Détruire la Russie, clef de l’Histoire universelle

Les Carnets de Nicolas Bonnal

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Détruire la Russie, clef de l’Histoire universelle

C’est le sujet du jour : comment anéantir la Russie et exterminer les russes pour la troisième fois en deux siècles.

L’expression (“la destruction de la Russie comme clé de l’histoire…”) est de Georges Nivat, traducteur de Soljenitsyne, et date de 2016. Elle résume notre histoire : Charles X de Suède puis Napoléon puis Hitler puis les autres (le complexe Biden-BHL-Leyen) tentent d’abattre le croquemitaine. Elle résume l’atmosphère du jour : la Russie seule contre tout le monde ou soi-disant, avec l’empire américain et ses colonies, l’Europe motivée et le reste du monde plus ou moins entraîné dans cette croisade antirusse, qui succède à la croisade antiallemande des anglo-saxonnes guerres mondiales.

Car pour l’occident Poutine est moins Staline qu’Hitler. Simplement c’est un Hitler qui n’a pas à se coltiner l’Armée rouge, qui dispose d’une terre riche et immense, d’une économie autarcique, d’inépuisables gisements de gaz et de pétrole et d’une armée aguerrie. Snyder a rappelé que seuls 14% des soldats américains (oublions le F35, les Stinger de M. Cadbury et tout le reste) s’estiment opérationnels (et encore ? Contre les russes ou contre les irakiens ?).

Evidemment c’est l’occident (démocratique et humanitaire) qui comme Hitler veut anéantir la Russie et lui sauter à la gorge.

La lutte contre l’empire russe sourd à travers toute notre histoire depuis le dix-neuvième siècle : voyez le livre de Lesur qui en 1812 dénonce la montée de la puissance russe au moment où les troupes napoléoniennes dévastent la Russie. La Russie y est diabolisée à toutes les époques, empire du mal qui n’a pas fini d’exciter les haines de toutes les puissances occidentales : Henri Troyat remarque que la Grande Catherine se plaint déjà de cette préférence donnée à la Turquie. On pense à la haine du tsarisme, à la Guerre de Crimée du démentiel Badinguet aux ordres de Palmerston, au Grand Jeu britannique (voyez le Kim de Kipling qui lui ajoute une aura ésotérique soulignée par Guénon) ; puis on passe à l’homme au couteau entre les dents, au stalinisme et à la situation actuelle.

Il est vrai qu’en face ça résiste...

«… Il y a en Russie des hommes très bizarres, constitués comme les autres hommes et pourtant ne ressemblant à personne. Ils tiennent à la fois de l’Européen et du Barbare. On sait que notre peuple est assez ingénieux, mais qu’il manque de génie propre ; qu’il est très beau ; qu’il vit dans des cabanes de bois nommées isbas, mais que son développement intellectuel est retardé par les paralysantes gelées hivernales.»

Dostoïevski parodie l’éprouvant pamphlet de Custine (les russes sont des automates) avec humour :

«On n’ignore pas que la Russie encaserne une armée très nombreuse, mais on se figure que le soldat russe, simple mécanisme perfectionné, bois et ressort, ne pense pas, ne sent pas, ce qui explique son involontaire bravoure dans le combat ; que cet automate sans indépendance est à tous les points de vues à cent piques au-dessous du troupier français.»

Enfin les russes avaient trop de barbe :

« Mais l’effet du rasoir fut merveilleux : une fois glabres, les Russes devinrent très vite quelque chose comme des Européens.»

C’est d’ailleurs leur point commun avec les islamistes, aux russes : ils ont trop de barbe !

Mais la barbe revêt une dimension religieuse et culturelle. Et là on rentre dans le domaine de la guerre de civilisation, celle qui oppose les anglo-saxons aux russes depuis un siècle et demi (l’ours et la baleine…)

Je cite les Possédés :

«Hélas ! nous sommes des pygmées comparativement aux citoyens des États-Unis ; la Russie est un jeu de la nature et non de l’esprit.»

Les occidentaux sont tombés sur un os. Brzezinski avait parlé du scandaleux refus du monde LGBTQ par Moscou. Et Poutine avait dit dans son discours à la nation :

« Mais non – un état d’euphorie né de leur supériorité absolue, une sorte d’absolutisme moderne, qui plus est, sur fond de faible niveau de culture générale et d’arrogance de ceux qui ont préparé, adopté et fait passer les décisions qui n’étaient profitables que pour eux-mêmes. La situation a commencé à évoluer d’une manière différente.»

A l’occident il ne reste plus que la communication, ce simulacre de puissance, qui aura du reste poussé la Russie à progresser et à se surarmer. Les «Hercule aux jactances» (Céline) que sont les Français sont sûrs avec leurs rodomontades de se retrouver aux premières loges quand la bise de la guerre chaude sera venue. L’état du nucléaire français fait rire les experts russes : mais bon, ce n’est pas grave, on a le précédent de 1870 (voir mes textes sur Flaubert et Maxime du Camp).

Et il ajoute notre Dostoïevski sur notre présent toujours permanent :

« En fait, jusqu’à récemment, les tentatives de nous utiliser dans leurs intérêts, de détruire nos valeurs traditionnelles et de nous imposer leurs pseudo-valeurs, qui nous rongeraient, nous, notre peuple, de l’intérieur n’ont pas cessé. Ces attitudes ils les imposent déjà agressivement dans leurs pays et elles mènent directement à la dégradation et à la dégénérescence, car elles sont contraires à la nature humaine elle-même. Cela n’arrivera pas [ici], cela n’a jamais marché pour personne. Cela ne marchera pas non plus maintenant. »

Là on est au cœur du problème : avec Poutine la Russie (qui était plus tolérée du temps du couteau entre les dents) est devenue la bête noire de l’ordre libéral mondialiste qui semble préférer anéantir le monde plutôt que perdre son duel. Revoyez d’ailleurs mon texte publié sur fr.sputniknews.com à ce sujet : Dostoïevski (visionnaire comme Flaubert ou Baudelaire à la même époque – tous nés en 1821) et la prophétie du nouvel ordre mondial auquel nous arrivons aujourd’hui, incarcérés, sous la coupe du totalitarisme cyber-libéral anglo-américain.

Poutine a compris qu’il faut frapper (sans faire trop mal, mais ça dépend qui) parce que l’occident veut l’anéantir purement, lui et sa terre. Hitler disait dans son Testament qu’il ne saurait jamais faire la paix à la Russie, qu’il faudrait toujours qu’il lui saute à la gorge. Blinken, Biden et leur clique n’ont pas évolué. Ils en sont au stade suprême du nihilisme impérial : détruire leur peuple, la culture, les sexes, la religion, la nature (comme dit justement Poutine), tout ce qui Est.

Il leur reste comme je l’ai dit à affronter la meilleure (la meilleure ou la dernière ?) armée du monde, ses armements et à éviter des conséquences ruineuses. Pour parler comme mon ami Jean Parvulesco, auteur d’un beau livre traduit en russe par Alexandre Douguine, on ne pouvait rêver de meilleur Endkampf.

 

Sources principales :

https://fr.wikisource.org/wiki/Journal_d%E2%80%99un_%C3%A9crivain/Texte_entier

https://beq.ebooksgratuits.com/vents/Dostoievski-possedes-1.pdf

https://www.profession-gendarme.com/ce-matin-a-6h00-heure-de-moscou-vladimir-poutine-sest-adresse-a-son-peuple-pour-expliquer-ce-quil-allait-faire-et-pourquoi-il-allait-le-faire

https://fr.sputniknews.com/20170129/dostoevski-prophetie-ordre-mondial-1029827127.html

https://books.google.com.bn/books?id=3tkCAAAAYAAJ

https://www.cairn.info/revue-le-debat-2017-4-page-165.htm

Dans la gueule de la bête de l’apocalypse du grand vaccin au nouvel ordre mondial, Nicolas Bonnal

Dostoïevski et la modernité occidentale, Nicolas Bonnal

‘Vladimir Poutine et l’Eurasue’, Jean Parvulesco

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