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Article : Sur « La condition numérique », de Bruno Patino et Jean François Fogel

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Errare humanum est

Bernard Scaringella

  16/03/2014

Aucun système, cerveau artificiel ou autre jamais n’assoiera une quelconque domination/contrôle total du monde pour plusieurs raisons fondamentales qui tiennent à des particularités que seuls les humains, tous ont, au contraire des autres être vivants.
L’humain fait des erreurs. C’est pourquoi il progresse et progressera toujours sans jamais éliminer toute erreur. Tout système informatique est donc farci d’erreurs. Plus il est complexe plus il comporte d’erreurs. Un algorythme peut être parfait, prouvé formellement, tout le fatras autour est bourré d’erreurs, c’est obligatoire. Le fatras est faux, intrinsèquement.
L’humain n’est jamais seulement un individu. Il a des choses/objets qui sont parties des son identité et qui sont uniques, il existe surtout par tout un ensemble d’appartenances, toutes s’entremélant avec celles des autres humains. Preuve en est les myriades de communautés sur le net.
Les pays et autres organismes politiques ou non sont et seront toujours en concurrence entre eux et avec tous les autres systèmes. Cet éternel et universel proprement humain est indépassable et interdit toute domination totale et universelle. A moins de transformer tous les humains et ceux à venir en robot de fer/plastique/silicium. Par exemple de plus en plus de pays refusent/renoncent à l’usage des grandes langues pour se replier sur les leurs historiques/ancestrales.
Tout cela est incontrôlable. Les systèmes à grande échelle, big data ou sociaux ne peuvent au mieux que faire des corrélations. Encore des erreurs. Ils pourront sois disant prédire, oui, en partie, et tant que la matière première est la. Les humains sont déjà en train d’apprendre à s’en protéger non pas par une technicité accrue mais par la technique ancestrale du secret. De plus en plus n’apparaissent sur les réseaux de la part des jeunes que de l’anodin, du non pertinent. Une grande part des populations est en retard, mais tous tôt ou tard par osmose pratiqueront de même à l’image des premiers. cela les rendra indétectables car inintéressant. L’insignifiance de chaque humain est sa meilleur protection face à ces systèmes.
Tout ce qui est à base de chiffre/nombre est de plus en plus considéré comme potentiellement dangereux par les jeunes. Cela est du aux erreurs/errances du système financier globaliser qui va se désagréger tôt ou tard. Les erreurs phenoménales de ces systèmes apparaissent régulièrement et des humains restent et resteront indispensable pour en assurer le simple fonctionnement. Les jeunes ont déjà intégré qu’ils sont traqués en permanence. Ils n’ont aucune confiance dans un quelconque système informatisé, même wikipédia est suspect et ils croisent moult sources. Facebook perd des unités pour d’autres systèmes de plus en plus éphémères et devient de plus en plus un carnet pour les rendez-vous.
Il est actuellement très simple de se protéger des tout système qui est basé sur le langage (tout ce qui est informatique donc) tout en étant présent partout. Le langage évidemment est une des clés. Ne pas utiliser les mots-clés, disparaitre régulièrement en ne commentant rien, utiliser des procédés littéraires inattendus, utiliser les langages communautaires et le plus ésotérique possible etc ... Les jeunes le font sans le savoir. Comme monsieur jourdain.
A part tenter de standardiser l’humain, tous ses systèmes ne peuvent pas dominer/contrôler tout. Mais standardiser l’humain est un mythe dont les avatars ont écumé le siècle passé. Le nouvel avatar du siècle naissant ne finira comme les autres. Rapidement les humains se désintéresseront de toute tentative de standardisation car ils les detècterons sur ces systèmes comme il les ont toujours détecter.
Certes un empire peut durer longtemps mais fatalement il s’effondre car il est composé d’humains intrinsèquement inapte/impossible à être standardisés/robotisés qui toujours divergent les uns des autres et par les erreurs qu’il comporte obligatoirement. La toute première erreur fondamentale étant le choix des personnes qui conçoivent ces systèmes.
Tous ces systèmes retrouveront facilement n’importe qui n’importe où? Quelle blague/propagande savamment distillée pour effrayer. Cela ne marchera pas bien longtemps. Partout les moyens de diverger apparaitront, aucun système ne pourra suivre.  Bientôt la plupart des jeunes laisseront portable, ordi, voiture même au placard dès qu’ils feront quoi que ce soit d’important à leurs yeux. Tout achat un tant soit peu limite ou estimé comme potentiellement utilisable par les systèmes sera fait de gré à gré par le troc s’il ne reste que ce moyen car toute action sur les systèmes devient suspecte d’être utilisée pour des buts inconnus.
Ils n’ont pas attendu snowden. Qui ne sert que de pretexte aux puissants à s’entre déchirer par des cris à qui mieux mieux alors que tous font la même erreur historique.
Qui plus est, les libertés tendant à s’effacer à cause de ces systèmes pour l’instant, tous les jeunes sont en train d’apprendre la seule liberté réelle, celle de s’auto-contrôler. De force réapparaissent la pudeur, la mesure, l’intimité, le privé et cela signe la mort de ces systèmes. Les jeunes regardent la télé-réalité pour en rire, de moins en moins pour s’identifier, et bien peu ont envie de quoi que ce soit de ce monde la.
Qui répond encore à un quelconque sondage sur le net parmi les jeunes? Toute tentative de capture d’information est routée vers des adresses bidons détruites régulièrement. Ils le font déjà et ce sera toujours plus.
Tous ces systèmes sont déjà morts-nés car leur essence est si simple à comprendre, et car ils sont conçus par les mauvaises personnes.

La société industrielle et son avenir 1998

Dedef

  16/03/2014

Relisez UnaBomber, vous ne perdrez pas votre temps. Ca date de 1998.

kropot.free.fr/Kaczynski-livre.htm

par exemple:
115. Le système doit contraindre les gens à adopter des comportements de plus en plus étrangers au comportement naturel de l’homme. Par exemple, le système a besoin de scientifiques, de mathématiciens et de techniciens, il ne peut fonctionner sans eux. On exerce donc une très forte pression sur les enfants pour qu’ils excellent dans ces domaines. Il n’est pas naturel pour un adolescent de passer la plus grande partie de son temps assis studieusement à un bureau. Un adolescent normal désire passer son temps en contact direct avec le monde réel. Chez les peuples primitifs, les enfants apprenaient à faire ce qui est en harmonie avec les impulsions humaines naturelles. Chez les Indiens d’Amérique, les garçons s’aguerrissaient par l’exercice de leurs forces en pleine nature — précisément ce qui plaît à des garçons. Mais dans nos sociétés, les enfants sont obligés d’étudier des sujets techniques, ce que la plupart font à contrecœur.

ou encore:
119. Le but du système n’est pas de satisfaire les besoins humains. Bien au contraire, c’est le comportement humain qui doit être modifié pour s’adapter aux besoins du système, et l’idéologie politique ou sociale qui l’inspire prétendument n’est pas ici en cause ; la technologie est seule responsable, c’est elle qui dirige le système, et non l’idéologie (18). Bien entendu, le système satisfait de nombreux besoins humains, mais seulement dans la mesure où il y trouve un intérêt. Ses propres besoins sont souverains, pas ceux de l’espèce humaine. Ainsi fournit-il de la nourriture parce qu’il ne pourrait pas fonctionner si tout le monde mourait de faim ; il subvient aux besoins psychologiques des gens chaque fois qu’il peut le faire sans inconvénient, parce qu’il cesserait de fonctionner si trop d’individus devenaient dépressifs ou se rebellaient. Mais le système, pour de bonnes et solides raisons pratiques, doit exercer une pression constante pour modeler le comportement des gens selon ses besoins. Trop de déchets accumulés ? Le gouvernement, les médias, le système éducatif, les écologistes, tout un chacun nous inonde d’une masse de propagande en faveur du recyclage. Manque de personnel technique ? On exhorte en chœur les enfants à étudier les maths. Personne ne prend le temps de se demander s’il est humain d’obliger des adolescents à passer la plus grande partie de leur temps à étudier des matières que la plupart détestent. Quand des ouvriers spécialisés sont licenciés à cause des progrès technologiques et doivent se «recycler», personne ne se demande s’il est humiliant pour eux d’être évincés de cette manière. On pose simplement en postulat indiscutable que chacun doit se soumettre à la nécessité technique pour la bonne raison que, si on donnait la priorité aux besoins humains, il y aurait des problèmes économiques, du chômage, des pénuries, et pire encore. La notion de «santé mentale» recouvre pour l’essentiel dans notre société la façon dont un individu se comporte en accord avec les besoins du système, et ce sans présenter de symptômes de stress.

ou ça:
162. Le système est engagé actuellement dans une lutte désespérée pour résoudre certains problèmes qui menacent sa survie, parmi lesquels celui du comportement humain, qui est le plus important. Si le système réussit à mettre en place assez rapidement un contrôle suffisant, il survivra probablement. Sinon, il disparaîtra. Nous pensons qu’il faudra plusieurs décennies pour trancher cette question, disons entre quarante et cent ans.

163. Si le système survit à la crise des prochaines décennies, il lui aura fallu entre-temps, parmi tous les autres problèmes à résoudre, achever la «socialisation» des hommes, les avoir rendus suffisamment maniables pour que leur comportement ne constitue plus une menace. Cela accompli, il n’y aura apparemment plus aucun obstacle au développement de la technologie, et elle s’approchera probablement de sa conclusion logique, le contrôle de toute vie terrestre, que ce soit celle des hommes ou des autres organismes complexes. Le système pourrait alors devenir une organisation unitaire et monolithique, ou se fragmenter en plusieurs organisations entretenant des relations de coopération et de compétition, comme aujourd’hui le gouvernement, les consortiums et autres grandes organisations coopèrent, tout en rivalisant les uns avec les autres. La liberté aura disparu, parce que les individus et les petits groupes seront impuissants face aux grandes organisations suréquipées technologiquement et dotées non seulement d’instruments de surveillance et de coercition physique, mais aussi d’un arsenal d’outils de manipulation psychologique et biologique. Le pouvoir réel sera détenu par un petit nombre de gens ; eux-mêmes ne jouiront probablement que d’une liberté très limitée, parce que leur conduite sera elle aussi surveillée, à l’image de nos politiciens et chefs d’entreprise qui doivent aujourd’hui agir dans certaines limites s’ils veulent conserver leur place.

164. I1 serait naïf de croire que le système, une fois ces années de crise passées, n’aura plus besoin de développer de nouvelles techniques de contrôle des individus et de la nature ; il se hâtera au contraire d’accroître son contrôle, parce qu’il ne sera plus embarrassé de toutes ces difficultés auxquelles il est confronté actuellement. Sa survie immédiate n’est pas le principal moteur de cette extension. Comme nous l’avons expliqué aux paragraphes 87-90, le travail des techniciens et des scientifiques est en grande partie une activité de substitution ; c’est-à-dire qu’ils satisfont leur besoin de puissance en résolvant des problèmes techniques. Ils continueront à le faire avec un enthousiasme égal, et les problèmes les plus intéressants et les plus stimulants qu’ils auront à résoudre seront ceux de la compréhension et de la modification du corps et de l’esprit humains. Pour le «bien de l’humanité», naturellement.

165. Mais supposez au contraire que le système échoue à maîtriser les tensions des décennies à venir. S’il s’effondre, il s’ensuivra sans doute une période de chaos, une «époque de troubles» semblable à celles que l’histoire a traversées à plusieurs reprises par le passé. Il est impossible de prédire ce qui en émergera alors, mais, de toute façon, ce sera pour l’humanité une nouvelle chance. Le plus grand danger serait de voir le système industriel se reconstituer dès les années suivantes. Il y aura certainement des gens, ceux avides de pouvoir en particulier, qui seront impatients de remettre les usines en route.

166. Ceux qui haïssent l’esclavage dans lequel le système industriel tient l’espèce humaine doivent donc s’atteler à deux tâches précises. Nous devons tout d’abord travailler à aiguiser les tensions sociales afin de précipiter l’effondrement du système ou, en tout cas, l’affaiblir suffisamment pour qu’une révolution devienne possible. Il est nécessaire ensuite de développer et de propager, en prévision d’un moment où le système sera assez affaibli, une idéologie opposée à la technologie et au système industriel. Son but étant de s’assurer qu’au moment de l’effondrement, s’il vient à se produire, soit mis en pièces tout ce qui subsistera de la société industrielle, de sorte qu’elle ne puisse plus être reconstituée. Les usines devront être détruites, les livres techniques brûlés, etc.