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Article : L’attaque contre la Libye : opposition de parlementaires US

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Point de vue chinois... à considérer

Serge LEFORT

  22/03/2011

Les forces américaines, britanniques et françaises ont commencé leurs frappes militaires contre la Libye samedi, dans une opération baptisée du nom de code Odyssey Dawn par les États-Unis (Operation Ellamy pour les Britanniques et Opération Harmattan pour la France).

L’action militaire a suivi une résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies préparée par l’Occident et visant à établir une zone « no fly » (interdiction de vol) en Libye et elle a commencé par plusieurs heures de bombardement de ce pays d’Afrique du Nord.

Cela fait longtemps que les pays occidentaux nourrissent en leur sein l’envie de faire tomber le régime de Mouammar Kadhafi. Les récentes batailles entre les troupes gouvernementales et les rebelles dans le pays ont offert une excuse immédiate et rare pour une intervention militaire occidentale.

A la suite des crises politiques, économiques et sociales qui ont secoué les pays voisins comme l’Egypte, la Tunisie, mais aussi d’autres pays du Moyen-Orient, la Libye a elle aussi été bientôt touchée par des troubles sociaux similaires, avec des forces d’opposition appelant Kadhafi à renoncer à un pouvoir qu’il détient depuis plusieurs décennies. Mais la crise en Libye est aussi le résultat partiel d’encouragements politiques des pays occidentaux, qui semblent avoir eu une lueur d’espoir que Kadhafi puisse être chassé du pouvoir par des troubles comme ceux qui ont touché la Tunisie ou la Libye.

Le régime de Kadhafi, cependant, a choisi d’adopter une position ferme et de mobiliser ses forces armées. Face aux troupes gouvernementales plus puissantes, les forces de l’opposition Libyenne se sont vite trouvées au bord de l’effondrement, loin des attentes des pays occidentaux emmenés par les États-Unis.

Devant cette scène, les pays occidentaux ont concocté une résolution établissant une zone « no fly » au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies, puis ont lancé des attaques militaires au nom de la garantie d’application du mandat des Nations Unies.

Peu importent les excuses joliment emballées, la dernière intervention militaire en date en Libye fait partie d’intentions politiques et stratégiques de l’Occident.

Les États-Unis et d’autres pays occidentaux considèrent depuis longtemps le dirigeant Libyen comme une épine dans leur pied qu’il convient donc, en tant que telle, d’extirper. Cependant, aucun des moyens employés par l’Occident dans les années passées n’a réussi à provoquer un changement de pouvoir dans ce pays africain riche en pétrole. Dans ces circonstances, les troubles actuels au Moyen-Orient ont été considérés comme une opportunité rare par l’Occident pour chasser Kadhafi et réaliser un changement de pouvoir en Libye.

Certains hommes politiques occidentaux utilisent aussi l’action militaire en Libye comme un moyen de se sortir eux-mêmes de leurs problèmes politiques actuels.

Aux États-Unis, les crises sociales actuelles ainsi que des manifestations publiques dans le Wisconsin et d’autres États ont plongé de nombreux organes d’État dans une paralysie de fonctionnement. Le Gouvernement a également subi un revers sur le sujet du budget fédéral du fait de l’opposition du Congrès.

Avec pour résultat que la cote de popularité du Président Obama a atteint un niveau historiquement bas depuis qu’il a pris ses fonctions. Sa popularité en chute, si rien n’est fait, constituera pour lui un sérieux défi à sa réélection. Dans ce contexte, une action militaire limitée en Libye peut être considérée comme une façon efficace pour aider Barack Obama à se sortir de sa situation politique actuelle défavorable.

La France, fer de lance de l’intervention occidentale en Libye, souffre aussi de problèmes sociaux importants. Malgré les frappes, et malgré plusieurs remaniements ministériels, le Président Nicolas Sarkozy reste toujours, d’après les derniers sondages d’opinion, derrière sa rivale politique Marine Le Pen, qui dirige le Front National, parti d’extrême droite. Son parti espère que l’action militaire de la France en Libye aidera à donner un coup de fouet à la popularité du président, alors que les élections présidentielles de l’année prochaine se profilent.

Du fait de leur supériorité militaire incontestable, les actions militaires de la coalition internationale en Libye sont en mesure de provoquer un changement politique dans ce pays d’Afrique du Nord. Mais du fait de l’influence de Kadhafi à l’intérieur de la Libye et sa détermination affichée d’unir le peuple tout entier dans un combat contre une agression occidentale, les forces de la coalition renonceront très probablement à lancer la moindre offensive terrestre intensive sur une large échelle.

On ne peut aussi exclure la possibilité que, face aux forces occidentales beaucoup plus puissantes, Kadhafi n’adopte une position plus souple en choisissant de discuter avec l’opposition et demande la médiation d’autres grandes puissances, voire de l’ONU.

Source :

© www.dedefensa.org - Philippe Grasset.

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