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Article : Le “pire-du-pire” à l’horizon

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Du Guomindang à la pathétique Washing Town

Jean-Claude Cousin

  16/05/2026

Rappelons que, quand les "nationalistes" se sont repliés sur l'île de Taiwan, leur leader a continué à proclamer qu'ils étaient le seul gouvernement légitime de LA CHINE ENTIÈRE, ce qui implicitement doit sans doute signifier que la Chine reste unie : c'est un peu comme si le président de Corse s'affirmait président de la France entière, je pense que l'analogie est assez pertinente.
Le frère de mon gendre habite Taipeh depuis de nombreuses années, j'ai donc qielques échos de première main. Taiwan n'est qu'une pâle réplique, en petit, de la Chine continentale, mais en bien pire parce que sous le joug du capitalisme anglo-saxon. Les Taiwanais seraient indifférents en général au retour à l'union avec le grand frère de Beijing, si la poigne de fer des "autorités" ne continuait pas à maintenir une séparation drastique et contre nature.
Pendant ce temps-là, sur les bords du Potomac, ce qui était autrefois un marécage naturel est devenu un visqueux succédané de mangrove politique aux relents pestilentiels, un lieu au nom prédestiné où un moderne Heraklès devrait bien venir laver le sol.
On peut envisager que la présidence actuelle, avec ses exagérations pathétiques, désordonnées et grandiloquentes, soit le moment où le fond (du marécage ?) est atteint, et que désormais la reconstruction soit la seule option. Après tout, peut-être est-ce le cas.
Ce jour-là, la seule option pour Taiwan sera le retour au bercail, débarrassée qu'elle sera du Pygargue à tête blanche, et d'un pathétique Empire devenu seulement pire.
De Moscou à Beijing, on peut imaginer que les têtes bien faites observent avec amusement la régression rappelant la lente chute de l'Empire romain rongé de l'intérieur. Ce jour-là aussi, la Dictature de l'Ombre constituée par les Grands Banquiers et assimilés perdra son soutien "naturel", et pourra se retrouver dans la situation de ce qu'un déssinateur humoriste avait suggéré à propos des trolls.
Rien n'est perdu encore, même si l'autre option, celle "à la Samson", peut être encore crainte. Quant à nous, simples citoyens, continuons humblement à nous répéter, comme les frères Frttt d'une vieille légende poitevine, « Aubons ! », soyons levés dès l'aube et vigilants.

Le piège de Thucydide tendu par le Diable

jc

  16/05/2026

Thucydide ( étymologiquement Gloire à Dieu ...) est à la mode depuis que Xi a signifié à Trump que la Chine était la puissance mondiale montante qui avait relégué ( ou allait incessamment reléguer ) les USA au rang de puissance de second rang; et peut-être Xi, en disant ça, pensait-il aussi à d'autres puissances ( dont l'UE - et aussi la Russie ?-  ).

Le piège a été tendu par le Diable lorsque s'est posé le problème des universaux ( opposition réalisme/nominalisme ), querelle qui fit rage au Moyen Âge pour se terminer par la victoire du nominalisme en ce qu'il acquit officiellement droit de cité ( en France en 1481, sous Louis XI ).

Le nominalisme va alors se répandre comme une épidémie en pervertissant la raison réaliste et en provoquant presque aussitôt le divorce de la science moderne, auto-qualifiée d'objective (Galilée, Descartes, siècle des Lumières, etc.) et de la philosophie, confinée quant à elle dans la forteresse de la subjectivité (1); d'abord en Occident et maintenant, clairement pour moi, dans le reste du monde, en particulier en Chine, qui a choisi de surpasser les USA dans la course à l'innovation technologique matérialiste-nihiliste.

La Chine est-elle réellement tombée dans ce piège ? C'est peut-être ce que suggère PhG dans "La crise de la raison subvertie" (2).

J'ai maintes fois rapporté ici la position de Thom à ce sujet: "Il faut décourager l'innovation (...) Sinon, si nous continuons à priser par-dessus tout l'efficacité technologique, les inévitables corrections à l'équilibre entre l'homme et la Terre ne pourront être -au sens strict et usuel du terme- que catastrophiques.".

C'est pour moi une condition évidemment nécessaire pour ne pas tomber dans le piège tendu par le Diable ( l'IA en est la plus récent avatar ), mes lectures thomiennes, apocalyptiques, m'amenant à penser maintenant que la nature est beaucoup trop intelligente pour moi… ) (3).

Du grain à moudre pour les archéo-futuristes (alias constructivo-vitalistes) ?  Je rappelle que la vision thomienne du monde est géométrico-vitaliste :

- "Notre méthode qui vise à attribuer à l'être vivant une structure géométrique formelle en assurant la stabilité, peut être
caractérisée comme une sorte de vitalisme géométrique." ;

- "De même qu'on commence à se rendre compte que le génome des Eukariotes est très différent de celui des Prokariotes, parce qu'il ne remplit pas les mêmes fonctions, on pourrait bien un jour s'apercevoir que ce ne sont pas les molécules qui font la vie, mais au contraire la vie qui façonne les molécules." ;

- "" La synthèse entrevue des pensées vitaliste et mécaniste  en Biologie n'ira pas sans un profond remaniement de nos conceptions du monde inanimé. " (Thom, 1966).

(1) "(...) Les Philosophes ont abandonné aux savants la Phusis et se sont repliés dans la forteresse de la subjectivité. Il leur faut réapprendre la leçon des Présocratiques, rouvrir les yeux grands sur le monde, et ne pas se laisser impressionner par l'expertise souvent dérisoire d'insignifiance de l'expérimentateur. Inversement la science doit réapprendre à penser." (René Thom, 1979)

(2) https://www.dedefensa.org/article/glossairedde-crisis-la-crise-de-la-raison-subvertie

(3) " L’idée qu’il pourrait y avoir dans la nature des instances dont le comportement imiterait -tout en l’excédant- notre propre intelligence et ferait ainsi obstacle à nos desseins les mieux fondés n’est pas sans provoquer en nous un réel malaise. Car alors nos capacités de progrès dans le dévoilement de la nature s’évanouiraient et un monde bien triste, un monde sans jeu, s’installerait, véritable tombeau de l’humanité. Ici, inutile d’évoquer l’existence d’ « extra-terrestres » qui nous domineraient. Il nous suffit qu’il existe des êtres de nature abstraite, quasi-platonicienne, qui puissent jouer ce rôle. Toute science avertie devrait accepter cette possibilité et relever le défi. " (René Thom, fin de « Aux frontières du pouvoir humain : le jeu », dernier chapitre de « Modèles Mathématiques de la Morphogenèse », 2éme ed., 1980)