Toute la bande : Chavez, Fidel, Vladimir, Osama et Obama

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Toute la bande : Chavez, Fidel, Vladimir, Osama et Obama

Obama, toujours Obama… Candidat exceptionnel à bien des égards, notamment et principalement selon nous, – candidat exceptionnel par l’énigme politique qu’il nous propose, – contre son gré ou volontairement, ou encore inconsciemment c’est selon. On voit par ailleurs dans notre F&C d’aujourd’hui l’affirmation d’un courant libéral belliciste qui tentera certainement d’entraîner Obama dans ses rets. Mais cela est déjà fait, nous assure John Pilger. Cela ne fait qu’accroître le mystère puisque l’hypothèse inverse, et aussi extrême, existe, continue à exister et a de beaux jours devant elle.

Autant la thèse de Pilger nous peint un Obama absolument conforme à une manœuvre du système sur le point de réussir, comme faite naturellement, autant les interprétations à l’autre extrême nous peignent un Obama absolument conforme à une manœuvre anti-système sur le point de réussir. Par exemple et exemple éclairant, cette appréciation du site American Thinker de Thomas Lifson, universitaire US de l’extrême droite impérialiste anglo-saxonne, adepte et co-concepteur de la proposition idéologico-mystique de l’“anglosphère”; l’appréciation de Lifson, du 12 juin, à propos des déclarations de Chavez annonçant que l’ère des révolutions en Amérique du Sud est révolue.

…Ces déclarations seraient tactiques, estime Lifson; elles seraient faites par Chavez pour endormir les méfiances et apaiser des oppositions éventuelles à Obama;

«Hugo Chavez wants Barack Obama to be our next president. So do Vladmir Putin, Mahmoud Ahmadinejad, Osama bin Laden, and all of the enemies of the United States. Obama is an Americaphobe's dream come true: a nice compliant let's-sit-down-and-talk president who will submit to endless negotiations that will accomplish nothing while giving our enemies time to carry out their schemes for undermining us. Of course they cannot actually praise Obama; even Fidel Castro had the good sense to qualify his endorsement. But our enemies realize that they can help his campaign by ceasing to threaten or even by seeming to reform.»

Inutile d’écarter Lifson pour cause d’hystérie mentale ou autre. Le fait est qu’en ces temps énervés, on trouve de ces débordements de tous les côtés, et ces débordements font partie de notre nouvelle “way of life” dans la politique, particulièrement depuis 9/11. Certains des conseillers de Bush ou de ses acolytes n’étaient et ne sont pas loin de telles pensées, idem pour un certains nombre de gentlemen de la City et des clubs exclusifs de Londres. Si l’on lit ou relit le texte de Lifson sur l’“anglosphère”, on retrouve bien des similitudes avec les conceptions qui présidèrent, dans les années 1920 et 1930, à la création du complexe militaro-industriel, projet mélangeant la volonté de puissance, le suprématisme anglo-saxon et la mystique de la technologie. Parce que cette pensée n’est pas sans substance, – celle d’un Lifson, comme d’autres du même acabit, – il en faut tenir compte autrement que comme quantité négligeable sans signification. Ils ont une signification, que cela plaise ou non.

Il faut remonter à certaines campagnes électorales US, dans les années 1930, pour retrouver un tel déchaînement d’arguments extrêmes entre adversaires politiques significatifs, et d’une façon encore plus caractéristique pour une campagne présidentielle. Rarement, sinon jamais selon notre expérience, un candidat à la présidence n’a autant déchainé de soupçons extrêmes que Barack Obama, – dans les deux sens, c’est cela qui est absolument unique à ce niveau de la bataille électorale, – à ce niveau où, selon les normes du système, les choses devraient être verrouillées et entendues.

 

Mis en ligne le 13 juin 2008 à 14H39

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