiégé sous les coups de la Russie, — laquelle se comparerait, dans ce cas et au très-grand dam de tous les bien-pensants dont il faut comprendre la détresse, à la France Libre. C’est bien entendu Mercouris, ce commentateur-sacrilège, qui expose cette thèse dans cette chronique, résumant l’analyse spécifique de la catastrophique situation de l’Ukraine que les deux viennent d’exposer.
« Kiev isolée, ponts visés ; la dernière carte de l'UE : saisie et transfert à l’Ukraine 200 milliards de dollars d'actifs russes », puis « La Russie frappe les ponts de Kiev, le ravitaillement de l'Ukraine coupé, la panique éclate ! »
On notera que la dernière carte de l’UE pour tenter de sauver Zelenski avant que le MI6 ne mette en action son plan pour l’exfiltrer (nouvelle résidence : Londres), c’est le transfert des 200 $milliards d’actifs russes immobilisés en Belgique. Cela nous promettrait, si la chose pouvait encore être tentée, une belle bagarre avec le coriace, opiniâtre et intraitable Premier ministre belge Bart de Waver.
Ce que nous nommons ‘La Longue Guerre » est un affrontement assumé entre Est et Ouest (Russie et Occident-compulsif) dont l’Ukraine n’est qu’“une bataille”. L’extrait suivant du commentaire Christoforou-Mercouris, situé à la fin de l’entretien, en donne la description par Mercouris.
Christoforou : La situation tourne mal pour l'Ukraine et l'Occident collectif.
Mercouris : Oui.
Christoforou : En effet. Mais il est intéressant de constater que l'Occident collectif ne semble pas vouloir le reconnaître.
Mercouris : Oh, absolument.
Christoforou : Ni Rutt, ni Bruxelles, ni le Royaume-Uni, ni Trump ne semblent vouloir l'admettre.
Mercouris : Non, non, non. Car, en fin de compte, il ne s'agit pas de la seule Ukraine. Comme nous l'avons dit dans plusieurs émissions sur votre chaîne, il s'agit d'un conflit à long terme entre la Russie et l'Occident. Ce combat n'est qu'une bataille au sein d'une guerre qui s'annonce longue et interminable ; une guerre qui se jouera sur le plan économique, par la désinformation et la propagande médiatique, par la subversion interne et par toutes sortes d'autres moyens. Elle se déroulera ainsi et s'étalera sur de nombreuses années. Les Américains — et la CIA en particulier — ont d'ailleurs révélé cette stratégie dans un rapport diffusé aux services de renseignement occidentaux. Le modèle qu'ils tentent d'appliquer est celui qu'ils pensent avoir vu à l'œuvre contre l'Union soviétique : exercer une pression progressive et constante sur le temps long. On déstabilise le pays de l'intérieur, on fait pression sur son économie, et tout finit par s'effondrer. C'est là le plan de l'Occident. Si l'Occident perd en Ukraine, eh bien, ce sera une bataille perdue, mais pas la fin de la guerre. »
Ainsi, selon Mercouris, nous sommes engagés sur une Longue Guerre qui doit reprendre le schéma de l’effondrement de l’URSS et l’appliquer à la Russie. Cela est d’autant plus crédible à la fois (pour les plans-‘Fantasy’ de la CIA) et faussaire (pour la vérité-de-situation) que la version officielle, — made in establishment de la sécurité nationale, – repose sur une imposture totale, un simulacre, une vision historique complètement fabriquée effectivement par cette sécurité nationale. Ce récit historique, complètement acceptable pour parfaitement expliquer la fermeture complète des esprits de l’Occident-compulsif à la réalité ukrainienne, est très longuement expliqué dans nombre de nos textes consacrée à cette période de l’effondrement de l’URSS des années 1980. On trouve un bon ensemble sur ce sujet dans le texte du ‘Glossaire.dde’ du 13 mai 2017 sur « Le ‘Trou Noir’ de la postmodernité ».
Nous en proposons ici un passage qui éclairera effectivement cette période, vécue au jour le jour par PhG alors qu’il s’intéressait essentiellement, à partir de Bruxelles, aux questions de la situation de l’URSS, des relations USA-URSS et de l’évolution des armements. On sait que la thèse de l’establishment de la sécurité nationale US est que les USA anéantirent l’économie de l’URSS et firent basculer le régime grâce à la course aux armements, — et, bien sûr, c’est la même sorte de stratégie, portant sur l’économie et la cohérence sociale plutôt que sur la production d’armement très en avance en Russie, qu’ils veulent employer contre la Russie pour le cas présent... Puisque “on ne change pas une équipe qui perd”, on poursuit un simulacre inventé par elle-même et qui n’a jamais existé.
Voici donc l’extrait en question :
« ... Bien entendu, il s’agit d’une architecture psychologique époustouflante, animant une politique à partir de perceptions extraordinairement subjectives. Le cas est d’autant plus faussaire que ces perceptions subjectives sont nourries par une analyse politique et stratégique pour le moins contestable, et en fait complètement faussaire elle-même. Il s’agit de l’analyse, colportée depuis [la fin des] années 1990, que l’URSS s’est effondrée dans les années 1980 à cause de l’effort de dépense militaire qui lui fut imposé par les dépenses militaires et la soi-disant supériorité technologique US, essentiellement à partir de 1982-83 (essentiellement à partir du “défi” budgétaire et technologique que fut la SDI [“guerre des étoiles”] lancée par Reagan le 23 mars 1983).
» L’effondrement de l’URSS est un événement historique ambiguë, toujours ouvert à l’interprétation. L’explication budgétaire des “faucons” US, notamment néo-conservateurs, avait comme premier but de justifier les dépenses militaires de l’ère Reagan et leur poursuite après la fin de la Guerre froide, en les parant d’une vertu per se [complétement inventée]. Nous estimons que cette interprétation est un pur sophisme [produit par un simulacre]. L’effort militaire de Reagan ne peut avoir déclenché en réponse un effort budgétaire soviétique suffisant pour provoquer l’effondrement de l’URSS aussi rapide; le temps lui a manqué pour faire sentir d’éventuels effets importants et les chiffres budgétaires de l’URSS ne le montrent absolument pas. Au contraire, tout montre que l’action de Gorbatchev et de sa glasnost a constitué le moteur essentiel de l’effondrement de l’URSS. Au reste, la dégradation économique de l’URSS à cause des dépenses d’armement était un état endémique largement accomplie avant l’arrivée de Reagan puisque c’est le constat même de cette situation, en 1981-82, au cours d’une enquête serrée, qui conduisit Gorbatchev à concevoir ses projets de réforme qui eurent raison du communisme au contraire des attentes de Gorbatchev. Le système soviétique, lui-même complètement faussaire, aurait pu durer si Gorbatchev n’était intervenu en lui imposant la confrontation avec la réalité, c’est-à-dire en l’attaquant d'abord par la psychologie [glasnost] [productrice de la dissolution du système communiste corrompue jusqu’à la moëlle]. »
(Texte du 2 juillet 2008)
Le plus ironique dans cette analyse de Mercouris, qui nous paraît complètement justifiée, — sauf dans la prévision temporelle puisqu’à notre sens les USA ne tiendront pas longtemps cette course complètement absurde à l’effondrement de la Russie qui provoquera leur propre effondrement, — c’est justement qu’elle se développe au moment où les USA montrent tous les signes de cet effondrement.
Bien entendu, ces esprits enfermés entre “inculpabilité” et “indéfectibilité”, les esprits de l’américanisme, qui atteignent aujourd’hui le stade d’une complète pathologie mentale symbolisée par l’état mental des deux présidents successifs Trump-Biden-Trump, ne peuvent en aucun cas s’observer eux-mêmes dans un miroir pour découvrir que l’effondrement c’est eux et pas les autres. C’est une perspective qui n’existe pas dans leur état-simulacre de réflexion, CIA comprise et même précédant tout le monde grâce à sa qualité inégalée d’analyse...
A part ce petit détail (!) qui est hors et au-dessus de la réflexion stratégique, Mercouris a complètement raison, et fort heureusement. La Longue Guerre, chose théorique très logique, sera vraiment beaucoup plus courte que ne laisse à penser le concept et aura raison en priorité des États-Unis, d’une vulnérabilité complètement dévorante. Cela provoquera un choc apocalyptique donnant à la GrandeCrise le vertige d’un Trou Noir cosmique.
C’est une de nos thèses favorites, souvent répétée : le sort de l’Amérique tient tout dans les restes puants et mangés de corruption et d’impuissance de l’actuel Système. Les USA dans cette voie en constante accélération d’effondrement nous annoncent un événement si complètement de type-apocalypse (ici, l’un des plus récents textes, du 19 octobre 2025, sur le thème), qu’on peut le qualifier d’apex de la GrandeCrise :
« Nous l'avons déjà écrit et nous le répétons avec force : il ne peut y avoir, aujourd’hui, d’événements plus important pour la situation du monde qu’une dynamique de dislocation des USA. Nous pensons que la crise actuelle est à la fois, et contradictoirement, formidablement amplifiée et formidablement bloquée dans sa compréhension par la puissance de la communication. Ce phénomène ne cesse de dramatiser et d’attiser les conditions de la crise tout en renforçant la pression du conformisme de la pensée dominante pour ne pas mettre en cause les éléments qui sont les fondements de cette crise.
» L’un des fondements est psychologique, avec le phénomène de fascination – à nouveau ce mot – pour l’attraction exercée sur les esprits par le “modèle américaniste”, qui est en fait la représentation à la fois symbolique et onirique de la modernité. C’est cela qui est résumé sous l’expression populaire mais très substantivée de American Dream. Cette représentation donnée comme seule issue possible de notre civilisation (le facteur dit TINA, pour “There Is No Alternative”) infecte la plupart des élites en place. Elle représente un verrou d’une puissance inouïe, qui complète d’une façon tragique la “fascination [inconsciente] de l’américanisme pour sa propre destinée catastrophique”, pour former une situation totalement paralysée empêchant de chercher une autre voie tout en dégringolant vers la catastrophe. La fin de l’American Dream, qui interviendrait avec un processus de parcellisation [ou de désintégration] de l’Amérique, constituerait un facteur décisif pour débloquer notre perception, à la fois des conditions de la crise, de la gravité ontologique de la crise et de la nécessité de tenter de chercher une autre voie pour la civilisation – ou, plus radicalement, une autre civilisation. »
Mis en ligne le 4 octobre 2026