Humeur (Brexit) de crise–17

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Humeur (Brexit) de crise–17

24 juin 2016 – La première fois que j’ai consulté les résultats dans cette journée, à 03H25, c’était, – ô surprise pour moi qui ne suis pas du tout un optimiste contrairement à ce qu’on croit parfois, – 54% pour Leave (1.305.353) et 46% pour Remain (1.126.815), avec 341 sur 382 centres de vote devant encore donner leurs résultats, soit autour de 12-13% de dépouillement... Puis, à 03H38, 49% Leave (2.172.573) 51% Remain (2.678.628), 316 sur 382 (oui, la fortune vacilla un instant)... Puis, à 04H32, 50,2% Leave (4.185.849), 49,8% Remain (4.149.554), 260 sur 382... Puis à 05H50, 52% Leave (12.698.977), 48% Remain (11.855.653), 78 sur 382 ... My God et malgré les hoquets, “si ça continue comme ça est-ce à dire, me dis-je gravement, que les Anglais seraient de parfaits Européens et qu’ils serviraient encore à quelque chose ?”. Le Guardian titre tristement, à la même heure, infortune faite semble-t-il pour lui : « EU referendum results: Farage declares ‘independence day’ as UK votes to leave– live »... Puis, à 07H20, 52% Leave (16.992.701), 48% Remain, (15.812.753), 5 sur 382...

My God, cela semble bien être dit et quelle leçon ! Les Anglais sont donc de parfaits Européens, finalement je confirme...

Hier soir, il y avait des débats sur les TV bienpensantes et à la pointe de l’intelligence, bien entendu opposant des gens d’accord sur le fond, c’est-à-dire les habituels débatteurs-Système. On fermait partout les écoutilles pour annoncer que cette mise en cause de l’UE par le fait même du référendum impliquerait un nouvel élan d’intégration et de fédéralisation, quel que soit le résultat, avec ou sans les Britts. Tout le monde en convenait, à peine in petto, exactement comme vient de dire le président de la république allemande, déclarant fameusement que, voyez-vous, « les élites ne sont pas le problème pour le moment, ce sont les populations qui sont le problème »... Bien entendu, les galopins d’Infowars.com qui ont relayé cette déclaration, ont mis en ligne un DVD où l’on se réfère inévitablement à Brecht qui, après les émeutes de juin 1953 à Berlin-Est, suggérait que le Parti dissolve le peuple et en désigne un autre séance tenante.

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes », dit tout aussi fameusement Bossuet. C’est dire s’Il a devant Lui des moments d’intenses réjouissances. Nous, – c’est-à-dire nous, les-élites-qui-ne-sommes-pas-le-problème-aujourd’hui, – nous allons accélérer, accroître, renforcer de toutes les façons possibles ce qui entraîne toutes les catastrophes qu’on connaît en Europe aujourd’hui. Le Brexit avait fait son office avant que de donner ses résultats, – quels qu’ils soient. “Attaquons, attaquons comme la lune”, “Un con ça ose tout...” et “l’on ne change pas une équipe qui perd” sont parmi les lieux communs qui figurent dans notre arsenal pour cette contre-offensive fougueuse. J’ai avisé Dieu que je suis de Ses festivités, et que, finalement, je rirai grandement à Son côté. On dit que Dante Alighieri sortirait pour l’occasion une version mise à jour, assez postmoderne, de son grand thriller-médiéval & Fantasy, en changeant le titre ; ce serait désormais La Divine Rigolade.

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