Effet de crise, – on parle au Hamas

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The Independent parle de “the Obama effect”, pour nous signifier qu’il y a du nouveau au Moyen-Orient. Eh bien, nous, nous écririons plutôt: “the crisis effect”, non sans admettre qu’effectivement Obama est le président de la crise, et qu’en ce sens l’observation peut se comprendre. Pour le reste, sachons-le bien et mettons les choses aux places qu’elles méritent, – c’est la crise qui décide.

Que se passe-t-il? On parle au Hamas, et le même Independent, dans son édito du jour, dit que c’est très bien. Il s’agit des Européens, des Français en tête (bien entendu), par des canaux à peine annexes. Le même article rapporte d’autres développements possibles dans la région, dans le sens de l’apaisement des tensions, avec les USA d'Obama en marche.

«Sooner or later it had to happen: someone had to start talking to Hamas. Today we report that a back channel already exists. French parliamentarians have met the Hamas leader, Khaled Meshal, with Syria as the go-between. MPs from other European countries, including Britain, have met lower-level Hamas representatives since the start of the year. This makes perfect sense. It is the way all pariah groups or states are enticed in from the cold. Negotiations begin unofficially, through third parties and with the necessary element of deniability.

»Hamas, it can be argued, should never have found itself in the pariah category. It was encouraged to take part in the Palestinian parliamentary elections, only to be cold-shouldered by the United States, then by Israel and the European Union, when it won. That was a mistake.

[…]

»After an initially chilly dismissal, President Ahmadinejad of Iran expressed a willingness to talk to the United States, on certain conditions. What is more, he did so as publicly as he could, at a rally to mark the 30th anniversary of the Islamic Revolution. In recent days, the Syrian President, too, has spoken optimistically about improved relations with the US.

»A high-level congressional delegation is due in Damascus this week, and a new US ambassador is expected to be named shortly – the first since Washington downgraded relations in 2005. In hailing a possible improvement in relations, President Assad and senior officials have emphasised that Syria is key to any Middle East peace. Damascus has also made known that General David Petraeus, head of US Central Command, would be welcome in Syria to discuss the situation in Iraq – a proposal that President Bush had vetoed.»

Les priorités prennent leur place, de plus en plus vite, à mesure que la crise continue à s’aggraver, qu’elle s’impose de plus en plus comme une crise systémique générale qui n’est rien d’autre que la crise fondamentale de notre civilisation et de sa modernité faussaire. Etonnez-vous si l’on écrit que la crise, désormais, commande tout, absolument tout. Il y a de fortes chances que les relations internationales, encore plus que la politique extérieure de tel ou tel pays, en seront bouleversées. Donc, l’“effet Obama” est l’“effet de la crise”, de même qu’Obama a été élu par la crise.

Il est temps que nous habituions à cette nouvelle réalité, totalement déstabilisante pour notre pensée. Il est temps de se débarrasser des oripeaux de l’époque Bush, de l’époque 9/11, de la Grande Guerre contre la Terreur, car les événements vont si vite. A l’heure où nous écopons l’effarante inondation qui noie notre machinerie du meilleur des mondes, tous les efforts vont s’accumuler pour clore les conflits désormais devenus périphériques, toutes ces vaines batailles où nous avons cru voir le diable et son train, où les penseurs occidentaux se sont gravement penchés pendant des années, où les dirigeants politiques se sont perdus en tant de vaines conférences. Face à la crise monstrueuse, le désordre du Moyen-Orient, les tensions artificielles inventées en Europe, avec la Russie, tout cela va devoir passer la main face à l’essentiel qui s’effondre sous nos yeux. Par conséquent, effectivement, «it had to happen: someone had to start talking to Hamas».


Mis en ligne le 19 février 2009 à 06H50

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