La chute de l’Empire Summers, par Summers

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La chute de l’Empire Summers, par Summers

Ancien secrétaire-adjoint puis secrétaire au trésor de l’administration Clinton, ancien conseiller économique d’Obama après un passage à la tête d’une université célèbre (Harvard) où ses diatribes antiféministes lui ont fait bien du tort, Larry Summers publie dans le Financial Times et le Washington Post un op-ed destiné à être fameux. Il y proclame la fin de la domination US des organisations et processus financiers internationaux, avec l’affaire de la banque chinoise AIIB. On sait qu'une partie non négligeable des pays du bloc BAO s'est égayée comme une volée de moineau pour se regrouper, perchée sur une branche nouvelle qui est la banque d’investissement AIIB de la Chine, concurrente directe de la Banque Mondiale du réseau-Système de l’américanisme.

ZeroHedge.com présente l’éditorial où Summers nous présente son Requiem In Pace sans aussitôt proposer, – on n’est pas Summers pour rien, – une manœuvre stratégique pour revenir à flot...

«If Larry Summers were a country, he would have joined the Asian Infrastructure Investment Bank. With a backpedalling Washington now completely isolated in its opposition to the China-led venture and with support and enthusiasm running so high that even Beijing itself is apparently surprised, none other than “the hawk” that was almost, kind of considered for the chairmanship of the Fed is out with a sharp rebuke of the US stance calling March “the moment the United States lost its role as the underwriter of the global economic system.” Of course we’ve been persistent in our contention that the AIIB represents much more than an attempt on China’s part to provide an alternative source of infrastructure financing to fill the gaps left by the ADB, and as is made abundantly clear by the following, the “secret” is certainly out... [...]

»“This past month may be remembered as the moment the United States lost its role as the underwriter of the global economic system. True, there have been any number of periods of frustration for the US before, and times when American behaviour was hardly multilateralist, such as the 1971 Nixon shock, ending the convertibility of the dollar into gold. But I can think of no event since Bretton Woods comparable to the combination of China’s effort to establish a major new institution and the failure of the US to persuade dozens of its traditional allies, starting with Britain, to stay out of it.

»This failure of strategy and tactics was a long time coming, and it should lead to a comprehensive review of the US approach to global economics. With China’s economic size rivalling America’s and emerging markets accounting for at least half of world output, the global economic architecture needs substantial adjustment. Political pressures from all sides in the US have rendered it increasingly dysfunctional...»

L’intérêt de ce verdict abrupt sur la position dominante des USA qui-ne-l’est-plus s’accompagne de critiques diverses et aiguës sur le comportement des USA, dans le processus qui les ont conduit à cette regrettable situation. Summers cite l’“hypocrisie” des USA, leur inconsistance dans leur politique, leur “exceptionnalisme” et ce que nous nommons, nous, l’inculpabilité et l’indéfectibilité (voir le 28 janvier 2013) de la psychologie américaniste. Bref, tout ce que Summers fut lui-même, à tous les postes de responsabilité qu’il occupa... L’entendre écrire, puis le lire disant que “la légitimité du leadership US dépend de notre capacité à résister à la tentation d’en abuser” a de quoi nous faire diablement sourire, – bref, l’hôpital se fout de la charité. En attendant, les USA sont sur la ligne de vol qui convient.


Mis en ligne le 7 avril 2015 à 14H36

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