Notes sur le Rafale et l’exportation (I)


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10/10/2009 - Analyse

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Notes sur le Rafale et l’exportation (I)

Nous tenons la forte possibilité de vente du Rafale au Brésil, en plus d’autres contrats militaires entre la France et le Brésil, comme quelque chose qui serait à classer parmi les événements politiques majeurs, – un événement majeur pour les relations internationales, un événement majeur pour le cadre général de l’affrontement qui caractérise la crise centrale de notre civilisation entre les forces déstructurantes et les forces structurantes. Nous avons encore récemment apporté une contribution (le 7 septembre 2009) fixant notre appréciation théorique des rapports entre les équipements militaires de haute technologie et cet affrontement structuration-déstructuration, et une autre (le 9 septembre 2009) sur ce que nous jugeons être la “stratégie auto-évolutive” de ce type de coopération entre la France et Brésil.

Bien entendu, si cette perspective ne se concrétisait pas, il s’agirait d’un revers des forces structurantes contre les forces déstructurantes. Mais la logique de l’affrontement aurait néanmoins été exposée, même dans ce cas négatif extrême, et resterait comme un modèle qui ne tarderait pas à être renouvelé, dans un sens positif, tant il correspond à la dynamique de l’affrontement en cours où les forces déstructurantes sont en position défensive, sinon dans une situation de déroute dans certains cas.

Le cas du Rafale est fondamental dans cette occurrence, et dans l’hypothèse d’une commande brésilienne, dans les conditions que nous avions résumées puis détaillées récemment (le 8 septembre 2009 et le 9 septembre 2009). Résumons notre propos par trois points:

• Le Brésil est devenu un acteur essentiel des relations internationales, à cause de son poids spécifique; à cause de sa position de leadershipd’un continent qui est en train de se rassembler et de se mobiliser sur une option d’indépendance anti-US; à cause de sa position dans un bloc naturellement contestataire de l’ordre américaniste global (le BRIC).

• L’avion de combat est par définition, tradition et perception, l’archétype du système à définition politique, voire métapolitique, par ses rapports directs (positifs ou négatifs selon qui en use dans les transferts) avec les principes structurants de souveraineté, d’identité et de légitimité. C’est l’archétype du concept d’armement en pleine transformation radicale de définition, de sa situation d’emploi direct classique à une situation toujours plus importante d’acteur fondamental passant du domaine opérationnel classique au domaine politique et symbolique qui a une place centrale dans la crise de civilisation où nous nous trouvons.

• Par les spécificités françaises, tant technologiques qu’historiques et métapolitiques, le Rafale est représentatif d’un courant politique structurant très puissant, sans doute le plus puissant potentiellement – donc, courant spécifiquement antiaméricaniste, qul que soit le babillage des dirigeants français, fortement identitaire et souverain par conséquent. C’est purement et simplement “la force des choses”.

Ce cadre très actuel et très large tracé, il nous semble intéressant de revenir sur l’historique du système Rafale dans le cadre de l’exportation, donc de la dimension potentiellement d’une très grande force structurante. Cet historique est révélateur, on le verra, à plus d’un égard.

Nous allons procéder avec une série de trois articles, deux sur l’historique commenté et apprécié lui-même, le troisième sur la situation à laquelle on aboutit aujourd’hui, à la lumière du possible/probable marché brésilien et des perspectives qu’il ouvre, et, de toutes les façons, à la faveur de ce que ce marché potentiel a montré de l’importance des facteurs considérés. Il y sera, évidemment, question des USA principalement, accessoirement de l’Europe, ou disons plutôt de “l’inexistence de l’Europe”.

L’“historique” n’entend en aucune façon être techniquement complet, factuel, etc. Il ne s’agit pas d’une “documentation” historique servant à la banalité subversive des faits dépourvus de cadre d’interprétation, de cadre politique, etc., donc nécessairement réducteurs et, au bout du compte, faussaires et trompeurs derrière le vernis usé de l’“objectivité” scientifique. Il s’agit d’une appréciation sélective, selon une vision historique générale et aussi à la lumière d’expériences très précises et, disons, “vécues”…

L’histoire commence – “il était une fois” – en 1985…

1985, l'année de tous les possibles

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