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Article : Le monstre jette le masque

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Hallucinations

thierry .

  02/03/2009

Bonjour,

cette nuit, j’ai fait un rêve horrible :

j’ai vu le président des USA main dans la main avec Messieurs Hugo Chavez et Evo Morales, tous trois appelant les dirigeants des pays d’Amérique centrale et du Sud -ainsi que le Canada!- à la réforme du libéralisme économique vers plus de justice sociale et au partage des pouvoirs politiques et patronaux avec des comités populaires, pendant que Mr Vladimir Poutine et le président chinois fustigeaient le nouvel axe socialiste rouge panaméricain…

Où suis-je ? J’ai peur…

Thierry

Et le couple anglo-US ( ou Europe-US)?

Père Iclès

  02/03/2009

Cet enterrement virtuel de l’époque ouverte par Reagan et Thatcher par Reich ne comporte-t-il pas une allusion au fait qu’une frange de la population US (notamment les libertariens qui ont soutenu Ron Paul) désirent qu’on en finisse avec cette bête à deux têtes ( dont l’une pourrait être l’Europe ou la GB selon l’humeur du moment) qui selon eux a entraîné les US de déroutes en débacles ?

De telles revendications ne sont pas infondées.

La guerre à “l’islamisme radical” n’est pas une idée US à l’origine mais à100% française et il n’y a pas si longtemps les élites françaises se lamentaient de l’immobilisme US face à cette menace qui ne les concernaient qu’eux.

Depuis on a appris que la menace en question a été fabriquée de toutes pièces notamment par différents services secrets poursuivant chacun son but…

De là à ce que l’opinion US en déduise que les européens (relayés à l’intérieur du pays) ont poussé leur pays exprès ce traquenard pour saper sa puissance, il n’y a qu’un pas. Or il se trouve que la méfiance à l’égard de l’Europe est latente dans la population US…

Il sera donc intéressant d’observer la façon dont va évoluer l’interprétation des évènements des 15 dernières années (en gros les années Clinton-Bush ) dans les média US pendant la présidence d’Obama.

Crapaud Froid

  02/03/2009

Vous avez bien raison de ne pas vous « enfermer dans la rhétorique “riches-pauvres”, encore moins vaticiner à propos de l’égalité », car c’est exactement dans ce type de dichotomies que le virtualisme nous enferme. Mais il importe moins de pointer les inévitables contradictions des « conservateurs libre-échangistes anglo-saxons », qui résultent à mon sens d’une overdose de dichotomies simplistes, que la dissymétrie qui fonde leurs discours et se révèle dans la question : “Or will we simply lose our heads ?” Voilà donc les riches soudainement soucieux de leurs têtes ! Mais quel soucis avaient-ils de celles des pauvres ? Pourquoi le risque de « perdre la vie » serait-il tout à coup un argument recevable, alors que les pauvres ont toujours été sommés de « consentir des sacrifices pour le bien général » ? La différence de langage saute aux yeux : ce sont « têtes » sanguinolentes pour les uns, chiffres et déficits pour les autres. Cette différence formelle serait anodine si elle n’impliquait pas une différence de fond : pour les riches, c’est toujours une question de vie ou de mort, donc de légitimité politique, mais pour les autres cette question ne se pose pas : la légitimité va toujours de soi en vertu de l’extraordinaire efficacité de « la main invisible ». Et quand les exploités se rebellent, en Palestine ou ailleurs, il va sans dire que leurs méthodes de « terroristes » sont illégitimes. Bref, la légitimité est toujours ce qui tombe du haut de la pyramide comme la lumière du plafond : les décrets de Créon doivent avoir raison des « lois non écrites » d’Antigone. Le virtualisme consiste à porter sur les faits l’éclairage qui convient pour que nous adhérions spontanément, c’est-à-dire sans réflexion ni information, au partage du monde entre gentils et méchants. Avec Internet et les sites alternatifs, cette ligne de front va peu à peu bouger, mais avec la lenteur des dunes de sable.