USA-Mexique, l’inévitable confrontation

Brèves de crise

   Forum

Il n'y a pas de commentaires associés a cet article. Vous pouvez réagir.

   Imprimer

 3407

USA-Mexique, l’inévitable confrontation

Au Mexique, le nombre de meurtres pour l’essentiel consécutifs à la guerre des cartels de la drogue a dépassé en 2019 le chiffre de 36 685, qui constituait le triste “record” de 2018. Les jugements sur la situation sont en général que le nouveau président de gauche Andrés Manuel López Obrador (dit-AMLO), après un an de pouvoir, a perdu sa principale bataille qui était de reprendre le contrôle de la situation.

ZeroHedge.com fait une description d’une série d’événements récents qui ont transformé la région frontalière du Mexique avec les USA en une véritable “zone de guerre”. Il décrit notamment l’investissement d’un bunker d’un cartel par l’armée (qui est désormais engagée avec ses troupes d’élites de l’infanterie de marine). Il s’agit d’un véritable arsenal et d’une fortificatioin de guerre, qui montre que les “forces” des cartels sont désormais de véritables unités militaires, avec un armement lourd. Au Mexique, il s’agit bien d’une “guerre” où les forces gouvernementales n’ont pas le dessus.

... Une “guerre” qui devrait inquiéter de plus en plus les Etats-Unis, car effectivement l’essentiel des “combats” se passe près voire sur leur frontière, puisque l’activité principale des cartels est le passage de la drogue vers les USA. On observe aujourd’hui que personne ne parle de cette question qui est sans aucun doute une crise majeure, à l’heure où les candidats-présidents doivent séduire la considérable communauté hispanique aux USA. Il ne fait aucun doute, par contre, que cette crise surgira après l’élection comme l’une des pressions les plus dangereuses exercée sur le territoire des USA.

Si Trump est réélu, estime ZeroHedge.com, une incursion militaire US au Mexique devient une perspective quasiment inévitable. Cela est envisagé, bien entendu, sans tenir compte des événements qui pourraient interférer, notamment à cause de l’élection présidentielle, et l’interférence serait selon nous dans le sens de l’aggravation ou/et de l’accélération de la crise. D’autre part, si Trump prenait cette décision, il est loin d’être assuré qu’il s’agirait d’une promenade de santé pour les forces US. En plus des interférences des cartels par la corruption dans divers services et agences US chargés de la surveillance des frontières, les forces US seraient placées devant un type de guerre où elles excellent à échouer.

La seule véritable option pour Trump, qui n’aime pas déclencher des guerres sans assurance, serait d’en faire une croisade nationale contre une menace existentielle contre les USA (ce qui renforcerait sa propre position politique face aux démocrates en mode insurrectionnel). Il s’agirait alors d’une véritable mobilisation du pays ; et si nous parlons d’une mobilisation “morale”, nous n’écartons pas la possibilité d’une mobilisation tout-court par retour à la conscription... Mais dans ce cas, quelle serait l’attitude de la communauté hispanique aux USA, elle qui est essentiellement d’origine mexicaine, qui garde des liens très étroits avec son pays d’origine ?

Ci-dessous, la conclusion du texte de ZeroHedge.com, qui est  un texte du site lui-même et non pas un emprunt extérieur comme c’est le cas avec la politique éditoriale de ce site. Cela signifie que l’analyse reflète bien l’opinion de la rédaction. L’extrait ci-dessous commence après la description du bunker.

« ...En quoi cela est-il préoccupant ? Eh bien, le bunker est à quelques kilomètres du Texas. La région frontalière est un point chaud pour la violence des cartels qui risque de déborder sur le sol américain et pourrait impliquer des Américains. 
» Lors des dernières batailles à la frontière, les membres du cartel ont utilisé des mitrailleuses, des véhicules blindés, des explosifs, des fusils de calibre 50 et d'autres dispositifs que l'on trouve généralement dans une zone de guerre. 
» Tout ce qui précède suggère qu’AMLO a perdu le contrôle de son propre pays, car ses actions politiques ne parviennent pas à freiner la violence et à arrêter les fusillades des cartels qui se produisent régulièrement à la frontière. 
» Le récent déploiement par AMLO d'une force d’élite de Marines mexicains pour lutter contre les cartels de la drogue à la frontière est très probablement dû aux pressions de l'administration Trump, qui a cité le nombre total de meurtres au Mexique en 2019, dépassant le record de 2018 (36 685). 
» Trump a commencé à augmenter la pression sur le Mexique en novembre, suite aux meurtres de trois mères et de six de leurs enfants dans un complexe mormon fondamentaliste dans l'État de Sonora, dans le nord du pays. Le cartel aurait tendu une embuscade aux familles tout en se battant pour le contrôle de la zone où vivaient les victimes.
» Ce n'est qu'une question de temps avant que Trump n'envoie l'armée pour éliminer les cartels à la frontière. »

 

Mis en ligne le 23 février 2020 à 09H55