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Article : Externaliser

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Du livre de poche au smartphone

David Cayla

  11/10/2012

Etonnant article qui parvient le tour de force, en partant d’une dénonciation de l’invasion des smartphones dans l’espace public, à se muer en une plaidoirie pour le voile.

La boîte à musique tenue près de leur sexe ? C’est là que votre regard se porte quand vous regardez des femmes ? Et vous vous étonnez qu’en faisant perpétuellement mine d’attendre impatiemment un message de la plus haute importance, elles vous invitent ainsi explicitement à ne surtout pas les déranger ?

Et quand vous voyez un homme conduire ses enfants à l’école, cela traduit forcément le fait que sa compagne les lui aurait abandonnés ? Il ne vous vient pas un instant à l’esprit qu’ils puissent procéder par roulement ? Que l’école se trouve sur le chemin du père pour aller au travail, mais pas celui de la mère ?

Et aussi, de qui parlez-vous au juste quand vous lâchez ces mots, veste cintrée, escarpins pointus, bourru (sans doute vouliez-vous dire renfrognées ?), se trémoussant sur leur siège TGV ? J’ai comme l’impression que vous parlez de ces hommes et de ces femmes, surtout des femmes, cadres de haut rang ou hauts fonctionnaires faisant la navette entre Paris et Londres ou Bruxelles.

Vous réussissez ainsi le tour de force d’assimiler une toute petite partie de la population - ces nomades modernes perpétuellement en mouvement ou en attente de leur prochain train ou de leur prochain avion - à l’ensemble des personnes qui vivent et travaillent dans notre société d’aujourd’hui. Quel rapport entre ces femmes cadres toujours pressées, apprêtées, mais agressives et distantes, et ces hommes qui viennent chercher leurs enfants en Mégane ou Picasso ?

Quel rapport encore entre ces hommes qui s’accaparent l’entièreté de l’espace public en parlant bien fort dans leur microphone à un interlocuteur distant dont ils reçoivent les réponses dans leur oreillette, et ces femmes qui privatisent les quelques centimètres carrés d’espace qu’elles occupent, bien plus efficacement qu’en étant occupées à lire un livre de poche ?

En quoi finalement le fait de dénier la possibilité de les aborder à des inconnus qu’elles ne reverront jamais - leurs chemins ne font que se croiser - et n’auront vraisemblablement aucune envie de revoir témoignerait-il d’un narcissisme paroxystique, suscitant le chagrin et la pitié... de la part de ces mêmes inconnus qu’on devinerait plutôt frustrés et blessés dans leur propre narcissisme , eux qui ne comprennent pas qu’on puisse refuser de s’ouvrir à eux, eux qui s’attachent alors à séduire les enfants pour culpabiliser leurs mères ?

C’était mieux avant ? Quand elles ne pouvaient pas vraiment faire autrement que d’accepter votre intromission dans leur intimité, affichant un sourire de circonstance, forcées qu’elles étaient de supporter votre compagnie, sachant par avance comment tournerait la discussion, répétition d’une autre discussion avec un autre homme qui lui aussi croyait déjà faire preuve d’originalité quand il ne faisait qu’enfoncer des lieux communs ? Et si elles ne veulent vraiment pas de votre présence alors qu’elles sont seules, qu’elles portent donc le voile ?

Rien ne le prouve

Laurent Demaret

  11/10/2012

Du moins il me semble, que rien ne prouve que le voile ne puisse dissimuler, en plus du visage, les satanées oreillettes.
Car la musique profane est pourchassée par les milices de la “prohibition du vice” et la “promotion de la vertu” en Iran comme par celles du ” Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice ” en Saoudie ..
D’où l’intérêt qu’il peut y avoir à cacher ses écouteurs parfois ..

Par contre pour qui a la foi l’image est pêché (http://fr.wikipedia.org/wiki/Iconoclasme)
« Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre.
— Exode 20:4-6 2
Ce commandement semble effectivement avoir été quelque peu malmené, au moins depuis l’avénement de la publicité !

à David Cayla

marc gébelin

  12/10/2012

Pardon mais vous ne savez pas LIRE.
Quel est le noyau du texte ? Le voile musulman ? Non, la citation de Baudelaire : « les nuages qui passent là-bas, les merveilleux nuages ». Qu’est-ce qui fait que les humains ne voient plus lesdits nuages ? Pour une large part, le téléphone portable et la technologie qui tourne autour de la communication.
Qu’est-ce c’est qui fait que les humains s’y accrochent comme la moule au rocher à cette pseudo communication ? C’est qu’ils n’ont plus rien d’autre, qu’il ne leur reste que la vacuité de l’écran vide, de leur moi dévasté, la fausse Blanche neige.
Qu’est-ce qui fera que les humains ressortiront de cette maladie un jour ? Que d’autres humains, ceux qui trouvent les nuages plus beaux que les écrans plats leur viennent en aide, et ce gentiment, car sinon ils s’enfonceraient plus encore.
Le reste : les escarpins du petit futé qui se veut à une “mode” que d’autres ont inventée pour lui et qui est gêné lui-même dans l’exiguïté d’un compartiment par ces chaussures démesurées, le petit malin qui n’a pas d’autre choix que de jouer au « cadre dynamique », la mère câblée et énervée qui bouscule son môme, le crétin de banlieue qui fait hurler son téléphone dans le bus avec un regard provocateur idiot, etc… c’est l’environ, ce sont les meubles du texte qui essayent de rendre la pièce vivante, les fleurs (parfois fânées) du jardin qui font qu’on est touché par le jardin, ce n’est pas une thèse qui écrite là, une thèse sur les « petits bourgeois » (vous êtes vous senti visé par la veste cintrée ?) ou sur « les musulmanes » qui seraient meilleures que les autres. Ce n’est pas de la sociologie à la Fassin ou de la philo à la Michel Serre qui veut nous faire pleurer avec sa « petite poucette », c’est un flash de vie qui fait que, brusquement, le monde apparait dans toute son horreur sous une lumière crue alors qu’il nous est présenté comme un petit paradis de progrès et de joie.
Le doigt montrait la lune et vous avez concentré votre regard sur le doigt. Remettez-vous à la poésie, lisez Baudelaire.

enervant

Perceval78

  12/10/2012

Ma compagne me dit souvent que je parle comme un vieux con , je sens que vous êtes victime de la même maladie .

une boite à musique tenue près de leur sexe :
c’est très excitant ça

J’offre des sourires à ces tristes figures :
pardieu quel suffisance

7:15 dans leur Mégane ou dans leur Picasso
la vulgarité serait donc française ... pas de mercedes ???

mères câblées, exténuées, agressives, vulgaires par mauvaise éducation

la femme n’est elle pas vulgaire par essence ??? je veux dire dans votre tête ...

quand il n’a pas été externalisé par leur féminisme militant

c’est sur que si un homme se fait lourder c’est parce que sa femme était féministe !!!

Un monde de cannes blanches quelle foule merveilleusement attentive et humaine

Faut il être con pour dire un truc pareil

PARADIS PERDU

ZC

  12/10/2012

Etrange article; étrange reflexion!
l ‘éternelle nostalgie du passé , idéalisé ,poétisé; diabolisation des jours présents : hier est mieux qu’aujourd’hui qui sera meilleur que demain.
Et tout ça pour “dénoncer” un usage obsessionnel des portables dans l’espace public dans nos grandes métropoles.

Ah les beaux nuages gris du ciel de Paris que personne ne regarde! ah l’attrait de ces visages parisiens pressés d’arriver et agglutinés dans le métro, ou serrés dans ces trains pisseux où l’on a fait disparaitre toute idée de service et d’accueil depuis bien longtemps.
Alors oui heureuse d’utiliser mon smartphone dans le train ou le métro, pour lire “dedefensa” et d’autres sites du même ordre.
Le monde idéal n’existe pas et les nuages peuvent momentanément se passer des poêtes, ils n’en sont pas moins beaux.
Quant aux femmes leur amour de la vie n’est en rien altéré par l’usage de ces exigeants objets, à talons ou voilées, elles restent ces formidables héroines du quotidien disponibles et compétentes dans leur jobs,pour leur famille et leur amis, plus encore aujourd’hui qu’elles ne l’ont jamais été.

contribution aux contributions

Virginie Delisle

  15/10/2012

Je suis lecteur de Dedefensa depuis plusieurs années. La qualité de l’ensemble -articles de Philipe Grasset et contributions de certains lecteurs est incontestable. Toutefois, les contributeurs voient midi à leur porte et ont du mal à aller faire un tour à la porte du voisin. Les échanges reflètent souvent plus d’antagonisme que de complémentarité alors que la plupart de ces midis vus de portes différentes, auraient plus de valeur s’ils quittaient leur auvent pour aller observer à partir de celui du voisin. La vérité des choses est plurielle, doit être vue d’observatoires différents pour acquérir sa force, mais c’est toujours la même vérité. Ce n’est certes pas facile à exprimer en quelques phrases. Cela demande au lecteur d’appliquer la méthode que proposait Montesquieu pour écrire: « Pour bien écrire, disait-il, il faut sauter les idées intermédiaires, assez pour ne pas être ennuyeux, pas trop de peur de ne pas être entendu ». Pour bien lire il faut savoir ajouter les pensées intermédiaires que l’auteur a sautées. Ne serait-ce pas faire injure au lecteur de Dedefensa de l’en croire incapable ? de lui mâcher le boulot ?

Des exemples : Badia Benjelloun réputé(e) un temps obscur, devint un jour pour un contributeur brusquement lumineux. Pour ma part, je l’ai toujours trouvé(e) lumineux(neuse) même si parfois c’est de la lumière noire. Jean Paul Basquiat fait des contributions que je ne manque jamais même si parfois il me semble ébloui par les Lumières. Philippe Grasset, c’est Job. Il gratte les plaies du monde jusqu’à l’os, si intensément et si en détail, qu’on peut perdre patience à suivre les arcanes de sa pensée et comme il revendique De Maistre, Baudelaire et quelques autres modernes anti-modernes de cet acabit, qu’il défend le Rafale de Dassault, souligne l’intelligence qu’il y a ne pas innover par principe, qu’un vieux bombardier russe « modernisé » vaut mieux qu’un joujou hyper-computorisé, qu’il ironise sur la « communauté internationale » appelée BAO, se félicite de l’orthodoxie qui renait en Russie, tient les pussy riot pour des idiotes payées pour l’être, insiste sur le côté psychologique de la politique, certains ont du mal à chausser ses bottes de sept lieues.
Quand Marc Gébelin met sur le même plan un phénomène propre au capitalisme contemporain et un comportement individuel (l’exhibitionnisme) exacerbé par l’usage immodéré des nouvelles technologies, chose intéressante, jamais soulignée auparavant, il ne mérite pas des commentaires puérils. N’est-ce pas précisément le but de Dedefensa de briser les cloisons que notre époque a bâties entre les différentes disciplines au point que chacun est intelligent dans sa partie et stupide dans toutes les autres ? Un l’accuse de faire la promotion du voile (sottise), une autre d’idéaliser le passé et de rabaisser les femmes, qui, comme chacun sait, sont des anges tombés mais dont la chute fut une bénédiction pour le monde alors que celle des hommes, madre mia, est la calamité par excellence qui mit ledit monde en état de péché mortel (naïveté pardonnée). Si bien qu’on se demande alors si le lecteur X, celui qui ne fait jamais part de ses impressions, a perçu l’essentiel de ce texte dont la valeur eschatologique saute aux yeux (que chacun voit son dictionnaire pour ce mot si souvent employé par Philippe Grasset avant de se gausser des curés s’il est franc-maçon).
Récemment encore, un intervenant bien intentionné a tiqué sur le fait que Benjelloun, toujours lui (elle?), donnait le prénom de Bernanke : Schlomo ! Ah, pensa-t-il, mon dieu s’exclama-t-il (mais avec retenue), souligner un prénom juif porté par un Juif n’est-ce pas être un peu « antisémite »? Si, si bien sûr, surtout venant d’un Benjelloun sentant si bon l’arabité, ça ne serait pas étonnant ! Si de tels commentaires devaient continuer à sévir sur le site, je me garderai bien de donner mon nom, on me suspecterait de quelque chose !

Ces commentateurs de Dedefensa méritent-ils Dedefensa ? Sont-ils capables de penser ce Rafale, instrument de mort construit d’ailleurs par un Juif (ils sont partout n’est-ce pas ?) avec la rafale qui est en train de se transformer en ouragan de vie et détruire le train-train des « pensées » faciles? Pardon, je voulais dire des opinions, car une opinion n’est pas une pensée.
Dedefensa, il me semble, produit des pensées, propose une réflexion. On aimerait que ceux qui interviennent sur le site mettent leur point d’honneur à faire de même. Les bons sentiments, les humeurs, les récriminations, les admirations déguisées de son propre nombril, ne font pas avancer nos âmes d’un millimètre.

Verhaeren - Les usines (Les villes tentaculaires)

David Cayla

  15/10/2012

Si vous me le permettez, je préfère nettement l’écriture d’un Verhaeren (1855-1916) quand il s’agit de toucher du doigt cette dimension eschatologique qu’est l’aliénation des hommes dans ce monde moderne qui les broie impitoyablement.

C’était au programme de français quand j’étais étudiant en sciences, et je suppose que les personnes qui l’avaient mis au programme avaient à coeur de nous faire toucher du doigt cette réalité.  Rien de bien nouveau finalement, si ce n’est que les bons soldats du Système sont récompensés par une aliénation froide, clinique, qui les isole les uns des autres. 

Mais les instituteurs qui ont enseigné aux enfants des classes laborieuses du milieu du XIXIème siècle jusqu’au milieu du XXème siècle étaient-ils moins isolés, moins aliénés ? Ho Chi Minh ? Mao ? Vous voulez qu’on fasse la liste des instituteurs qui se sont sauvés de leur aliénation en enfantant les révolutions communistes ?

Par la suite, dans les campagnes françaises des années cinquante, les instituteurs ont été parmi les premiers à pouvoir se payer une voiture. Un signe de richesse autrement plus ostentatoire pour l’époque où la voiture était encore un luxe que la possession d’un smarphone quand le vrai luxe aujourd’hui, c’est de pouvoir se passer de smartphone.

Bon et puis vous parlez de manifestation d’humeur (forcément puérile, donc), mais enfin, je ne crois pas que parler de laïcards soit autre chose qu’une manifestation d’humeur. Le billet tout entier n’était qu’une pure manifestation d’humeur, truffé de contradictions.  “Ils tapotent de leurs doigts mal soignés”. Bon. Il faudrait savoir : comment peut-on dénoncer le narcissisme sans bornes de personnes aux doigts mal soignés ?

Se regardant avec les yeux cassés de leurs fenêtres
Et se mirant dans l’eau de poix et de salpêtre
D’un canal droit, marquant sa barre à l’infini, .
Face à face, le long des quais d’ombre et de nuit,
Par à travers les faubourgs lourds
Et la misère en pleurs de ces faubourgs,
Ronflent terriblement usine et fabriques.

Rectangles de granit et monuments de briques,
Et longs murs noirs durant des lieues,
Immensément, par les banlieues ;
Et sur les toits, dans le brouillard, aiguillonnées
De fers et de paratonnerres,
Les cheminées.

Se regardant de leurs yeux noirs et symétriques,
Par la banlieue, à l’infmi.
Ronflent le jour, la nuit,
Les usines et les fabriques.

Oh les quartiers rouillés de pluie et leurs grand-rues !
Et les femmes et leurs guenilles apparues,
Et les squares, où s’ouvre, en des caries
De plâtras blanc et de scories,
Une flore pâle et pourrie.

Aux carrefours, porte ouverte, les bars :
Etains, cuivres, miroirs hagards,
Dressoirs d’ébène et flacons fols
D’où luit l’alcool
Et sa lueur vers les trottoirs.
Et des pintes qui tout à coup rayonnent,
Sur le comptoir, en pyramides de couronnes ;
Et des gens soûls, debout,
Dont les larges langues lappent, sans phrases,
Les ales d’or et le whisky, couleur topaze.

Par à travers les faubourgs lourds
Et la misère en pleurs de ces faubourgs,
Et les troubles et mornes voisinages,
Et les haines s’entre-croisant de gens à gens
Et de ménages à ménages,
Et le vol même entre indigents,
Grondent, au fond des cours, toujours,
Les haletants battements sourds
Des usines et des fabriques symétriques.

(...)

Règlement de comptes à OK Corral

David Cayla

  17/10/2012

Hier, le service de presse de la Commission Européenne a annoncé, sur ordre de son président Manuel Barroso, la démission du commissaire à la santé et la consommation, le Maltais John Dalli, sur des présomptions de trafic d’influence (du lobbying, quoi). Sauf que l’affaire vient de rebondir, John Dalli ayant démenti avoir démissionné…

Nous savions déjà que la Commission Européenne ne détenait pas les clés du pouvoir en Europe, nous savions déjà que son président Manuel Barroso n’avait aucun poids dans la prise de décision au sommet de l’Europe, eh bien maintenant qu’il a tenté – en vain – de faire d’une annonce officielle de démission un fait accompli, nous savons aussi maintenant qu’il n’a pas le moindre pouvoir au sein même de la Commission Européenne.

Reste à savoir pourquoi cet homme qui, à défaut de détenir la réalité du pouvoir, pouvait passer aux yeux de la grande masse des Européens, comme l’une des figures les plus éminentes de l’Europe auréolée de son tout frais et tout pimpant prix Nobel de la paix, a ainsi pris le risque de subir pareil camouflet, pour lui, pour l’institution qu’il préside, et pour ce qu’elle représente, l’Europe.

Qu’est-ce qui le perturbe à ce point, pour qu’il ait pris pareil risque, tenter de démissionner un de ses collaborateurs, un autre commissaire européen, pour lobbying ? A Bruxelles ?

http://www.neurope.eu/article/dali-denies-resignation-pre-announced-barroso-full-statement