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Article : La stratégie AfPak en lambeaux

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Les Américains auraient fait une offre de cogestion

Bilbo

  03/11/2009

Le gouvernement US aurait fait, par l’intermédiaire de l’Arabie Saoudite et de la Turquie, une offre de cogestion de l’Afghanistan aux Talibans. Cette offre aurait été rejetée :


US negotiators had offered the Taliban leadership through Mullah Wakil Ahmed Mutawakkil (former Taliban foreign minister) that if they accept the presence of NATO troops in Afghanistan, they would be given the governorship of six provinces in the south and northeast,” a senior Afghan Foreign Ministry official told IslamOnline.net requesting anonymity for not being authorized to talk about the sensitive issue with the media. [...]

The Americans reportedly offered Taliban a form of power-sharing in return for accepting the presence of foreign troops.
“America wants 8 army and air force bases in different parts of Afghanistan in order to tackle the possible regrouping of Al-Qaeda network,” the senior official said. [...]

“But Taliban did not agree on that,” said the senior official. [...]
Ahmedi, the Taliban spokesman in southern Afghanistan, confirmed their principal position.
“Our point of view is very clear that until and unless foreign forces do not leave Afghanistan, no talks will turn out to be successful.”

Le fait que le gouvernement US en soit à proposer de tels arrangements est significatif à de multiples égards :

- il est conscient qu’il ne peut pas gagner la guerre. Le fait même de faire le premier pas est lourd de sens. Les Américains sont en train de perdre et ils savent qu’au mieux ils réussiront à conserver les positions actuelles. Les Talibans refusent et c’est logique car ils sont dans une dynamique victorieuse et car le temps joue pour eux.

- ça peut expliquer le fort retard pris par Obama quant aux suites à donner à la demande de McChrystal. Une offre était en cours. Dans ce cas le refus taliban devrait être suivi d’une décision US dans les prochains jours.

- le gouvernement de Karzaï n’est même pas mentionné. C’est comme s’il n’existait pas. Cependant l’ex-marionnette pourrait ne pas être d’accord et donner encore plus de fil à retordre.

Source : http://www.islamonline.net/servlet/Satellite?c=Article_C&pagename=Zone-English-News/NWELayout&cid=1256909637728&utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=rss

Par ailleurs le rôle d’intermédiaire de la Turquie dans cette affaire est à souligner bien plus que celui de l’Arabie Saoudite qui était l’un des rares pays à avoir reconnu le régime taliban et qui avait un rôle d’intermédiaire logique.
Les Turcs jouent pleinement leurs cartes, s’appuyant sur les pays turcophones (Ouzbékistan, Turkménistan, Kirghizistan) et sur les Afghans turcophones habitant au nord-ouest du pays.

Acteurs jusqu’ici relativement discrets, ayant un pied dans chaque camp (ou finalement dans aucun ?), les Turcs montent progressivement en puissance. A l’instar de la Chine, la Turquie est la première puissance économique régionale. Ses dirigeants ont réglé ou règlent progressivement les tensions à leur porte avant de se lancer sur la scène mondiale : baisse des tensions à propos de Chypre, reconnaissance du génocide arménien…
La montée en puissance turque complexifie d’ailleurs énormément le Grand jeu en Asie Centrale, notamment le volet hydrocarbures, au point que même des analystes russes de Gazprom renoncent à faire des prédictions :
“Most Gazprom analysts at Moscow’s investment banks agree that the Black Sea’s waters are now too murky for them to predict what will happen next”.

Source : http://www.atimes.com/atimes/Central_Asia/KK03Ag01.html

Décidément il vaudrait mieux parler des BRICT.