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• Netanyahou en visite à Washington pour convaincre son ami Trump d’accentuer les frappes aériennes contre l’Iran, éventuellement jusqu’à faire exploser des montagnes (on suggère “Opération Obélix”, non ?) • Plusieurs interventions (Alastair Crooke et Glenn Diesen) nous éclairent, parfois jusqu’à l’aveuglement, sur les circonstances de ces longs chemins sinueux qui ne cessent de se croiser et de nouer des nœuds Gordiens. • Que voulez-vous, c’est « Orient compliqué ».
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L’ami Alastair Crook parlait aujourd’hui avec Glenn Diesen sur la chaîne du second. Au centre du propos, dans le cadre de la visite de Netanyahou demain à Washington, l’extraordinaire déchaînement de l’extension des conflits autour de l’axe Iran-Israël. C’est désormais toute la région qui est en feu ou sur le point de s’enflammer, alors que l’amiral qui commande le Central Command US vient d’expliquer que toutes les attaques aériennes (US) pour tenter de priver l’Iran du contrôle d’Ormouz sont vaines et n’ont aucune chance d’aboutir. Le constat vaut d’ailleurs pour toute l’offensive aérienne US contre l’Iran, faite avec des moyens de plus en plus réduits par rapport aux habitudes américanistes et à l »ambition affichée.
Dans les divers départs de feu de cet été brûlant, on doit signaler l’entrée tonitrua nte des Houthis dans le jeu, avec des attaques contre l’Arabie et l’ouverture d’un drôle de “front” entre l’Ukraine et l’Iran. Il est vrai que l’habilissime Zelenski, après l’opération de charme de Laura Loomer, tient, comptes en banque dégainés, à se bien faire voir du “patron”. Quant aux niais et benêts de novembre prochain, il est vrai qu’ils voteront tout de même, et tout de même nul ne sait dans quel sens.
On prend la conversation Crook-Diesen à ses débuts, simplement comme avant-goût du feu d’artifice de cet « Orient compliqué » qui ne l’a jamais autant été...
Glenn Diesen : « Ce dont je voudrais vous parler, ce sont certains des articles que vous avez écrit. Je veux vraiment analyser ce qui se passe actuellement en Asie de l'Est parce que la guerre contre l'Iran semble être une véritable poudrière.
Autrement dit, la guerre s'élargit, elle s'étend et nombre de ces conflits sont étroitement liés. On voit bien sûr l'Iran, Israël ainsi que la dimension Arabie Saoudite Yémen.
Nous voyons maintenant des attaques contre le pétrole saoudien depuis l'Irak. Il y a désormais un possible conflit entre l'Irak et le l’Iran, une crise au Liban, en Syrie et peut-être même un changement de régime au Bahrein. On dirait qu'il pourrait aussi y avoir désormais une dimension Iran-Ukraine puisque l'Iran pourrait même commencer à frapper des projets énergétiques de l'Union européenne à travers le Moyen-Orient parce qu'il considèrent que Zelenski est piloté par l'Occident. Bref, les États-Unis semblent avoir déclenché quelque chose qu'il sera très difficile de remettre en ordre. Je me demandais simplement comment vous analysez cette situation en terme de disons une spirale qui semble devenir incontrôlable. »
Alastair Crook : « Eh bien, vous avez mis le doigt dessus. Pour l'instant, c'est relativement épargné, mais toute la région est en flamme et Trump avec son attaque contre l'Iran, est responsable de cette recrudescence, si vous voulez, des conflits et de la déstabilisation. »
La discussion entre les deux hommes est très longue, très détaillée, très précise. Crook, ancien du MI6 puis de la direction bureaucratique des affaires étrangères de l’UE, est une extraordinaire mine de renseignements et de connaissances à la fois historiques et contemporaines de la région. D’une façon générale, il ne dit pas que “l’Iran a gagné la guerre contre les USA”, mais plus précisément et certainement bien plus justement, et d’un point de vue bien plus important selon nous, que l’Iran a gagné « la guerre civilisationnelle » contre les USA.
On reprend ici un condensé de son entretient avec Diesen qu’il donne sur son site ‘CoinflictForum’, comme commentaire et abstract si l’on veut de cette conversation... Notez bien la juste remarque qu’il fait sur la façon dont tous les Européens sont tenus par leur “presse libre et indépendante” totalement ignorants de la réalité de la situation. PhG a déjà (comme le temps passe) vécu les crises de Suez (1956), de la guerre des Six-Jours (1967), de la crise du Yom Kippour (1973), du Liban (1982 et 2006), sans parler des guerres du Golfe, pour pouvoir vous dire qu’au moins, en ces temps-là, si nous étions informés de façons très diverses et souvent déformés, nous ne ressemblions pas à un troupeau bêlant et aveugle conduit à l’abattoir sans rien savoir du temps qu’il faisait :
« J’ai eu aujourd'hui une discussion approfondie avec Glenn Diesen, portant sur les tensions qui s'exacerbent à divers degrés au Yémen, en Arabie saoudite, en Irak, en Syrie, en Turquie et en Cisjordanie.
Je lui ai expliqué que les partisans des colons et les franges les plus messianiques du gouvernement de coalition israélien étaient déterminés à attiser le conflit israélo-palestinien jusqu'à déclencher une guerre ouverte avant les élections israéliennes d'octobre. Les colons souhaitent une crise suffisamment grave pour provoquer un exode palestinien (nettoyage ethnique).
L'attaque de la raffinerie de Jizan en Arabie saoudite a eu une portée symbolique et économique considérable (mais elle a été à peine relayée par les grands médias occidentaux). La situation en Irak est très fragile suite à la promesse du Premier ministre Ali al-Zaidi à Trump de désarmer les milices chiites (l'Irak est un pays à majorité chiite), ce que ces milices refusent.
Nous avons convenu que les options militaires de Trump face à l'Iran étaient limitées, de même que toute tentative de sa part de relancer les négociations avec ce pays. Les pourparlers précédents avaient été complètement discrédités par les mensonges de Trump.
Nous avons discuté des implications possibles de la visite de Netanyahu à Washington. J'ai suggéré que Netanyahu souhaitait que Trump reprenne les frappes contre l'Iran (en ciblant les infrastructures iraniennes) et qu'il présenterait probablement de « nouveaux renseignements » sur le programme nucléaire iranien. Cependant, j'ai rappelé le rapport de notre Forum sur les conflits concernant le désaveu collectif des autorités de sécurité israéliennes quant aux affirmations de Netanyahu sur le statut nucléaire de l'Iran.
Nous avons conclu en constatant la réalité d'une crise énergétique imminente et la manière dont elle était passée sous silence par les grands médias, de sorte que la plupart des Européens ignoraient la gravité de la situation. En effet, les prix de référence étaient manipulés pour donner l'illusion que tout allait bien, sans que rien ne vienne inquiéter le citoyen européen moyen. »
Et pourtant, et pourtant... Malgré ce monstrueux rideau imposé par les incendiaires sur les incendies qui déchirent le Moyen-Orient bien autant que le Sud vacancier de l’Europe, les Israéliens mesurent avec horreur l’extraordinaire chute de la popularité de leur cause aux USA. La Loomer a fort à faire et de nombreux sorts à lancer avec rage vers tous les azimuts possibles. (Ici, extraits de l’intervention de Crook face à Diesen) :
« Les derniers sondages montreraient une chute catastrophique de l'image d'Israël auprès des Américains. CNN l'a dit très clairement. On n’a jamais rien vu de tel. La chute du soutien à Israël tous bords confondus est absolument stupéfiante et c’est la même chose même chez Fox News.
» Donc je pense qu'il y a une nouvelle ambiance à Washington. C'est comme ça que je l'appelle. Je veux dire, ce n'est pas quelque chose de stratégique, mais je pense qu'il y a une ambiance qui dit que personne ne pense que poursuivre la guerre est une bonne idée. Je crois que même le Wall Street Journal a dit cela à, propos de la réunion l'autre jour.
» Donc, je ne pense pas que Trump, on ne sait pas exactement quelle emprise Netanyahou a sur Trump, mais je ne sais pas si c'est si évident qu'il fera ce que Netanyahou veut qu’il fasse, [c’est-à-dire l’extension maximale de la guerre contre l’Iran]. »
Mis en ligne le 28 juillet 2026 à 19H00