Pourquoi RapSit-USA2020 ?

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   Forum

Il n'y a pas de commentaires associés a cet article. Vous pouvez réagir.

   Imprimer

 3058

Pourquoi RapSit-USA2020 ?

12 juin 2020 – Nos très-fidèles et même nos simplement-fidèles lecteurs ont remarqué l’apparition d’une sorte de “rubrique temporaire” à l’intérieur de la rubrique Brèves de crise (par ailleurs fort peu utilisée). La chose est lapidairement expliquée dans une note accompagnant ce premier texte de la série,  aujourd’hui :

« Nous commençons une série de “rapport de situation” (d’où Rap[port]Sit[uation], imité du SitRep [Situation Report]utilisé pour l’anglais) sur les événements aux USA, au moins jusqu’aux présidentielles (d’où RapSit-USA2020), peut-être (sans doute) après. La parution n’a aucune régularité, se faisant selon notre jugement sur l’importance des événements ou sur la nécessité d’une mise à jour, d'un rectificatif du flux officiel-Système, etc. Certains événements signalés peuvent être repris et développés dans d’autres rubriques. La rubrique ‘Brèves de crise’ est utilisée dans ce cas pour la facilité. »

L’idée de la forme a été pêchée chez certains sites anglophones (le Saker-US en premier, je crois, sur l’Ukraine et la Syrie), – Situation Report [SitRep] devenant Rapport de Situation [RapSit]. (L’introduction de l’abréviation “Rap” si évocatrice du climat où nous évoluons est, c’est mon sentiment, du plus heureux effet n’est-il pas ?)... Il s’agit bien de donner quelques points rapides de la situation aux USA, plutôt qu’un développement comme c’est souvent le cas dans les SitRep. Les développements, sur ce site, se retrouvent plutôt dans les autres rubriques, qui peuvent, comme cela est précisé, revenir sur un élément mentionné dans un “RapSit”.

Un point sur lequel on doit insister est bien qu’il n’y aucune périodicité de parution. Tout dépendra de notre jugement, et notamment, et surtout, de ce qui est ou n’est pas publié dans la presseSystème, aux USA et, bien entendu et plus encore, chez nous, sur notre-continent si joliment civilisé et où la parole et la diffusion d’informations, le FakesNewsisme, sont si joliment favorisés.

Là-dessus et si l’on veut bien me pardonner, on ajoutera quelques mots sur la “philosophie” de la chose, qui pourraient aussi bien être utilisés dans un article courant.

En effet, je ne peux ni ne veux dissimuler un instant que l’idée de cette “rubrique dans la rubrique” répond certes à un besoin de diffusion d’informations, mais aussi, et même surtout à cet instant où j’écris ces lignes, à une colère et à une fureur qui me prennent si souvent par les temps qui courent comme des boxeurs groggys. Je veux dire, je veux clamer mon indignation devant l’extraordinaire sous-information, dés/mésinformation, contre-information, conforminformation, foutre-information, dont nous sommes, dont le public est abreuvé aujourd’hui dans ces pays européens qui se disent si fiers d’être ce qu’ils sont ; mais je ne crois pas, vraiment, qu’ils sachent précisément ce qu’ils sont, et combien fort, et à quelle vitesse, et dans quel bouleversement, ils sont emportés par les simulacres du Système.

Il se déroule aux USA un événement absolument extraordinaire, que j’estime être, pour mon compte, l’ultime phase de l’effondrement du Système (GCES) ; et alors, voilà que l’on vous donne, en guise d’information, l’une ou l’autre pastille pour la gorge, “De Notre-Correspondant à Washington” qui vous parle de... Oh là là, racisme ! Violences policières ! Oh là là, très chère, quelle terrible occurrence ; ce qui nous vaut une intervention, non pas du ministre des affaires étrangères, mais du ministre-bouffe, ex-porte-flingue de Carbone § Spirito à Marseille, de l’intérieur, ministre des “soupçons avérés” et des barbes à poils, le premier anti-flic de France.

J’ai vécu, à l’âge quasi-adulte puis en professionnel, des événements comme le débarquement de la Baie des Cochons à Cuba, les droits civiques des Noirs, l’assassinat de JFK et les remous qui ont suivi, les révoltes anti-Vietnam, les campus et les banlieues noires en flammes, les assassinats de Robert Kennedy et de Martin Luther King, le Watergate, la CIA sur la sellette, les otages de Téhéran,  l’Irangatede Reagan, les émeutes de Los Angeles de 1992... Il y avait certes un bon lot de désinfos et de mésinfos, mais au moins l’on savait qu’il se passait des choses importantes chez notre grand tuteur bien-aimé. Aujourd’hui ? Rien du tout, – ah oui, j’oubliais, racisme ! Violence policières ! Cela nous permet de revenir à notre nombril victimaire et mémoriel, à nos “Indigènes de la République” et à nos picrocolesques impostures, avec nos diables à petit pied fourchu, notre culture réduite à la racisation Génétiquement Contrôlée et au RapTag.

C’est un spectacle peu ordinaire que ce défilé d’aveugles regardant les yeux fermés et la tête dans le sable s’ordonner leur futur arrangé à la sauce de leur simulacre de vertus. On dira que cela dégage l’espace pour la contraction du Temps qui nous conduit à l’avenir ; pendant qu’ils ne voient rien, les dieux s’affairent... C’est peut-être cela qui est digne de l’effondrement d’un empire exceptionnaliste, et qui l’explique en bonne partie, je veux dire cette absence complète de la  vérité-de-situation du monde, d’ailleurs aussi bien au-delà de l’Atlantique que chez nous. La civilisation s’effrite, se déstructure, glisse entre les doigts des dieux bienveillants et qui savent à qui parler, pour se néantiser dans le Trou Noir du Mordor.

Bon, certes je l’avoue, j’ignore si cette rubrique “ RapSit-USA2020” changera quelque chose à quelque chose. Qu’importe, il s’agit d’agir et de croire que l’essence de cet acte existe déjà, donc que l’acte est d’un bon usage et qu’il n’est pas inutile.