Login
Créer un compte
(Pour toutes vos activités sur le site, y compris vos abonnements)
Perdu votre mot de passe?
Cliquez ici pour acheter cet article ou abonnez-vous
05/11/2009 - Faits et commentaires
Il y a 2 commentaire(s) associé(s) a cet article.
Vous pouvez le(s) consulter et réagir à votre tour.
5 novembre 2009 — Parmi les nombreuses nouvelles qui entourent l’affaire afghane, entrée dans un territoire nouveau avec la longue saison de l’attente d’une nouvelle stratégie US, celle de la prise de position du Britannique Kim Howells en faveur d’un retrait des forces de son pays d’Afghanistan a peut-être une importance marquée dans une perspective politique compréhensible. Nous voulons dire par là qu’il s’agit d’une position qui a une signification politique sensée dans une affaire (la crise afghane) qui est devenue incontrôlable et donc politiquement incompréhensible sinon par des théories qui ont l’avantage de satisfaire la raison (impression rassurante de comprendre l’incompréhensible, sorte de “j’embrasse ce que je ne peux étouffer”, sans pour autant influer sur les événements). La caractéristique de la situation afghane est bien celle des événements incontrôlables: elle ne devient compréhensible que dans les conséquences intérieures chez les acteurs; ici, le cas britannique.
Howells avait la responsabilité de l’Afghanistan au Foreign Office jusqu’en 2008; il occupe aujourd’hui, comme parlementaire travailliste, la position clef aux Communes de président de la commission des questions de sécurité et du renseignement. Le Guardian, où il écrivait un commentaire ce 3 novembre 2009, le définit comme “l’œil de Gordon Brown pour les problèmes de défense et de sécurité aux Communes” – cette dénomination impliquant l’accord existant entre Howells et Brown, et, de ce fait, donnant l’importance politique importante qu’on imagine à son article.
Howels développe une tortueuse problématique sur la question du terrorisme, de la sécurité intérieure, sur les intentions d’al Qaïda, de la meilleure façon de défendre le Royaume-Uni contre ces divers dangers qu’on avait un peu oubliés, etc. La conclusion, qui est du domaine sympathique d’une lapalissade, lui vient vite au bout de la plume; elle est de dire qu’on protégera mieux le Royaume-Uni contre le terrorisme au Royaume-Uni même qu’en Afghanistan (avec l’habituel ajout du renseignement, de la coopération internationale dans ce domaine, etc.): «It would be better, in other words, to bring home the great majority of our fighting men and women and concentrate on using the money saved to secure our own borders, gather intelligence on terrorist activities inside Britain, expand our intelligence operations abroad, co-operate with foreign intelligence services, and counter the propaganda of those who encourage terrorism.»
A nouveau des explications, toujours tortueuses, et qui effrayeront sans aucun doute nombre d’associations de défense des libertés publiques, et d’autres défendant les droits des minorités (au Royaume-Uni, les minorités musulmanes). Puis on en revient, sur la fin du commentaire, à l’essentiel; le constat du blocage politique dans le pays (dito, l’Afghanistan), avec la farce des élections présidentielles; la plaidoirie sur l’inutilité de la “bataille” livrée en Afghanistan, y compris avec les dizaines de milliers d’hommes supplémentaires que réclame le général McChrystal… «I doubt whether the presence, even of another 40,000 American troops – brave and efficient though they are – will guarantee that the Taliban and their allies will no longer be able to terrorise and control significant stretches of countryside, rural communities and key roads. Recent attacks in Kabul and other centres suggest that the present balance of territorial control is at best likely to remain – or, more likely, to shift in favour of the Taliban.
»Like many observers of this eight-year conflict, I had hoped that by now a degree of stability might have returned to Afghanistan. I assumed, wrongly, that a desire among ordinary Afghans for peace would prevail over the prospect of continued war and the spectre of being ruled by a tyrannical theocracy in one of the world's poorest and most backward countries. [Lieutenant General Jim Dutton, British deputy commander of Nato's International Security Assistance Force in Afghanistan] has stated that the “ultimate answer” to Afghanistan's problems is “a stable democratic state … in which [Afghan] forces are capable of maintaining the rule of law”.
»The general knows how far away that is. At a recent demonstration in the Afghan capital, Kabul, hundreds of Islamist demonstrators chanted “Death to America”. In a Commons debate some months ago, I expressed the view that a deadly combination of anti-democratic Islamic fundamentalism, corruption and the proximity of safe Pakistani havens for terrorists all militated against the notion that we will be able to continue convincing the British people that they should prepare themselves for a “30-year” campaign (as one of our distinguished diplomats put it).»
Bref, Howels s’avoue partisan d’un retrait britannique d’Afghanistan, et cette intervention est qualifiée, dans un commentaire du même Guardian, le même 3 novembre 2009, de «major fissure opens up in Labour's support for the Afghan war». D’une façon générale, le commentaire, de même que les conditions de la parution du commentaire autant que la personnalité de l’auteur, disant écrire de sa propre initiative mais tout de même le faisant “ès qualité” (“œil de Gordon Brown…”, etc.), font penser qu’en l’occurrence Gordon Brown n’est pas en total désaccord. Plutôt qu’une “large fissure”, ne pourrait-on parler de l’amorce, ou de la recherche d’un tournant fondamental, de la part des Britanniques? Les dernières nouvelles d'Afghanistan, avec la mort de 5 soldats britanniques dans des conditions bien décourageants (tués par un policier afghan en cours d'entraînement par les Britanniques) ne contredisent certainement pas l'hypothèse.
Le même commentaire apprécie, entre autres faits, deux points particuliers:
• L’effet politique intérieur de cette prise de position, envisagé, pour certains acteurs politiques, comme une sorte de “libération des consignes” non-dites sur la solidarité nécessaire avec la “guerre contre la terreur” sur les théâtres extérieurs.. «His remarks may also provide political cover for one of the two main opposition parties, probably the Liberal Democrats, to go into the general election calling for the withdrawal of British troops. Nick Clegg, the Lib Dem leader, has so far stopped short of calling for withdrawal, but said on Monday that British troops were “being asked to prop up a government in which no one believes”.»
• L’observation, en passant, que de telles propositions amèneront un refroidissement très net des relations du Royaume-Uni avec l’OTAN et avec les USA. («He concedes a withdrawal would have momentous consequences for British relations with Nato, and especially the US.») On l’espère temporaire mais on n’apporte aucune autre indication, considérant un peu la chose comme une conséquence inévitable – et si elle devait être plus que “temporaire”, eh bien qu’il en soit ainsi…
Vous avez pu lire 46 % de cet article en lecture libre.
Cliquez ici pour pouvoir lire l'ensemble