Bye bye GWOT, hello OCO…

Bloc-Notes

   Forum

Il y a 5 commentaires associés à cet article. Vous pouvez les consulter et réagir à votre tour.

   Imprimer

 262

Il semble qu’un pas important soit en train d’être fait sur le front de la “guerre contre la terreur”: son élimination par élimination de son acronyme. La presse US nous annonce l’abandon progressif, sans doute voulu comme discret de l’acronyme GWOT (Great War On Terror) par l’administration Obama. On proposerait à la place OCO (Overseas Contingency Operations), qui sonne infiniment plus modeste, c’est-à-dire plus réel, avec l’élimination des mots “guerre” et “terreur”, et le retour à une description modeste et concrète de la chose.

Le Washington Post nous donne des éléments sur cette transformation en cours, le 25 mars 2009.

«The Obama administration appears to be backing away from the phrase “global war on terror,” a signature rhetorical legacy of its predecessor.

»In a memo e-mailed this week to Pentagon staff members, the Defense Department's office of security review noted that “this administration prefers to avoid using the term ‘Long War’ or ‘Global War on Terror’ [GWOT.] Please use 'Overseas Contingency Operation.'” The memo said the direction came from the Office of Management and Budget, the executive-branch agency that reviews the public testimony of administration officials before it is delivered.

»Not so, said Kenneth Baer, an OMB spokesman. “There was no memo, no guidance," Baer said yesterday. ”This is the opinion of a career civil servant.”

»Coincidentally or not, senior administration officials had been publicly using the phrase “overseas contingency opérations” in a war context for roughly a month before the e-mail was sent. Peter Orszag, the OMB director, turned to it Feb. 26 when discussing Obama's budget proposal at a news conference: “The budget shows the combined cost of operations in Iraq, Afghanistan and any other overseas contingency operations that may be necessary.”

»And in congressional testimony last week, Craig W. Duehring, assistant secretary of the Air Force for manpower, said, “Key battlefield monetary incentives has allowed the Air Force to meet the demands of overseas contingency operations even as requirements continue to grow.”»

L’idée d’abandonner le terme de “guerre contre la terreur” pour décrire les diverses opérations antiterroristes en cours n’est pas accessoire, encore moins indifférente. L’évolution de la sémantique pèse d’un poids considérable dans l’orientation et la perception des politiques, surtout dans l’univers bureaucratisé, conformiste et souvent proche d’être robotisé dans le domaine de la pensée qu’est le nôtre. L’article du Post rappelle une exhortation de l’International Commission of Jurists, il y a un mois, d’abandonner l’expression “guerre contre la terreur”. Ces observations s’appuyaient sur le fait que l’expression, en désignant l’adversaire sous un nom générique extrêmement vague mais portant une forte connotation négative, voire maléfique, agissait comme une sorte de passe-droit justifiant divers excès tels que la détention illégale, les violations de souveraineté, la torture, etc. La remarque est assez juste, même si elle donne une piètre idée des capacités d’appréciation autonomes et indépendantes de l’intelligence humaine. Là aussi, ce n’est qu’un constat.

D’un point de vue plus politique, l’évolution signalée par le Post confirme l’évolution générale en cours de la politique de sécurité nationale des USA, vers un abandon des postures agressives et offensives qui ont caractérisé l’administration GW Bush. Elle rejoint des remarques faites notamment par Jim Lobe, au début novembre 2008, que nous avions signalées et commentées le 3 novembre 2008, sur une volonté de changement de substance de la politique US. Il s’agit, avec cette affaire de GWOT devenant OCO, de se “désengager” d’un état d’esprit, de se “désengager” d’une perception, exactement comme l’on tend à répudier une vision virtualiste s’attachant à une autre réalité que la “réalité réelle”. Effectivement, l’abandon de GWOT marque une répudiation de certains aspects du virtualisme bushiste, essentiellement sous la pression des nécessités de la crise.


Mis en ligne le 27 mars 2009 à 06H41

Donations

Nous avons récolté 757 € sur 3000 €

faites un don