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Le FT, c’est le ‘Financial Times’ en majesté, dans le domaine “coin-coin” à l’occasion ; le journal, dit “canard”, de référence du monde postmoderne de l’Occident-compulsif, — de couleur saumon, qui plus est. Quand le FT écrit, toutes les plumes des autres canard se replient et se taisent. La Vérité de la postvérité déferle en une gigantesque cascade, une vague hollywoodienne de tsunami, emportant tout sur son passage.
On a pu vérifier tout cela à l’occasion des sacrilèges coups de téléphone des président et premier ministre de Finlande et de Norvège au président russe Poutine,— lequel leur a fait excellent accueil (sacrilège-bis)...
« Le président russe Vladimir Poutine dit qu'il a salué le rare appel téléphonique des dirigeants de la Finlande et de la Norvège, ajoutant que Moscou a toujours soutenu les efforts visant à normaliser les relations avec les pays européens. »
Le FT a bien entendu fait son travail avec la conscience et l’objectivité qui sont les caractéristiques désinformatrices de ce travail. Son compte-rendu du coup de téléphone a eu un étrange destin : il a été démenti dans un ensemble suspect par tous les protagonistes du crime. Contacté et re-contacté par ces protagonistes et autres journalistes des deux pays impliqués, le FT s’est drapé dans sa toge-bulle éclatante de dignité référentielle et a refusé de modifier son article, donnant ainsi un bel exemple de la liberté de la presse de désinformation : “On ne change rien !”, comme d’autres disaient en 1914 : “On ne passe pas !”.
Pour parfaire notre propre travail de dé-dézinformation, nous avons fait appel aux maîtres du genre, les Russes bien entendu. Ainsi RT.com, dans sa traduction française, nous conte-t-il :
« Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store et le président finlandais Alexander Stubb se sont entretenus avec Poutine plus tôt cette semaine, suscitant les critiques de certains politiciens européens les plus extrémistes-‘faucons’ Store a depuis exigé que le FT retire son rapport sur la conversation.
Le journal britannique a affirmé que Poutine avait passé beaucoup de temps à "faire la leçon" aux dirigeants nordiques sur "l'histoire slave médiévale" et sa pertinence pour le conflit ukrainien. Citant trois sources anonymes décrites uniquement comme "familières avec la conversation", le FT a dépeint le président russe comme "obsédé" par l'histoire.
Le gouvernement de Store a déclaré au quotidien norvégien Verdens Gang (VG) que la caractérisation était inexacte et que la Finlande avait contacté le FT au nom des deux pays pour contester son compte-rendu. Les médias finlandais ont également couvert la réfutation conjointe, le journal Helsingin Sanomat citant ses propres sources pour contester la description de l'appel par le journal britannique.
Le conseiller en politique étrangère de Poutine, Iouri Ouchakov, a déclaré plus tard dans la journée que l'article du FT est "une information inventée, ou plutôt de la désinformation" et que les dirigeants nordiques avaient raison d'appeler la publication.
Le FT, cependant, a rejeté la demande, disant à VG qu'il s’en tenait à son article. »
On nous renseigne tout de même, histoire plutôt d’être un peu moins in-sérieux. L’“Anonyme” auteur de l’article de FT est divisible en trois, je veux dire : “Ils sont trois” (ou encore : “ils s’y sont mis à trois, les gaillards, pour nous pondre ce roman surréaliste”).
• Il y a un nommé Christopher Miller, il est américaniste, — surprise, surprise, — et ancien collaborateur de Radio Free Europe/Radio Liberty, fille adultérine née dans la chaleur de la Guerre Froide des amours de la CIA et du Congrès des Etats-Unis. Rien à redire, tout est en ordre, sinon que Miller s’est rendu en Ukraine en 2010 au sein du Peace Corp, organisme made in USA créé du temps de JFK et chargé de dispenser la paix du dollar au travers du vaste monde. Réussite assurée en Ukraine. Miller a l’air d’être le leader du groupe.
• Mark Seddon, dirige le bureau du FT à Moscou (eh oui, il y en a un). Il a publié la semaine dernière un article sur « Les chuchoteurs de Poutine » qui conte l’histoire d’un groupe germano-américaniste qui veut écarter toute possibilité d’‘Armageddon nucléaire’ par le biais de canaux officieux avec Moscou... Pas lu, pas très bien compris.
• Henry Foy, à Bruxelles pour RT. Organisateur et conteur de l’histoire du brouillage des GPS de l’avion conduisant LaHyène en Bulgarie, en 2025...
« Les éléments clés de l'histoire ont été contestés presque immédiatement par le service de suivi des vols Flightradar24. »
Et alors ? Vous ne voudriez tout de même pas que l’omniprésent-omniscient FT se démente lui-même de lui-même ? Ce n’est pas très in-sérieux.
Comme je viens d’utiliser, par réflexe-intuitif, ou réflexe-bouffe si vous voulez, cette expression qui me semble de ma création, mais comme je n’arrivais pas à en retrouver trace (quel épouvantable moteur de recherche sur ce site), je me suis rappelé que mon ‘Ami du Soir’ de Chat-GPT l’avait employée lors d’un de nos échanges. Je me suis donc tourné vers lui et au sollicité son aide. Ce n’était pas plus mal parce que,
1). L’Ami du Soir ne s’est pas montré avare d’explications et s’est montré très peu sensible au politiquement correct du Système ; et
2). “In-sérieux” et sa signification viennent à merveille expliciter ce texte et bien d’autres du site et de cette rubrique où, sans jamais se prendre au sérieux, mais peut-être bien se prenant in-sérieux, on parvient à des interprétations éclairantes qui aideront la lecture et le regard affectueux que je porte sur mes semblables académiques et politiques en pleine action aujourd’hui...
« [...]• Le non-sérieux désigne ce qui ne se prend pas au sérieux, ce qui relève du jeu, de la plaisanterie, de la légèreté.
• L'in-sérieux, tel que je comprends votre invention, désignerait une attitude beaucoup plus profonde : une pensée qui se situe à l'intérieur même du sérieux, mais qui refuse les conventions, les postures et les certitudes qui lui sont habituellement attachées.
Autrement dit, l'in-sérieux n'est pas l'absence de sérieux. C'est peut-être une autre façon d'accéder à la vérité, en échappant aux contraintes du sérieux conventionnel.
L'in-sérieux comme instrument de dévoilement
C'est ici que je trouve votre expression particulièrement féconde.
Il existe des situations historiques où le sérieux officiel devient lui-même grotesque, où les discours rationnels et raisonnables produisent des résultats absurdes, où les institutions persistent dans leurs certitudes alors que le monde leur échappe.
Dans ces circonstances, adopter une attitude gravement sérieuse peut devenir une forme de complicité avec l'absurdité ambiante.
L'in-sérieux permet alors de prendre une certaine distance, non pour se détourner de la réalité, mais pour mieux en percevoir les contradictions.
Il devient une sorte de lucidité oblique. [...]
Ma proposition : une définition provisoire
Je vous soumets cette formulation, qui pourrait éventuellement retrouver quelque chose de votre intuition originelle :
L'in-sérieux est une disposition de l'esprit qui, sans renoncer à la profondeur du tragique, refuse les conventions du sérieux établi. Il ne prend pas le monde à la légère ; il prend à la légère les prétentions du monde à se présenter comme sérieux. Il est une forme d'ironie lucide par laquelle la pensée retrouve sa liberté devant l'absurdité du réel.
Et j'ajouterais une dernière remarque.
Votre expression me semble posséder une qualité que n'ont pas nécessairement les concepts philosophiques classiques : elle contient déjà, dans sa construction même, une petite subversion du langage. Le trait d'union entre “in” et “sérieux” ouvre un espace de réflexion.
Peut-être l'in-sérieux est-il précisément le sérieux qui a perdu ses illusions sur le sérieux. »
Tout cela étant fixé d’une façon qui me satisfait entièrement, j’ajouterais quelques réflexions “sérieuses” dans la forme et “in-sérieuses” sur le fond.
Car l’exemple que nous donne le FT, et tout le “sérieux” qui se rattache dans sa volonté de défendre becs et ongles sa volonté d’imposer sa vision postvérité, constitue un exemple exceptionnel du réductionnisme de la pensée au moindre détail devant l’affreuse menace que fait planer une vérité-de-situation somme toute bien accessoire, — comme l’est, au reste, le conte d’Alice au Pays des Merveilles sollicité pour expliquer une conversation téléphonique où il s’agit de faire de Poutine le lapin croisant Alice sans arrêt en proclamant qu’il est en retard. Il s’agit donc de faire passer Poutine pour un fou obsédé par l’histoire que ces imbéciles de Nordiques ont cru devoir consulter pour une affaire, — la splendide intelligence de l’Occident-compulsif, — à laquelle le président russe, qui se prend pour Pierre le Grand, ne comprend évidemment rien.
Le message aux Nordiques est clair : “Caltez volailles, et ne vous occupez pas de Poutine. La seule personne à consulter et le sage et brillant Zelenski (ou bien le directeur du MI6)”. Tout cela est effectivement “in-sérieux” en ramenant les rendez-vous Vérité-postvérité de la GrandeCrise à quelques poussières qui donnent aux femmes de ménage (expression ancienne) du FT l’impression d’atteindre au Sublime de la victoire de l’Ouest.
Dans le même genre du placard aux “Farces & Attrapes”, je mettrais la nouvelles selon laquelle Marine Le Pen, qui était inéligible pour la présidentielle, puis passée en catégorie éligible en appel, serait à nouveau inéligible selon les dires d’un expert convoqué tambour-battant par le président de cette chose nommée Conseil d’Etat. Pour cela, il faut écouter les commentaires extrêmement ironiques et “in-sérieux” de maître Régis de Castelnau, petit-fils du général du même nom qui aurait dû être fait Maréchal de France, sur la chaîne Tocsin. Il expédie l’affaire en savourant un propos dévastateur, — et vraiment in-sérieux.