Personne n’avertit plus le Parrain

Brèves de crise

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Personne n’avertit plus le Parrain

Plusieurs affaires se sont additionnées ces dernières semaines pour montrer combien l’influence des USA, et par conséquent les contacts habituels de vassalité qui permettaient justement à la diplomatie US d’assurer cette influence, –parfait cercle vicieux tout à fait vicieux, – est aujourd’hui réduite. Dans tous les cas, deux développements majeurs ont été la principale marque de cette nouvelle situation.

• Les Chinois ont été les plus précis pour signaler que la Corée du Sud n’avait absolument pas consulté Washington à propos de ses premiers contacts avec la Corée du Nord, ni même, ne l’avait averti des premiers résultats et des plans de coopération symbolique à fort effet de communication entre les deux Corées, pour les JO d’hiver. Si les Chinois ont été “les plus précis” à cet égard, c’est parce qu’ils ont été, eux, tenus au courant, – un peu par la Corée du Nord, beaucoup et sans restriction par la Corée du Sud. Les planificateurs américanistes ont été stupéfaits par ces prolongements inattendus pour eux et l’on peut dire que le durcissement US et les bruits de “première frappe” contre la Corée du nord sont notamment là pour faire valoir la mauvaise humeur US.

• Lors de rencontres entre fonctionnaires US et fonctionnaires de l’UE, les premiers ont confié aux seconds qu’ils avaient été “absolument stupéfaits” du déclenchement de l’opération Olive Branch de la Turquie en Syrie, contre les Kurdes. Ils n’avaient absolument rien vu venir, et ils ont dû constater avec une extrême irritation que les militaires turcs, non seulement avaient informé les Russes de leurs intentions, mais leur avaient expressément demandé l’autorisation (visite du chef d’état-major turc au chef d’état-major russe et à son ministre, à Moscou, avec peut-être le supplément de la venue plus dissimulée d’un émissaire iranien de haut rang, pour la même information et le même feu vert). Même lorsque les Russes ont retiré leurs observateurs militaires de la zone visée par les Turcs, les planificateurs US, qui ont tout de même été informés de la chose (notamment en lisant les journaux puisque la visite fut annoncée publiquement), ne croyaient pas une seconde à la possibilité d’une attaque effective de la Turquie.

Cette situation nouvelle pour un pays qui s'ibstine à prétendre à l’imperium et dont l’hégémonie ne connaît pas le handicap des frontières ne va pas faciliter sa vision extérieure du monde. Déjà aveuglés par leur exceptionnalisme, les américanistes n’auront plus grand’monde à écouter pour appréhender les événements du vaste monde.

 

Mis en ligne le 30 janvier 2018 à 16H09

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