La logique orwellienne de leur guerre antirusse

Les Carnets de Nicolas Bonnal

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La logique orwellienne de leur guerre antirusse

Guerre interminable ? George Orwell : « La guerre est engagée par chaque groupe dirigeant contre ses propres sujets et l’objet de la guerre n’est pas de faire ou d’empêcher des conquêtes de territoires, mais de maintenir intacte la structure de la société. ».

Certains se demandent ce que font les russes, d’autres se demandent même s’ils perdent. Les plus enflammés des antisystèmes prorusses crient au génie échiquier et judoka de Poutine puis traitent d’agents de l’Otan ceux qui ne sont pas d’accord. Parfois il y en a qui observent que le patron de l’Otan voudrait une guerre orwellienne et donc interminable.

Le général Delawarde avait écrit un texte où il posait les vraies questions :

« Dès le début de l’opération en Ukraine, j’ai commencé à me poser de nombreuses questions sur ses buts, ses objectifs et son résultat final. Les actions de notre armée et de nos autorités ont clairement indiqué que la Russie ne s’efforçait pas d’achever rapidement l’opération.
Voyez comme c’est étrange :
– Retrait volontaire des troupes près de Kiev ;
– Refus de la prise d’initiative ;
– Arrêt des opérations offensives et passage en défensif ;
– Négociations délibérément dénuées de sens ;
– Étranges échanges de prisonniers ;
– Frappes quasi-exclusivement contre des cibles militaires ;
– Refus catégorique d’endommager les infrastructures stratégiques “civiles” ;
– Référendums organisés à la hâte ;
– Refus d’attaquer les QG et centres de décision ennemis.

Rasoir d’Ockham aidant, la réponse viendrait vite :

« Évidemment, l’option la plus simple est de considérer que nos autorités (russes) sont des imbéciles. Bien sûr, qu’elles sont capables de mener une guerre normale. Pourquoi ne le font-elles pas ? »

Alors le général fait une audacieuse observation :

« De longues réflexions m’ont amené à la conclusion suivante :
Si l’on considère que l’opération n’est qu’une des étapes de la lutte contre l’Occident, il s’avère que la Russie n’a vraiment pas besoin d’une victoire rapide et décisive en Ukraine. L’armée est inutile trop en avant. Une défaite rapide et complète de l’Ukraine ne changera rien pour nous en termes géopolitiques. Nous aurons de nouveaux territoires et de nouvelles populations, mais l’alignement géopolitique mondial restera le même. »

On fabriquerait donc à Moscou donc une guerre qui dure :

« L’objectif semble être complètement différent : forcer l’Occident à jeter autant de ressources financières et militaires que possible dans le brasier. Dans la partie d’échecs, une pièce est sacrifiée afin d’attirer un adversaire dans un piège dont il ne pourra plus sortir. Et si nous gardons cet objectif à l’esprit, il devient clair pourquoi les États-Unis ont fait sauter nos gazoducs : sans eux, l’importance des gazoducs ukrainiens augmente considérablement. Il s’agit d’une tentative d’engager davantage les européens dans le conflit. »

Hélas cette guerre entre Eurasie et Océanie qui dure indéfiniment et qui nous ruine nous le peuple offre de fâcheux relents orwelliens. Car 1984 reste notre Apocalypse sinon notre livre d’Enoch.

On cite le mage sur cette vraie-fausse guerre qui dure (1984, p. 290, je donne le lien en français):

« La guerre donc, si nous la jugeons sur le modèle des guerres antérieures, est une simple imposture. Elle ressemble aux batailles entre certains ruminants dont les cornes sont plantées à un angle tel qu’ils sont incapables de se blesser l’un l’autre. »

La guerre a changé de cible : on tue son camp, pas l’autre. Orwell :

« Mais, bien qu’irréelle, elle n’est pas sans signification. Elle dévore le surplus des produits de consommation et elle aide à préserver l’atmosphère mentale spéciale dont a besoin une société hiérarchisée. Ainsi qu’on le verra, la guerre est une affaire purement intérieure. Anciennement, les groupes dirigeants de tous les pays, bien qu’il leur fût possible de reconnaître leur intérêt commun et, par conséquent, de limiter les dégâts de la guerre, luttaient réellement les uns contre les autres, et celui qui était victorieux pillait toujours le vaincu. De nos jours, ils ne luttent pas du tout les uns contre les autres. La guerre est engagée par chaque groupe dirigeant contre ses propres sujets et l’objet de la guerre n’est pas de faire ou d’empêcher des conquêtes de territoires, mais de maintenir intacte la structure de la société. »

C’est la vieille anguille De Closets qui se félicitait du rôle retrouvé de l’État avec la crise du Covid. Ce rôle se renforce pour Bruxelles et pour Paris avec la guerre contre la Russie qui permet d’accélérer le Reset et l’autoritarisme euro-mondialiste. Les deux premières guerres mondiales ont établi le mondialisme, celle-ci va numériser le troupeau et liquider la vieille race blanche et établir le Reset voulu par les gnostiques de Davos, lieu de la Montage magique de Thomas Mann. Relisez ce livre étincelant et programmatique et incompris, où les personnages sont déjà des malades et moribonds entourés de médecins inefficaces…

Orwell poursuit sur ce mot incompris de guerre (devenue néoconne) – et là il a vraiment de l’avance :

« Le mot « guerre », lui-même, est devenu erroné. Il serait probablement plus exact de dire qu’en devenant continue, la guerre a cessé d’exister. La pression particulière qu’elle a exercée sur les êtres humains entre l’âge néolithique et le début du vingtième siècle a disparu et a été remplacée par quelque chose de tout à fait différent. L’effet aurait été exactement le même si les trois super-États, au lieu de se battre l’un contre l’autre, s’entendaient pour vivre dans une paix perpétuelle, chacun inviolé à l’intérieur de ses frontières. Dans ce cas, en effet, chacun serait encore un univers clos, libéré à jamais de l’influence assoupissante du danger extérieur. Une paix qui serait vraiment permanente serait exactement comme une guerre permanente. Cela, bien que la majorité des membres du Parti ne le comprenne que dans un sens superficiel, est la signification profonde du slogan du Parti : La guerre, c’est la Paix. »

Cette guerre euro-russe doit être perpétuelle. C’est une guerre que nos dirigeants livrent contre nous : le football, la bière et le jeu contrôlent le troupeau. C’est Orwell qui le dit aussi :

«…ils mouraient, pour la plupart, à soixante ans. Le dur labeur physique, la garde du foyer et des enfants, les querelles de voisinage, les films, le football, la bière, et, par-dessus tout, les paris, étaient leurs seuls horizons. Il n’était pas difficile de les contrôler. Quelques agents de la Police des Pensées évoluaient parmi eux, propageant de fausses rumeurs, repérant et éliminant les quelques individus qui étaient jugés capables de devenir dangereux.»

« Il n’était pas difficile de les contrôler. » Il avait tout dit George Orwell…


Source

http://www.bouquineux.com/index.php?telecharger=898&Orwell-1984