La “soupe” néonazis-tchétchène/Daesh-bloc BAO en Ukraine

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La “soupe” néonazis-tchétchènes/Daesh-bloc BAO en Ukraine

C’est une drôle de chronique ... Dans des circonstances intéressantes, des coutures imposées à la vérité de la situation par le déterminisme-narrativiste craquent en Ukraine, pour certains pays du bloc BAO les plus engagés au côté de Kiev. Nous parlons ici des USA et du Canada ... Il reste à mesurer le degré de confusion où se trouvent les directions-Système et la presse-Système qui sont conduites à admettre la véracité des faits, – savoir la présence très active et presque indémêlable du “reste” des forces ukrainiennes des unités néonazies, la présence de rebelles tchétchènes constitués en unités antirusses, et enfin, dernière nouvelle, la possibilité de contingents de Daesh en Ukraine. Il ne s’agit pas de reconnaissances tacites, cyniques, etc., c’est-à-dire de manœuvres de gestion de communication de faits connus et écartés au motif d’une propagande classique par les acteurs de l’étrange comédie, mais bien de la découverte d’une vérité de situation.

Le site NewColdWar.org a fait ces derniers jours un travail de recollection avec divers articles, concernant certains faits de reconnaissance qui se recoupent, se renforcent, etc. La nouveauté est donc bien dans l’évolution de l’acceptation désormais affichée d’un type d’information jusqu’alors repoussée en grande partie, type d’information par ailleurs bien connue dans les réseaux antiSystème ; cela se fait sans aucun sensationnalisme, sans technique de “la révélation”, sans effets, mais cela se fait réellement à partir d’actes de communication posés directement (sans sollicitation ni d’une contestation, ni d’un événement spectaculaire extérieur qui y forcerait) par des acteurs de la presse-Système, voire par ce qui semblerait être des prises de position quasi-officielles mais quarteraient sans conséquence importante (le gouvernement canadien, le plus dur du bloc BAO sur la crise ukrainienne et la tension antirusse).

• Le 5 juillet 2015, NewColdWar.org présente un texte du site The Daily Beast sous le titre de “The Daily Beast examine les informations selon lesquelles les USA, UK et le Canada entraînent des milices d’extrême-droite en Ukraine”. NewColdWar.org observe que le texte débute par l’habituelle diatribe antirusse qui implique ce qu’il nomme “l’habituelle caravane de propagande” portant toutes les accusations faussaires qu’on connaît, puis il s’attache à des interrogations concernant les milices d’extrême-droite (néonazies). Il remarque enfin qu’il n’y a nulle part une mise en question rétrospective de ce qui fut l’attitude systématique de The Daily Beast, de repousser ou d'ignorer toutes les affirmations concernant ces faits depuis près de 18 mois.

«Two editorial commentators/writers for The Daily Beast tell their readers that the desire of the U.S., Canada and the UK to train Ukrainian troops “comes from the right place—the need to stop Russian covert and overt aggression”. But darned if they can’t help but conclude that the claim by the three amigos that they will not be training extreme rightist and fascist militias as part of their military training mix is a ruse. The writers look at the specific case of the Azov Battalion and conclude, “The problem is that the Azov battalion is nuzzled so deeply into the Ukrainian government that they are nearly impossible to weed out.”

»The spokesperson for the oh-so-vigilant opposition party in the Canadian Parliament tells The Daily Beast that he “wants clarification” from Canadian Minister of Defense Jason Kenney. Apparently, it did not occur to him to “seek clarification” months ago when Canada announced it would embark upon intervention in Ukraine. Now, uncomfortable queries by reporters are coming his way.

»The Daily Beast writers assure their readers of their loyalty to the ‘blame Russia’ caravan by beginning their article with a slashing attack on “Vladimir Putin and his propagandists” for apparently “exploiting” the fact of the existence of a powerful and influential extreme right in Ukraine’s government, armed forces and vigilante militias. With such loyalty oaths seemingly required of journalists reporting on Ukraine, is it any wonder than most just play along with the ‘blame Russia’ game? And that weak-kneed politicians look the other way and play ‘Gosh, I didn’t know’?»

The Daily Beast, qui est cité, est un très important site d’orientation neocon, extrêmement marqué dans le sens d’un activisme antirusse qui va au-delà du simple maniement des informations. The Daily Beast a même planifié et monté une opération de démission d’une présentatrice (US) de Russia Today, l’année dernière, avec comme principal action prime time cette présentatrice (Liz Wahl) annonçant sa démission à l’antenne (lors de l’émission dont elle avait la charge) et protestant contre la censure régnant à RT. Il est aussitôt apparu qu’il s’agissait d’un montage, avec la complicité de Wahl qui a rapidement retrouvé un emploi à CNN et qui est depuis devenu un témoin au-dessus de tout soupçon et sollicité aux auditions anti-RT des commissions parlementaires au Congrès. (Truthdig démontait toute l’affaire le 14 mars 2014.) The Daily Beast est donc une arme de combat bien rodée dans l’affaire ukrainienne et dans tout ce qui est antirusse.

.. Pourtant, dès le 9 juin 2015, le site publie un premier texte où il s’interroge gravement sur la présence des groupes néonazis et l’action US dans leur entraînement («How Many Neo-Nazis Is the U.S. Backing in Ukraine? – Not all the members of the Ukrainian ultranationalist militias the U.S. is training have SS tattoos, and not all espouse fascism. But enough do to be worrisome.») Ce n’est pas un “accident” de programmation de sa communication, puisqu’il y revient le 4 juillet 2015Is America Training Neonazis in Ukraine? Officially no, but no one in the U.S. government seem to know for sure.»). C’est le texte signalé par NewColdWar.org, où l’on retrouve effectivement ce mélange de furieuse diatribe antirusse as usual (“l’habituelle caravane de propagande”), introduisant une analyse inquiète de la situation de l’aide US apportée aux groupes extrémistes, jusqu’à la mention de l’“inquiétude au Congrès”. (Ce dernier point nous renvoie à l’extraordinaire vote à l’unanimité de la Chambre contre toute aide US aux groupes extrémistes en Ukraine, le 15 juin 2015.)

«There are no doubts about the neo-Nazi and white supremacist background of the Azov Battalion, a militia that has positioned itself at the forefront of the fight against Russian-backed separatists in eastern Ukraine. As the founder and head of the battalion Andriy Biletsky once put it, “The historic mission of our nation in this critical moment is to lead the White Races of the world in a final crusade for their survival.”

»That Russian President Vladimir Putin and his propagandists exploit this fact, using it to build support for their aggression and to undermine the international effort to help Ukraine defend its independence, is undeniable. But knowing that, and wanting to resist that, does not resolve some very important questions about the basic facts. What is the relationship of the U.S. government to these people? Is it training them? Might it arm them? Is this, like the Afghan war of the 1980s, one of those cases where we aid and abet the kind of monsters who eventually become our enemies? Concerns about that possibility have been growing on Capitol Hill.»

• Là-dessus s’enchaîne la “nouvelle” qu’il y aurait, non qu’il y a des unités tchétchènes terroristes qui sont constituées en Ukraine pour lutter contre les séparatistes. Les Russes l’affirment depuis presque un an et tout cela a été balayé, si cela fut mentionné, comme l’habituelle félonie propagandiste poutinienne. Ici, c’est le parangon et détenteur ultime de la vérité-Système, le New York Times, qui nous instruit sur cette nouveauté que nous avons le devoir de juger complètement extraordinaire, le 7 juillet 2015. Certes, il est vraiment question de “bataillons islamistes”, en unités constituées ; il paraît que même les habitants du cru sont surpris («something of a surprise») de cette trouvaille que le NYT est allé dénicher sur place, accueillant en plus la “nouvelle” comme excellente alors que le NYT, qui sait penser, va juger très vite que c’est peut-être un problème d’introduire des terroristes islamistes en unités constituées en Ukraine ... «Wearing camouflage, with a bushy salt-and-pepper beard flowing over his chest and a bowie knife sheathed prominently in his belt, the man cut a fearsome figure in the nearly empty restaurant. Waiters hovered apprehensively near the kitchen, and try as he might, the man who calls himself “Muslim,” a former Chechen warlord, could not wave them over for more tea.

 

»Even for Ukrainians hardened by more than a year of war here against Russian-backed separatists, the appearance of Islamic combatants, mostly Chechens, in towns near the front lines comes as something of a surprise — and for many of the Ukrainians, a welcome one. “We like to fight the Russians,” said the Chechen, who refused to give his real name. “We always fight the Russians.”»

• Enfin, la dernière pièce de ce dossier intéressant et révélateur nous vient d’un texte du site canadien Rabble.ca du 8 juillet 2015, repris par NewColdWar.org le 9 juillet 2015. Cette fois, on passe des tchétchènes à ISIS/Daesh comme hypothèse analytique de la présence islamiste en Ukraine, à la question de l’intervention de l’armée canadienne dans l’instruction des susdits en même temps que des milices d’extrême-droite, et même à la colère du Premier ministre canadien et la gêne de son ministre de la défense lorsqu’ils sont mis devant des informations sur cette question.

«It’s been evident for several months now Ukraine has a problem with neo-Nazis, in particular battalions of “volunteers” who espouse Nazi ideology and use Nazi symbols fighting on the government side in the ongoing civil strife in that European country. Now it appears Ukraine may have a problem with radical Islamist volunteers in the ranks of its army as well, according to a New York Times report on Tuesday. This raises the spectre that Canadian troops sent to Ukraine as military trainers could not only be used train neo-Nazis, but to assist Islamic militants tied to ISIS as well.

»In the early days of the continuing Ukraine crisis, which from this perspective has all the characteristics of a civil war with religious (Roman Catholic versus Orthodox) and ethno-linguistic (Ukrainian speaking versus Russian speaking) overtones, the role of neo-Nazi formations was either ignored or dismissed by supporters of the current Canadian-backed regime in Kiev as “pro-Russian” propaganda. Russian suggestions that Islamist formations were also involved in the fight were barely acknowledged, presumably dismissed as propaganda too outlandish to be considered. Now, at least, the Ukrainian problem with neo-Nazis is pretty widely acknowledged even in the most conservative and anti-Russian media, and the Russians’ claims about Islamists seem to be gaining traction among respected Western news organizations as well.

»Regarding the neo-Nazi influence in Ukrainian volunteer regiments, even if saying it aloud makes Canada’s prime minister, Stephen Harper, extremely angry, his own minister of defence more or less acknowledges it.»

• Considérant que l’on en arrive aux niveaux officiels, il est assuré qu’il faudrait songer à prendre des mesures contre l’entraînement de gens si peu fréquentables, d’autant que le Congrès a voté. On sent une réelle préoccupation dans tous ces écrits, à cet égard, et nullement une manœuvre de couverture qui n’aurait aucun sens puisque toute l’affaire a été mise à jour sans nécessité extérieure par les mêmes acteurs-Système. Le problème n’est pas une question de volonté politique ou de telle ou telle manœuvre vicieuse, mais bien que, littéralement, une telle initiative est impossible ... Car l’on n’arrive plus, dans la gent ukrainienne, – pseudo-soldats, miliciens, néonazis, terroristes, islamistes, – décrit nécessairement comme assez folklorique et que l’US Army (la 173ème brigade aéroportée) s’emploie à entraîner, on n’arrive plus à distinguer qui est qui. The Daily Beast s’attache longuement à ce problème dans son reportage du 4 juillet, – et cet extrait est significatif, montrant que le département d’État lui-même avec son ambassade à Kiev, après tout n’en sait rien lui non plus... Le désordre face au désordre, le désordre US enquête sur le désordre ukrainien en concluant : “c’est désordre, on n’y comprend rien”...

 

«The Daily Beast then interviewed State Department representative, Press Officer Yarina Ferentsevych of the U.S. Embassy in Ukraine. Ferentsevych told us, “At this point, as far as we are aware, no”—that is, no members of Azov. “Whether or not some may be in the lineup, that is possible. But frankly, you know, our vetting screens for human rights violations, not for ideology. Neo-Nazis, you know, can join the U.S. army too. The battalions that are in question have been integrated as part of Ukraine’s National Guard, and so the idea is that they would be eligible for training, but in all honesty I cannot tell you if there are any on the list we train. There were not any in the first rotation as far as I am aware.” Ferentsevych confirms that it is practically impossible to know which trainees are from which battalion, “It’s a mishmash of folks: volunteers, soldiers, war heroes, Maidan veterans—I mean I couldn’t tell you, you know, short of investigating the background of each guy.”»

La crise ukrainienne, ou ce qu’il en reste, ou bien encore ce qu’elle est devenue, est une sorte de tragédie-bouffe du désordre universel qui caractérise nos temps crisiques ; “tragédie” parce qu’on y meurt et qu’on y souffre, “bouffe” parce que le désordre a là-bas des allures grotesques et baroques à la fois, avec des situations et des interventions relevant de différentes cultures, d’idéologies extrémistes très différentes, de références très variées, etc. Dans ce cadre singulier, le bloc BAO interventionniste, les USA en premier, sont complètement dépassés pour ce qui est de la compréhension des choses, tout en montrant leur assurance coutumière qui ne les fera jamais varié d’un iota quant à leur certitude de devoir être où ils se trouvent et y jouer un rôle fondamental. (Leur psychologie si particulière, faite d’inculpabilité et d’indéfectibilité, nous renforçant par ailleurs dans la conviction qu'il n'y aucune mauvaise foi dans toutes ces démarches, que ces gens ne mentent pas mais réagissent simplement en fonction des liens multiples qui les emprisonnent leur psychologie.)

Le point intéressant concerne évidemment ce qui, selon nous, a fait dès le début la caractéristique fondamentale de la crise ukrainienne, qui est cette création d’une situation complètement fictive. (C’est à l’occasion de la crise ukrainienne que nous avons développé le concept de déterminisme-narrativiste qui, désormais, selon nous, concerne toutes les situations crisiques, d’une façon ou l’autre.) Nous sommes dans un cas où les conditions sont réunies pour une sorte de manœuvre “révisionniste” de la situation faussaire voulue par le Système, et cela, insistons là-dessus, sans aucune sollicitation extérieure. Les moyens de cette manœuvre “révisionniste” ne sont nullement négligeables : des organes standards et très durs avec forte influence de la presse-Système, des enquêtes circonstanciées avec référence à des dispositions législatives US, et jusqu’à des dirigeants politiques du pays le plus stupidement, le plus absurdement pro-ukrainien et antirusse qu’est le Canada (quoique la circonstance électorale d’une forte minorité ukrainienne donne une partie d’explication plus rationnelle, correspondant au standard moral de la chose). Pourquoi cette démarche ? interrogera-t-on, pour quelles raisons ? Questions folkloriques si l’on s’en tient à notre mode de raisonnement rationnel, sinon à aller chercher des ramifications supplémentaires de complots divers qui fatiguent en général l’esprit plus qu’elles ne l’éclairent. Ces questions-là de la cause et de l’essentialité de l’acte restent, pour notre compte, sans réponse, sinon à se référer à des facteurs extérieurs à notre sphère de pensée.

Question plus intéressante : cette manœuvre “révisionniste” va-t-elle modifier l’attitude générale, la politique, la posture, le sentiment des pays BAO concernés, des organes-Système, etc., vis-à-vis de l’Ukraine et de l’analyse de la situation ? Aucune chance, à notre sens. Nous sommes dans l’univers-Système, dans une réalité bloquée, exceptionnellement faussaire, et qu’on dirait autobloquante avec compartimentage immédiat lorsqu’une vérité de situation apparaît par inadvertance. Elle reste isolée et ne suscite aucune réflexion générale ... De ce côté, à notre sens, le déterminisme-narrativiste règne, sans aucune pitié, limitant absolument l’accès à la vérité générale de la situation qui pourrait être une retrouvaille avec la réalité, une recréation de la réalité vraie, même à partir d’une vérité de situation certes partielle mais nullement négligeable. Nous continuerons à vivre, in vitro dans le Système, avec une reconnaissance de la question des néonazis et du reste, et aucune modification substantielle du jugement général.

Au reste, le tout est désormais verrouillé par le paradigme antirusse désormais officialisé en une stratégie officielle (Strategy 2015) qui est essentiellement fondé pour les circonstances conjoncturelles sur l’“agression” russe de l’Ukraine ; et circonstances conjoncturelles transformées en argument structurel sur le “comportement général” de la Russie puisqu’il n’y a rien d’autre d’antirusse à se mettre sous la dent (y compris l’accusation fausse portée contre la Russie par divers experts-Système, dont Friedman de Stratfor, d’avoir bloqué l’attaque US contre la Syrie en août-septembre 2013, puisque cette attaque fut bloquée par un mouvement interne US, notamment au Congrès contre le Président, après le vote britannique du 30 août 2013 de non-participation à l’attaque projetée). Certes, nous en écrivions ceci le 5 juillet 2015, à propos de cette nouvelle stratégie : «Ce document est risible, loufoque, d’une bassesse de jugement inimaginable, incroyables, document prétendant à la stratégie universelle d’un “empire” basé sur des narrative effrayantes d’obligations déterministes et mille fois démontrées dans leur complète fausseté (l’“attaque” russe de l’Ukraine, cet énorme bobard comme un cadavre empaillé dans leur armoire qu’il faut pourtant respecter par déterminisme-narrativiste) ; ou sur des montages des USA qui ont évidemment échappé aux USA (Daesh, dont le destin depuis sa naissance est largement détaillé par les documents de la DIA déclassifiés récemment, destin fabriqué par les USA de bout en bout, comme pour mieux pouvoir lui glisser des mains). La décrépitude grotesque de la pensée militaire aux USA est sans doute le plus grand échec parmi ceux que déplore Engelhardt...»

Qu’importe, Strategy-2015 existe, la Russie reste là où elle se trouve, coupable de toutes les avanies dont on la charge avant même qu’on songe à perdre son temps à enquêter. On restera donc antirusse et la Russie continuera à être accusée d’envahir l’Ukraine une fois de plus aujourd’hui, et une fois de plus demain, et peut-être même un journaliste neocon, de The Daily Beast par exemple, se fendra-t-il d’un édito accusant Poutine du pire du pire, – d’avoir su qu’il y avait des nazis en Ukraine, et de n’en avoir rien dit ! – nazi lui-même, d’ailleurs, ce Poutine...

Pour conclure en forme de post-scriptum, on reviendra à cette remarque du début de notre texte, renvoyant à la seule chose assurée de notre situation, – le désordre. Il s'agit de la mesure du “degré de confusion où se trouvent les directions-Système et la presse-Système qui sont conduites à admettre la véracité des faits” dans cette sorte de circonstances.

 

Mis en ligne le 12 juillet 2015 à 12H09

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