Vacances sur le USS ‘Gerald R. Ford

Ouverture libre

   Forum

Il n'y a pas de commentaires associés a cet article. Vous pouvez réagir.

   Imprimer

Vacances sur le USS ‘Gerald R. Ford

• ... Et à bord d’un F-35 ? Pourquoi pas, le mariage serait si agréable... • On ironise, pourquoi pas ? – mais les catastrophes qui accablent l’US Navy, entre sa nouvelle classe de porte-avions et son nouvel avion (qui infecte également l’USAF, les Marines, et quelques dizaines de forces aériennes “amies”), mettent en danger l’avenir de ce service suprême des forces armées des USA. • Le ‘Ford’ doit rester au garage pendant plus d’un an pour des problèmes de toilettes et de blanchisserie ; le F-35 est livré sans radar pour l’instant. • Drôle d’époque.

_________________________


C’est avec un luxe de détails que RT.com nous rapporte les aventures du USS ‘Gerald R. Ford’, la première unité d’une nouvelle classe de porte-avions de plus de 100 000 tonnes. Cette unité “bénéficiera” d’une immobilisation supplémentaire, en plus des habituelles phases de non-déploiement pour entretiens divers, à la suite des incidents qui ont émaillé sa très courte apparition sur le front de l’Iran. Curiosité inexplicable : le ‘Ford’ devrait relâcher dans le port de Split, en Croatie plutôt que regagner les USA pendant cette année supplémentaire, pour traiter des inconvénients immédiats qui ont interrompu son déploiement.

« Le porte-avions nucléaire USS Gerald R. Ford, le plus moderne de l'US Navy et le seul de sa classe, est actuellement ancré dans le port croate de Split pour des réparations et de la maintenance. Selon les médias, le navire devrait y rester, car les réparations suite à un important incendie dans la blanchisserie et à un déploiement prolongé pourraient prendre entre 12 et 14 mois.

» Livré avec plusieurs années de retard en mai 2017, le Ford est de loin le navire de guerre américain le plus cher jamais construit, avec un coût de 13,2 milliards de dollars. Son dernier déploiement prolongé a débuté le 24 juin 2025 et a notamment inclus des opérations de combat lors du raid américain au Venezuela pour enlever le président Nicolas Maduro, ainsi que dans le cadre de l'offensive américano-israélienne en cours contre l'Iran. »

On détaille les problèmes rencontrés et qui justifient cette immobilisation dans le texte publié bien qu’ils soient déjà connus, et malgré que tout cela fasse plutôt film burlesque que documentaire de guerre sur la puissance navale US. Aucun des incidents, – des canalisations des toilettes bouchées entraînant une inondation de matières fécales aimablement diluées à un incendie de la blanchisserie, – n’a à voir avec les opérations militaires navales. Entretemps, on a pu constater que ces incidents avaient rendu 600 couchettes indisponibles pour un équipages de 6 500 hommes, ce qui a conduit à parquer tous les avions sur le pont pour dégager l’atelier d’entretien, pour y installer des rangées sans fin de couchettes improvisées. On comprend que cela ne facilite pas les opérations de catapultage-appontage tandis qu’on découvre qu’à “pleine charge” (tout bien rangé), il manque tout de même plus de 150 couchettes pour les matelots. On comprend (suite) que les susdits matelots soient encore plus fatigués de cette croisière que les avions entassés sur le point d’envol.

Toute cette cuisine intérieure n’émeut pas la bureaucratie de la Navy qui en a vu d’autres, habituée à des faiblesses bien plus graves du ‘Ford’. Le porte-avions, qui est dans sa neuvième année de service opérationnel, n’est d’ailleurs pas encore reconnu comme étant “opérationnellement apte” aux ... opérations navales.

« Une évaluation récente du bureau d'essais du Pentagone a indiqué que l'armée était consciente de problèmes plus profonds concernant la classe Ford, mais que même neuf ans après la mise en service du navire, elle disposait encore de “données insuffisantes” pour déterminer son « aptitude opérationnelle. »

Là-dessus, demandera-t-on,, pourquoi parler du F-35 ? Parce qu’il embarque à bord du ‘Ford’ quand la Navy le décidera, si ce n’est déjà fait... En fait, on hésite ; pourquoi ? Pour la raison suivante, qui nous donne également un délai pour nous entraîner sur un avion de combat qui vole sans radar, furtivement en plusieurs sens.

« Alors même que l'armée américaine a besoin d'appareils fiables pour son conflit armé contre l'Iran, les fournisseurs de la défense prévoient de lui livrer des F-35 dépourvus de radars et donc inaptes au combat. Breaking Defense a rapporté la semaine dernière que l'armée commencerait à réceptionner des F-35 sans radars dès cet automne. Defense Daily avait indiqué le mois dernier que certains F-35 avaient déjà été livrés sans radars, information démentie par le bureau du programme conjoint F-35.

» Ce problème est dû aux retards de Northrop Grumman dans la production de radars modernisés pour le F-35, dans le cadre du programme de modernisation en cours. Ces radars sont censés permettre à l'avion de chasse de détecter, suivre et cibler les menaces adverses. Conçus pour ne pas accueillir les anciens radars actuellement en service, les F-35 sans radars pourront certes voler, mais ne seront utilisés qu'à des fins d'entraînement jusqu'à leur modernisation avec les nouveaux radars, les rendant de fait inaptes au combat.

» “Actuellement, [les F-35] vont être produits avec des ballasts [au lieu des nouveaux radars], ce qui… crée un avion qui ne sera pas prêt pour le combat de sitôt”, a déclaré le représentant Rob Wittman (R-Va.), président de la sous-commission des forces aériennes et terrestres tactiques de la Chambre des représentants, à Breaking Defense plus tôt ce mois-ci. »

Ne mélangez pas les torchons et les serviettes

On peut sourire de tout cela ou railler cette situation, il n’empêche qu’avec tout ce chaos les forces US se retrouvent pour une opération d’une extrême importance avec l’appui naval réduit à un seul porte-avions (le USS ‘Abraham-Lincoln’) dont on ignore s’il n’est pas à l’abri et au mouillage parce qu’il aurait essuyé quelques mauvais coup iraniens. Il y a une singulière dichotomie entre les incidents domestiques du ‘Ford’ (et du F-35 !) et la position stratégique dont les États-Unis se sont accablés eux-mêmes plutôt que chargés. Les moyens sont à la fois énormes, disproportionnés et ridicules lorsque l’on considère les causes diverses et leurs effets dont certains sont complètement bouffes. Toutes ces choses coûtent des sommes colossales pour affirmer une supériorité totalement absurdes (le plus grand porte-avions du monde, le seul [?] avion furtif de cinquième génération) dans une guerre qui a absolument changé de nature, jusqu’à plus n’être pour forces armées US qu’une sorte de brouillard indicible (‘the fog of war’) parcouru de drones et d’éclairs hypersoniques.

Le déclin américaniste n’est pas celui de la puissance technologique perdant du terrain mais celui de l’étouffement, de l’écrasement sous le poids de l’impuissance technologique de plus en plus avancée et de plus en plus inutile et malfaisante. Le but stratégique est adapté à cette impuissance : il apparaît sous la forme d’un formidable simulacre d’essence trumpiste, aux dimensions cosmiques, une sorte d’hollywoodisme hypermoderne interprété en télé-réalité par le président Trump.

dedefensa.org

_____________________________

 

 

Les aventures du USS ‘Gerald R. Ford

Le porte-avions nucléaire USS Gerald R. Ford, le plus moderne de l'US Navy et le seul de sa classe, est actuellement ancré dans le port croate de Split pour des réparations et de la maintenance. Selon les médias, le navire devrait y rester, car les réparations suite à un important incendie dans la blanchisserie et à un déploiement prolongé pourraient prendre entre 12 et 14 mois.

Livré avec plusieurs années de retard en mai 2017, le Ford était de loin le navire de guerre américain le plus cher jamais construit, avec un coût de 13,2 milliards de dollars. Son dernier déploiement prolongé a débuté le 24 juin et a notamment inclus des opérations de combat lors du raid américain au Venezuela pour enlever le président Nicolas Maduro, ainsi que dans le cadre de l'offensive américano-israélienne en cours contre l'Iran.

Le super-porte-avions a finalement été retiré précipitamment du Moyen-Orient à la mi-mars, après avoir subi un incendie qui ne serait pas lié aux combats. Le navire a brièvement fait escale en Crète pour une évaluation des dégâts avant de rejoindre la Croatie pour sa maintenance.

Incendie dans la blanchisserie ?

Le déploiement a duré plus de 260 jours et figure parmi les plus longues patrouilles de porte-avions depuis la guerre du Vietnam. Il s'est achevé le 12 mars, peu après le passage du canal de Suez et l'entrée du navire en mer Rouge. Selon les déclarations officielles du Commandement central américain (CENTCOM), c'est à ce moment-là que le navire a subi un incendie qui s'est déclaré dans la buanderie principale.

« La cause de l'incendie n'est pas liée aux combats et il est maîtrisé. Le système de propulsion du navire n'a subi aucun dommage et le porte-avions demeure pleinement opérationnel. Deux marins reçoivent actuellement des soins médicaux pour des blessures sans gravité et leur état est stable », a déclaré le CENTCOM à l'époque.

L'incident a suscité de nombreuses spéculations, l'armée iranienne affirmant que la buanderie du porte-avions avait été délibérément incendiée par des membres d'équipage épuisés par la guerre.

Selon les médias occidentaux, l'incendie a fait rage à bord pendant une trentaine d'heures avant d'être maîtrisé, soit plus longtemps que le terrible incendie du porte-avions USS Forrestal en 1967, qui avait duré environ 24 heures. Si cela se confirme, cela soulève des questions quant à l'efficacité des systèmes de lutte contre l'incendie, pourtant réputés sophistiqués, du Ford, d'autant plus que l'incendie du Forrestal avait été aggravé par des explosions de munitions stockées sur le pont d'envol et par des infiltrations de carburant dans les compartiments.

Plus de 600 des quelque 4 500 marins, techniciens et pilotes ont perdu leurs couchettes dans l'incendie et ont été contraints de dormir sur des tables et à même le sol, rapporte le New York Times, citant des membres d'équipage anonymes. De plus, l'équipage n'a pas pu faire sa lessive depuis l'incendie ; le linge aurait finalement été transporté par avion vers d'autres navires pour être lavé.

Évaluation des dommages

À son arrivée en Crète le week-end dernier, le porte-avions ne présentait aucun signe apparent de dommages, hormis une forte corrosion due à son déploiement prolongé à travers le monde.

Le pont d'envol, cependant, semblait anormalement encombré d'aéronefs, ce qui pourrait indiquer des problèmes au niveau des hangars internes et des mécanismes de levage des appareils.

Une évaluation récente du bureau d'essais du Pentagone a indiqué que l'armée était consciente de problèmes plus profonds concernant la classe Ford, mais que même neuf ans après la mise en service du navire, elle disposait encore de « données insuffisantes » pour déterminer son « aptitude opérationnelle ».

Le rapport a également soulevé des inquiétudes quant à la fiabilité des systèmes clés, notamment le radar, les systèmes de lancement et de récupération des avions à réaction, et les mécanismes de levage pour les aéronefs et les munitions, ainsi que quant à la capacité générale du navire à poursuivre ses opérations en cas de dommages de combat. L'évaluation a également noté que le navire manquait d'au moins 159 couchettes pour loger correctement l'équipage, le problème risquant de s'aggraver si davantage d'aéronefs étaient ajoutés au groupe aérien embarqué. Le manque d'espace de couchage pourrait nuire au moral de l'équipage lors de déploiements de longue durée, a noté le bureau d'essais.

Problèmes de plomberie

Avant l'incendie de la mer Rouge, le problème technique le plus notoire du Ford était son système de toilettes défectueux, des débordements fécaux répétés ayant été signalés à bord de ce porte-avions ultramoderne.

Le navire est équipé de toilettes dites « écologiques » fonctionnant grâce à un système de collecte, de stockage et de transfert par aspiration (VCHT), initialement conçu pour les navires de croisière. Cette technologie s'est avérée peu fiable pour un usage militaire, étant sujette aux obstructions et nécessitant un entretien important.

De nombreuses photos et vidéos, vraisemblablement prises à bord et circulant en ligne, montrent des toilettes débordant de matières fécales, des eaux troubles se répandant dans les compartiments et des marins malchanceux chargés du nettoyage des latrines tentant de nettoyer les dégâts.

Ce problème de toilettes, qui affecterait environ 600 unités à bord, persiste depuis des années. Un rapport de 2020 du Bureau de la responsabilité gouvernementale (GAO) indiquait que le système défectueux nécessitait un entretien quotidien supplémentaire « coûteux » pour déboucher les canalisations étroites, tandis que chaque « rinçage à l'acide » du système, nécessaire lorsqu'il était complètement obstrué, engendrait un surcoût de 400 000 $ au lieu d'être écologique et économique.

Conséquences pour l'US Navy ?

Si le Ford reste hors service pendant des mois, cela risque d'accroître la pression sur les groupes aéronavals américains, ce qui pourrait entraîner des déploiements plus longs pour les porte-avions de classe Nimitz plus anciens. L'US Navy compte actuellement 11 porte-avions en service actif, dont le Ford, mais il est rare que plus de six soient déployés simultanément.

Le premier navire de l'ancienne série, l'USS Nimitz, est vraisemblablement à son dernier déploiement, puisqu'il doit être désarmé l'année prochaine et remplacé par l'USS John F. Kennedy, de classe Ford. Compte tenu des retards répétés et des problèmes apparents rencontrés avec les porte-avions de la classe Ford, leur désarmement pourrait être reporté.

Un autre navire de la classe Nimitz, l'USS John C. Stennis, devrait passer la majeure partie de l'année à quai. Ce porte-avions est en cours de révision générale et de refonte (RCOH) depuis 2021, un processus qui s'étend sur plusieurs années et coûte des milliards de dollars. Initialement prévue pour août de l'année dernière, la révision du Stennis a été prolongée de 14 mois, suite au non-respect de ce délai.

RT.com