Si les mots ont un sens... “Surpuissance-autodestruction”

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Si les mots ont un sens... “Surpuissance-autodestruction”

20 août 2016 – Un lecteur réclame avec insistance l’explication et la signification d’un mot que nous employons constamment sur ce site : “surpuissance”…  « En quoi le système est-il en surpuissance si les mots ont un sens ? », puis, dans un second message : « En quoi le système est-il en surpuissance, que j’demande ? »

Je vais rapidement m’exécuter dans ce sens que j’réponds, pour ainsi dire, ce qui donnera l’occasion de rappeler justement le sens, non seulement du mot, mais de l’expression, dite “équation surpuissance-autodestruction” qui est souvent employée. Je pourrais me contenter de renvoyer à un article du Glossaire.dde, sur “Le Système”, qui reprend l’explication, mais je crains de décourager le lecteur par la longueur du texte. (Pourtant, le Glossaire.dde est fait pour cela, pour être lu, parce qu’enfin... Si la question des “mots ont-ils un sens ?” est importante, la question de savoir si les textes d’au-delà d’une certaine longueur, et embrassant les sujets dans tous leurs tenants et aboutissants plutôt que réduit à leur seule et immédiate actualité, c’est-à-dire la non-essence du seul présent, – si ces textes méritent encore d’être crédités d’avoir un sens, – cette question-là, dans cette époque de dissolution du verbe a aussi son importance, qui est la plus extrême et à mon avis bien plus que la précédente...)  

Voici donc un extrait, avec une coupure dans l’extrait pour ne fatiguer personne, qui explique le sens du mot “surpuissance“ tel qu’on l’emploie sur ce site, complété par l’explication de l’“équation surpuissance-autodestruction”, c’est-à-dire la dynamique de surpuissance du système conduisant à son autodestruction... Enjoy ! comme dit Trump à la fin de nombre de ses tweets, – ce qui n’est qu’une pirouette de ma part.

« La (sur)puissance intrinsèque du Système s’exprime nécessairement, sans autre but et objectif possible dans le sens de la déstructuration enchaînant sur le reste, selon le processus dd&e. Nous l’avons désignée comme “surpuissance” pour marquer à la fois le caractère dynamique fondamental du Système, et sa tendance évidente à toujours vouloir surpasser les effets qu’il produit, par logique évidente de sa dynamique. En quelque sorte, plus il déstructure-dissout, plus il doit déstructurer-dissoudre. [...]

» C’est alors qu’apparaît le phénomène essentiel de basculement, d’inversion paradoxale puisque inversion vertueuse, de “surpuissance-autodestruction”. La surpuissance du Système impliquant inéluctablement et irrévocablement la destruction de tout ce qui est organisé, structuré, selon le processus dd&e, poursuit dans cette voie quand tout est effectivement devenu victime de dd&e. Or, le Système, pour mener depuis deux siècles son entreprise, a été obligé lui-même de se structurer en “machiner à déstructurer” ; en d’autres termes, il est devenu paradoxalement une entité structurée. Son besoin, son dynamisme surpuissant exponentiel de déstructuration se poursuivant, le Système qui ne rencontre plus rien à déstructurer, finit alors par s’attaquer à lui-même puisqu’il reste la seule chose à déstructurer. Il entre alors dans cette logique de basculement et d’inversion surpuissance-autodestruction puisque sa surpuissance s’emploie désormais à se détruire lui-même. »

Je me doute bien que l’on pourrait alors, et avec tout autant de justification dans le chef du questionneur, m’interroger sur la signification de cette étrange expression “processus dd&e” et m’en demander le sens. Je pourrais alors citer à nouveau, mais l’on se doute que nous tombons dans un processus sans fin et qui, lui, manque de sens, puisque citer des extraits de textes pour expliquer ce que ces textes expliquent constitue une opération à vocation répétitive conduisant rapidement au phénomène du cercle vicieux ou du type qui a écrit sur le recto-verso d’une feuille blanche la phrase “Veuillez tourner la feuille, j’ai inventé le mouvement perpétuel”.

Cela pour dire que dedefensa.org a ceci de particulier que, quelque part dans son histoire, il a observé que la réalité n’existait plus dans cette époque sans équivalent dans l’Histoire et qu’il importait d’instituer sa propre réalité, donc son propre langage, comme autant d’outils pour à la fois tenter de se bien faire comprendre et tenter de (re)trouver la vérité. (Tout cela, – disparition de la réalité et recherche de la Vérité, – expliqué dans « vérité-de-situation et Vérité », toujours dans le Glossaire.dde.) Le site dedefensa.org a donc cherché à se constituer des outils pour cette recherche, et ces outils sont même des armes si l’on considère que nous sommes en guerre contre le Système-déstructurant ; d’où l’expression d’“arsenal dialectique” souvent employé pour définir cet ensemble de concepts substantivés par des mots ou des expressions qui sont utilisés couramment dans les commentaires et analyses, pour les éclairer et leur donner tous leur sens, c’est-à-dire aller au-delà de la fugacité extrême sinon l’inexistence du seul présent (l’“actualité”).

(“Fugacité extrême” sinon “inexistence”, puisque c’est bien la démarche essentielle de l’attaque déstructuration-dissolution du Système de réduire notre existence et notre monde au seul présent par destruction du passé, pour nous emprisonner totalement dans son projet, dans son dessein. On est souvent revenu sur ce thème, et je ne vais pas m’en expliquer selon le principe du refus du “mouvement perpétuel” puisque cela a été fait si souvent, y compris dans ce Journal-dde.crisis sur notre “président-poire” du 22 novembre 2015.)

Je ne crois pas que notre guerre actuelle, si pressante et si extrême jusqu’à l’absolu de la bataille finale-Armageddon entre le Système et nous, soit une “guerre des idées” (selon l'entendement des modernes), ni que les idées soient une chose essentielle dans notre destin. Nous sommes dans une époque où il n’y a jamais eu autant d’idées (selon l'entendement des modernes), qui en fourmille, et qui est (l’époque) d’une stérilité et d’une infécondité confondantes, sans exemple ni précédent. Par contre, le verbe (le langage) est d’une extraordinaire pauvreté, et là est notre destin... Les idées, c’est l’intelligence au sens étroit et rationnel où nous l’entendons, qui est un aspect de nos capacités, qui peut être retourné pour le pire (inversion) comme l’a montré l’enchaînement XVIIIème siècle-Révolution, et comme le démontre d’une façon si éclatante notre époque ; le verbe est l’expression même du caractère, et le caractère, qui comprend l’intelligence comme un composant parmi d’autres, est la clef de tout. (Voyez Talleyrand, souvent invité dans ce Journal-dde.crisis.)

C’est pourquoi rien ne me paraît plus précieux que le verbe, son emploi exact, son explication, sa signification ; c’est pourquoi il y a cette conviction que le verbe en lui-même est chargé, selon qui le manie et qui le mesure justement, de sens nombreux dont certains sont cachés ; c’est pourquoi on n’hésite pas, sur ce site, à développer des mots et des expressions comme des concepts fondamentaux qui portent en eux-mêmes l’essentiel des perceptions et des explications de sens, et même en révèlent d'eux-même les plus dissimulés et les plus mystérieux (que le créateur du concept lui-même ignorait). C’est pourquoi existe la rubrique Glossaire.dde et qu’il n’est pas inutile de la consulter. 

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