Sur le site dedefensa.org de ce jour (18 08), il y a un article très intéressant de Philippe Grasset dont le titre est " La boucherie dévastatrice de l’US Navy". Dans cet article, il est fait mention de la puissance, durant les années de la seconde guerre mondiale, de la Flotte US qui se composait alors d'une très grande armada de navires de guerres et d'avions qui y sont embarqués et, permettez-moi d'utiliser cette expression, et de la "déliquescence" de celle d'aujourd'hui.
Dès les premières lignes, Phillipe Grasset annonce :
"Il est plus grave de ridiculiser un porte-avions par le désordre du laisser-aller de l’incompétence, que de le couler".
Cette phrase à elle seule permet peut-être de comprendre la stratégie de guerre des Iraniens qui, malgré les multiples drones et les missiles hyper soniques dont ils disposaient, ont laissé cette armada prendre le large. Ils n'ont pas été tentés de la détruire lorsqu'elle était à quelques dizaines de Km à vol d'oiseau de leur côte. De ce point de vue, il est d'ores et déjà tout à fait logique et rationnel de dire que les Iraniens ont été intelligents. Ils ne voulaient pas, apparemment, infliger beaucoup de pertes humaines à leur adversaire sachant que, stratégiquement, rien que le fait d'avoir tenu tête à cette hyperpuissance militaire du monde aidée de ses coalisés ( Israël et certains pays de l'OTAN), ils étaient déjà gagnants. Gagnants dans le sens où, en agissant de la sorte, ils ont pu psychologiquement, toucher le cœur des populations du Sud global. A quelques exceptions près, celles-ci les soutiennent moralement. Ils ont pu démontrer au monde tout entier que, même en période de guerre, l'homme ne doit pas perdre son humanité. Il ne doit pas céder au sentiment de vengeance et tirer ainsi sur tout ce qui bouge, du côté de l'adversaire.
Il est vrai que les infrastructures de leur pays sont peut-être à moitié détruites mais sur le plan de la symbolique, la victoire est de leur côté, et cela ce n'est pas rien. Dans cette guerre, on peut même dire que les Iraniens se conduisent en gentlemen. Ils ripostent, certes, mais de façon proportionnelle et symétrique. Ni plus ni moins. Ils sont loin de se douter que le facteur temps est en leur faveur. Le temps joue plutôt contre leur adversaire. Car, une armée qui se trouve loin de ses bases ne tient généralement pas longtemps. Elle finit par se lasser. Elle finit par se retirer. D'une manière ou d'une autre.
Par ailleurs, on sait qu'une flotte, aussi puissante soit-elle, devient, dans l'immensité de l'océan, tout de suite vulnérable. Une fois coupée de sa base d'accostage et par conséquent de ses moyens logistiques, cette flotte ne sert à rien. Elle devient plutôt un cercueil flottant pour les milliers de marins qui s'y trouvent. Et c'est ce qui se passe actuellement sur le porte-avion Abraham Lincoln où, selon certaines informations qui restent toutefois à vérifier, il y 'eut même un début de mutinerie. Pour la raison principale que la logistique ne suit pas ce qui fait qu'à bord, on manque de tout. Même du strict minimum en matière de produits d'hygiène corporelle, par exemple.
Cela dit, cela me rappelle, tout comme à Phillipe Grasset qui rapporte ses souvenirs dans cet article , qu'en 2017, j'avais écrit un article sur Algérie patriotique dont le titre était " L'armée de Bagdad, la bouffe et le farniente". Évidemment, comme vous ne manqueriez pas de le constater si vous lisiez cet article, le contexte et la nature de mes propos n'avaient rien à voir avec l'armée US. Dans cet écrit, je faisais plutôt allusion à un malentendu entre mon pays, l'Algérie, et la Tunisie, provoqué à l'époque par un jeune ministre Tunisien qui, apparemment, manquait d'expériences en matière de relations internationales.
Bref, pourquoi je cite maintenant cet article ? La réponse est simple : pour son titre.
Sauf qu'en ce qui concerne l'état d'esprit des marins du porte- avion Abraham Lincoln, en ces jours-ci, est tout à fait le contraire de la fameuse armée de Bagdad qui, en 2003, avait abandonné en rase campagne son président Saddam Hussein. Elle ne mangerait pas à satiété ni ne s'adonnerait au farniente.
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