Les gays et le pouvoir politique

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Les gays et le pouvoir politique

Par gays, nous entendons, figurez-vous, les homosexuels, ou “homos”, ou “pédérastes” dans l’ancien temps dont il ne faut plus parler, ou “invertis”, horrible expression, ou encore “uranisme”, – expression, on en conviendra, plus énigmatique et chargée de mystère. Nous abordons ce sujet, d’abord parce que nous disposons d’une interview intéressante, ensuite parce que, – faute avouée à moitié pardonnée, – nous avions l’intention, en juillet dernier, de publier un texte exactement sur ce sujet (à propos du même livre dont nous parlons), que nous l’avions laissé de côté et que nous y revenons. Nous allons publier, in extenso, le début du texte que nous avions écrit, y compris l’intrusion d’un livre qui nous avait décidé à le faire, puis nous compléterons rapidement cette intervention, et enfin nous terminerons avec une interview récemment faite de l’auteur de ce livre, interview qui ne manque pas d’intérêt, comme le texte lui-même. Le titre que nous voulions donner à ce texte était celui-ci : « D’un complot gay à la Rada de Kiev, à l’essentiel... ».

Voici donc le texte initial (de juillet 2015), qui introduit parfaitement l’interview qu’on lira plus loin. Entre cette fin du texte initial et l’interview, nous introduirons quelques notes supplémentaires (de ce 8 novembre 2015), pour compléter l’explication de l’intérêt que nous portons à l’interview, au livre dont il est question et au sujet traité... Ce passage sera délimité par des intertitres transcrivant simplement la date situant dans le temps les deux parties de notre texte telles que nous les avons présentées

Juillet 2015

Au départ, il y a une nouvelle de FortRuss le 9 juillet 2015, à partir d’une interview TV d’un parlementaire ukrainien, Michael Gavriliouk. La nouvelle est reprise par Russia Insider (RI) le même 9 juillet 2015. FortRus traite le sujet de façon assez neutre (« MP Gavrilyuk: Ukrainian government is being subverted by a gay conspiracy »), RI de façon moqueuse (« Hillarious interview Ukraine MP Says Government Being Subverted Gay Conspiracy »). Dans le texte, FortRuss considère effectivement l’intervention comme typique de la Kiev-folie (ou “Kiev-la-folle”, expression qui nous est devenue, depuis, assez familière)...

Gavriliouk est un député assez basique du Maidan-Kiev, du parti du Premier ministre Iatseniouk, venu d’Ukraine de l’Ouest, sans activité extrême ou originale spéciale, mais noté comme un parlementaire travailleur et sérieux, – donc un peu hors-normes à Kiev. Sa seule particularité qui l’a rendu célèbre, c’est une curieuse aventure où il a été arrêté par la police anti-émeute alors qu’il se trouvait nu dans la neige (voir le DVD à ce propos). Malgré cela, il est outré par les intrigues des gays, puisqu’intrigue il y a.

Il est interviewé par un journaliste de la télévision ukrainienne Zolotoi Baton et FortRuss nous en donne la traduction (transcription). On voit qu’il est question de Oleg Lyachko, chef du parti radical, milliardaire, provocateur, désigné comme criminel de guerre, homosexuel qui aime pratiquer en public et se faire filmer. L’enchaînement de l’interview conduit Gavriliouk à affirmer qu’il existe un mouvement de gays au sein du Parlement à Kiev (la Rada), qui manœuvre pour prendre de plus en plus d’importance. C’est ce passage qui est retranscrit ci-dessous.

Journaliste “Zolotoi Baton” : « Voilà… une vidéo intime avec Oleg Lyachko vient d’être postée sur internet ... Qu’est-ce que... »

Michael Gavriliouk : « Encore un scandale avec Lyachko ? Quelle vidéo ? »

Journaliste “Zolotoi Baton” : « Vous n’avez pas vu ? »

Michael Gavriliouk : « Non non, aucune indication... Qu’est-ce qu’il y a dessus... »

Journaliste “Zolotoi Baton” : « Eh bien, c’est une vidéo, semble-t-il, où Oleg Lyachko est en train de faire l’amour avec un autre homme. »

Michael Gavriliouk : « Ha ha, non, je ne l’ai pas vu. Bon, c’est son affaire, s’il aime ça, tant mieux pour lui. On ne peut pas interdire aux gens de faire ce qu’ils veulent. Mais ça doit rester privé, et vous me dites que cette affaire privée est visible par tout le monde. Je pense qu’il aurait du se dissimuler. »

Journaliste “Zolotoi Baton” : « Vous savez que cela a été filmé dans une zone de guerre ? »

Michael Gavriliouk : « Dans une zone de guerre .. Eh ben ...Eh bien, c’est sans doute comme ça qu’il aime faire ça, ça l’excite. Je ne vois pas ce que je peux dire d’autre. Pas plus de commentaire eh eh... »

Journaliste “Zolotoi Baton” : « Alors, vous pouvez nous dire combien il y a d’homos dans votre Parlement ? »

Michael Gavriliouk : « Oh là là, il y en a beaucoup ... Jusqu’à la moitié je dirais. Et ils s’entraident les uns les autres. »

Journaliste “Zolotoi Baton” : « Je comprends. C’est ... C’est très mauvais ! »

Michael Gavriliouk : « Bien sûr que c’est très mauvais. Très vite, ils vont régner sur nous. »

Journaliste “Zolotoi Baton” : « Oh là là ! »

Michael Gavriliouk : « Ils veulent tromper nos gens. Ils se soutiennent les uns les autres pour monter la hiérarchie, ils amènent leurs amants dans le parlement. Vous ne savez jamais qui est l’amant de qui. Mais ils s’entraident les uns les autres et de plus en plus on les retrouve installés comme parlementaires. Et c’est comme ça que vont les choses ...  Et maintenant, notre président veut aussi légaliser les parades gay, aussi on sait bien ce qu’il va arriver si cela continue. »

Il est vrai que si nous en étions restés là nous n’aurions pas été plus loin, et peut-être même ne serions-nous nulle part n’ayant pas jugé intéressant de reprendre cette interview. Il y a donc l’intervention d’autres éléments qui nous font intervenir avec cette interview, laquelle est prise par nous sans apriori, ni au sérieux ni à la dérision, mais bien comme élément déclencheur d’une réflexion. Ce que nous voulions signaler ici, c’est d’une part pourquoi nous avons repris cette interview que nous jugions très anecdotique en elle-même, d’autre part comment l’esprit (le nôtre, celui de notre époque en l’occurrence) se trouve soumis constamment à des sollicitations très intéressantes pour explorer certaines perspectives inattendues, imprévues, etc., et que ces sollicitations naissent essentiellement de l’intense climat crisique dans lequel nous vivons.

En effet, un point sur le moment très conjoncturel qui a aussi retenu notre attention pour cette interview, disons qui a suscité une sorte d’“intérêt intermédiaire” (au-delà de la moquerie de FrontRuss et RI, dans tous les cas), c’est la situation en Ukraine avec le phénomène néonazi aujourd’hui reconnu par tous, y compris les antirusses US. Il y avait dans la conjonction qui semblait aléatoire de cette situation et de l’affirmation d’un “complot gay” à la Rada une occurrence qui avait d’ores et déjà retenu notre attention. Nous passons au second élément du dossier.

... En même temps précisément où nous découvrions cette interview anecdotique, nous recevions et commencions immédiatement à lire un livre de Philippe Simonnot, Le Rose et le Brun, – Quel a été le rôle des homosexuels dans la montée du nazisme au Pouvoir ? (éditions Dualpha, 2015, notamment disponible sur le site de l’éditeur). Philippe Simonnot, est économiste, ancien journaliste (Le Monde, Le Figaro), dirigeant depuis 2007 sur internet un observatoire des religions dont l’objectif de faire entrer la religion dans une réflexion scientifique, notamment économique ; auteur de nombreux livres d’économie et d’histoire, dont ce Le Rose et le Brun, travail solide et excellemment documenté (55 pages de références et de notes sur 365 pages). L’ouvrage est donc “de confiance”, et nous l’avions commandé pour la même raison qu’évoquée précédemment avec l’interview, à cause de la situation en Ukraine (néonazis) et, bien entendu, du tintamarre qui est fait aujourd’hui autour du mouvement gay.

Puisque nous n’avons pas terminé le livre, nous ne pouvons en donner une appréciation complète. Cela n’est d’ailleurs pas notre propos, ici. Par contre, le début de lecture, avec la préface, etc., en dit bien assez pour saisir l’ampleur formidable du sujet. Le livre considère le phénomène de l’homosexualité (le mot plus juste serait “uranisme”) allemande comme un événement spécifique, structuré, et finalement politique et idéologique, sinon philosophique, bien plus que social, sociétal, etc. Il nous donne à voir ce phénomène comme un “mouvement” qui s’est développé au XIXème siècle, qui a très vite été considéré au plus haut niveau (Schopenhauer considère longuement la chose du point de vue du darwinisme, comme élément de “sélection naturelle”), y compris politique (Engels écrit à Marx en 1869, sur un ton alarmé : « Les pédérastes [allemands] commencent à se compter et trouvent qu’ils constituent une puissance dans l’État. Seule manquait l’organisation, mais d’après ce texte [Argonauticus, d’Ulrichs, théoricien de l’homosexualité] il semble qu’elle existe déjà en secret... ») L’activisme des homosexuel ne cesse de s’affirmer et constitue un des phénomènes les plus remarquables, – et pour notre compte, les moins historiquement discutés, – de l’Empire allemand avant la Grande Guerre, Bismarck s’inquiétant jusqu’à prendre des mesures clandestines contre eux de l’emprise qu’ils exercent, sous la forme de cercles d’influence, sur Guillaume II.

Novembre 2015

... Le livre désormais lu complètement, notre impression initiale, largement documentée, se confirme complètement. Ce livre apporte des lumières du plus grand intérêt sur l’homosexualité ; non que ces lumières soient nouvelles, loin de là, mais elles ont été, durant les périodes au moins depuis 1968, largement étouffées. On comprend pourquoi : le mouvement gay, avec la féminisme, la libération des mœurs, etc., fait partie de l’arsenal sociétal qui est, tel qu’il est conçu aujourd’hui et quoi qu’il en soit de ses éventuelles vertus, totalement manipulé et instrumenté au service du Système. De ce point de vue, des accointances avec le nazisme et, au-delà, avec l’Allemagne expansionniste et pangermaniste définies en tant que telle sont absolument inacceptables et l’objet de la censure la plus rude, – celle du silence. Espérons que le livre de Simonnot n’y sera pas soumis. On ajoutera par rapport à ce qui précède et avant l’interview lui-même quelques remarques d’ordre général qui nous importent...

• Dans la logique qui transcende la pensée-Système actuelle concernant les homos, – ce qui n’est pas difficile, puisqu’une telle transcendance est une question de courage de caractère et nullement d’intelligence d’esprit, – le concept qu’étudie ce livre est beaucoup plus large que l’aspect sociétal très contraint, encore plus pour l’aspect sexuel, qu’on développe aujourd’hui quasiment de manière exclusive pour contribuer au grand mouvement de déstructuration-dissolution développé par le Système. Le mouvement homosexuel en Allemagne au long du XIXème et une partie du XXème implique une conception basée sur l’amitié virile au sens le plus large (l'armée impériale est très fortement “homosexualisée”), qui en fait l’ennemi du féminisme autant que des conventions bourgeoises, et également antichrétient et teinté de néo-paganisme ; la référence sexuelle occupe donc une place assez réduite dans le concept, mais néanmoins suffisante pour conduire par nombre d’aspect le mouvement homosexuel vers l’antisémitisme puisque cette religion est totalement négative à l’égard de ce comportement. Sur ce cimier se développent des conceptions, voire des écoles philosophiques qui, bien entendu, réservent des surprises par rapport à la pensée-Système telle qu’elle est figée aujourd’hui.

• Ce qui nous importe singulièrement, à nous, c’est de voir confirmée, d’une part, la puissance du courant pangermaniste, qui constitue la référence majeure du rôle de l’Allemagne dans notre rangement historique à partir du déchaînement de la Matière, et du rôle de l’Allemagne comme puissance “progressiste” selon la conception-Système actuelle de la chose. La force de l’homosexualité en Allemagne durant cette période jusqu’aux années 1930 et même après l’élimination de Röhm (“Nuit des Longs Couteaux”), son importance dans le mouvement nazi, place la postmodernité-Système, avec son étendard gay, son féminisme et sa “religion de l’Holocauste” (antinazisme) dans une position extrêmement délicate. (Au contraire, certains y verraient des explications souterraines ou implicites de la façon dont le Système s’est aisément arrangé de la dimension nazie qui a caractérisé et caractérise toujours le mouvement Ukraine-Maidan, – et qui est illustré par l’anecdote de départ, avec l’interview de Gavriliouk.)

• La troisième remarque est naturellement induite de la précédente : la parenté indiscutable, complète, entre l’Allemagne expansionniste de l’idéal de puissance des années 1848-1914 (et même à partir de Iéna), et le mouvement nazi au pouvoir à partir de 1933. Il s’agit de la même substance, de la même tendance, de la même psychologie, jusqu’à l’antisémitisme particulièrement virulent chez les homosexuels d’avant la Première Guerre mondiale constituant une influence majeure pour la constitution de la doctrine nationale-socialiste. Tout cela nous importe, non pas pour porter une attaque contre l’un ou l’autre composant (homosexualité-Système, féminisme, anti-antisémitisme, etc., tout cela étant perçu comme des produits d’une époque et des outils du Système), mais bien pour renforcer l’accusation de falsification complète de l’histoire comme des concepts, de manipulation, d’inversion (sic), etc., que nous lançons constamment contre le Système et l’idéologie qui le représente. (En effet, un des travaux constants de l’historiographie est d’établir une rupture décisive en 1933, de façon à ce que l’Allemagne nazie n’ait aucun rapport avec ce qui précéda, c’est-à-dire l’Allemagne impériale où le pangermanisme serait minorisée comme un accessoire pour rêveurs ne dépassant pas Wagner, autrement dit l’Allemagne tout court ; de façon à pouvoir construire une religion-Système (ou “religion-Holocauste”) contre le nazisme sans compromettre l’Allemagne en tant que telle ; de façon à ce que l’Allemagne post-1945, à la sauce-Système déjà goûteuse, soit récupérable dans l’ensemble rapidement mis en place dans ce qui est devenu depuis la communauté des pays du bloc BAO.)

Enfin, voici l’interview de Philippe Simonnot, l’auteur du livre Le Rose et le Brun, que diffuse son éditeur, à partir de l’interview réalisée par Fabrice Dutilleul pour le quotidien Présent. (Quotidien horriblement labellisé quasiment “d’extrême-droite” par Wikipédia, mais nous tenterons de surmonter cette terrible épreuve.)

dedefensa.org

 

« La révolution nazie ... a dévoré ses propres “enfants” »

Présent : « Appréhender la montée du nazisme à travers la sexualité allemande de l’époque, n’est-ce pas une démarche freudienne un peu provocatrice ? »

Philippe Simonnot : « Il ne s’agit pas du tout d’une démarche freudienne, mais d’une analyse strictement historique. La dimension de libération sexuelle du nazisme est restée jusqu’à maintenant cachée par la plupart des historiens, notamment sous son aspect homosexuel, parce que cette dimension met en cause nos propres sociétés au moins depuis 1968. De plus, elle  se heurte aujourd’hui aux tabous mis en place par le “lobby gay”. Wilhelm Reich, le prophète de la “révolution sexuelle”, qui a conduit en France à Mai 68, s’est complètement trompé en faisant du nazisme un produit de la répression sexuelle. Au contraire, comme l’avait très bien vu Herbert Marcuse déjà à la fin des années 1930, la libéralisation sexuelle fut un des moteurs du nazisme.  Quant à Freud, il  n’est cité dans mon livre que comme témoin des années 1900-1930. Son vocabulaire, faisant de l’homosexualité une perversion, a été beaucoup utilisé, y compris par les nazis, pour réprimer l’homosexualité. Mais je ne me sers pas de sa théorie de l’inconscient, qui est, à mon avis, inutile pour un historien. Freud lui-même s’y est cassé les dents, on le sait. »

Présent : « Quels sont les éléments nouveaux développés dans votre livre ? »

Philippe Simonnot : « Le plus nouveau est le compte rendu précis, détaillé et documenté du mouvement homosexuel allemand de la fin du XIXe siècle  jusqu’à l’arrivée d’Hitler au pouvoir, à la fois sur le plan des pratiques et sur celui de la pensée. Sur ces deux plans, l’Allemagne impériale, puis la République de Weimar avaient plusieurs longueurs d’avance sur les autres États comparables. Berlin était considérée depuis 1900 comme la nouvelle Sodome, attirant des « touristes sexuels » du monde entier, dont André Gide.  Hans Blüher, totalement inconnu aujourd’hui, a  droit dans mon livre à une place centrale en tant que théoricien de l’homo-érotisme comme fondement de l’État. L’importance de Blüher  vient de ce qu’il tend à combler une faille de la pensée libérale, incapable de fonder l’État, mais aussi une faiblesse du marxisme vis-à-vis de l’État. Hitler s’est servi de cette théorie pour instituer le IIIe Reich. De même, je fais connaître  Karl Heinrich Ulrichs, l’inventeur du « troisième sexe », un théoricien du « genre » avant la lettre. Pour ne citer ici que ces deux auteurs. Ce qui est nouveau, aussi, c’est la révélation de l’antisémitisme de toute une  branche du mouvement homosexuel allemand, antisémitisme causé  par l’interdit biblique portant sur l’“abomination des abominations”, c’est-à-dire la sodomie. »

Présent : « Il est tout de même étonnant qu’une idéologie propulsée au Pouvoir grâce aux homosexuels se retourne contre ces derniers jusqu’à les persécuter ; comment l’expliquez-vous ? »

Philippe Simonnot : « Il faut évidemment distinguer deux périodes : la montée au Pouvoir, l’exercice du Pouvoir. Pour la montée au Pouvoir, Hitler a utilisé le mouvement homosexuel notamment à partir des mouvements de jeunesse, en particulier le Wandervogel, dont la Jeunesse hitlérienne a été la continuation. Ernst Röhm, homosexuel affiché, entouré de toute une cour de gitons à la tête de centaines de milliers de SA,  a joué un rôle essentiel, reconnu par Hitler lui-même, dans la conquête du Pouvoir. Attaqué par la gauche et les communistes pour son homosexualité, qualifiée par eux  à l’époque de “vice fasciste”, Röhm a reçu un soutien sans faille de son Führer, qui une fois au Pouvoir, en a fait le deuxième personnage du nouveau régime. Mais Röhm voulait continuer la révolution, y compris sur le plan sexuel, alors que Hitler cherchait tout logiquement  à consolider son Pouvoir, et, pour ce faire, il avait besoin du soutien de l’armée et de la droite, l’une et l’autre farouchement  opposées au mouvement homosexuel allemand. Au même moment, la persécution des homosexuels a commencé en URSS, et Hitler ne pouvait faire moins que d’emboîter le pas. D’où la Nuit des Longs Couteaux de juin 1934.  La révolution nazie n’a pas échappé à la règle saturnienne de toute révolution : elle a dévoré ses propres “enfants”. »

Présent : « Publier ce livre alors que la loi sur l’autorisation du mariage homosexuel vient d’être votée en France ne risque-t-il pas d’apparaître, là aussi, comme une provocation ? »

Philippe Simonnot : « C’est la manière dont cette autorisation a été instituée qui est une provocation. Je trouve inquiétant qu’au moment du débat sur le mariage homosexuel ait été occulté ce passé de l’homosexualité en Allemagne et dans beaucoup de pays occupés par l’Allemagne, en France notamment. Il me semble qu’il aurait dû être au moins  discuté.  Une telle occultation n’est pas un bon signe pour notre démocratie. La revendication des homosexuels en tant qu’homosexuels  n’est pas non plus de bon augure. Il ne devrait pas exister d’identité homosexuelle, au sens juridique du terme. Le droit est en train de dériver vers n’importe quoi.  Le danger que nous fait courir ce type de revendication identitaire, c’est qu’on accorde le droit à celui qui remporte la majorité du moment. Or, on ne peut pas se régler sur celui qui est le plus fort, car la force est toujours relative et temporaire et il faut trouver des principes intangibles du droit, les “lois non écrites” comme disait Antigone.  Enfin, l’homosexualité  est le culte du même, la négation de la femme, de l’altérité, de la procréation, bref de la vie.  Le communautarisme du même avec le même est mortifère.  Et suicidaire. »

Interview de Philippe Simonot, par Fabrice Dutilleul (Présent)

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