Interview sur Radio Voice America

Les Carnets de Dimitri Orlov

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Interview sur Radio Voice America

Bienvenue à l’émission ‘Transformer les périodes difficiles en périodes favorables’. Je suis votre hôte Jay Taylor. Je suis très heureux d’avoir à nouveau avec moi Dmitry Orlov.

Dmitry est né et a grandi à Leningrad, mais il a vécu aux États-Unis. Il a déménagé ici au milieu des années soixante-dix. Depuis, il est retourné en Russie, où il vit maintenant.

Mais Dmitry a été un témoin oculaire de l’effondrement soviétique lors de plusieurs visites prolongées dans son pays natal, entre les années 80 et le milieu des années 90. C’est un ingénieur qui a contribué à des domaines aussi divers que la physique des hautes énergies et la sécurité sur Internet, ainsi qu’un théoricien de premier plan du pic pétrolier. Il est l’auteur de ‘Réinventer l’effondrement : L’exemple soviétique et les perspectives américaines’ (2008) et ‘Les cinq stades de l’effondrement : La boite à outils des survivalistes’ (2013).

Bienvenue, Dmitry, et merci beaucoup de vous être à nouveau joint à nous.

Dimitri Orlov : C’est un plaisir d’être à nouveau dans votre émission, Jay.

Jay Taylor : Je suis vraiment heureux d’entendre votre voix. Je sais que vous étiez déjà avec nous en 2014. Cela fait longtemps – beaucoup trop longtemps, en ce qui me concerne. Dans cette discussion, nous avions parlé des cinq stades de l’effondrement que vous aviez observé lors de la chute de l’URSS. Pourriez-vous les passer en revue très rapidement et les comparer à ce que vous voyez, à ce que vous avez vu et observé aux États-Unis pendant que vous viviez ici et, bien sûr, depuis votre poste d’observation actuel en Russie.

Dimitri Orlov : Oui. Les cinq stades de l’effondrement, telles que je les ai définis, étaient les suivants : financier, commercial, politique, social et culturel. J’ai observé les trois premiers, en Russie. La finance s’est effondrée parce que l’Union soviétique n’avait pratiquement plus d’argent. Le commerce s’est effondré parce que l’industrie soviétique s’est désagrégée étant répartie entre quinze républiques socialistes soviétiques, et quand l’Union soviétique s’est effondrée, toutes les chaînes d’approvisionnement se sont rompues.

Pour l’effondrement politique, il est évident qu’il n’y a pas vraiment eu de gouvernement fonctionnel pendant un certain temps dans les années 90. Beaucoup de consultants américains nous sont tombé dessus et ont privatisé des choses d’une manière qui a créé beaucoup d’oligarques incroyablement corrompus et super-riches qui ont ensuite fui avec leur argent pour beaucoup d’entre eux.

Étonnamment, l’effondrement social et culturel n’a pas vraiment été très loin jusqu’à ce que la Russie commence à retrouver sa santé. Certaines des autres républiques socialistes soviétiques sont en plein effondrement social et culturel, mais la Russie a évité ce sort.

Maintenant, ce qui se passe aux États-Unis, c’est que le domaine financier est devenu cet incroyable village Potemkine. Les Américains mènent une expérience totalement inédite où ils font exploser les plus grosses bulles financières possibles dans à peu près tout : évidemment dans la finance elle-même, mais aussi dans la médecine, l’immobilier, la bourse – et tout cela est directement lié à la planche à billets. Celle-ci, aux États-Unis, monétise désormais la moitié de l’ensemble des dépenses fédérales, et les États-Unis empruntent chaque année deux fois plus d’argent que le gouvernement fédéral n’en encaisse en un an. Donc, en gros, on dirait que cette chose a déraillé et qu’elle se dirige tout droit vers un ravin, mais pour l’instant, elle est juste camouflée par cette fausse monnaie imprimée.

La grande surprise en ce qui concerne la séquence des stades de l’effondrement aux États-Unis est que l’effondrement social et culturel a déjà eu lieu. Autrement dit, les États-Unis, d’un point de vue social et culturel, sont pratiquement totalement effondrés. Il n’y aura pas de retour à la normale. Et donc, une fois que le domaine financier aura disparu et qu’il deviendra impossible de continuer à importer tout ce dont les États-Unis ont besoin – ce qui veut dire à peu près tout actuellement, puisque les États-Unis ne font plus rien – les autres stades de l’effondrement suivront rapidement. Et en ce qui concerne l’effondrement politique, nous devons attendre les élections de novembre pour voir comment cela va se passer.

Jay Taylor : Oui. Il y a beaucoup d’inquiétudes à ce sujet ici, c’est sûr, concernant ce à quoi les choses pourraient ressembler de toute façon, quel que soit le vainqueur des élections… cet effondrement social, et le manque de vision commune en tant que nation nous divisent ; cela ne ressemble vraiment à rien de ce que j’ai pu voir dans ma vie.

Eh bien, Dmitry, depuis que Nixon a découplé l’or du dollar en 1971, et par extension du système monétaire international, cela a permis aux États-Unis de commencer à imprimer de la monnaie, comme vous l’avez souligné. Ce qui se passe aux États-Unis est sans précédent… la théorie monétaire moderne [MMT] est maintenant [je suppose] déployée. C’est aussi lié à l’armée américaine. Kissinger s’était envolé et a signé un accord avec l’Arabie Saoudite garantissant que tout le pétrole du monde à cette époque serait payé en dollars, et quand vous pensez à tous les pays du monde qui doivent importer du pétrole, cela signifie que pratiquement tous les pays du monde ont besoin de trouver des dollars. Cela a permis de gonfler la demande en dollar et faire du dollar une monnaie « forte » même si elle n’avait rien pour la soutenir. Mais comme vous le soulignez, les États-Unis doivent maintenant emprunter presque tout… presque toutes leurs dépenses déficitaires sont financées par l’impression de monnaie parce que les étrangers n’achètent plus – [pas] autant qu’avant, en tout cas – de bons du Trésor.

Voyez-vous donc la possibilité que le dollar perde son hégémonie et cède la place à une autre forme de monnaie ?

Dimitri Orlov : Eh bien, oui. Les autres formes de monnaie existent déjà. Beaucoup de pays font du commerce en utilisant des bourses de marchandises [le troc] et des échanges de devises. Beaucoup de pays n’ont donc pas vraiment besoin du dollar. L’Iran, par exemple, n’utilise pas du tout le dollar pour vendre son pétrole : c’est un grand producteur de pétrole. D’autres pays lui emboîteront le pas.

Le fait de rendre le dollar ‘attractif’est lié à la capacité de Washington à renverser des régimes qu’il n’aime pas dans différentes parties du monde, pour faire peur à tout les pays et les soumettre. Mais maintenant, si vous regardez où les révoltes ont lieu, les révoltes plus ou moins réussies, elles ont lieu en France ; elles ont lieu en Bulgarie, qui fait partie de l’UE ; [il y a eu] d’énormes manifestations à Berlin, et bien sûr, plusieurs villes des États-Unis sont maintenant en feu. Des révoltes permanentes ont lieu dans différentes parties du monde. C’est donc le retour à la normale, et l’Occident dans son ensemble n’est plus une entité capable d’effrayer le monde pour le soumettre. Cela, ajouté au fait que le dollar est de plus en plus dévalué par l’impression de monnaie pour financer le déficit, signifie que tout cela va se terminer très brusquement, comme le font généralement les systèmes pyramidaux, sans que les médias voient le coup venir.

Jay Taylor : Oui. Il est intéressant de noter, de mon point de vue, que la Chine est actuellement le plus grand producteur d’or au monde. Elle n’exporte pas son or, elle le garde pour elle-même. La Russie est également un producteur d’or très important, et je remarque d’après ce que je peux voir que les deux pays sont en train d’accroître leurs réserves d’or de manière très spectaculaire. Pensez-vous que cette politique est due à leur manque de confiance ou à leur opinion selon laquelle les jours du dollar sont comptés ?

Dimitri Orlov : Eh bien, la Russie n’a plus du tout de réserves en dollars. Elle a opté pour l’or. La Chine se débarrasse de ses bons du Trésor américain à un rythme de plus en plus rapide. Le plan consiste essentiellement à faire en sorte que les échanges commerciaux ne se fassent pas en dollars mais dans la monnaie du pays, en utilisant divers types d’accords d’échange de devises adossés à l’or. C’est ainsi que le commerce international se faisait auparavant. Jusqu’à ce que le dollar américain deviennent un substitut à l’étalon-or, c’était essentiellement diverses devises, [par exemple] le dollar d’argent mexicain, des choses comme ça, qui étaient garanties par du métal. Nous sommes donc revenus à ce système, et c’est tout à fait normal. Nous allons pouvoir revenir sur ce curieux interlude, des années 70 à 2021 peut-être, [et] le considérer comme une aberration.

Jay Taylor : Oui, ça l’a certainement été. L’idée, bien sûr, est qu’avec un système international soutenu par l’or, vous avez un terrain de jeu plus égal. Dans ce cas, les États-Unis ont pu utiliser leur force militaire issue de la Seconde Guerre mondiale et d’autres avantages qu’ils avaient à l’époque pour dicter leur loi au reste du monde. Mais nous vivions déjà au-dessus de nos moyens pour payer la guerre du Vietnam et pour lancer le socialisme aux États-Unis, ou une extension du socialisme sous le président Johnson. Nous vivions déjà au-dessus de nos moyens ; l’or partait, et le Français de Gaulle voulait son or et il y avait le respect des accords de Bretton Woods. Mais alors nous avons décidé que nous étions… nous étions la brute, je suppose : nous étions le pays qui avait le pouvoir et la capacité de dicter aux autres ce qu’il fallait faire, et c’est ce que Nixon a fait, Nixon et Kissinger. Et donc maintenant, oui, il semble que nous avons utilisé notre pouvoir. Je pense que les pays qui ne voulaient pas accepter le dollar dans le commerce étaient vulnérables : Kadhafi et avant cela en Irak.

Dimitri Orlov : C’est exact. Mais puis-je simplement dire que les États-Unis sont maintenant à court de pays qu’ils pourraient attaquer en toute impunité, [des pays] qui sont suffisamment riches pour être pillés, et suffisamment faibles pour pouvoir être attaqués militairement sans subir d’énormes pertes humaines et financières. Le problème avec l’armée américaine est qu’elle est prête à tuer, mais pas à mourir. Les États-Unis n’ont plus du tout de gens qui sont prêts à mourir pour l’argent des autres.

Jay Taylor : Oui. Nous avons vu le tournant, je pense, avec la guerre du Vietnam, lorsque les jeunes ont résisté. Nous avons eu une assez bonne vie ici aux États-Unis pendant un certain temps, et je suppose que nous nous sommes adoucis. Je voudrais juste faire remarquer qu’historiquement, l’or coule vers les pays qui se portent bien, qui s’enrichissent. Il s’écoule des pays lorsqu’ils sont en difficulté, lorsqu’ils rencontrent des problèmes financiers. Je pense que l’URSS, par exemple, dans ses derniers jours, ses jours de déclin, utilisait son or pour essayer de prolonger le régime à ce moment-là.

Diriez-vous que les choses s’améliorent définitivement en Russie ? Et puisque vous y êtes retourné maintenant, que pensez-vous de l’économie russe et de l’économie chinoise ? Ces deux pays sont en train d’accumuler leurs réserves d’or. Comment sont les choses en Russie, car ce que nous entendons ici n’est rien d’autre que « Poutine est mauvais ; il empoisonne les gens qui lui font concurrence politiquement… » et ainsi de suite. Faites nous un tableau de la situation économique actuelle de la Russie, car nous n’en avons pas une vision claire.

Dimitri Orlov : Eh bien, la Russie est une société, une culture qui prospère dans l’adversité. Cela va de pair avec l’immensité du territoire et la rigueur du climat. Les Russes ne se débrouillent pas très bien quand tout va bien, mais quand ils sont confrontés à une situation à laquelle ils doivent remédier, il s’avère soudain qu’ils sont incroyablement actifs et efficaces. Et c’est ce qui s’est passé. Les années 1990 ont essentiellement convaincu les Russes que les choses ne pouvaient pas continuer comme avant. Lorsque Poutine est arrivé au pouvoir, il a commencé à faire des changements, et je dirais que la transformation de la société et de la culture russes a été très profonde. Par exemple, la Russie était connue pour ses mauvaises routes. Aujourd’hui, la plupart des routes russes sont conformes aux normes des autoroutes allemandes. Avant, les voitures étaient vraiment mauvaises, mais maintenant, la Russie fabrique ses propres voitures, pratiquement toutes, et en fabrique beaucoup pour l’exportation. C’est juste que les marques sont occidentales, japonaises ou coréennes, mais elles sont toutes fabriquées en Russie.

Jay Taylor : Intéressant…

Dimitri Orlov : Le régime de sanctions a été une bénédiction absolue pour la Russie. Il a permis de commencer à faire tout ce dont elle avait besoin sur son propre territoire. Elle fabrique maintenant ses propres avions commerciaux [de passagers], par exemple. Elle s’est pratiquement immunisée contre ce genre de sanctions. Et la dernière chose que la Russie doit faire, c’est de se débarrasser de la nécessité d’exporter du pétrole et du gaz. Au lieu d’exporter des matières premières, la Russie va fabriquer tous les produits – par exemple, tous les plastiques – dont elle a besoin. Elle va donc cesser d’importer des plastiques et, au lieu d’exporter du gaz, par exemple, elle va exporter des plastiques et d’autres produits fabriqués avec ces ressources. Cela n’est pas de bon augure pour tous les pays du monde qui dépendent des exportations continues de matières premières russes. En gros, beaucoup d’industries en Europe vont devoir fermer à cause de la Russie [qui les concurrence maintenant].

En termes de politique, la Russie a un gouvernement très efficace et très populaire. Lors des élections qui viennent de se tenir, de nombreux candidats au gouvernement du parti principal ont remporté une victoire confortable. Poutine l’emporte avec quelque chose comme 73%-75% des voix. Le candidat suivant Poutine est un certain Jirinovski qui est en politique depuis très longtemps ; il est maintenant bien vieux. Il est à la tête du parti libéral démocrate. Il obtient quelque chose comme 7 % des voix. Pourquoi ? Parce que Poutine n’est pas assez nationaliste russe. Et puis tous les autres, y compris des personnalités comme Navalny, qui, si vous lisez le New York Times, serait « le premier candidat de l’opposition en Russie » ou quelque chose comme ça, eh bien, il a peut-être 2 % des votes et pas les meilleurs – vous savez, en gros, les gens qui votent pour lui sont des gens qui croient aux reptiloïdes de la planète Nibiru et des gens qui sont définitivement mécontents. Il n’y a donc aucun espoir pour lui.

C’est la situation en Russie à ce jour. La Russie n’a pas vraiment souffert de la crise financière de 2019 ; elle n’a pas vraiment subi les conséquences économiques du coronavirus, la peur du coronavirus. Certaines mesures ont été prises ici, mais là encore, dans la lignée de l’adversité, la nécessité de travailler à domicile a, en Russie, généré beaucoup de ces nouvelles dispositions qui permettent ce télé-travail. Il s’avère que l’un des plus gros problèmes des entreprises russes est qu’une grande partie de leur personnel se trouve [était] à Moscou. Aujourd’hui, à cause du coronavirus, une grande partie de leur personnel retourne dans les provinces russes où la vie est bon marché et agréable ; des endroits qui ne sont pas surpeuplés. Ils peuvent travailler à partir de là, ils peuvent maintenant travailler à distance. C’est donc une victoire.

Et d’autres choses qui ont été une victoire absolue pour la Russie : lorsque l’UE a imposé des sanctions à la Russie en 2014, la Russie a imposé des contre-sanctions sur les exportations de denrées alimentaires de l’Union européenne, et cela a donné un énorme coup de pouce aux producteurs agricoles russes. La Russie est donc aujourd’hui une superpuissance agricole. C’est le plus grand exportateur de céréales au monde ; elle finira par nourrir la moitié de la planète très bientôt. Ce sont donc tous des points extrêmement positifs, et la Russie est un pays prospère et stable.

Jay Taylor : Et ils produisent, fabriquent leurs propres produits. C’est bien sûr ce à quoi les États-Unis ont renoncé lorsqu’ils ont décidé de faire ce qu’ils ont fait avec le dollar et ainsi de suite. C’est très intéressant.

Une autre chose que j’aimerais vous demander, mais nous n’avons pas le temps, c’est à quoi ressemblerait la Russie après Poutine. Mais peut-être une autre fois, si nous pouvons vous faire avancer.

Il ne reste plus que quelques minutes, Dmitry. Récemment, je vous ai entendu parler de ce qui se passe en Amérique, de la démolition de la famille, de la morale – vous y avez fait allusion lorsque vous avez parlé des problèmes sociaux que nous avons ici maintenant. Il semble que nous ayons… pendant l’URSS, bien sûr, la religion chrétienne était persécutée – comme dans la plupart des nations totalitaires, je pense, c’est ce qui arrive.

Dimitri Orlov : Ce n’était pas le cas. C’est une infox.

Jay Taylor : Cela faisait donc partie de la propagande qu’on nous a faite à l’époque. Vous dites donc que l’Église, l’Église orthodoxe, était libre de fonctionner, à l’époque soviétique ?

Dimitri Orlov : C’était le cas.

Jay Taylor : D’accord. Eh bien, j’ai l’impression qu’elle est bien vivante maintenant.

Dimitri Orlov : Elle est définitivement en vie et se porte bien maintenant, mieux que jamais. Un fait que beaucoup de gens ne savent pas est que Staline était un séminariste, et dès qu’il en a eu l’opportunité, dès le début de la Seconde Guerre mondiale, il a rouvert les églises.

Jay Taylor : Non ?! Eh bien, c’est vraiment nouveau pour nous ici aux États-Unis, je suppose. Mais en tout cas, l’Église est bien vivante maintenant. Dans quelle mesure pensez-vous que cela aide la société russe ? Je veux dire, vous parlez de la famille : nous avons ici Black Lives Matter et les Antifa, ils sont ouvertement contre la famille traditionnelle, la mère et le père et ainsi de suite. Ils sont ouvertement contre la religion chrétienne ici aux États-Unis. Dans quelle mesure pensez-vous que c’est un aspect important d’une société, d’avoir une vision commune de ce qui est bien et de ce qui est mal ?

Dimitri Orlov : Eh bien, ce n’est pas seulement la religion. Il s’agit de la façon dont la nature fonctionne, de la nature humaine, de ce qui est naturel. Si vous ignorez la nature, vous disparaissez. C’est comme ça que la nature s’en occupe. Ce n’est pas un problème que nous avons à résoudre parce que Charles Darwin le résoudra pour nous. Donc tous ces types des Antifa qui sont anti-famille, eh bien, très bien : ils ne seront plus là dans une autre génération. Ils vont juste vieillir et ne laisseront aucune trace.

Jay Taylor : D’accord, encore une chose avant de vous laisser partir parce que nous n’avons pratiquement plus de temps, mais l’une des choses que vous avez écrites, c’est comment se préparer aux moments où les choses deviennent difficiles. Tout d’abord, à votre avis, à quoi peut ressembler le paysage américain ? Personne n’en est sûr, je suppose, mais en regardant et en projetant ce que vous voyez maintenant, aux États-Unis, où vous avez vécu jusqu’à tout récemment, que voyez-vous pour les États-Unis ? Et puis, que devraient faire les gens, comment devrions-nous nous préparer à y faire face ?

Dimitri Orlov : Eh bien, je ne vois pas beaucoup d’espoir pour quoi que ce soit au-delà du niveau du comté aux États-Unis. Je pense que les villes seront incroyablement peu sûres. Je pense qu’il faudra devenir suffisamment rural et autosuffisant pour pouvoir s’en sortir. Il n’y aura pas beaucoup de structures officielles sur lesquelles s’appuyer, et plus une communauté est mélangée – on a beaucoup insisté sur l’intégration et l’inclusion, etc. – moins cela est utile pour avancer, parce que les gens doivent se reconnaître. Ils ne doivent pas avoir affaire à des étrangers, ils doivent éviter même d’avoir affaire à des étrangers. Ce sera donc un élément dominant en Amérique pour l’avenir. La société se divisera en petits groupes, et les seuls qui resteront ensemble seront les plus cohésifs et homogènes.

Jay Taylor : Je sais que dans notre discussion précédente, vous avez suggéré que l’Amérique pourrait se diviser en différents pays, mais vous suggérez des groupes politiques encore plus petits que cela ? Au niveau des comtés ?

Dimitri Orlov : Oui, je pense que le niveau du comté est le bon niveau où la politique n’est pas une totale perte de temps.

Jay Taylor : Très bien. Eh bien, nous devons en rester là. Dmitry, je tiens à vous remercier pour le temps que vous avez passé avec nous. C’est très, très utile pour nos auditeurs, j’en suis sûr. Je vous souhaite le meilleur à vous et à votre famille en Russie. C’est très intéressant d’entendre des choses que nous n’avions jamais entendues auparavant sur la Russie.

Dimitri Orlov : J’en suis heureux.

Jay Taylor : Merci, Dmitry.

 

Le 17 septembre 2020 – Source Club Orlov, – Traduction du Sakerfrancophone.

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