Su-34 versus département d’État

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Su-34 versus département d’État

21 juin 2016 – Faut-il établir une connexion entre deux évènements qui semblent si parfaitement se compléter, sur le fond aussi bien que chronologiquement, à savoir le “mémo interne” du département d’État sur la Syrie et un “accrochage” tendu entre deux Su-34 russes et des F-18 de l’US Navy au-dessus de la Syrie, à proximité de la frontière jordanienne ? L’exercice mérite d’être tenté. C’est donc la proposition que nous allons développer, d’abord en rappelant et en développant les deux évènements.

• Le premier est déjà connu, qui concerne le mémo interne de hauts-fonctionnaires du département d’État demandant une attaque contre Damas et le gouvernement syrien (voir le 17 juin). Nous précisions dans le texte référencé notre appréciation que cette affaire démontrait qu’en cas de victoire de Trump, l’une des tâches prioritaires du nouveau président serait d’effectuer une purge massive au sein de ce ministère qui est devenu per se un centre de pouvoir belliciste extrêmement puissant. (« Dans le cas où Trump est élu, l’enseignement de cette affaire est qu’une de ses tâches prioritaires (de Trump), sinon la tâche urgentissime et prioritaire, quels que soient les évènements, serait une purge massive dans la bureaucratie du département d’État, et la nomination d’une équipe chargée prioritairement de ce nettoyage... »)  

Cette affaire a été commentée d’une façon extrêmement critique par diverses sources aux USA, et particulièrement par l’excellent Robert Parry sur Consortium.News, le 17 juin également. Les termes employés par Parry sont extrêmement sévères, impliquant une quasi-pathologie belliciste dans le chef de ce ministère (« The State Department’s Collective Madness », dit le titre) et confirmant l’analyse que nous développons d’une radicalisation extrême du département d’État. L’importance du propos de Parry est bien ce caractère collectif qu’il distingue, qui affecte non seulement les neocons et R2P notoires, mais également d’autres fonctionnaires du ministère qu’il connaît personnellement et qui ont effectivement adopté cette même attitude qui semble ainsi ressortir d’un phénomène psychologique collectif très spécifique :

« Over the past several decades, the U.S. State Department has deteriorated from a reasonably professional home for diplomacy and realism into a den of armchair warriors possessed of imperial delusions, a dangerous phenomenon underscored by the recent mass “dissent” in favor of blowing up more people in Syria.

» Some 51 State Department “diplomats” signed a memo distributed through the official “dissent channel,” seeking military strikes against the Syrian government of Bashar al-Assad whose forces have been leading the pushback against Islamist extremists who are seeking control of this important Mideast nation. The fact that such a large contingent of State Department officials would openly advocate for an expanded aggressive war in line with the neoconservative agenda, which put Syria on a hit list some two decades ago, reveals how crazy the State Department has become...  [...]

» Even some State Department officials, whom I personally know and who are not neocons/liberal-hawks per se, act as if they have fully swallowed the Kool-Aid. They talk tough and behave arrogantly toward inhabitants of countries under their supervision. Foreigners are treated as mindless objects to be coerced or bribed. »

• Le deuxième évènement est bien un “accrochage” dans le ciel syrien, entre deux Su-34 et des F-18 de l’US Navy, les deux avions russes effectuant une mission d’attaque contre un groupe de “rebelles”. Le point essentiel est que les “rebelles” appartiennent à un groupe sous soi-disant contrôle US, dans une zone quasiment sur la frontière jordanienne de la Syrie, également sous contrôle soi-disant US (ou de la prétendue “coalition” si l’on veut sacrifier au langage-Système). L’affaire a été complexe, extrêmement bien planifiée du côté russe, et volontairement lancée contre cette zone sous soi-disant contrôle US ; les deux Su-34 faisant mine une première fois d’abandonner l’attaque qu’ils avaient entamée après l’intervention de F-18 venant d’un porte-avions US (le USS Harry S. Truman, sans doute), puis revenant à la charge tandis que les F-18 à cours de carburant devaient se replier vers des ravitailleurs en vol, et terminant effectivement leur attaque. On trouvera divers rapports sur l’incident, dans le Los Angeles Times, dans The Moon of Alabama, dans The Daily Beast, dans ZeroHedge.com enfin. C’est à ce dernier, qui reprend des informations des uns et des autres qu’on emprunte le récit de l’“incident”. (A noter que la phrase « The Navy has deployed two aircraft carriers to the region for strikes on ISIS », venue du LA Times, est extrêmement douteuse selon les habitudes de la surévaluation d’eux-mêmes par les USA : le USS Dwight D. Eisenhower, sans doute pas encore sur zone, et le USS Harry S. Truman sont ou seront ensemble au large de la Syrie pour quelques jours sinon quelques heures, si seulement ils le sont, le premier venant relever le second.)

« ...To be sure, this was predictable and as we pointed out last September when we first reported the arrival of US air support in Syria, we speculated that it was only a matter of time before there is an “incident” between the two powerful “air support groups.” This appears to have been the first such "close encounter", ignoring last November's dramatic incident in which the F-16 of NATO member Turkey downed a Russian [Su-24] allegedly flying over Turkish airspace.

» As the ‘Beast’ adds, the “clash” began when at least two twin-engine Su-34 bombers, some of Moscow’s most advanced warplanes, struck what the Pentagon described as a “border garrison” housing around 200 U.S.-supported rebels in At Tanf on the Syrian side of the Syria-Jordan border. The rebels had been “conducting counter-ISIL operations in the area,” the Pentagon stated on June 18, using an alternative acronym for ISIS.

» The United States and its allies in Syria clearly did not expect the air strike. The rebels in At Tanf are party to a shaky ceasefire agreement between rebel forces and the regime of Syrian president Bashar Al Assad—and, by extension, the Russian military contingent backing Al Assad. The ‘Los Angeles Times’ reported that Russian planes had not previously been active over At Tanf. The Su-34s’ initial strike wounded, and perhaps killed, some of the rebels in At Tanf.

» The U.S. Navy scrambled F/A-18 fighters to intercept the Russians, the ‘Los Angeles Times’ reported. The Navy has deployed two aircraft carriers to the region for strikes on ISIS. As the F/A-18s approached the Su-34s, officials with U.S. Central Command—which oversees America’s wars in the Middle East and Afghanistan—used a special hotline to contact their Russian counterparts directing Russia’s own intervention in Syria.

» Arriving over At Tanf, the American pilots apparently spoke directly to the Russian aviators. “Pilots CAN communicate with one another on a communications channel set up to avoid air accidents,” Central Command confirmed in a statement to ‘The Daily Beast’. Washington and Moscow had established the hotline as part of a so-called “Safety of Flight Memorandum of Understanding” that the two governments signed in October specifically in order to avoid the kind of aerial confrontation that occurred over Syria last week.

» With the American jets flying close enough to visually identify the Su-34s, the Russians departed the air space over At Tanf. Some time shortly thereafter, the F/A-18s ran low on fuel and left the area in order to link up with an aerial tanker. That’s when the Su-34s reportedly returned to At Tanf —and bombed the rebels again. According to the Los Angeles Times, the second strike killed first-responders assisting survivors of the first bombing run... »

Une certaine confusion a suivi cet “incident”, essentiellement du côté US, les officiels du Pentagone exprimant une indignation haute et furieuse. Une vidéo-conférence “extraordinaire” fut organisée entre les parties US et russes ; les Russes confirmèrent, mais en n’employant nullement le terme “extraordinaire”, et plutôt d’une façon placide. On s’agita beaucoup au Pentagone, entre “confusion et colère” selon ZeroHedge.com. Manifestement, le côté US ne s’attendait certainement pas à une telle incursion, et surtout ne pouvaient seulement imaginer, – c’est notre hypothèse, – que les Russes, ou quiconque d’ailleurs mais surtout les moujiks, osassent s’approcher d’une portion du ciel mondial que les USA avaient proclamée off-limits. On est exceptionnaliste ou on ne l’est pas... Quoi qu’il en soit, on nous avisa que les USA “commencent à perdre patience” devant le comportement des Russes en Syrie.

... Et puis non, finalement et quoi qu’il en soit (suite), les Russes ont réagi, à leur façon, avec la finesse tactique de prendre leur temps, puis en tapant du poing sur la table. Leur réaction véritable, au contraire de leur placidité de départ, est un très sévère avertissement, et qui vient directement du chef d’état-major général Gerasimov. Il consiste en ceci : “Ce n’est pas aux Américains de perdre patience, c’est nous qui sommes en train de perdre patience devant leur comportement”... Si l’on veut lire clairement, nous pourrions avancer que Gerasimov a dit également entre les lignes que les Russes avaient volontairement envoyé deux Su-34 dans cette région type-protectorat américaniste, qu’il s’agit d’un avertissement sérieux et sévère, que les Russes ont en plus fait la démonstration tactique qu’ils avaient les moyens de flouer complètement la défense aérienne US ; effectivement, ce n’est pas pour rien que des Su-34 furent utilisés, qui ont infiniment plus d’autonomie que les F-18, ce qui a permis de jouer victorieusement à un petit jeu du chat et de la souris, ou “du chat et de la Syrie” si l’on veut... Bref, voici ce que Sputnik.News nous transmet de la réaction de Gerasimov, le 20 juin :

« Russia is starting to lose patience over Washington’s reluctance to determine the concrete targets of the fight against terrorists, the head of the Russian General Staff said Monday.

» Earlier this week, US media cited an anonymous official who claimed planes of the Russian Aerospace Forces had hit the positions of US-backed Syrian opposition forces. Russian and US defense officials held a rare video conference overnight to address the issue. “It is us, not Americans who are losing patience concerning the situation in Syria. We are fully meeting our commitments and agreements on securing the ceasefire and national reconciliation in Syria,” he said. Gerasimov said that Russia has been sending coordinates of targets of the Islamic State (IS) and the Nusra Front to the United States for three months while the United States cannot still determine which armed groups belong to terrorists and which – to the Syrian opposition. “As a result, terrorists are actively restoring their strength and the situation is escalating again,” Gerasimov said. »

Entre la folie et la patience-qui-s’érode...

En apparence, ou bien à première vue, ces deux évènements ne sont pas directement liés, sauf qu’ils parlent tous deux de la Syrie puisque la “Collective Madness” du département d’État-selon-Parry concerne effectivement la perspective exaltante d’une attaque aérienne US contre Damas et le gouvernement syrien. Notre proposition est de les lier, soit directement, soit indirectement.

L’hypothèse d’un lien direct n’est en effet nullement absurde. Le document du département d’État a “fuité” notamment dans le Wall Street Journal (WSJ) du 16 juin, et cela à partir de Beyrouth, – ce qui est très inhabituel pour un document interne de ce ministère à Washington par rapport à un journal comme le WSJ. (Le texte est présenté comme celui de Maria Abi-Habib, à partir de Beyrouth.) C’est inhabituel, mais possible (à partir de l’ambassade US, ou d’autres canaux), mais cela suppose une certaine diffusion interne avec les communications qui vont avec, dans une zone où les Russes ont des accès considérables, directement par leurs moyens d’écoute et d’interception, indirectement par les divers relais et autres dont ils disposent. Il n’est pas absurde de faire l’hypothèse qu’ils étaient avertis ou disposaient un peu avant sa publication de la substance d’un texte d’autant plus accessible qu’il était destiné à fuiter. (Il n’est pas impossible non plus qu’il y ait l’un ou l’autre qui, dans l’asile de fous qu’est devenu le département d’État, ait encore échappé au virus et ait averti les Russes à propos d’un texte qui a nécessairement circulé en interne puisqu’il s’agissait de réunir des signatures pour réaliser un mémorandum collectif.)

Quoi qu’il en soit, il nous semble, à nous, que la coïncidence de date du 16 juin (publication du texte et incursion des Su-34) est si bienvenue qu’elle mérite l’hypothèse d’un arrangement et d’une coordination du côté russe, qui en fassent le contraire d’une coïncidence. Nous avons souligné combien ce texte réellement extraordinaire (“Collective Madness”, dear) semblait ignorer complètement le facteur, qui semblerait ainsi tenu comme complètement accessoire, qu’une telle idée d’attaquer Damas, déjà complètement démente en 2013 lorsque les USA faillirent attaquer, devient alors complètement surréaliste dans des conditions où attaquer Assad aujourd’hui, c’est aussi attaquer les Russes qui sont présents et Syrie, et fort bien équipés comme on le sait et comme on le voit. Peut-être et même sans doute le Général Gerasimov a-t-il voulu le rappeler à ceux qui, au département d’État, n’étaient pas au courant puisque bien assez occupé à suivre la “folie collective”, en envoyant ses deux Su-34 du côté de At Tanf.

Se non è vero, cette hypothèse que la situation nous a suggérée, è ben trovato... Dans tous les cas, les circonstances ont assez de force pour s’imposer de cette façon, selon ce rangement, à des psychologies diversement énervées, et, comme le constate Parry, sous l’influence de courants collectifs étranges que facilite le Système.

Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin et élargissons le débat. D’un côté, il y a l’interprétation que nous-mêmes favorisons que cette initiative des pseudo-“dissidents” du département d’État n’est pas indifférente à Hillary Clinton (« Il va également sans dire, mais un petit mieux... etc., que l’empreinte de Clinton est largement présente dans l’opération, et que le département d’État devrait être son instrument favori, au détriment du Pentagone, pour sa politique extérieure belliciste si elle est élue... »). La chose se lit aussi bien dans ces remarques de Parry dans le même texte déjà présenté, où nous avons souligné de gras les passages qui en font foi :

« So, that is the context of the latest State Department rebellion against Obama’s more tempered policies on Syria. Looking forward to a likely Hillary Clinton administration, these 51 “diplomats” have signed their name to a “dissent” that advocates bombing the Syrian military to protect Syria’s “moderate” rebels who – to the degree they even exist – fight mostly under the umbrella of Al Qaeda’s Nusra Front and its close ally, Ahrar al Sham. [...] Yet, the neocons and liberal hawks who control the State Department – and are eagerly looking forward to a Hillary Clinton presidency – will never stop coming up with these crazy notions until a concerted effort is made to assess accountability for all the failures that that they have inflicted on U.S. foreign policy. »

D’un autre côté, – du côté des Su-34, – il nous paraît remarquablement significatif que ce soit le chef d’état-major général russe lui-même qui soit intervenu hier pour préciser les choses d’un point de vue aussi bien politique que militaire, en rejetant sur les USA toute la responsabilité de l’aggravation de la situation en Syrie, et de la dissolution quasi-complète du cessez-le-feu. Cela signifie que l’armée russe a une voix dans le débat politique à propos de la Syrie et qu’il y a un débat politique en Russie à propos de la Syrie et du durcissement qu’il faut introduire dans l’attitude de la Russie vis-à-vis des USA. Le message devient alors extrêmement politique et signifie plusieurs choses :

• que la situation en Syrie est en train de se dégrader, que l’“entente” entre les USA et la Russie est en train de se dégrader à mesure, que les militaires russes (et avec eux, les partisans non-militaires d’une politique plus dure) ont de plus en plus leur mot à dire dans la direction de la politique russe, évolution par ailleurs logique sans qu’il soit nécessaire d’évoquer un conflit de pouvoir ;

• que le lien entre le politique et le militaire n’est nullement une cloison mais une courroie de transmission que les militaires eux-mêmes peuvent la prendre en main, et qu’ainsi on peut encore mieux faire l’hypothèse que la pression sur la droite de Poutine ne fait que s’accentuer et a un effet direct que la politique russe, et sur la “politique américaine” de la Russie ;

• qu’une initiative quelconque des USA contre Assad en Syrie amènera une réaction et une implication de la Russie dont on peut faire l’hypothèse qu’elle sera bien plus qu’une gesticulation de convenance, c’est-à-dire rien de moins que le risque d’un conflit au plus haut niveau entre les deux superpuissances ;

• que l’élection d’Hillary Clinton pourrait conduire à un durcissement immédiat sur le terrain, et nous voulons parler précisément d’un durcissement de la Russie, parce que, dans les conditions actuelles, les plus dures parmi les forces politiques russes et les militaires eux-mêmes peuvent conclure que, dans cette situation (élection de Clinton), il est préférable de prendre l’offensive sans attendre que l’adversaire soit organisé pour le faire, – éventuellement, en profitant de la confusion qui règne toujours dans une période de changement de pouvoir (à Washington).

D’une façon générale enfin, notre appréciation est que ces deux “incidents”, avec leur coïncidence chronologique, constituent une mise en place des pièces stratégiques et politiques qui vont jouer un rôle essentiel dans la période des élections présidentielles US. Cette situation nouvelle ne devrait pas échapper également à ceux qui, à Washington, et notamment chez les militaires, mesurent le danger d’une candidature Clinton, – quoi qu’ils pensent de Trump par ailleurs.

Elle permet, cette situation nouvelle qui s’est établie subrepticement,  de mieux substantiver l’enjeu de ces élections, l’enjeu de la situation générale présente, enfin l’enjeu de l’affrontement entre le Système et les forces qui sont conduites à tenir le rôle de l’antiSystème. Il ne s’agit pas, en effet, à terme, d’une confrontation stratégique classique avec des moyens militaires, même si l’on doit en passer par là, mais d’une confrontation directement liée à la crise d’effondrement du Système. (On le voit bien avec le comportement de certains, comme les fonctionnaires du département d’État-selon-Parry, qui agissent et réagissent non pas en analystes politiques ni en stratèges, mais en sapiens à la psychologie affaiblie et sous l’influence du Système.) Dans ce cas, la passe d’armes des Su-34, tout comme le document du département d’État, n’ont pas grand’chose à voir avec la Syrie elle-même, ni avec le terrorisme et ses divers appendices, toutes ces choses qui ont été activées et ensanglanté par le Système, mais bien avec le Système lui-même et la pression de sa surpuissance. Les deux “incidents” nous ont confirmé que la folie continue à s’aiguiser, – évolution dont on espère qu’elle suscitera l’autodestruction avant de pouvoir utiliser décisivement la surpuissance, – et la patience à s’émousser, – évolution dont on attend qu’elle poussera encore plus la folie dans cette voie de susciter l’autodestruction avant de pouvoir utiliser décisivement la surpuissance.

Il s’est donc passé, il y cinq jours en Syrie, un évènement d’une extrême importance : c’est la première fois depuis 1953 en Corée que des avions US et des avions russes se sont trouvés en position d’affrontement au cours d’une mission de combat offensive (celle des Su-34) dans une situation qui peut être considérée comme étant l'équivalent d'une sitution de guerre ; et encore cela, si l’on accepte la thèse de certains historiens selon laquelle c’étaient des pilotes russes et non nord-coréens qui étaient aux commandes des MiG-15 livrés par la Russie à la Corée du Nord, sans quoi il s’agit d’une circonstance sans précédent. On s’est fort peu aperçu de la chose parce que l’on a l’esprit ailleurs dans une époque qui vit au rythme effréné de tant de narrative contradictoires et trompeuses ; cela n’enlève strictement rien à la force inhérente du symbole, qui est bien là. Et, pour nous, il s’agit nécessairement d’un symbole qui concerne moins une bataille géopolitique ou stratégique, que la gigantesque crise qui secoue le Système dont dépend l’ordre de la contre-civilisation en place : la puissance extrême même de ce symbole réclame en effet une représentation conflictuelle extrême, et rien ne peut y répondre que celle qui caractérise la crise du Système, et son affrontement avec les antiSystème

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