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Article : Le Mexique vers la guerre (G4G) ?

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Mafias et G4G...

Père Iclès

  31/07/2010

Avec la Globalisation et les accord de l’OMC,  les grandes corporations avaient enfin obtenu le moyen de réduire les États à l’impuissance avant de les dissoudre. L’OTAN, menée par les US s’employait à fomenter des “révolutions colorées” ou guerres ethniques ici et là, finançant les leaders ethniques pour les mener au séparatisme, qui lui-même met les gouvernements sous pression puis permet les interventions de la “Communauté Internationale” c’est à dire les pays ayant investi dans le modèle véhiculé par l’OTAN.

Depuis 1990, on avait l’impression que le rouleau compresseur “occidentaliste” fonctionnait bien et que l’Occident finirait par digérer, c’est à dire de recoloniser avec l’appui de la “Communauté Internationale”, les régions qui s’en étaient libérées entre les années 40 et 70 en se bornant à contrôler leurs ressources et à leur laisser la responsabilité du reste.

Le processus se basait sur l’idée qu’une fois le chaos répandu dans un pays, ce dernier devenait perméable à l’influence étrangère et que si un nombre suffisant de millions de dollars y étaient injectés, on pouvait raisonnablement espérer lui fabriquer une Constitution propre à en faire un satellite de façon définitive.

C’était compter sans les maffias.

Une maffia, ne l’oublions pas c’est d’abord, pour des raisons relatives à la nécessité de garder le secret et d’organiser la solidarité entre membres, une organisation ethnique. Son but est évidemment de gagner de l’argent en fournissant ce dont les états interdisent la vente puis de redistribuer les gains à l’ethnie qui la soutient. On a eu les maffia italienne, sicilienne, juive, corse, russe , albanaise, bulgare etc…

Une maffia se constitue quand, dans un pays, les conditions économiques font que le vivier de petits délinquants est très fourni, et les forces de l’ordre corrompues et désorganisées. En ce sens, la Globalisation conduit à l’apparition de maffias un peu partout avec une préférence pour les pays les plus durement touchés par ses effets.

C’est pour cette raison que l’évolution des cartels de la drogue de l’Amérique latine est très intéressante à observer. Ces cartels sont fondés sur une base ethnique et nationale, ils disposent de revenus, d’un personnel nombreux car recruté à bon prix (grâce à la Globalisation) mais correctement formé à travers les continuelles guerres de gangs qui font rage dans les pays concernés. Ils peuvent se payer des armes sophistiquées. Par ailleurs, en Amérique du sud, on les a vus venir en aide aux nécessiteux, garantir la paix et fournir des emplois dans certaines régions.

Laissons de côté tout préjugé : comment ne pas reconnaître là, une tentative de reconstitution de ces États en voie de dissolution par les tendances globalistes voire une adaptation de type évolutionniste au monde qu’elles imposent ? Les États tels qu’ils sont organisés aujourd’hui sont trop fragiles, trop sensibles aux pressions extérieures, notamment militaires et financières, à la corruption, alors que cet état mafieux qu’est un cartel est plus à même de se faire respecter, voire craindre par les prédateurs d’aujourd’hui que les républiques engoncées dans les principes moraux qu’elles se sont données. Difficile de menacer ses membres de mort : ils sont interchangeables et ont grandi pour la plupart dans un monde violent où la mort est la règle plutôt que l’exception. Difficile de l’intimider en visant les populations civile : il s’en fout. En revanche lui n’a aucun état d’âme pour porter des coups destructeurs à ses agresseurs, étant donné sa structure en réseau et ses liens avec d’autres réseaux du même type et de part le peux d’éducation de ses chefs il est fort capable d’envisager les pires actions pour dissuader ses adversaires éventuels de l’attaquer.

Voyez par exemple comment l’Afghanistan qui fonctionne selon un schéma mafieux résiste à l’OTAN alors que l’Irak qui était structuré selon un schéma plus ou moins républicain s’est effondré. (On peut reprendre le cas de la Somalie, par exemple)

L’avenir nous dira si les Globalistes ont gagné au change. Ce n’est pas du tout certain car un cartel puissant convenablement conseillé par des individus intelligents et jouant largement de l’arme de la corruption pourrait se révéler un adversaire bien plus dangereux que l’armée de n’importe quel pays.

Mon conseil aux pays du tiers-monde : au lieu d’investir à perte dans des chars et des avions, dotez-vous de maffias puissantes et sans scrupules et aux structures bien étudiées et attendez l’OTAN de pied ferme. On ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs.