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Article : « Être dans le monde, mais pas du monde »

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Matin Kovac et René Thom

jc

  01/03/2026

Martin Kovac :

» Le néoplatonisme enseigne qu'il existe un médiateur entre l'Esprit pur (‘Noos’) et la Matière lourde (‘Hylé’) : l'‘Anima Mundi’. C'est un champ vivifiant qui imprègne tout. Pour l'homme moderne, dont la perception s'est sclérosée, ce médiateur est toutefois inaccessible. Pour pouvoir revenir à l'Unité (‘Epistrophé’), nous devons d'abord abandonner la Matière. »

Pour René Thom (qui reste platonicien malgré son admiration pour Aristote) :

- "La synthèse ainsi entrevue des pensées "vitaliste" et "mécaniste" en Biologie n'ira pas sans un profond remaniement de nos conceptions du monde inanimé." ((Début de la conclusion de "Une théorie dynamique de la morphogenèse" (1966) )

- "(...) on pourrait rapporter tous les phénomènes vitaux à la manifestation d'un être géométrique qu'on appellerait le champ vital (tout comme le champ gravitationnel ou le champ électromagnétique) ; les êtres vivants seraient les particules ou les singularités structurellement stables de ce champ ; les phénomènes de symbiose, de prédation, de parasitisme, de sexualité seraient autant de formes d'interaction, de couplage entre ces particules… La nature ultime dudit champ, savoir s'il peut s'expliquer en fonction des champs connus de la matière inerte, est une question proprement métaphysique ; seule importe au départ la description géométrique du champ, et la détermination de ses propriétés formelles, de ses lois d'évolution ensuite."

- "D'un être — ou objet — on distingue classiquement son existence, son Dasein, le fait que l'être occupe une certaine portion d'espace-temps, et son essence, c'est-à-dire la totalité de ses aspects, de ses qualités. L'attitude matérialiste, traditionnelle en Science, consiste à dire que l'existence précède l'essence (en fait, l'existence implique l'essence) ; le modèle de la théorie des catastrophes en Morphogenèse va à l'encontre de cet axiome, car il présuppose que, dans une certaine mesure, l'existence est déterminée par l'essence, l'ensemble des qualités de l'être. On peut y voir une résurgence du schème aristotélicien de l'hylémorphisme : la matière aspirant à la forme." ;

- "Car le modèle de la théorie des catastrophes offre une réalisation mathématique du schème hylémorphique d'Aristote. La « forme », définie comme la singularité algébrique d'un potentiel (c'est l'« essence » du processus) se déploie sur la matière, qui va subir les catastrophes préinscrites dans le déploiement de la singularité. Un tel schéma assure la transition entre le « logique » et le « morphologique » entre eidos et morphè.".


Mon commentaire : PhG a bien raison de distinguer (depuis longtemps) Matière et matière (distinction que René Guénon ne fait pas lorsqu'il  assimile les deux au Mal).

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