Joe & Manu, la main dans la main

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Joe & Manu, la main dans la main

1er juillet 2024 (14H50) – Ah, je les admire (est-ce le mot ?), ceux qui nous prévisionnent, qui nous donnent un calendrier extraordinaire des événements extraordinaires à venir. Même lorsqu’il s’agit de dire “Je ne sais pas”, ils le disent avec tant d’assurance et de clins d’œil entendus qu’il nous semble qu’à ne rien savoir du tout, ils en savent plus long qu’ils ne disent.

Moi, on l’a peut-être remarqué, – l’a-t-on remarqué ? – je ne connais rien des choses inconnues et terribles qui viennent. Je suis comme le frère jumeau de Dupontel dans ‘Second tour’ :

« Il ne connaît rien mais il sait tout », à savoir pour ressortir la vieille lune adaptée au thème courant, qu’« il sait qu’il ne connaît rien »...

Par exemple, savoir que les derniers événements ont poursuivi et conduit d’une façon éclairante et révélatrice le destin commun de Manu et de Joe, sur la voie psychiatrique lorsqu’elle se permet de prendre des allures métahistoriques. Sans rien connaître de l’issue des événements extraordinaires qui les touchent et qui semblent suggérer une certaine communauté de destin, – encore lui, –  je trouve que c’est déjà en savoir beaucoup, d’ailleurs sans la moindre connaissance assurée, suivant la pure intuition. Je vous rappelle les événements épars qui parsèment leurs chemins personnels, lointains pour Manu, tout proche pour Joe, tous deux investis d’importantes fonctions et de joujoux remarquablement nucléaires à l’heure où ça pétarade.

Manu et la Fête de l’Être Suprême

Concernant Manu, – je veux dire Macron, c’est son nom, – je ne puis que rappeler l’épisode de sa sublime intronisation du 7 mai 2017, devant le Louvre comme s’il était en haut des Pyramides avec 40 siècles à ses côtés, et je me dis que nous ne vîmes rien à redire de fondamental de ce simulacre-bouffe. Je me rappelle tout de même avoir écrit ceci (le 8 mai 2017), citant un éminent psychiatre italien qui fut largement consulté et dont, ô surprise, la vidéo du 3 mai 2017 a été depuis retiré à notre insatiable curiosité (*) du réseau YouTube :

« On me dira : voyez les candidats, quel choix leur était offert ! Je n’en disconviens pas, mais il est vrai que l’on a les candidats qu’on mérite, avec lesquels on s’accorde et d’ailleurs ils ont été aussitôt au pire d’entre eux ; mais encore, il est vrai que le Français léger s’il avait eu sa part de tragique, il n’aurait pas eu ce besoin morbide de souligner un tel choix qui est absolument catastrophique, de cet enthousiasme de carton-pâte comme un décor théâtral. Sinon, pourquoi ai-je également pensé hier, en plus de Daladier et Munich-38, à la Fête de l’Être Suprême de la Grande Révolution Française dans ses ablutions initiales ? Fête célébrée et sanctifiée par le ci-devant évêque d’Autun, Talleyrand certes, qui fit son office riant sous cape, avec une légère et énigmatique grimace de mépris et de dérision devant une telle polissonnade...

» Hier, sur ce qui doit être l’esplanade du Louvre, en plus de l’absence de Daladier il n’y avait pas de Talleyrand pour rire sous cape. Il n’y avait, planant au-dessus de tout cela, que ce que le professeur Segatori, psychiatre italien qui me semble être de bon renom, nous décrit le 3 mai 2017 du Macron, originalement caractérisé comme un psychopathe narcissique et dangereux bloqué en l’état depuis l’âge de 15 ans, marié avec sa violeuse implacable et représentant le monde comme simulacre à son image, avec le seul souci stratégique de la théâtralité de la sorte qu’il nous a montrée tout au long de la campagne. Segatori ne rit pas sous cape, lui, il est inquiet et mesure très sérieusement

» ...“à quel point de danger se trouve un pays comme la France face à un [président] de ce genre ”. »

Ne trouvez-vous pas que cela était fort bien vu et que l’avertissement n’était pas de trop ? On s’en est souvenu d’ailleurs, je veux dire du diagnostic, et il suffit à cet égard d’écouter et de bien entendre Emmanuel Todd sur ‘Elucid’ le 22 juin 2024, ma foi avec une fort belle verve :

« ... Parce qu’avec Macron, vraiment, on vit dans l’invraisemblance ! Je rappelle quand même que, avant de dissoudre, il était en train de déclarer la guerre aux Canaques, en Nouvelle-Calédonie, et à la Russie... Et qu’en fait cette dissolution, tout d’un coup il s’est dit “ah ben non, je vais plutôt déclarer la guerre au peuple français, c’est encore plus marrant hein !”... »

Dans tous les cas, je trouve qu’avec la dissolution, Macron a confirmé Segatori de bout en bout comme cela a été confirmé hier, “dans les urnes” comme on dit. Pour la suite & conséquences, on verra ; de toutes les façons, nous ne sommes plus les dei ex-machina de la chose, on peut juste se bien accrocher pour ne pas être éjecté du train en folie dans les virages à dérapage contrôlé qu’il effectue sans avertir personne.

Joe, la main dans la main de Jill

Passons à l’autre coquin... On sait le tonnerre que le premier débat Biden-Trump a provoqué dans le monde (sauf en France, où l’on est tant occupé à observer son propre nombril qu’on en oublie que nous partageons avec Washington “le nombril du monde”). Depuis les choses ont pris une singulière dimension, dont il est bon de rappeler quelques éléments qui pourraient servir à Manu.

On peut par exemple citer ces considérations de Carole Liberman, psychiatre de profession et auteure de best-sellers sur les questions abordées dans sa profession. Elle réside à Beverley Hills, en Californie, donc elle a beaucoup de travail, – et ce qu’elle dit constitue a contrario des conseils pour Manu Macron sur ce qu’il ne faut pas faire

« “On aurait dit qu’il avait pris un médicament améliorant les performances, mais c'était soit à une dose trop faible, soit un médicament moins puissant, ou bien ils n'ont pas pris en considération le fait que son déclin cognitif était pire depuis le [discours] sur l'état de l'Union [en avril]” a déclaré Lieberman.

» Le 46e président américain “avait un regard vide, une voix tremblante et il semblait qu'il ne survivrait pas aux 90 minutes du débat, – et même qu’il allait s'effondrer sur-le-champ”, selon la psychiatre.

» Le problème le plus frappant du POTUS au cours du débat, – que les téléspectateurs n'ont pu que remarquer – “était qu'il se perdait au milieu des phrases”, a-t-elle souligné. »

Et que va faire Biden ? Car il semble bien que tout dépende de lui seul (et de sa femme), comme on va le voir. Les instances officielles du parti, les grosses pointures, même les donateurs n’intervienne pas pour ne rien brusquer... Même Obama, comme toujours audacieux et courageux, a écrit sur un message tweeterX, avec une si belle modestie et une franchise à faire peur, que...

«  cela été une mauvaise soirée, c’est vrai... Mais tout le monde connaît des mauvaises soirées, j’en sais quelque chose, vous pouvez me croire... »

Donc, décision intime, même pas étendue au cercle familial comme ont laissé entendre certains, dans tous les cas selon Tyler de ‘ZeroHedge.com, qui a recueilli les diverses confidences des milieux démocrates et parlementaires :

« “Les décideurs sont deux personnes : le président et son épouse”, a déclaré l'une des sources proches des discussions, ajoutant que “quiconque ne comprend pas à quel point cette décision sera profondément personnelle et familiale n'est pas au courant de la situation”.

» Selon une autre personne “familière de son humeur”, Biden est “humilié, dépourvu de confiance et douloureusement conscient que les images physiques de lui lors du débat – les yeux fixés au loin, la bouche ouverte – vivront au-delà de sa présidence, ainsi qu'une performance parfois sinueuse, incohérente et difficile à entendre.

» “C'est un désastre”, a déclaré cette personne.

» Oui... Et voilà ce que le monde vient de voir de la part de l'homme qui tient les codes nucléaires :

» Une autre source a déclaré que Joe n’écouterait que Jill Biden.

» “La seule personne qui a une influence ultime sur lui est la première dame”, ont-ils déclaré. “Si elle décide qu'il doit y avoir un changement de cap, il y aura un changement de cap”. »

Ainsi, voilà ce qu’il faudrait penser d’une personne qu’on a pris l’habitude, chez les critiques qui connaissent l’état du système de l’américanisme, de désigner comme une marionnette qu’on a placée là pour pouvoir mieux le manipuler. Nous pensons que tous ces raisonneurs éventuellement sarcastiques qui se réfèrent avec délice au  DeepState et au ‘Great Reset’ pour expliquer la machinerie qui anime la marche du monde et le comportement des présidents, ont encore beaucoup à réaliser sur le désordre extraordinaire qui règne dans notre civilisation, et particulièrement dans ces deux grands alliés et amis comme des frères que sont les USA et la France.

Quant à Biden, celui qui a vu comment le POTUS contrarié est prompt à saisir la main de sa femme Jill dans toutes les occasions publiques sera attentif à toutes ces observations. Il sera aussi attentif au comportement de Jill Biden après le débat et depuis, dans les occasions où elle a vigoureusement défendu son mari et affirme qu’il a été bien meilleur que ce que nous en disent nos yeux et nos oreilles.

Alignement des folles planètes

Ce qui m’a donc frappé, c’est ce que j’avais signalé précédemment, mais pas avec assez de force, avec des acteurs qui ont été au-delà de tout ce que j’imaginais. Véritablement, Macron et Biden sont sur la même orbite et ont un destin si commun, une pensée si partagée que l’on dirait que chacun est un double déguisé de l’autre, – l’un en gamin poursuivi par une enfance traumatisante, l’autre comme un vieillard sénile cherchant la main de sa maman.

Ainsi lorsque j’écrivais, le 27 juin 2024, j’avais raté l’essentiel, anecdotiquement certes mais symboliquement avec quelle force ! Le fait que Biden, – ‘Joe’, c’est lui, – nous servirait le même jour au soir (vendredi matin pour nous, décalage oblige) un spectacle si exceptionnel que le tonnerre ainsi provoqué résonnerait encore lorsque les Français iraient aux urnes, et ainsi liant plus encore les deux événements de nos deux pays si proches depuis bien plus de deux siècles...

« Il existe une singulière analogie entre le destin et le sort de deux présidents si différents : Macron en France, Biden aux USA. Si l’on voulait observer les choses d’un point de vue symbolique, métaphorique et, – pour les humoristes qui disent le sérieux derrière les jeux de l’esprit, – aussi bien spirituel. Certains pourraient dire que Macron a décidé la dissolution pour disposer d’un événement qui poursuit l’analogie avec Biden, certes lui-même “événement permanent” mais confronté au redoutable obstacle et “super-événement” de la réélection, – s’il survit, s’il parvient à garder son déséquilibre en naufrageant sans sombrer. D’ailleurs, si Macron nous paraît en meilleure forme physique, certains de ses comportements psychologiques équivalent à leur façon au comportement du président américaniste, – si pas pire, dirais-je en y ajoutant la fourberie de se dissimuler derrière une situation cognitive acceptable. »

Aucune explication rationnelle, politique, géopolitique, etc., ne peut suffire, en aucun cas, à éclairer ces deux situations qui sont d’une si étrange proximité. Les deux pays occupent, d’une façon ou l’autre, une place importante, politiquement, symboliquement et du point de vue de l’influence, dans le rassemblement du bloc-BAO, ou de l’Occident -compulsif.

Sans que l’on puisse savoir quelle orientation annoncer, on peut avancer par contre que ces deux pays entrent dans de très graves crises, qui peuvent prendre l’allure de crises de régime, qui peuvent bouleverser l’ensemble de l’Occident. De ce point de vue, il serait temps que les analystes, les complotistes et les visionnaires des boules de cristal mettent les situations de ces deux pays dans une occurrence commune, ou dans tous les cas à bonne distance pour susciter des effets s’influençant les uns les autres. A eux deux en crise, ils peuvent vraiment précipiter les choses.

Les événements abandonnent de plus en plus nettement et radicalement les plans sophistiqués que les esprits les plus élaborés et machiavéliques ont tracés pour notre avenir. Ils deviennent brutaux et sans concessions. Ils cherchent la rupture et devant cette pression, les pauvres esprits mis aux postes les plus puissants s’abandonnent à leurs faiblesses. Les dieux se rient de nous et nous n’avons plus rien à leur répondre.

 

Note

(*) Il y avait cette note à mon texte du 8 mai 2017 : « Intervention à nous signalée par l’article d’Alexis Toulet. On n’a pas chômé, du côté des internautes, avec depuis le 3 mai 667.104 visions aujourd’hui à 06H00 et 669.423 à 09H00. Bref, pressez-vous d’aller écouter l’insolent avant que la Garde Prétorienne ne crie à l’interférence des Russes dans la campagne post-électorale. » Depuis, la chose a été faite, la Garde Prétorienne a fait son office.