Nous savons, parce que nous savons, parce que nous savons...

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Nous savons, parce que nous savons, parce que nous savons...

Quel est le nom du secrétaire d’État des États-Unis, déjà ? John Coué ? (Ou bien, ce qui fait plus classe et bien plus impressionnant, pourquoi pas John-Émile Coué de la Châtaigneraie, inventeur de la méthode du même nom raccourci à l’essentiel ?) Dans tous les cas, le service “harpie”, ou service du porte-parole du département d’État, applique la méthode. (Désolé, ô lectrice de dedefensa.org, mais il semble bien qu’entre Nuland, ex-cheftaine du service, Jan Psaki quand elle est là, et son adjointe Marie Harf [ou Harfpie ?], nous n’ayons affaire qu’à du genre féminin, ce pourquoi nous parlons de harpie, ou “femmes acariâtre”. Il va de soi que la lectrice de dedefensa.org ne peut, par état d’esprit et par définition, entrer dans une telle catégorie.)

La dernière acquisition, tandis que Psaki est en réparation, est effectivement son adjointe Marie Harf, dite-Harfpie. Son actuelle performance dans la présentation de l’impeccable dossier MH17 du département d’État relève des grands exploits type-Démosthène. Parlant avec quelques rocailles dans sa bouche, Harf n’a pas sa langue dans sa poche, – fût-ce, le jeu de mots est tentant, une langue de bois. Aux questions les plus indiscrètes, elle répond avec une colère si peu rentrée qu’on l’entend vibrer : “Cette question ne vaut même pas l’honneur d’une réponse”. L’argument général est le suivant  : “Nous savons que les Russes sont coupables, parce que savons que les Russes sont coupables, parce que savons que les Russes sont coupables ...”. Ou bien, sur les preuves de la culpabilité absolument avérée : “Nous avons des preuves irréfutables de la culpabilité, et elles sont tellement irréfutables qu’il est inutile de vous les montrer”. Dont acte, certes, mais il y a la mine des journalistes accrédités, qui sont tout de même là pour sauver ce qu’il leur reste d’honneur professionnel... Antiwar.com nous fait part de la dernière séance présidée par Harf, hier 21 juillet. Le résumé qu’en donne Jason Ditz, ce 21 juillet 2014, nous fait sentir tout ce qu’il importe de savoir... Ce que nous ressentons, finalement, dans cet univers étrange, c’est que la Russie étant coupable comme nul ne peut l’ignorer, on irait jusqu’à finalement considérer, et même exiger que c’est aux Russes de faire la preuve de leur culpabilité.

«The Obama Administration continues to reiterate its narrative on what happened to Malaysia Airlines flight MH17 with more certainty (and often different details) every day, but there is a stark lack of evidence, beyond a handful of “authenticity could not be verified” images floating around on social media. With Russia denying the allegations, the US must have some really damning evidence to be so certain, right? Just so, insists the State Department, just don’t ask them to show any of it.

»Defending the charges at today’s press briefing in an increasingly testy exchange with reporters, State Department spokeswoman Marie Harf referred the press to social media, while reiterating that there was totally better evidence out there that they just can’t see. When pressed on the array of theories on social media, and why the US is embracing just the one, Harf insisted that none of the other theories made any sense, because the State Department totally knows it was Russia’s fault.

»When pressed further on Russia’s denial, Harf turned visible hostile toward the press members at the briefing, angrily insisting that it was unfair for the media to even consider Russian statements that contradict the State Department, when everyone is supposed to know the US is more credible. When pressed further on that line of reasoning, Harf angrily barked “I’m not even dignifying that question with a response.”»

C’est bien un monde baroque, surréaliste, complètement fantasmagorique et dans un état d’énervement remarquablement exacerbé, où la porte-parole du département d’État conseille aux journalistes professionnels accrédités d’aller chercher sur les réseaux sociaux, d’habitude pourfendus pour leur absence de professionnalisme et leurs attitudes antiSystème, les preuves irréfutables de la culpabilité russe. Le paradoxe de ces étranges pratiques de ce qu’on jugerait être un Système dans un tel mode de surpuissance qu’il frôle la folie avant de choisir l’option de l’autodestruction, c’est qu’il traite comme des chiens, – que ce noble animal nous pardonne mais ce n’est qu’une image, – les journalistes de la presse-Système qui en général retranscrivent docilement la narrative dudit Système.

L’état de son système de la communication, où le comportement des porte-paroles du département d’État n’est qu’un exemple de la présente hystérie extraordinaire qui fait fonction de politique, devrait constituer un motif de préoccupation majeure pour le Système. D’une façon générale, cette situation présente des risques considérables pour la stabilité de l’offensive actuellement menée contre la Russie. Une telle agitation, une telle psychologie exacerbée et déchaînée, avec les déclarations qui vont avec et évoluent dans l’excès le plus complet, introduisent des ferments d’incompréhension, d’exaspération, de division internes dans la ligne de communication qu’il faut suivre pour attaquer la Russie ; surtout, cet ensemble déplaisant fragilise les convictions, rendent les discours vulnérables dans leur incohérence, soumettent l’apparence du rangement rationnel aux excès du caractère. C’est un aspect intéressant de la phase actuelle, car l’hystérie est un état instable, insaisissable, qui peut conduire à de rudes incidents de parcours, surtout chez des maniaco-dépressifs en plein épisode maniaque. Il n’est pas évident que le “Xanax” (marque déposée) puisse suffire à calmer cette basse-cour et à unifier les résolutions. C’est un aspect de la bataille en cours qu’il faut suivre avec attention.

• Là-dessus, nous ajoutions un addendum concernant le département d’État. Il s’agit de l’activité de la porte-parole en chef du département d’Etat, la cheftaine de Hart. Curieusement pour ces temps d’urgence, Jan Psaki ne trouve rien de plus urgent que de s’intéresser aux articles de mode qu’elle doit écrire, contrat transatlantique signé, pour Marie Claire... Dans le Daily Mail du 18 juillet 2014 :

«State Department spokeswoman Jen Psaki tweeted about a fashion column in the aftermath of the MH17 disaster as Americans desperately waited to see if any loved ones were among the 298 dead. Psaki began her daily briefing with reporters yesterday by talking about the presidential elections in Afghanistan and other State Department business instead of the implications of the Malaysian Airline flight, believed to have been shot down by pro-Russian separatists. Later that evening, the former Obama 2012 campaign spokeswoman took the time to share an article in the Washington Post from former a White House aide on why she took a job as a contributing editor with Marie Claire magazine. “Great piece by former colleague Alyssa Mastromonaco who defines smart, savvy and fashionable,” Psaki tweeted...»

Tout cela semblerait-il dérisoire ? Pas si sûr, et même s’il ne s’agit que du symbole suggéré par les activités annexes de Psaki, il importe de le signaler. Il y a une grande connexion “politique” dans ces temps où la politique est réduit à l’arrière-cuisine, fondée sur la déstructuration et la dissolution, entre la politique-Système activée par les neocons et les R2P, et les milieux de tout ce qui est showbiz, entertainment et communication, industries de luxe, presse consacrée à ces domaines, etc. Retrouver la signature de Psaki dans Marie Claire ne dépare nullement l’action antirusse du département d’État machinée par le cheftaine-en-chef Nuland. On sait au reste que les grands patrons de l’industrie de luxe, François Pinault, Bernard Arnault, etc., sont les maîtres d’œuvre de l’“Art Contemporain” (AC), qui est une dynamique remarquable de déstructuration et de dissolution dans le cadre actif du capitalisme ultra-libéral. (voir L’Art caché et Sacré Art Contemporain, de Aude de Kerros, chez Eyrolles).

Toutes ces activités sont de la même boutique, du même projet et, dans ce cas, il ne peut rien être reproché de sérieux à Jan Psaki : les boutiques de l’avenue Montaigne et le centre Beaubourg ne sont pas si loin qu’on croit de la Rada de Kiev et du “roi du chocolat” d’une part, de la salle du porte-parole du département d’Etat et de la cooltitude du président Obama d’autre part.


Mis ebn ligne le 22 juillet 2014 à 11H48

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