Orlando furioso

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Orlando furioso

Ça devait arriver qu’un jour un furieux, un peu plus furieux que d’habitude, un frustré un peu plus frustré que d’habitude, se laisse aller à son dégout de voir deux hommes s’embrasser. Non pas que deux hommes s’embrassant soit un spectacle insupportable, pitoyable et condamnable non, ce qui choque celui dont la sensibilité est à peu près saine, c’est de voir deux hommes s’embrassant comme si l’un d’entre eux était une femme en embrassant une autre, jouant la femme, à la manière des femmes, bref faisant les "folles" alors qu’ils ne sont que des fous contrefaisant des femmes. Pas des femmes réelles que nous connaissons tous, et dont la "folie" a quelque chose d’agréable quand elle n’est pas hystérique, du genre la Clinton éclatant de ce rire dément, forcé, tonitruant jusqu’à la caricature, non, de la femme telle qu’un fou faisant la folle croit qu’elle est dans son fantasme et l’imite. Si bien qu’en voyant deux pédés, c'est-à-dire deux hommes se refusant de l’être, s’embrasser et faire les folles on se met, s’en trop s’en rendre compte, à détester les hommes et les femmes puisque le spectacle qu’on a devant soi est une caricature de ces deux exemplaires d’humains. Caricature du réel et caricature du fantasme.

Pour un homme normal, le malaise est bien là. Si bien sûr le mot normal ne choque pas trop en cet âge new age. Il se sait Homme cet homme normal, aime la beauté de la femme, souhaite en rencontrer aussi souvent que possible, mais comme ces dernières ne le souhaitent plus vraiment préfèrent une complicité intra féminine, voire un lesbianisme de bon aloi de plus en plus assumé, il se sent à la fois méprisé des femmes et moqué par les hommes qui ont choisi des hommes dans l’intuition finalement assez juste qu’ils sont beaucoup mieux que les femmes même s’ils les singent d’une façon grotesque. Au fond, l’hétéro qui rencontre un homo s’entend dire silencieusement : ne vois-tu pas combien elles sont insuffisantes et combien tu leur es supérieur? Qu’attends-tu pour faire comme moi? Alors s’éveille en l’homme "normal" la frustration essentielle. Les femmes-femmes ont disparu ou sont en train de le faire et il ne reste plus sur le marché du désir que de l’homme féminisé et de la femme masculine. Comment choisir?

Mais le malaise s’amplifie et la détestation grandit, lorsque les femmes tout en se voulant les plus hommes possibles dans leurs têtes, se font le plus femmes possibles dans leurs corps, selon les critères de l’époque, c'est-à-dire, la belle saison venue, se mettent à porter des shorts ultra courts et hyper serrés qui posent au voyageur la question in-répondue d’un sphinx d’un genre nouveau posté devant toutes les Thèbes de la terre: Sais-tu ce qu’est une femme, ô homme? L’oedipe interloqué ne trouvant pas de suite la réponse, le sphinx nouveau, loin de le dévorer la lui donne: c’est un être qui est fendu devant et derrière matin, midi et soir, qu’il soit à deux pattes ou à quatre pattes. Ainsi tu remarques que la femme n’est pour toi rien d’autre que ce qu’elle te montre : un corps hypersexué. Tu oublies, si tu l’as jamais su, qu’une femme peut être par exemple délicatesse, sourire avenant, bon goût, pudeur naturelle (qui n’est pas pudibonderie), intelligence, art de la conversation, finesse, beauté, etc. Eduquée très tôt en famille et à l’école à s’habiller comme elle veut, à faire tout comme elle veut, à estimer que tout autre comportement serait obéissance à l’archétype patriarcal ou à un sexisme nauséabond, elle réfute par avance tes remarques ou tes critiques et rétorque: "Si tu me trouves pas à ton goût t’as qu’à pas regarder, tu n’es qu’un pauv’con de sexiste, un obsédé", alors que c’est elle qui est obsédée de son attribut fendu et obsédée de son désir de le montrer à longueur de temps. Le tragique du tragique étant que les hommes qui s’embrassent entre eux et ceux qui n’osent pas encore le faire, englués sans s’en rendre compte dans ce porno-féminisme, prennent le parti de ces exhibitionnistes au nom des valeurs abstraites de liberté et surtout d’égalité. Beaucoup, pour ne pas dire la quasi-totalité, pensent sincèrement que la femme doit être l’égale de l’homme y compris et surtout sur le plan du sexe, soit parce que ça les fait rire s’ils sont homo, soit que qu’ils en tireront profit s’ils sont hétéros! La rivalité dans la bêtise et dans la confusion étant la chose au monde la mieux partagée, les hommes qui sont encore des hommes, qui ne sont que cela quoi qu’ils en pensent, c'est-à-dire des êtres de désirs et plus particulièrement de désir sexuel, se refusent à voir en quoi cet habit est une nudité cachée qui se montre, fait partie de l’abrutissement programmé visant à la fois à lui révéler et à lui dissimuler sa frustration ontologique comme il vise à te faire croire, toi femme, à la disparition de la tienne. Plus tu baves, ô homme devant le double slit quotidiennement exposée à ton regard par les jeunes filles de bonne famille, plus tu compenseras ta bave désirante par les actes que Big Brother attend de toi: que tu te passionnes pour les jeux vidéos, les échanges insipides sur face book, l’euro du foot, le koh lanta TF1, les conversations sur ton i phone, la start up que ton génie va inventer et qui va bouleverser le siècle, bref que tu dépenses cette énergie qui te ronges en achats dérisoires, en actes insensés ou meurtriers. En gros, que tu deviennes le zombie que la société de consommation attend que tu sois pour te vendre à crédit la merde qu’elle invente soi-disant pour satisfaire tes désirs... qu’elle a entièrement fabriqués comme elle fabrique le nouveau genre c'est-à-dire l’idéal du sans sexe hypersexuel dans lequel l’homosexualité ou la bi ou la trans n’est qu’une étape vers un sexe qui sera tous les sexes à la fois, les condamneras tous, les exacerbera tous jusqu’à la guerre permanente d’un désir de désir qui s’auto-immolera parce qu’impossible à atteindre. L’homosexualité n’étant dans ce cas de figure qu’un passage vers cet état, les boites gay des maisons de tolérance, presque des missions chrétiennes. L’idéal étant si possible qu’après avoir réalisé que tout t’est permis mais que rien ne t’est accessible, tu dérailles, deviennes un délinquant auquel on pourra reprocher machisme, obsession, violence, perversion, pédophilie, infanticide, tabassage de flic républicains, toute chose soi disant horrible que notre société condamne, tout en y poussant les plus paumés.

Alors, un jour tu fais ce pour quoi on t’avait patiemment programmé. Tu "te soulages", opère une résilience pour pauvre. Par exemple, tu insultes des gens pour un oui ou pour un non, te permets un trait d’humour au détriment d’une communauté, tabasse le supporter forcément crétin d’une équipe de foot forcément moins bonne que la tienne, brise des vitrines, adhère à une organisation dite "extrême" ou suspectée de l’être, etc. Alors, t’es cuit à point. Le gendarme de l’internet, de la route, des mœurs ou de la doxa, te saute dessus te traine en comparution immédiate où le juge te fera honte de ce que tu es et surtout de ce que tu n’as pas réussi à être, te diras qu’au fond tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même et avouer ton crime, le pire de tous: Que tu es un pauvre type qui n’a pas compris que tout est mis en œuvre pour faire ton bonheur malgré toi comme au bon vieux temps du socialisme "globalement positif" et que tu dois t’excuser. Alors, ne pouvant plus rien espérer parce qu’inaccessible à ton petit porte monnaie et à ton petit cerveau, tu te dis qu’avec une kalach et des chargeurs plein les poches tu vas décharger une bonne fois ta hargne plein pot et puis te laisser flinguer par les zorro policiers, comme ça t’auras pas à le faire toi-même. T’as alors ton ticket pour Orlando où les hommes s’embrassent comme des folles, encouragés par d’autres folles du sexe opposé, étant entendu que le sexe est bien sûr l’illusion de ceux qui n’ont pas bon genre. La première de ces folles étant actuellement l’orlanda furiosa candidata démocraticae obsolescensia hillari mundi. Quant au psychopathe americano-afghan homophobe, islamiste, sarrasin amoureux d’Angélique, Omar Deddiq Mateen, il est au ciel, lieu par excellence de virginité, d’a-sexuation, et pour tout dire paradis irremplaçable du "genre". Ring the trumpet folks, play the trump!

Marc Gébelin

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