Strike post-midterm : Trump liquide son ministre

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Strike post-midterm : Trump liquide son ministre

Larry King, légendaire intervieweur de la TV US passé à RT, était interviewé le 7 novembre par RT (son employeur) à propos des médias, de Trump et des élections mi-mandat. Les quelques phrases qu’on en retient sont révélatrices, sensationnelles et succulentes, et politiquement très significatives dans la mesure où elles symbolisent parfaitement la situation politique aux USA pour son nouveau départ, après les midterms...  Ces midterms que King qualifie d’unique dans l’histoire des USA, parce qu’il s’est toujours agi jusqu’ici d’élections concernant des affrontements régionaux, ou à l’intérieur des États de l’Union et sans référence au pouvoir central, et jamais par conséquent concernant directement le président ; et ainsi ces élections sont-elles effectivement un “événement unique” du fait qu’elles ont été un référendum autour et à propos de Trump (plutôt que “pour ou contre” parce qu’il est tellement difficile de savoir s’il est possible de faire perdre Trump, puissamment indestructible avec son “égo-turbo”, comme le note Larry King, et pour notre compte, ses multiples narrative-tweetées au rythme du mensonge élevé au rang du bel-art). 

« Ce fut une élection pour ou contre Trump. Il n’y a jamais eu quelque chose de cette sorte dans notre histoire. [...] Il y a longtemps que CNN a arrêté de faire de l’information, ils font du Trump. Fox est la TV-Trump, et MSNBC est la TV-antiTrump. [...] Donald Trump n’a pas un égo défaillant. Son égo reste constant, dans le mode-turbo. S’il avait perdu le Sénat, il aurait dit que c’est la faute du monde entier. »

Or, la situation politique aux USA pour son nouveau départ, après les midterms, a été aussitôt marquée par un coup de force, un acte de déclaration (de poursuite) de guerre totale (encore plus totale) de Trump lorsqu’il a forcé son ministre de la justice Sessions à une démission immédiate et humiliante dans la matinée du 7 novembre.

King n’était pas au courant lorsqu’il fut interviewé... Par contre, Roger Stonehomme de l’ombre aux multiples et mystérieuses connexions, qui conseille Trump comme il conseillait Nixon et Reagan, qui constitue une des “sources ouvertes” favorites du site Infowars.com en sédition ouverte depuis son bannissement des principales plateformes du groupe des titans-GAFA progressistes-sociétaux, Stone donc annonçait la veille de la décision que Trump allait se débarrasser en urgence de Sessions et lui conseille désormais d’agir vite.

Il semble bien que la vieillissante et quasi-impotente direction du parti démocrate, sans cesse pressée par sa base et ses jeunes cadres révolutionnaires type-“marxiste culturel”/LGTBQ, a été complètement prise par surprise par la rapidité de la décision de Trump, sinon par la décision elle-même. On sent bien cela dans les comptes-rendus de WSWS.org, qui avait pris comme approche correspondant à ses schémas idéologiques en rassemblant enfin dans le même camp ces deux pestes capitalistes (Trump et les démocrates) et en se déchargeant de l’affreuse tare de donner parfois l’impression de soutenir l’un en attaquant furieusement l’autre, une évolution vers une entente bipartisane à l’initiative des démocrates ; “on sent bien cela” lorsque se côtoient sur le site, le même jour (ce 8 novembre) deux titres aussi différents dans leurs sens : l’un appelant à l’armistice entre les deux acteurs, les deux partis, l’autre décrivant des hostilités plus fortes que jamais (« After midterm elections Democrats call for bipartisan unity with Trump » et « At White House press conference, Trump calls reporter an “enemy of the people” »), – et le premier (l’armistice) précédant le second (les hostilités) alors que la chronologie dit fondamentalement le contraire.

Effectivement, dans le second texte, WSWS.org rapporte le très violent incident entre Trump et Jim Acosta, de CNN, qui a depuis été privé d’accès à la Maison-Blanche, – comme un vulgaire journaliste de RT dans nos pays démocratiques chargés d'une lourde et profonde liberté d'expression et de la presse combinée. Mais le plus important, dans le même texte cité de WSWS.org, concerne la liquidation de Sessions, qui est certainement intervenue au moment où l’article était rédigé, – ce qui donne un curieux effet, où l’on lit les réactions furieuses et les dénonciations de Trump des dirigeants démocrates après la liquidation de Sessions, suivies par un rappel des premières démarches d’“armistice” de ces mêmes dirigeants démocrates qui avaient eu lieu avant.

(Le malheureux rédacteur de WSWS.org qui a pour consigne de signifier en la honnissant l’alliance-antagoniste [!] de Trump et des démocrates, en est réduit à qualifier, par on ne sait quelle labyrinthe de la logique trotskiste, la liquidation de Sessions et la réaction furieuse des démocrates d’“indication” [de “révélation”] du « caractère de droite du nouveau gouvernement intérieurement antagoniste de Washington » [« The move prompted denunciations by the Democrats in an indication of the right-wing character of the incoming split-power government in Washington »].)

Voici donc le passage WSWS.org/liquidation de Sessions et réactions démocrates et furieuses... « Plus tard dans la journée, Trump annonçait sa décision de renvoyer le procureur général [ministre de la justice] Jeff Sessions. Cette décision a provoqué des protestations indignées de la part des démocrates, révélant le caractère de droite du nouveau gouvernement intérieurement antagoniste de Washington.

» Trump a congédié Sessions sans ménagement, avant que l’encre des articles annonçant les résultats de l'élection de mardi n’ait séché. [...] Trump a refusé à Sessions de lui permettre de rester à son poste jusqu’à la fin de la semaine, comme l’avait demandé l’ancien sénateur de l’Alabama. Trump a souvent protesté avec vigueur contre la décision de Sessions de mars 2017 de se désister dans l'enquête du ministère de la Justice sur les allégations d'ingérence de la Russie dans l'élection de 2016 et de possibles collusions avec la campagne de Trump. Selon diverses informations de presse, Trump qualifia diversement son ministre, de “traître”, de “crétin sudiste”, de “débile mental”...

» Le Parti démocrate a réagi avec fureur à l’annonce de la démission de Sessions et a défendu ce ministre, pourtant fondamentaliste chrétien réactionnaire et anti-immigrés. “Le licenciement de Jeff Sessions fera l’objet d'une enquête et les responsables seront tenus de rendre des comptes”, a déclaré Jerry Nadler, membre démocrate de la Chambre, qui dirigera le Comité judiciaire à partir de janvier 2019, avec le nouveau Congrès. “Si [Trump] abuse de ses pouvoirs de cette manière, il y aura des conséquences.” Les démocrates sont furieux parce que Matthew Whitaker [chef de cabinet de Sessions], partisan de Trump, exercera désormais les fonctions de procureur général par intérim. Whitaker ne s'est pas récusé dans la supervision de l’enquête menée par l'avocat spécial Robert Mueller en Russie, il assumera désormais le rôle de surveillance exercé jusqu’ici par le sous-procureur général Rod Rosenstein, allié de confiance [du DeepState]. Whitaker a officiellement critiqué l’enquête de Mueller et suggéré que le ministère de la Justice devrait interrompre ou au moins réduire son financement.

» Des groupes alignés sur le parti démocratique, tels que MoveOn.org, ont même appelé à des manifestations à travers le pays, affirmant que le licenciement de Sessions et la nomination de Whitaker “franchissaient la ligne rouge”. »

Il semblerait donc que Trump ait pris les démocrates à contrepied. Certaines sources avaient affirmé que Trump avait encouragé l’ouverture des démocrates, et cela serait alors pour mieux leur faire sentir, avec la liquidation de Sessions, combien les hostilités se poursuivent, et même montent d’un cran, et ainsi prendre l’initiative. Il ne faut pas croire tout ce que dit ce maître du mensonge tactique qu’est Trump, et lorsqu’il promet la paix, se préparer aussitôt à une sorte d’attaque de Pearl Harbor.

Pour tenir la balance égale dans ce “nouveau gouvernement intérieurement antagoniste de Washington” mais “au caractère de droite”, il faut ajouter qu’en tout état de cause il semble bien que Trump ne croit pas une seconde à la main tendue des démocrates (mensonges tactiques contre mensonges tactiques) et qu’il pense qu’il y aura dès janvier 2019, avec le nouveau Congrès, une formidable offensive pour l’affaiblir, voire même relancer les affaires de destitution. C’est ce que croit Roger Stone, référencé plus haut, qui précise qu’à son avis l’attaque, venue de l’enquêteur Mueller appuyé à fond par la Chambre à majorité démocrate, portera en préliminaire sur les accusations diverses et variées de harcèlements et d’abus sexuels bien plus que sur le dossier Russiagate qui est aussi vide et même désertique que l’âme de Macron selon Laurent Wauquiez. Pour Stone-Trump, il s’agit donc, en liquidant Sessions, éventuellement avant d’autres mesures, d’une frappe préventive...

Il devrait donc y avoir du sport : dans ce genre d’affrontement, chaque coup de l’un ou de l’autre conduit à terme plus ou moins très-court à la révélation de vérités très-scabreuses qui relancent la bagarre sans fin et renforcent la désunion. D’autre part, comme on l’a envisagé et comme on le voit, la “rue-démocrate” brûle de repartir à la bataille, cette fois en défense assez surréaliste pour des groupes progressistes-sociétaux d’un “crétin sudiste”, « fondamentaliste chrétien réactionnaire et anti-immigrés » (Sessions), – et la direction devra bien suivre. The show must go on, les gars...

 

Mis en ligne le 8 novembre 2018 à 13H52

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