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Article : Les pièges du langage décadent

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Défense de la langue contre le Globiche

Jean-Claude Cousin

  11/05/2026

Bonjpir.
Je remets ici un extrait d'un "discours que j'avais prononcé le 2 mars 2018 devant des associations pour la langue française, au Flam's de Paris-Montparnasse.

Oui, il faut insister pour que la langue française existe, ainsi ceux qui la parlent, face au rouleau compresseur du Globiche. Ce sabir global mondial généré et propagé par "nos dirigeants" de concert avec les Financiers Mondiaux sape le principe même de la liberté.
Oui, il faut d'abord agir dans l'hexagone, parce qu'il est le creuset sans lequel notre langue n'est plus rien. Nous saluons les suggestions de Monsieur Favre d'Echallens (hélas décédé en 2021) qui sont remarquables.
Il faut renforcer la langue, comme en conjure Arnaud Upinsky, une piste intéressante serait même de suggérer qu'elle (re)devienne la langue européenne, comme elle le fut réellement du XVIIe siècle à 1815. Ce n'est qu'une question de volonté politique.
Ne mettons personne à l'écart. Que chacun apporte sa pierre à l'édifice. Toute bonne volonté est à considérer. Nous luttons contre l'exclusion, alors n'excluons personne. L'union fait la force. De même, parmi nos concitoyens aucun ne devrait se sentir exclus en raison de l'imposition d'une langue non maternelle (sauf à de lointains paresseux se refusant d'apprendre les autres langages) comme langue véhiculaire. En tout cas, l'unité devra guider nos pas si nous voulons être efficaces, "ne nous chamaillons pas". Si chacun reste centré sur lui-même, bien sûr il ne se passera… rien.
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A cette occasion j'avais écrit un petit poème.

La langue, notre combat


Ployez tous le genou, car le Verbe s'avance,
Et François, le premier, le sentit, impérieux,
Saisir en un élan des patois la mouvance,
Et Touraine en émoi nous l'offrit comme un dieu.

De Liré esseulé en Marches de Bretaigne
Au Vendômois discret sans châteaux orgueilleux,
De Seuilly s'inclinant vers Chinon souveraine,
bergère adouba un roi très malheureux,

Un tourbillon jaillit, et porta vers Paris
Le plus beau d'un langage en superbes rameaux ;
De patients jardiniers en sculptèrent les cris
Afin d'offrir à tous le langage nouveau.

Le timbre en était juste, et l'éloquence inouïe,
Les vers se présentaient comme pages en parade,
Le français devenait de l'Europe éblouie
La façon de parler naturelle, en tornade !

Le soleil était roi, mais brillait au-dessus
Le Verbe en majesté plus précis que l'éclair,
La langue souveraine des tréteaux peu cossus
Comme aux églises royales par la voix de la chaire.

S'en emparèrent penseurs, philosophes et tribuns
Ravis de manier sa précision immense ;
Au peuple elle donna voix, audace – et Jacobins
Pour déclamer au ciel sa misère si dense.

Las ! L'aigle s'abattit, un grand bruit retentit :
La langue avait perdu ses grands thuriféraires.
Grande encore, elle portait bonnet rouge, et bondit.
Ce fut lors la Commune : l'Internationale vit.

C'est pourquoi aux banquiers désormais elle fait peur ;
C'est pourquoi tout est fait pour briser son élan,
Tout est mis en action pour briser ses ardeurs,
Car ils craignent de la voir retrouver son allant.

Ami qui viens ici, aide-moi à reprendre
Le flambeau de la langue qui nous est maternelle :
Tant que deux nous serons, elle pourra se répandre
Et garder à jamais son éclat éternel.
Jean-Claude
 

L'IA et la décadence du langage

jc

  14/05/2026

L'IA actuelle me paraît maîtriser beaucoup mieux que moi la structure de la langue française (l'orthographe et la grammaire).

Mais, en ce qui concerne son origine et sa fonction,  je ne vois pas du tout en quoi et pourquoi  elle aurait un quelconque avantage sur les humains dont c'est la langue maternelle.

À la fin de "Stabilité Structurelle et Morphogénèse" (ed. 1977), Thom consacre un paragraphe à la double origine du langage chez l'homme.

" L'apparition du langage chez l'homme répond à un double besoin : une contrainte individuelle de nature évolutive, visant à réaliser la permanence de son moi en état de veille et une contrainte sociale, exprimant les grands mécanismes régulateurs du groupe social.

La première contrainte répond au besoin de virtualiser la prédation. L'homme en éveil ne peut, comme le nourrisson de neuf mois, passer son existence à saisir les objets pour les mettre en bouche. Il a mieux à faire :aussi, va-t-il « penser » c'est-à-dire saisir des êtres intermédiaires entre les objets extérieurs et les formes génétiques : les concepts.
(...)
À la naissance, le nourrisson est équipé d'un stock de schémas sensori-moteurs, de formes génétiques qui se manifestent dans les réflexes dits archaïques. Plus tard, vers l'âge de six mois, ces schémas subissent une sorte de fonte, de catastrophe généralisée, qui coïncide avec le début du babil enfantin. On peut voir dans ce babillage une volonté d'expulser, par voie articulatoire, un certain nombre de formes génétiques aliénantes, manifestation ludique d'émission, non de capture.
(...)
Si l'on ne parle pas à l'enfant entre un et trois ans, la catastrophe d'expulsion articulatoire (le babil) dégénère rapidement en l'émission d'un petit nombre de sons grossiers (vocalisations des enfants-loups). L'exfoliation de l'espace sémantique support du concept est inhibée par l'incohérence ou l'absence des émissions sonores associées à l'objet ; d'où le retard intellectuel et l'idiotie auxquels ces enfants sont condamnés. (...) Il ne fait guère de doutes que leur psychisme est encore dominé par un petit nombre de formes aliénantes.
(...)  
L'homme s'est débarrassé de ces formes aliénantes en leur donnant un nom, il a ainsi neutralisé leur pouvoir hallucinatoire. "


Mon commentaire :

  L' IA n'ayant aucune idée, à mon avis et aussi au sien ! (1), de ce qu'est une forme génétique (2), et ne pouvant par suite se substituer correctement à l'entourage humain (parents, fratrie, etc.) pour guider l'acquisition du langage par le petit enfant, apparaîtront peut-être alors des aliénés d'un type nouveau ...


Ma conclusion :

  Ne pas nommer les choses (ou les mal nommer) ajoute au malheur du monde…


(1) https://brunobertez.com/2026/05/13/essai-pour-reflechir-sur-lia/    :  "Mais elle [l'IA] reste entièrement à l’intérieur de la situation c’est à dire du monde tel qu’il est déjà compté et connu. Elle ne fait que re-configurer ce qui est déjà encodable. Elle n’invente rien qui soit indiscernable (c’est-à-dire qui échappe complètement à ce que la situation peut déjà nommer).

(2) Thom : "Rappelons ici qu'une forme génétique n'est pas un schéma figé, mais bien plutôt un système pourvu de dispositifs d'autorégulation comme un être vivant ; un concept se forme par plaquage, par projection des schémas régulateurs du sujet sur une forme spatiale, une image extérieure. "