La Navy à la barre

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La Navy à la barre

Il fait de moins en moins de doute qu’il existe aux USA une tendance presque “autonome” au sein des forces armées, particulièrement dans le chef de l’U.S. Navy et sans aucun doute en accord avec le secrétaire à la défense Robert Gates et avec son soutien très actif. Cette “tendance” va évidemment dans le sens de contrecarrer la politique expansionniste et aventuriste de l'administration GW.

On a eu un signe de plus de cette situation avec le témoignage du nouveau président du Comité des chefs d’état-major, l’amiral Mike Mullens. Joe Galloway, de McClatchy Newspapers, donne le 1er août un commentaire de cette audition qui va effectivement dans ce sens.

«Still, the greatest shock was Adm. Mullens’ testimony, in which he said that the escalation of American troop strength in Iraq to 160,000 had improved things somewhat: “Security is better. Not great, but better.”

»Then, responding to a question, the admiral acknowledged that the Iraqi government has made little, if any, progress in reaching the political compromises that are crucial to the future of that country. He added that without a political settlement between the Shiite Muslim majority and the Sunni minority there can be no victory in Iraq, regardless of how many American troops are sent there or how many years they remain.

»The admiral went even further in his statement to the senators, saying that the surge is temporary and can't be sustained past April of 2008, and in any case he wouldn't sustain it by extending the troops' already extended combat tours beyond the present 15 months.

»What a remarkable breath of fresh air to hear the man tapped to be the nation’s highest ranking military officer speak frankly and honestly about the security situation in Iraq and the faltering government in Baghdad. The outgoing chairman, Marine Gen. Peter Pace, and his predecessor, Air Force Gen. Richard Myers, failed miserably when it came to saying anything other than “Sir, yes, Sir!” to their civilian bosses.

(…)

»Can it be that the Bush administration has run out of military toadies who're willing to sit silently, in resplendent feathers, on civilian shoulders nodding wisely and squawking on cue as one misbegotten plan after another melts down in Iraq’s broiling deserts? Or has the arrival of Robert Gates as secretary of defense, in place of the unlamented Donald H. Rumsfeld, liberated the generals and admirals to say what they think rather than what they think the boss wants to hear?

»Either way, the American people are much better off, and we can only hope that speaking the truth is infectious and soon will become epidemic, to the further shock and awe of the president and his remaining men.

»What Adm. Mullens said was what other military commanders have said before — and what the president has stubbornly refused to hear — that nothing we do militarily can win this war. Victory can be achieved only by the Iraqis themselves, and so far none of them is willing to negotiate or even speak to each other in good faith.

»Until they're willing to relinquish ancient blood feuds in the name of national unity, there’s not one thing that 160,000 American troops, or 320,000 American troops, can do except stand between the warring parties and remain targets for all of them.»

Il semble de plus en plus évident que Gates a mis en place un réseau de commandement d’hommes sûrs, particulièrement des amiraux, qui contribuent, peut-être décisivement, à contenir toute possibilité de prolongement grave de la situation militaire comme une attaque contre l’Iran. Il est très probable que ces mesures ont été prises sans que les dirigeants civils, notamment Cheney, se soient aperçus de la manœuvre qui avait lieu, au moment où elle a eu lieu, durant les neuf derniers mois. Rumsfeld vivait au Pentagone très isolé, notamment par rapport aux chefs militaires, et Cheney l’était et l’est encore plus vis-à-vis de ces mêmes chefs. Ainsi, la faction radicale de l’administration ignorait précisément et ignore encore, dans certains cas, ce que pensent les officiers généraux, — et, par conséquent, ceux qui sont mis en place par Gates.

Le cas de l’amiral Fallon a été exemplaire. Il a d’abord été présenté comme l’“instrument” idéal pour une attaque contre l’Iran, selon les vœux de l’administration, de Cheney-GW. Il est rapidement apparu que Fallon était exactement l’inverse, au point où certaines sources avancent que Cheey aurait déjà suggéré la possibilité de son départ, — suggestion radicalement refusée, voire ridiculisée par Gates, soutenu par Rice et, pour cette fois, par GW. Il est aujourd’hui acquis que c’est Fallon qui a manœuvré pour réduire radicalement la présence navale US dans le Golfe, alors qu’il y a trois semaines encore, certains avançaient le contraire. Aujourd’hui, les amiraux tiennent nombre des leviers de commande, avec le soutien de Gates, et ils ne les lâcheront pas de sitôt.

 

Mis en ligne le 6 août 2007 à 14H22

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