Jules César et les méfaits du commerce en général

Les carnets de Nicolas Bonnal

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Jules César et les méfaits du commerce en général

Dans le monde moderne, on nous répète souvent que la Russie joue le rôle de Sparte et l’Amérique celui d’Athènes. Cela tombe bien.

Pourquoi nous a-t-on cassé les pieds, ce peu viril président US en tête, avec ce traité de commerce transatlantique ? Pourquoi sommes-nous à ce point obsédés par ce commerce et par ces traités de commerce ? Pourquoi cet ivre libre-échange qui commence à nous les casser menu, qui a créé l’Europe actuelle, marquée par la déconstruction de notre patrimoine et de nos vraies valeurs ? Quelques rappels.

Une des phrases-clés du légendaire film Blade runner (1) est : « le commerce est notre seul but à la Tyrrell corporation. » Et le lugubre leader ajoute (il fait penser à Gates, Venter ou Elon Musk) : « plus humain que l’humain telle est notre devise ».  Remplacer l’homme de A à Z. Lisez à ce sujet les pages lumineuses de PhG sur le racisme mystérieux de ces anglo-saxons qui finit par s’appliquer à toute l’humanité qu’ils veulent remplacer.

Je cite d’ailleurs Philippe :

« Le suprémacisme qui s’est emparé des psychologies anglo-saxonnes à partir des années 1945 est l’enfant incontestable et direct du système du technologisme, une affirmation de supériorité fondée sur une sorte de puissance intrinsèque de la technologie, quelque chose qui est exsudé par le Système, qui est accouché par lui, qui impose sa loi hégémonique, avatar ultime à prétention politique du déchaînement de la Matière ».  « Le “racisme anglo-saxon”, désigné par nous comme une catégorie spécifique de la sociologie de la culture, etc., n’est qu’un brouet préparatoire… (2)»

Le but ultime du commerce est d’anéantir l’homme ; et il le fera par la technologie et le tout-machine. Sans problème puisque les humains avachis passent leur temps devant des machines pour se divertir.

Marx l’avait compris et Guy Debord ajoute :

« Ceux qui avaient, il y a déjà bien longtemps, commencé à critiquer l’économie politique en la définissant comme « le reniement achevé de l’homme », ne s’étaient pas trompés. On la reconnaîtra à ce trait (3). »

Et ce reniement achevé de l’homme via le commerce et le luxe, les romains le connaissaient déjà ! Et quelle ne fut pas ma surprise de trouver ces préoccupations dans la Guerre de Gaules, chapitre un encore. Je cite la remarquable édition Hachette de 1854 :

« Les Belges sont les plus braves de tous ces peuples, parce qu'ils restent tout à fait étrangers à la politesse et à la civilisation de la province romaine, et que les marchands, allant rarement chez eux, ne leur portent point ce qui contribue à énerver le courage : d'ailleurs, voisins des Germains qui habitent au-delà du Rhin, ils sont continuellement en guerre avec eux. Les Helvétiens, par la même raison, surpassent en valeur les autres Gaulois; ils sont presque chaque jour en lutte avec les Germains, soit pour défendre leur propre pays contre les Germains, soit même pour les attaquer chez eux (4). »

Dans ma Lettre ouverte (5), j’ai consacré un mouvement entier à la notion d’effémination. Chez les romains déjà le confort, le luxe, l’esclavage, préparaient comme cela une société mono-sexuelle qui fut marquée par un effondrement de la natalité, prélude à de plus grandes catastrophes.

Elle me parait essentielle cette effémination à l’heure de la théorie du genre (vous risquez la prison si vous refusez de l’enseigner ou de la recevoir, car la tyrannie humanitaire ira jusqu’au bout, et elle y va déjà d’ailleurs), et elle paraissait tellement importante à NOS ANCETRES LES ROMAINS, auteurs de la première civilisation mondiale, mais aussi auteurs de la première contre-civilisation au sens PhG, que je la retrouve aussi chez Tacite qui dans Agricola (un texte superbe, un de ses meilleurs par la teneur et par la hauteur) déclare :

« Néanmoins les Bretons montrent plus de fougue, parce qu'une longue paix ne les a pas encore amollis; car les Gaulois aussi, nous le savons, ont été de brillants guerriers ; ensuite l'indolence s'introduisit avec la paix ; ils perdirent la vaillance en même temps que la liberté. Il en fut de même pour ceux des Bretons qui furent autrefois vaincus ; les autres sont encore ce que furent les Gaulois (6) ».

Les romains savaient ce qui faisait succomber les civilisations : le commerce et le relâchement moral. La leur s’écroula comme on l’avait prédit. Ils succombèrent au luxe et au commerce comme seul but qui effémina leurs mœurs. Juvénal aussi ne cesse de s’en lamenter (7). Quant au commerce, si un parti politique pouvait le remettre à sa place, nous serions sur terre tous sauvés ou presque. Car n’oublions pas que les deux puissances les plus belligènes de la planète (Angleterre-USA) sont celles qui ont imposé partout la liberté du commerce. Et sa liberté au commerce elle est obligatoire.

Notes

(1)  Ridley Scott et le rétro-futurisme, Dualpha

(2) Philippe Grasset, la grâce de l’histoire, tome deuxième

(3) Guy Debord, Commentaires sur la Société du spectacle

(4) Jules César, la Guerre des Gaules, I, 1

(5) N. Bonnal, Lettre ouverte, Editions Michel de Maule

(6) Tacite, Agricola, XI, 4

(7 ) Juvénal, Satires, I

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